Vous allez en pincer pour La délicatesse du homard, de Laure Manel!

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La délicatesse du homard, Laure Manel

Editions Michel Lafon, juin 2017

 

Un premier roman émouvant. Ou quand deux êtres blessés par la vie, que rien ne prédestinait à se rencontrer, entreprennent de se reconstruire au ciment de la confiance et de l’amour qu’ils se portent.

 Lors d’une balade à cheval, François aperçoit un corps recroquevillé sur la plage. Il se porte aussitôt à son secours et découvre une jeune femme inconsciente. Sans se poser de question, il décide de la ramener chez lui, là où la sagesse aurait voulu qu’il appelle les secours. Une réaction qu’il ne s’explique pas lui-même.

Et de proposer à cette parfaite inconnue, dont la seule information obtenue est son prénom, de rester chez lui le temps qu’elle désirera. Sans autre forme de procès. Autour de François, amis et famille s’interrogent. Pourquoi fait-il cela ? Par pure bonté d’âme ? Par intérêt ? Par amour ? Ne risque-t-il pas d’ennuis ?

Et cette femme, qui prétend s’appeler Elsa, que fait-elle là ? Pourquoi personne ne la réclame ? Que ou qui fuit-elle ? Que faisait-elle sur cette plage déserte ? Voulait-elle mettre fin à ses jours ?

Si Elsa est une énigme pour François, ce dernier porte en lui aussi bien des zones d’ombres. Chacun, à l’image du homard, s’est construit une carapace. Pince si quelqu’un s’approche de trop près. Pour ne plus être blessé. Pour ne plus être atteint. Parviendront-ils à s’apprivoiser ? A se mettre à nu ?

C’est une histoire vraiment attachante et viscéralement humaine, que nous lire Laure Manel dans ce roman à deux voix. Touche par touche, telle une toile de Seurat, elle fait apparaître sous les yeux du lecteur le portrait de chaque être. Ce qui l’a construit. Ce qui l’a anéanti. L’histoire d’une rencontre, d’une double reconstruction, d’une double résilience. Un roman empli d’espoir et de tendresse.

 

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Quand on n’a que l’humour, Amélie Antoine : magnifique…

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Quand on n’a que l’humour, Amélie Antoine

Editions Michel Lafon, mai 2017

C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais surtout, l’histoire d’un père et d’un fils auxquels il aura fallu plus d’une vie pour se trouver. Magnifique…

Edouard est un humoriste connu et reconnu. Son nom au programme d’une soirée suffit à remplir les salles. Nul autre en effet ne semble à ce point doué pour dispenser de la joie autour de lui. Mais ce bonheur qu’il sait si bien faire naître chez autrui, l’éprouve-t-il seulement ? Qu’en est-il de sa vie, de ses rêves, de ses envies ? De son moteur ? Que cache-t-il derrière ces blagues qui fusent à cent à l’heure ? Pourquoi ne se sent-il pas légitime dans ce métier malgré la reconnaissance de ses pairs, la présence toujours plus nombreuse et enthousiaste du public ? Quel est ce barrage qui retient son bonheur prisonnier et ne laisse filtrer que les flots du doute et des regrets ?

De son côté, Arthur, son fils, observe de loin la carrière de l’humoriste préféré des français. Certes, ce père, si souvent absent, appelé par son public mais sourd à ses appels d’enfant, a tenté de compenser en le couvrant de cadeaux, de sorties toutes plus féériques les unes que les autres. Mais cela n’a pas suffi à combler le manque, l’absence de partage de moments forts et moins forts du quotidien. L’affection a peu à peu fait place à la colère et au ressentiment. Au point qu’au fil des années, l’un et l’autre sont devenus des étrangers.

Il faudra la disparition tragique d’Edouard, pour qu’Arthur se mette en quête de découvrir qui était réellement ce père, cet homme, cet autre. Pour réaliser la place qu’il occupe dans son cœur.

C’est un roman magnifique que nous offre Amélie Antoine. Bouleversant. Un roman dans lequel deux êtres s’aiment sans savoir se le montrer ni se le dire. Comment être un bon parent quand on n’a pas été soi-même chéri dans son enfance ? « Peut-être est-on condamné à reproduire, de génération en génération, les erreurs de ses parents ? Peut-être que chercher à faire tout le contraire est le plus sûr moyen d’aboutir au même résultat foireux ? » Avec beaucoup de sensibilité et de justesse, l’auteur nous fait toucher du doigt la difficulté d’aimer, d’exprimer ses émotions. Et nous montre qu’il n’est jamais trop tard pour pardonner. L’important, en tant que parent, n’est-il pas d’avoir fait de son mieux avec ce que l’on a reçu ? Et non d’être parfait.

Un roman poignant dont les personnages vous hanteront longtemps. A lire !

J’ai toujours cette musique dans la tête, Agnès Martin-Lugand : entêtant!

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J’ai toujours cette musique dans la tête, Agnès Martin-Lugand

Editions Michel Lafon, avril 2017

 

Parents de trois jeunes enfants, Yannis et Vera forment un couple de quadras aussi amoureux qu’au premier jour. Tout serait absolument parfait si Yanis n’éprouvait pas une frustration toujours plus grande dans son travail. En effet, employé de son beau-frère architecte depuis maintenant dix ans, Yanis a le sentiment d’étouffer, d’être constamment rabaissé. De fait, tous deux ont un tempérament opposé : la fougue, la folie, l’ambition de Yanis se heurtent à la prudence, l’étroitesse d’esprit et le pragmatisme de Luc. Aussi, quand ce dernier s’oppose à un projet pharaonique qui enthousiasmait Yanis, LE projet sur lequel il entendait se réaliser, c’est la rupture entre les deux hommes.

Yanis claque la porte de l’agence.

Alors qu’il hésite à se mettre à son compte, préoccupé par les moyens financiers à mettre en œuvre et la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille, un homme, Tristan, entre dans sa vie tel le messie. Bien qu’ils se connaissent à peine, Tristan propose de se porter garant, donne à Yanis la confiance qui lui a toujours fait défaut, à lui, l’autodidacte. Mieux, Tristan se montre charmant avec les enfants, avec Vera, met à leur disposition sa maison de vacances, veille sur eux comme s’ils étaient de sa famille. Celui qui était un parfait inconnu il y a peu encore, occupe désormais une place centrale dans leur vie. De quoi se réjouir et remercier la providence.

Mais ce rêve éveillé est-il trop beau pour être vrai ? Le tournant professionnel de Yanis sera-t-il compatible avec sa vie familiale et conjugale ? Cette intuition qui souffle à Vera de se méfier est-elle fondée ?

Crise de la quarantaine, reconversion, couple, emprise affective, sont disséqués au scalpel de la plume d’Agnès Martin-Lugand avec une finesse et une justesse chirurgicales. Difficile dès lors de ne pas se laisser emporter par la musique de l’intrigue, par ces mots inscrits sur la partition du suspens, témoins de la toile qui se tisse autour du couple et inquiets quant à leur capacité à s’en extraire.

Un roman qui se dévore d’une traite !

Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand : coup de coeur!

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Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand
Editions Michel Lafon, avril 2016

Un roman émouvant et fort justement écrit sur les choix de vie, l’ambition professionnelle pathologique, la remise en question. A lire !

« J’avais envie d’être la meilleure, de prouver que je pouvais exister par mon travail, le tout pimenté par un besoin vital de me dépasser. Je misais tout dessus. » Telle est la philosophie de vie de Yaël depuis dix ans, date à laquelle elle est rentrée comme simple interprète dans une agence de renom. Depuis, à force de travail, de volonté, de professionnalisme, elle a gravi les échelons et est devenue le bras droit du directeur. Mais son ambition ne saurait se contenter de ce résultat, fût-il déjà brillant. Véritable requin prêt à dévorer ses concurrents, guerrière dont l’obtention de la victoire légitime toutes les agressivités, Yaël est animée par la cupidité du toujours plus, du toujours plus loin et du meilleur que les autres. Elle dort peu, se questionne encore moins sur ses choix. Pas de place pour une remise en question. Pas de place pour le doute. Pas de place pour le plaisir dans aucune de ses acceptions. Pas le temps surtout. Elle avance comme un robot dans sa vie aseptisée.
Jusqu’à ce qu’un ami d’enfance, Marc, resurgisse dans sa vie. Un grain de sable dans les rouages bien huilés de son existence. Et de lui renvoyer l’image de celle qu’elle était avant, si éloignée de la femme qu’elle est devenue. Et d’amorcer en Yaël une prise de conscience salvatrice.
Avec ce 4ème roman, Agnès Martin-Lugand explore avec beaucoup de finesse et sensibilité les dangers d’une certaine forme d’ambition. Si l’ambition saine est bénéfique car elle fait grandir, se dépasser, mobilise, elle est néfaste quand, pathologique, elle conduit à viser le toujours plus avant le toujours mieux, quand elle positionne le soi au-dessus des autres et conduit à sacrifier sa vie pour mieux la gagner. Que recherche Yaël au-delà de cette ambition ? De quoi cette ambition est-elle le moyen ? Que veut-elle professionnellement et personnellement pour demain ? Un roman positif, qui montre que la remise en question est toujours possible. Et profitable.
Un coup de cœur !

Prix « Le Point » du Polar européen 2016

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Les polars d’Olivier Norek ne ressemblent à aucun autre. Dans ses livres à succès, ce jeune lieutenant de police de la Seine-Saint-Denis, à la fois écrivain et scénariste, raconte le quotidien des policiers face aux criminels. Son nouveau thriller, « Surtensions », a obtenu le Prix du Polar européen du Point 2016 au Festival Quais du Polar à Lyon.

Le Prix du polar européen a été créé par l’hebdomadaire Le Point en 2003 et récompense un roman policier européen. Son jury est composé de professionnels du livre, de l’édition et de la presse. Remis à l’origine en public à l’auteur lors de l’inauguration du Festival du livre de Nice, le prix est, depuis 2007, décerné lors du Festival Quais du polar de Lyon.

Le livre :

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Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu’on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels – un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur – se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?
Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance…
Pour cette nouvelle enquête du capitaine Coste, Olivier Norek pousse ses personnages jusqu’à leur point de rupture. Et lorsqu’on menace un membre de son équipe, Coste embrasse ses démons.