Les yeux couleur de pluie, Sophie Tal Men

9782226320995-j

Les yeux couleur de pluie, Sophie Tal Men

Éditions Albin Michel, mai 2016

 

En raison de son classement moyen lors des examens, Marie-Lou n’a guère le choix pour son internat. Ce sera Brest, autrement dit, pour cette villageoise de Haute-Savoie, le bout du monde. Le Finistère ne signifie-t-il pas « la fin de la terre » ?

Fin de la terre mais début d’un nouveau monde, celui de l’internat en neurologie. Cadences infernales, confrontation aux cas douloureux de patients condamnés, situations d’urgence à gérer seule, rivalités et guerres intestines, pression de la réussite, mais aussi blagues potaches, anecdotes croustillantes, intrigues amoureuses et fêtes entre futurs médecins pour décompresser des tensions écrasantes du quotidien. Un rythme effréné et une charge de travail qui laissent peu de temps pour la vie privée. Une vie couleur de pluie, non pas en raison du climat breton (la bretonne que je suis s’insurge), mais en référence à la couleur des yeux de Matthieu, le cousin de la colocataire de Marie-Lou. Au premier échange de regards, elle s’est sentie électrisée. Et tandis que Matthieu semblait lui aussi aimanté, c’est une grande ambivalence qu’il manifeste à chacune de leurs rencontres depuis. Une forme de désir mêlé de peur.

Et Marie-Lou de s’interroger : joue-t-il avec elle ? Pourquoi cette retenue ? Cet ours solitaire parviendra-t-il à lui faire une place dans sa vie ?

Les yeux couleur de pluie est un roman léger, rafraîchissant comme une brise bretonne. Une histoire d’amour sur fond de quotidien hospitalier, avec ses rires, ses sourires, ses peurs, ses doutes, qui se lit facilement agrémenté de quelques rayons de soleil printanier.

 

Informations pratiques :

262 pages ; 17,5€

 

Hippocrate aux enfers, de Michel Cymes (éditions Stock) : édifiant!

Hippocrate aux enfers, de Michel Cymes

Les médecins des camps de la mort.

Editions Stock, janvier 2015

 

Quand Michel Cymes se retrouve en pèlerinage à Auschwitz-Birkenau, camp où ses deux grands-pères ont perdu la vie, c’est l’incompréhension non seulement pour l’homme mais aussi pour le médecin en lui. En effet, ce camp a été le théâtre de nombreuses expériences inhumaines de la part de docteurs tels Josef Mengele, Sigmund Rascher, August Hirt ou encore Carl Clauberg pour ne citer qu’eux. Castration aux rayons X, mort par hypoxie ou par hypothermie, mutilations, brûlures au gaz moutarde, ablation d’organes sans anesthésie ne sont que quelques exemples des sévices exercés. « Comment peut-on vouloir épouser un métier dont le but ultime est de sauver des vies et donner la mort aussi cruellement? » Qu’est-ce qui a pu faire basculer ces médecins vers l’horreur et considérer leurs patients comme des cobayes, comme des sous-êtres humains? « Moi j’expérimente sur des hommes et non sur des cobayes ou des souris » revendiquait fièrement le docteur Sigmund Rascher.

De retour d’Auschwitz, Michel Cymes décide de partir sur les traces de ces médecins tortionnaires et criminels. Pour essayer de comprendre qui étaient ces êtres. Pour essayer de cerner le but de ces expériences atroces. Furent-elles gratuites ou ont-elles fait avancer la science? Que sont devenus ces tortionnaires?

Un ouvrage de mémoire édifiant, très bien documenté, qui met en lumière des points obscurs de l’Histoire. Non, ces médecins n’étaient pas des petits docteurs ratés. Non, ils n’étaient pas seuls. Non, à la libération, tous n’ont pas été sanctionnés. Certains furent même recrutés par les alliés, heureux d’avoir dans leurs équipes des scientifiques expérimentés, fussent-ils des criminels…

A lire!