Mon chevalier du ciel, Marianne Guillemin (éditions Max Milo)

Mon chevalier du ciel, de Marianne Guillemin

Editions Max Milo, janvier 2015

Témoignage

Un témoignage qui souligne l’importance du père, dans une société où sa place dans le foyer est encore minorée. Comment l’absence d’un père peut-elle être si présente tout au long d’une vie?

Quand le père de Marianne Guillemin décède dans un accident d’avion, mort en héros en service commandé, elle n’est alors âgée que de 4 ans 1/2 et l’ainée de la fratrie. Pas d’explication, pas d’écoute, aucun mot pour habiller les maux, voire même le déni de ces derniers. «  Quand un enfant vit un événement traumatisant, on essaye, surtout s’il est jeune, de le lui faire oublier ». Telle sera l’attitude adoptée par l’entourage de la fillette, particulièrement sa mère et son omniprésente grand-mère. Non seulement elle sera invitée à ne pas se plaindre, mais elle devra afficher un visage heureux. N’est-elle pas aimée, entourée, bien nourrie et habillée? L’amour de ceux qui restent est censé gommer le traumatisme.

Mais quel impact peut avoir pareil déni sur la vie et la construction d’un enfant? Peut-on faire l’économie du travail de deuil et d’expression de ses émotions? Eviter d’évoquer la perte d’un proche pour préserver l’enfant, n’est-il pas risquer de l’exposer à plus grand dommage par la suite?

50 ans ont ainsi passé, sans que jamais Marianne ne s’autorise à poser de question sur ce père disparu, sans que jamais elle n’évoque le manque de son absence ni n’interroge sur les causes de son accident. Pour ne pas réveiller la blessure de sa mère. Pour se couler dans le moule qu’on a prévu pour elle. Never complain, never explain. Une censure qui a façonné sa personnalité, dessiné son caractère abandonnique et esquissé ses choix de vie. Une censure qui a fait d’elle un être prisonnier de son passé. Et de comprendre que pour avancer libre, il lui fallait savoir. Savoir qui était ce père qu’elle a si peu connu. Savoir quel couple il formait avec sa mère. Savoir pourquoi, ce 25 septembre 63, l’Aquilon de Pierre Guillemin s’est écrasé.

Sur les traces de son père, elle va peu à peu reconstruire le puzzle familial, remplir les vides, peupler les silences. Et se libérer. Enfin.

Un témoignage bouleversant et édifiant. A lire!

Informations pratiques :

Prix éditeur : 16€

Nombre de pages : 154

ISBN : 978 2315 00 629 8

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Sélection de 25 romans pour vous évader tout l’été!

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Vous avez attendu l’été avec une impatience grandissante.  Le voilà enfin, avec les vacances dans son sillage. La valise est presque prête, il ne reste plus que les livres à intercaler entre la crème solaire et le maillot de bain. Vous hésitez? Alors ces sélections de romans parus en 2014 vous guideront peut-être dans vos choix!

Voici différentes destinations de lecture. Prêts? Attachez vos ceintures!

  • Si vous mettez le cap sur la tendresse, embarquez aux côtés de :

– Gilles Paris avec L’été des lucioles  (éditions Héloïse d’Ormesson) et Au pays des kangourous (Livre de poche)

– François d’Epenoux avec Le réveil du coeur (éditions Anne Carrière)

– Philippe Routier avec L’enfant du parc (éditions stock)

  • Cap sur le suspens avec :

– Dominique Dyens avec La femme éclaboussée (éditions Héloïse d’Ormesson)

– Pierre-Yves Tinguely avec L’axe du sang (éditions M.A.)

– René Manzor avec Celui dont le nom n’est plus (éditions Kéro)

  • Cap sur l’étranger :

– Les États-Unis avec Sophie Simon  :  Gary tout seul (éditions JC Lattès)

– La Birmanie avec Jan-Philipp Sendker : L’art d’écouter les battements de coeur (éditions JC Lattès)

– La Jamaïque avec Philippe Vidal : Les montagnes bleues (éditions Max Milo)

– L’Irlande et la Pennsylvanie avec Paul Lynch : Un ciel rouge le matin (Albin Michel)

  • Cap sur les témoignages avec :

– Martin Gray et Mélanie Loisel, Ma vie en partage (éditions de l’Aube)

– Michel Baldy La rue était mon lit (City éditions)

– Marianne Guillemin Dans la gueule du loup (éditions Max Milo)

  • Cap sur l’amour  avec :

– Eric-Emmanuel Schmitt, L’élixir d’amour (Albin Michel)

– Nathalie Rheims, Maladie d’amour (Léo scheer)

– Nicolas Barreau, Le sourire des femmes (Éditions Héloïse d’Ormesson)

– Xavier de Moulins, Que ton règne vienne (JC Lattès)

– Fariba Hachtroudi, Le colonel et l’appât 455 (Albin Michel)

– Akli Tadjer, Les thermes du Paradis (JC Lattès)

  • Cap sur l’humour avec :

– David Foenkinos, La tête de l’emploi (éditions J’ai lu)

  • Cap sur l’histoire avec :

– Stéphane Bellat, La chambre d’Hannah (M.A. éditions)

– Catherine Hermary-Vieille, La bête (Albin Michel)

  • Cap sur un premier roman avec :

– Céline Lapertot Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre (éditions Viviane Hamy)

  • Cap sur la littérature jeunesse avec :

– Marie-Christine Buffat, La malédiction de la chanson à l’envers  (éditions Snow Moon)

Quelle que soit la destination que vous aurez choisie, nous vous garantissons non pas le soleil, mais le talent des auteurs! Bonnes vacances et… belles lectures!

 

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Les montagnes bleues, de Philippe Vidal (éditions Max Milo) : une épopée magistrale sur fond historique

imageLes montagnes bleues, de Philippe Vidal

Éditions Max Milo, mai 2014

(430 pages – 22€)

Une épopée magistrale sur fond historique méconnu : la fronde des « nègres marron » au XVIIIème siècle en Jamaïque.

Si John Fenwick, important propriétaire d’une plantation de canne à sucre est encore de ce monde, il le doit à son esclave Christian. Tandis qu’il n’était encore qu’un enfant, ce dernier l’a en effet sauvé de la noyade. En signe de gratitude, les parents de John décidèrent alors d’extraire Christian de sa pénible condition et de lui offrir un toit, des vêtements et une vie loin des champs. Plus improbable encore pour ce nègre marron : le maître lui offre l’accès à l’instruction, aux côtés de son fils John. Lecture, écriture, philosophes latins et grecs n’auront bientôt plus aucun secret pour lui.

Une condition privilégiée qui lui vaut d’être tiraillé entre les siens qui le considèrent comme un traître, et les blancs qui acceptent mal qu’un esclave bénéficie de tels avantages.

Un statut qui va toutefois vaciller à l’issue d’une conversation compromettante qu’il surprend entre son maître John et le contremaitre de la plantation, Stanton. La plantation a en effet été ravagée par une violente tempête et la récolte anéantie. Pour John Fenwick, tous ces esclaves à nourrir – comme le Code l’y oblige, alors qu’ils sont réduits à l’inactivité, est une charge inenvisageable. Stanton lui propose alors une solution aussi radicale et cruelle qu’illégale : éliminer les esclaves cependant maquiller ces décès en accident. Mais voilà, cette proposition inhumaine a un témoin, Christian. Pour Stanton, une seule solution : l’éliminer. Mais John lui accorde un sursis : il l’aide à s’enfuir, tout en mesurant ses faibles chances d’en sortir.

C’est sans compter avec l’intelligence de Christian. Réfugié dans les montagnes bleues, au cœur d’un village constitué de nègres marron, ces esclaves fuyards regroupés en colonies, il va devenir le porte-parole des opprimés et leur donner les moyens, puisés dans sa connaissance des grands philosophes, d’accéder à l’autonomie, à l’agriculture irriguée, aux stratégies de défense militaire et, cause à laquelle il tient plus que tout : à la démocratie.

C’est un plongeon fascinant et émouvant dans le temps (début du 18ème siècle) et dans l’espace (la Jamaïque), que Philippe Vidal offre au lecteur. Une immersion dans ces colonies de nègres marron à un moment crucial de leur histoire, celui où tout va basculer. On nage dans le sillage du courageux et bouleversant Christian, en apnée tant les rebondissements sont multiples, touché d’accompagner ces personnes sur le chemin de la démocratie. Le combat de Christian n’aura pas été vain : il a conduit à un accord historique en 1739 entre les planteurs et les colonies de nègres marrons.

Une épopée magistrale à savourer sans modération!

La Kar’interview de Marianne Guillemin au sujet de son livre « Dans la gueule du loup. Mariée à un pervers narcissique. » (Max Milo éditions) : « Il faut fuir. Très vite et loin »

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Le 30 janvier dernier, les Editions Max Milo ont publié le témoignage bouleversant d’une femme, Marianne Guillemin, mariée dix ans à un pervers narcissique. Un récit qui livre une analyse très claire et très précise des mécanismes de la perversion narcissique. Une main tendue aux personnes qui, à ce jour, sont sous la coupe de personnes manipulatrices et ne savent pas comment agir et réagir. Parce qu’il est possible d’en sortir et de se reconstruire. Parce que « L’amour n’est jamais la souffrance. Une vie heureuse ne peut pas se tisser autour d’efforts constants, d’une tension nerveuse permanente, de mensonges pour avoir la paix. Une vie meilleure est toujours possible. Il faut faire des choix, être prête à renoncer à certaines choses matérielles. Mais la liberté est trop précieuse pour être marchandée. » (P.171).

Rencontre avec l’auteur, Marianne Guillemin :

Karine Fléjo : Que souhaitez-vous partager en premier lieu avec vos lecteurs?

Marianne Guillemin : Je voudrais partager une expérience positive, même si l’histoire n’est pas drôle. Afin de montrer qu’il est possible de se sortir des griffes d’un pervers et possible de renouer avec le bonheur. Plus on connaîtra, on vulgarisera ce type de manipulation, mieux on pourra les éviter. Car dans ce domaine, le facteur temps est important. Quand le piège est refermé c’est déjà trop tard. Plus on reste sous l’emprise du pervers plus on mettra du temps à se reconstruire. J’ai tout de même voulu envoyer un message d’espoir…

KF : Si ce témoignage est celui d’une expérience de couple particulière, la vôtre, vous montrez qu’il existe un degré d’universalité dans les relations avec un (e) pervers(e) narcissique, des traits de personnalité que l’on retrouve systématiquement. Quels sont-ils essentiellement?

MG : On retrouve des caractéristiques qui sont : la phase d’intense séduction, qui précède la mise sous emprise, l’aspect «  janus » du personnage qui a effectivement plusieurs facettes dont il joue pour asseoir sa domination. Car il s’agit bien d’une relation de domination. Et l’absence de regrets, d’empathie, de compassion. Même quand il s’excuse, c’est une stratégie de récupération, pas un réel remords…il n’en n’est pas capable.

KF : S’il est possible, d’une certaine manière, de  » codifier »  le profil du manipulateur, peut-on dire qu’il existe de même, selon vous, un profil type de ses victimes? Ou toute personne est-elle une potentielle victime?

MG : Je ne suis pas médecin ni experte en la matière, mais je pense que tout le monde peut tomber dans les filets d’un pervers. Ce qui va différencier les suites de l’histoire c’est que selon votre personnalité ( jeune, manque d’estime de soi dans mon cas) vous allez rester plus ou moins longtemps, et vous aurez plus ou moins d’énergie pour réagir.

KF : Dans ma précédente question, j’emploie le terme de victime, terme restrictif car, vous le démontrez fort justement, une personne sous l’emprise d’un manipulateur ne peut pas ne se considérer que comme une victime si elle veut s’en sortir. Il faut sortir de cette position pour redevenir acteur de sa vie?

MG : Absolument. C’est parce qu’on subit et qu’on est installé dans la survie que l’on ne peut plus réagir. Le jour où on accepte de regarder en face la réalité, on est prêt à reprendre le contrôle de sa vie. Il ne faut pas se victimiser sinon on ne peut pas s’en sortir. Il faut accepter sa part de responsabilité. On a commis une erreur, on a manqué de discernement, certes, mais un jour on décide de réorienter sa vie.

KF : Il est courant, lorsque ce genre de comportement destructeur est révélé à l’entourage, que ce dernier ne comprenne pas qu’une relation de couple ait pu à ce point durer si l’autre est vraiment le manipulateur décrit. A la difficulté d’oser parler s’ajoute pour la victime celle de n’être pas crue. Or comme vous le soulignez fort à propos,  » la vie avec un pervers narcissique n’est pas tissée au rouet du malheur ». Est-ce son côté caméléon, multifacettes qui rend la rupture difficile?

MG : Oui car l’entourage, à qui on n’a bien souvent rien dit, a du mal à y croire. Comment expliquer qu’on a joué la comédie du bonheur en excusant ses absences, ses colères ? Le problème avec lespervers c’est que la vérité semble être de leur côté, le bon droit aussi. Moi, j’avais en permanence l’impression d’être du mauvais côté de la barrière.

KF : Paradoxalement, de prime abord, on a le sentiment que dans pareille relation, la victime se sent coupable, tandis que le manipulateur s’estime dans son bon droit. Il y a inversement des rôles au niveau du ressenti?

MG : Le manipulateur a toujours raison. Tenter de le raisonner, voire de le contrecarrer, génère de la violence et des crises. Donc, au début, on se sent coupable d’avoir provoqué ces crises, par la suite, même si on sait qu’il a tort, on se retrouve en train de lui demander pardon, pour apaiser la crise justement….

KF : Les enfants et surtout le souci que vous avez de leur bien-etre, sont au coeur de ce témoignage. On a le sentiment, notamment depuis les travaux de Françoise Dolto, que l’enfant est considéré comme une personne et donc entendu dans sa souffrance, pris en compte dans ses besoins. Or en vous lisant, il semblerait que ce soit loin d’être le cas lors des procédures judiciaires? 

MG : Je ne suis pas juriste mais je trouve que, malgré les progrès et avancées indéniables, la justice est encore bien démunie devant ce genre de personnalités… et en effet, il me semble que c’est rarement l’intérêt de l’enfant qui est au centre mais plutôt une espèce de paix sociale destinée à apaiser les conflits parentaux et ne léser personne ( ce qui peut avoir un, effet sur les enfants bien sûr)

KF : Si vous n’aviez qu’un seul conseil à donner à une personne sous l’emprise d’un être manipulateur, quel serait-il?

MG : Là encore je ne suis pas experte pour donner des conseils d’autant que je ne les ai pas suivis moi-même ! Mais avec le recul, je dirai : il faut fuir. Très vite et loin. Car les choses ne peuvent pas s’arranger, d’abord parce que lui ne le veut pas. Et quand on connait un proche sous emprise, il faut éviter de juger, ne pas lui conseiller de partir, il faut juste être là, à l’écoute et lui dire que le jour où elle sera prête, on sera là.

                                                                                Propos recueillis le 31 janvier 2014.

Dans la gueule du loup, de Marianne Guillemin. Mariée à un pervers narcissique. Un témoignage édifiant et plein d’espoir.

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Dans la gueule du loup. Mariée à un pervers narcissique. Témoignage de Marianne Guillemin

Éditions Max Milo, janvier 2014

Quand Marianne Guillemin se marie à l’âge de 21 ans, son époux, homme charismatique, tendre, brillant, a tout du prince charmant. Une symbiose parfaite en apparence.

Pourtant, très vite, le prince perd de son charme. Il se met en privé à dénigrer son travail, à la rabaisser, à l’invectiver… tandis qu’il se montre toujours excessivement charmant, calme et attentionné en public. Un homme à facettes, mi-ange mi-démon…

Mais difficile pour la jeune femme de s’avouer qu’elle peut s’être trompée à ce point sur son mari. Ne sait-il pas se montrer tendre encore… parfois? « C’était bien là toute la difficulté. Cette alternance de moments agréables et de violence inouïe. »(P.29) Alors elle balaie ses doutes, s’accroche à cette facette lumineuse de lui, celle de celui qui l’a séduite et qu’elle entrevoit quelquefois encore. Elle s’arc-boute à l’espoir que les crises ne surviendront plus, lui trouve pour l’heure des excuses. Ce n’est pas de sa faute… De toute façon, ne lui répète-t-il pas qu’elle est une moins que rien, qu’elle lui doit tout? « Tu n’es rien sans moi » (P.35). Et Marianne de se sentir coupable. Elle se met alors à surveiller ses moindres faits et gestes de crainte de l’agacer. Tout juste si elle ose respirer… Une situation d’auto-contrôle permanent. Et éreintant.

Les années passent. Trois enfants naissent de cette union. Le piège se referme sur elle.

Car malgré les 1000 et 1 stratégies mises en place par Marianne pour éviter qu’il ne s’emporte, pour se suradapter en permanence, pour offrir à ses petits un foyer le plus serein possible, les crises de son mari se font de plus en plus nombreuses. Aux propos avilissants se joignent les coups. La honte et la culpabilité la submergent alors. La peur aussi. « Le doute, la culpabilité, me faisait croire que j’étais responsable de cette situation et que j’avais le pouvoir, le devoir d’arranger les choses. » (P.75 ). Alors Marianne se tait. Alors Marianne cloisonne sa vie. Elle sourit à l’extérieur, volubile, assurée et encaisse à la maison, tremblante, sur le qui-vive.

Le quotidien est devenu un enfer mais avec des arrière-gouts de paradis entre deux crises. De courtes parenthèses tendres qui ne sont que des pièges tendus par son mari pour la retenir, pour lui faire croire au retour d’une vie apaisée et aimante. Avant de la violenter à nouveau.

Il ne lui est plus permis de douter à présent que l’homme qu’elle a aimé n’était qu’un masque. Pour autant, il lui faudra plusieurs années pour passer outre sa culpabilité et sa peur, pour trouver l’énergie de le fuir avec ses trois enfants, exténuée par la violence, les douches écossaises et le climat de terreur qu’instaure ce vampire affectif. Exsangue. Et puis, un jour, après dix années de mariage, c’est le point de non-retour : elle réalise que ses enfants, qu’elle chérit plus que tout, subissent de plein fouet cette violence eux aussi. Inacceptable pour un coeur de mère.

Alors elle s’enfuit. Pour sauver ses enfants. Pour sauver sa peau. Pour se reconstruire lentement mais sûrement.

Avec ce témoignage poignant, cette analyse très claire et très précise des mécanismes de la perversion narcissique, Marianne Guillemin nous livre une ode à l’espoir. L’espoir, pour toute personne victime d’un être manipulateur, de pouvoir sortir de ses griffes. Parce qu’il n’y a pas de fatalité à subir. Parce qu’il est possible de reprendre les rênes de son destin en mains.

A lire!

NDR : en fin d’ouvrage, trois annexes pragmatiques et indispensables – car si toute relation à un pervers narcissique est singulière, elle présente des caractéristiques universelles.

Annexe 1 : Comment aider les victimes de pervers?

Annexe 2 : Caractéristiques du pervers narcissique.

Annexe 3 : Paroles de femmes

Une leçon de vie : Mon sourire pour guérir, de Sandra Dal-Maso

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Mon sourire pour guérir, de Sandra Dal-Maso

Avec la collaboration de Sophie Adriansen

Editions Max Milo octobre 2013

Sandra a 27 ans, en 2007, quand un soir de juin, une seule phrase va changer le cours de sa vie : « Vous avez une leucémie, mademoiselle Dal-Maso. » Electrochoc. Une leucémie aigüe myéloblastique, la forme la plus grave de la maladie. Sandra et sa mère accusent le coup, mais aussitôt se ressaisissent : «  Maintenant on ne pleure plus, on se bat. »

Isolement en chambre stérile, chimiothérapie, le parcours du combattant commence, parcours que Sandra aborde avec une énergie, une détermination et un courage qui laissent chacun, proches comme soignants, admiratif.

Une course contre la montre est engagée. Il faut trouver au plus vite un donneur de moelle osseuse, aussi appelé « Veilleur de vie ». Les chances de compatibilité entre le donneur et le patient ne sont que d’une chance sur un million. Autrement dit infimes. D’où la nécessité que nombreux soient les inscrits au don de moëlle osseuse. Mais Sandra continue d’y croire. Et elle a raison : une greffe peut enfin être tentée sur elle, grâce à un donneur anonyme. Un don de vie.

Avec un humour et un courage qui forcent l’admiration, Sandra Dal Maso évoque son long chemin vers la guérison, une guérison rendue possible grâce à ces veilleurs de vie que sont les donneurs de moelle osseuse. Poignant.

En fin d’ouvrage, vous trouverez une documentation très pertinente avec les témoignages de quatre veilleurs de vie,les modalités pour devenir donneur de moelle osseuse, ainsi que les idées fausses concernant le don de moelle osseuse.

Un père en colère, de Sébastien Hongre, aux éditions Max Milo : la tyrannie des adolescents

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Un père en colère, de Jean-Sébastien Hongre

 

Éditions Max Milo, mars 2013

 

     Stéphane est appelé au secours par la mère de ses enfants, Nathalie. Cette dernière vit prostrée dans leur logement devenu le territoire de leurs deux ados, Fred et Léa. Cloitrée dans la chambre, elle subit leur dictature, l’estime de soi mitée par leur insolence, le lien filial rongé par leur extrême violence. Trafic de drogue, règlements de compte, rapports de force, Léa et Fred évoluent en effet dans un univers aux antipodes de celui dont rêvaient pour eux leurs parents, parmi les caïds de la bande des Gremlins. Mais les ados avaient-ils vraiment le choix? Dans cette cité de banlieue frappée par la crise, pour ne plus subir, il n’y a parfois pas d’autre issue de passer du côté des bourreaux… Soir de crise. Un de plus.

 

     Et un de trop. Nouvel appel. Cette fois, c’est l’hôpital. Nathalie est dans le coma. Sa voiture s’est encastrée dans un mur, lancée à 120 km à l’heure. Tentative de suicide? Désir d’en finir face au calvaire que lui font subir ses enfants? Stéphane en est intimement convaincu.

 

     Et de se sentir coupable. Et de se fustiger de n’avoir pas su la protéger de la tyrannie de leurs enfants. Comment en sont-ils arrivés là? Comment leur autorité a t-elle pu être à ce point bafouée? Démission parentale? Faute du système? Maladie de la société? Stéphane veut comprendre. Et protéger Nathalie. Si elle s’en sort…

 

     Il crée alors un blog, unpereencolere.fr, désireux de partager son expérience avec d’autres parents en souffrance, de chercher une solution pour réconcilier les générations. La trouvera t-il et où, auprès de qui?

 

 

 

     Dans ce roman rédigé d’une plume énergique, humaine, sensible, Jean-Sébastien Hongre nous entraine dans le sillage de ses personnages – une tendresse toute particulière pour Kamel- et ne nous lâche plus. Les codes de la cité, la démission parentale, la surenchère des medias, l’auteur nous interroge, nous interpelle avec brio. 

 

     Un père en colère est un roman nerveux, bouleversant, pertinent, qui se lit en apnée!