Prix Messardière 2016 : Nathalie Reims

Place Colette, de Nathalie Reims, aux éditions Léo Scheer, vient de recevoir le Prix Messardière 2016, à l’occasion de sa sixième édition.

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Le célèbre palace tropézien accueillait les membres du jury composé notamment de Jean-Marie Rouart, Didier Van Cauwelaert, Gonzague Saint-Bris et Capucine Motte pour cette sixième édition. Un jury qui a salué Nathalie Reims pour son roman Place Colette ainsi que pour l’ensemble de son oeuvre.

Elle était opposée à la biographie d’Erik Satie signée Romaric Gergorin(Actes sud / Classica) et au beau roman intimiste du journalisteFrançois-Guillaume Lorrain, Vends maison de famille (Flammarion) – présents eux aussi pour l’occasion dans le prestigieux établissement varois, où les lecteurs ont pu se faire dédicacer les ouvrages. Aussi bien de la lauréate 2016 que des candidats malheureux ou des membres du jury.

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Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à Place Colette en cliquant sur ce lien : Place Colette, un roman initiatique

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Prix Interallié 2015 : première sélection

Sept jurés du prix Interallié (Philippe Tesson, Jean-Marie Rouart, Christophe Ono-dit-Biot, Jacques Duquesne, Stéphane Denis, Florian Zeller et Éric Neuhoff) étaient présents hier lors de la première délibération chez Lasserre, une célèbre table parisienne. Serge Lentz, absent pour raison de santé, avait donné sa liste par écrit. L’année prochaine, ces huit journalistes et écrivains seront rejoints par deux anciens lauréats, Jean-Christophe Rufin et Gilles Martin-Chauffier, élus la semaine dernière.

Douze livres ont été sélectionnés. Parmi eux, on retrouve quatre femmes (Monica Sabolo, Amanda Sthers, Nathalie Rheims et Ève de Castro) et d’autres auteurs déjà engagés dans la course au prix tels Boualem Sansal (2084), Laurent Binet (La Septième Fonction du langage) ou Mathias Énard (Boussole). Et un primo-romancier déjà remarqué, Christophe Boltanski, auteur de La Cache.

Première sélection :

Laurent Binet : La Septième Fonction du langage (Grasset)
Christophe Boltanski : La Cache (Stock)
Ève de Castro : Nous, Louis, Roi (L’Iconoclaste)
Charles Dantzig : Histoire de l’amour et de la haine (Grasset)
Lionel Duroy : Échapper (Julliard)
Mathias Énard : Boussole (Actes Sud)
René Guitton : Mémoires fauves (Calmann-Lévy)
Philippe Lacoche : Vingt-quatre heures pour convaincre une femme (Écriture)
Olivier Poivre d’Arvor : L’Amour à trois (Grasset)
Nathalie Rheims : Place Colette (Leo Scheer)
Monica Sabolo : Crans-Montana (JC Lattès)
Boualem Sansal : 2084 (Gallimard)
Amanda Sthers : Les Promesses (Grasset)
Une deuxième sélection doit se dérouler le 21 octobre et une troisième aura lieu le 4 novembre. Le prix Interallié qui avait couronné l’année dernière Mathias Menegoz pour Karpatia sera décerné jeudi 12 novembre.

Sélection de 25 romans pour vous évader tout l’été!

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Vous avez attendu l’été avec une impatience grandissante.  Le voilà enfin, avec les vacances dans son sillage. La valise est presque prête, il ne reste plus que les livres à intercaler entre la crème solaire et le maillot de bain. Vous hésitez? Alors ces sélections de romans parus en 2014 vous guideront peut-être dans vos choix!

Voici différentes destinations de lecture. Prêts? Attachez vos ceintures!

  • Si vous mettez le cap sur la tendresse, embarquez aux côtés de :

– Gilles Paris avec L’été des lucioles  (éditions Héloïse d’Ormesson) et Au pays des kangourous (Livre de poche)

– François d’Epenoux avec Le réveil du coeur (éditions Anne Carrière)

– Philippe Routier avec L’enfant du parc (éditions stock)

  • Cap sur le suspens avec :

– Dominique Dyens avec La femme éclaboussée (éditions Héloïse d’Ormesson)

– Pierre-Yves Tinguely avec L’axe du sang (éditions M.A.)

– René Manzor avec Celui dont le nom n’est plus (éditions Kéro)

  • Cap sur l’étranger :

– Les États-Unis avec Sophie Simon  :  Gary tout seul (éditions JC Lattès)

– La Birmanie avec Jan-Philipp Sendker : L’art d’écouter les battements de coeur (éditions JC Lattès)

– La Jamaïque avec Philippe Vidal : Les montagnes bleues (éditions Max Milo)

– L’Irlande et la Pennsylvanie avec Paul Lynch : Un ciel rouge le matin (Albin Michel)

  • Cap sur les témoignages avec :

– Martin Gray et Mélanie Loisel, Ma vie en partage (éditions de l’Aube)

– Michel Baldy La rue était mon lit (City éditions)

– Marianne Guillemin Dans la gueule du loup (éditions Max Milo)

  • Cap sur l’amour  avec :

– Eric-Emmanuel Schmitt, L’élixir d’amour (Albin Michel)

– Nathalie Rheims, Maladie d’amour (Léo scheer)

– Nicolas Barreau, Le sourire des femmes (Éditions Héloïse d’Ormesson)

– Xavier de Moulins, Que ton règne vienne (JC Lattès)

– Fariba Hachtroudi, Le colonel et l’appât 455 (Albin Michel)

– Akli Tadjer, Les thermes du Paradis (JC Lattès)

  • Cap sur l’humour avec :

– David Foenkinos, La tête de l’emploi (éditions J’ai lu)

  • Cap sur l’histoire avec :

– Stéphane Bellat, La chambre d’Hannah (M.A. éditions)

– Catherine Hermary-Vieille, La bête (Albin Michel)

  • Cap sur un premier roman avec :

– Céline Lapertot Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre (éditions Viviane Hamy)

  • Cap sur la littérature jeunesse avec :

– Marie-Christine Buffat, La malédiction de la chanson à l’envers  (éditions Snow Moon)

Quelle que soit la destination que vous aurez choisie, nous vous garantissons non pas le soleil, mais le talent des auteurs! Bonnes vacances et… belles lectures!

 

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Maladie d’amour, de Nathalie Rheims (Éditions Léo Scheer) : de l’amour fou à la folie amoureuse…

 

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Maladie d’amour, de Nathalie Rheims

Éditions Léo Scheer, janvier 2014

Quand l’amour fou devient folie amoureuse…

Camille et Alice sont inséparables. Elles se sont connues à 13 ans au collège et jamais rien ni personne n’a pu interférer dans leur relation privilégiée, dans la confiance indéfectible qu’elles placent l’une en l’autre. Pas même les années. Une amitié rare, précieuse. Et pourtant, elles ne se ressemblent pas. Justement. La vie trépidante d’Alice, ses amours sans cesse contrariés, ses chagrins, ses enflammements mettent du piment dans la vie (trop) rangée de Camille, confidente privilégiée et attentive. Pour Alice, tout se passe comme si « les multiples situations douloureuses dans lesquelles elle l’avait vue se fourvoyer avaient été la seule façon, pour elle, d’exister. L’adrénaline que le désir, le manque de l’autre et la frustration secrétaient dans le cerveau d’Alice étaient devenue sa drogue.  Ce n’était pas un homme qui la faisait vibrer, mais la dose de sensations que celui-ci lui procurait. »

Aussi, quand cette dernière, à peine sortie d’une rupture douloureuse avec un homme marié, annonce euphorique à Camille qu’elle est déjà retombé amoureuse, d’un chirurgien esthétique cette fois, le Docteur Costes, Camille s’inquiète pour elle. Son amie ne fonce t-elle pas tête baissée dans une nouvelle impasse? Plus Alice lui parle de ce chirurgien renommé, plus certains détails, certaines dissonances apparaissent. Des doutes aussi. Et de décider d’investiguer, d’approcher ce « mystérieux magicien des corps, l’inatteignable maître des âmes, le mythe du docteur dans toute sa splendeur », préoccupée par le sort d’Alice.

Mais si la rencontre avec le Docteur Costes a bouleversé son amie, force est de constater que Camille n’en sortira pas non plus indemne…

En véritable chirurgienne des âmes, Nathalie Rheims réalise au sclapel de sa plume une mise à nu aussi juste que pertinente des sentiments amoureux, de ce moment, terriblement vertigineux, où l’amour fou verse dans la folie amoureuse, où la raison s’efface face au délire érotomane… Pris à la gorge, on sent peu à peu la romance verser dans le drame, la haine se substituer à l’amour, la vengeance menacer. Jusqu’à la chute, magistrale, qui nous cueille.

Un roman absolument captivant!

Laisser les cendres s’envoler, de Nathalie Rheims

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Laisser les cendres s’envoler, de Nathalie Rheims

Editions Léo Scheer, à paraitre le 22 août 2012

 

Une mère au goût amer

    

     Dix ans plus tôt, la mère de la narratrice a rendu son dernier souffle. Mais est-ce à sa mort qu’elle a perdu celle qu’elle a tant aimée ou le deuil a t-il commencé de son vivant? Car celle qui disait l’aimer plus que tout, l’entourait jusqu’alors d’un amour indéfectible, absolu, inconditionnel, a abandonné sa fille à l’orée de son adolescence. Sans une explication. Sans un geste. Sans un mot.

     Les flammes qui crépitaient dans l’âtre de son coeur se sont en effet détournées de sa fille vers un artiste somptueusement inconnu. Un bel Hidalgo aussi prétentieux que possessif. Pas de droit de séjour sur le territoire du coeur maternel désormais entièrement occupé par ce génie de pacotille. Pas même un visa provisoire.

     Restée à la frontière de la vie de sa mère, sans passeport, la narratrice tente comprendre, de mettre des mots sur les maux. Pas simple du tout. A fortiori dans cette famille bourgeoise où le silence est de rigueur, les questions condamnées à rester murées dans l’esprit, les mots cadenassés au silence.

Ne rien montrer.

Ne pas se plaindre.

Accepter l’inacceptable.

Sourire toujours.

Souffrir dedans.

Avancer. Sans elle, sans la colonne vertébrale qu’est l’amour maternel.

     « Parler n’était qu’un signe de faiblesse, la pratique d’un monde qui n’était pas le nôtre ». Les années passent, mais la blessure reste à vif. La narratrice décide alors de transgresser les pratiques familiales, de rompre le silence. Et de pratiquer l’autopsie de sa famille, dont sa mère n’est qu’un maillon, de disséquer au scalpel de sa plume cette intolérable blessure. Afin de parvenir à laisser les cendres s’envoler…

 

     Un magnifique roman, où Nathalie Rheims, en magistrale chirurgienne des âmes, nous montre que l’amour maternel, contrairement aux idées reçues, n’est pas toujours irrévocable…

 

P. 108 : Je découvrais que l’amour inconditionnel n’existe pas. Il y a toujours des conditions, des négociations, des affrontements, des ruptures. Une mère, comme les autres, peut partir à tout instant et vous abandonner.

P.140 : La solvabilité affective d’une mère, c’est l’assurance que son amour est et sera toujours indéfectible.