La playlist de Myriam Chirousse

Chaque semaine, un auteur nous livre les musiques de sa playlist, celles qui ont accompagné ses heures d’écriture, celles qui ont nourri son livre, celles qui l’ont inspiré, celles qui ensoleillent sa journée. Aujourd’hui, c’est au tour de Myriam Chirousse.

En avril dernier, je vous ai fait part de mon coup de coeur pour le nouveau roman de Myriam Chirousse, paru aux éditions Buchet Chastel : Une ombre au tableau. Et si un mensonge en cachait un autre? Le tableau idyllique de ces familles aisées de la côte d’Azur est-il un faux? Un roman à l’atmosphère envoûtante qui se lit en apnée.

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à ce roman ici : Une ombre au tableau

La playlist de Myriam CHirousse : 

  • La musique qui accompagne vos heures d’écriture :

Je n’écris pas toujours en musique, ce n’est pas automatique, loin de là. Mais quand c’est le cas, j’ai besoin d’écouter des musiques qui m’aident à me concentrer, à m’isoler dans ma bulle et, éventuellement, à faire disparaître les bruits de l’arrière-plan. Il s’agit généralement de musiques très cycliques, répétitives et hypnotiques. Par exemple : Philip Glass, The Hours (tiré de la BO du film The Hours) : cette musique me permet une sorte d’autohypnose et m’aide à avoir de la concentration et de l’élan.

  • La musique qui vous accompagne au quotidien :

En ce moment, dans cette catégorie des musiques hypnotiques et qui déverrouillent les portes de l’imagination, j’écoute souvent la musique du film Interstellar, de Hans Zimmer. Le morceau Where We’re Going, par exemple, mais tout l’album a une grande homogénéité de fond. Pour l’anecdote, quand Christopher Nolan a demandé à Zimmer de faire la musique du film, il ne lui a pas raconté l’histoire, il lui a seulement dit : « ça parle d’un père et de sa fille ». Je suis touchée par le fait qu’à partir de cette simple idée, un père et sa fille, le compositeur ait pu déployer toutes ces harmonies et ces sonorités. Cela m’inspire beaucoup.

  • La musique qui  symbolise votre dernier roman : 

Mon dernier roman, Une ombre au tableau, n’a pas échappé à la règle. C’est-à-dire que je l’ai écrit lui aussi avec ce genre de musiques hypnotiques et finalement assez déconnectées de l’histoire, des personnages et des ambiances que je couche sur le papier (ma playlist de « musiques d’écriture » est plutôt répétitive, en fait !). Parmi celles-ci, peut-être que celle qui évoque le mieux l’ambiance du roman serait Come Into My Dreamland de Ed Harcourt (album Time of Dust). J’y entends quelque chose de pesant, de langoureux, d’un peu sournois, comme le regard hypnotique d’un serpent ou la danse d’une strip-teaseuse. Et dans ce roman, il est vrai que j’invite le lecteur à venir voir ce qu’il se passe dans un « monde de rêve » ! 😉

… La semaine prochaine, nous avons rendez-vous avec la playlist de Laure Manel! D’ici là, bonne semaine en musique!

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Une ombre au tableau, Myriam Chirousse : un mensonge peut en cacher un autre…

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Une ombre au tableau, Myriam Chirousse

Editions Buchet Chastel avril 2018

Et si un mensonge en cachait un autre? Le tableau idyllique de ces familles aisées de la côte d’Azur est-il un faux? Un roman à l’atmosphère envoûtante qui se lit en apnée.

Une femme ostéopathe dont il est très amoureux, un adorable petit garçon de 4 ans, la perspective d’agrandir la famille, un poste dans une banque, le tableau du bonheur pour Greg Delgado approche la perfection. Une perfection qu’il pense atteindre quand un ami agent immobilier lui propose une villa de luxe avec piscine sur la côte d’Azur pour un prix imbattable.

Seulement voilà, à bien y regarder, il y a une ombre au tableau : ce qui a motivé les propriétaires à brader la maison. Et à la fuir. La teinte sombre est la mort par noyade de leur petit garçon dans la piscine de la résidence. Quand Greg l’apprend, il demande à son ami de ne surtout pas le révéler à sa femme Mélissa. Et de conclure le marché.

Pourtant « quelque chose n’allait pas. Il se dégageait des murs blancs un malaise insaisissable qu’ils avaient hâtivement escamoté sous leurs affaires, mais qui persistait, tenace, flottant dans l’air (…). Elle se sentait abattue, écrasée, terrassée par une force latente. A plat. » Mélissa ne saurait dire ce qui lui vaut cette sensation étrange, mais elle ne se sent pas bien dans ce cadre pourtant idyllique. A croire que les murs portent l’empreinte des drames qui s’y sont déroulés…

Mais Greg est-il le seul à dissimuler des choses ? Sous la chaleur de la côte d’Azur, la vérité est comme le soleil : elle fait tout voir mais ne se laisse pas regarder. Chacun suffoque sous les mensonges. Au point de s’y noyer ?

En véritable peintre des mots, Myriam Chirousse nous dessine un tableau aux 1000 et 1 nuances. Touche par touche, elle esquisse les contours de la vérité, bien plus sombre que le lumineux portrait originel de ces personnes. Le lecteur est pris en otage par la tension croissante du roman, par l’atmosphère aussi lourde qu’un jour d’été dans le sud, et traverse le roman comme la piscine : en apnée. Un coup de coeur !

Rentrée littéraire : Le sanglier, Myriam Chirousse

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Le sanglier, Myriam Chirousse

Editions Buchet-Chastel, août 2016

Rentrée littéraire.

 

Carole et Christian habitent une maison délabrée en location, quatre kilomètres après le dernier village. Un choix de vie en adéquation avec leurs faibles revenus, mais aussi avec leur besoin d’une vie authentique. Une fois par mois, ils sortent de leur isolement pour se rendre dans la zone commerciale la plus proche. Une sortie invariablement assortie d’une visite chez la grand-mère, elle-même précédée d’un repas chinois acheté au Mandarin céleste. Une vie où tout semble réglé et sans surprise.

Pourtant, ce samedi comme les autres n’en sera pas un. Il suffira que Carole s’arrête en chemin pour aller aux toilettes et c’est toute la mécanique bien huilée qui s’enraye. Chaque nouveau grain de sable fait alors surgir les failles, les blessures de chacun. Chaque infime contretemps est révélateur d’un malaise plus profond. Le racket à l’école, les choix amoureux, le rejet, … On sent combien chaque minute peut être le théâtre d’une explosion, combien chaque nouvelle contrariété peut porter en elle son lot de terreur.

Avec ce troisième opus, Myriam Chirousse nous offre un roman très différent des précédents, lesquels avaient ma préférence. Un roman sur la vie ordinaire de gens ordinaires, vie qui peut rapidement virer au cauchemar, si on réveille les vieux fantômes.

 

Glissez Myriam Chirousse dans votre poche!

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La paupière du jour, de Myriam Chirousse,

Editions du livre de poche, octobre 2014

 

Un impossible pardon

Avril 1994. Fait divers. Un homme meurt suite à une fusillade dans une bijouterie.

Dix-huit ans plus tard, l’assassin est relâché pour bonne conduite. Un affront insupportable pour la fiancée de la victime, Cendrine Gerfaut. Cendrine comme la cendre… Comme ce qu’il reste de leur crépitant amour. Sa vie s’est arrêtée en avril, au printemps de leur vie. Ses jours ne sont plus que des nuits depuis, des paupières du jour. Des bris de rêves. Et de décider alors de se faire justice elle-même. A défaut de pouvoir ressusciter son fiancé, elle le vengera. A vie volée, vol de vie.

 « Puisque je ne peux plus t’épouser ni mettre tes enfants au monde, je t’apporterai la tête de celui qui t’a tué. Je te vengerai, et ce sera ma seule et unique raison de vivre avant de te rejoindre ».

La jeune femme débarque donc à Barjouls, village natal du tueur. Officiellement, elle est botaniste et vient faire une étude de terrain. Il s’agit d’étudier si la radioactivité est normale dans cette région des Alpes-Maritimes. Officieusement, elle vient venger son défunt fiancé. Mais aussi crédible soit sa couverture, les habitants sont sceptiques. Dans ce petit village du sud, tout le monde se connait, s’épie, commente les moindres faits et gestes. Un village pétri de rancœurs, truffé de secrets, peuplé de superstitions, qui ne livre pas facilement la clef de ses mystères à une étrangère. Et le mystère de s’épaissir encore suite à ce message d’un corbeau : « Celui que vous cherchez n’est pas celui que vous croyez. »

Cendrine assouvira t-elle sa soif de vengeance? Benjamin Lucas, meurtrier de son fiancé, est-il vraiment l’homme à abattre?

Avec ce deuxième roman, Myriam Chirousse nous entraine dans une enquête peuplée de rebondissements, au coeur d’une nature luxuriante et généreuse et d’une galerie de personnages hauts en couleurs.

La paupière du jour. Le titre est à lui seul une invitation à ce qu’on pose le regard sur le livre. Et de fait, la couverture soulevée, on ne cille plus jusqu’à la dernière page.

Un roman captivant et remarquablement écrit!