Dixième édition du prix Clara : les 6 lauréates

Ce jeudi 3 novembre a eu lieu la remise du Prix Clara, dans les salons de l’hôtel de ville de Paris.

Il s’agit de la dixième édition d’un prix littéraire qui récompense les nouvelles écrites par des adolescents de moins de 17 ans. Le jury, présidé par Erik Orsenna, est composé de 12 personnalités du monde des lettres et de l’édition. Plus de 600 écrivains en herbe ont concouru cette année et six d’entre d’eux, tous des filles (!), ont été récompensés. Il s’agit de Clara Albert, Zoé Baum, Ysaline Bortone-Bouvet, Estelle Desjardins, Irène Rodriguez et Solène Tuban. Des jeunes filles au talent déjà affirmé, qui se sont exprimées dans des registres très variés.

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Ce prix littéraire a été créé en mémoire de Clara, une jeune fille passionnée de lecture et d’écriture, décédée des suites d’une malformation cardiaque à l’âge de treize ans, en 2006. Les six textes primés sont publiés dans un recueil, aux éditions Héloïse d’Ormesson et les bénéfices de la vente du livre (10€ le recueil de nouvelles) sont destinés à l’Association pour la recherche en cardiologie du fœtus à l’adulte, de l’hôpital parisien Necker Enfants malades. 5000 euros ont ainsi été récoltés l’an dernier.

Alors n’hésitez plus, non seulement vous aurez l’occasion de découvrir de jeunes auteurs en herbe, mais vous ferez une bonne action!

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Êtes-vous prêt(e) à embarquer pour des aventures qui vous transportent à travers les siècles et les continents ? Plongez dans ces nouvelles et découvrez la naissance d’un grand écrivain dans le San Francisco du XIXe, l’âme d’un violon exilé à New York, une famille fuyant les bombes en Syrie, ou encore un univers où les émotions sont des algorithmes.D’une ville futuriste à un vol transatlantique, les histoires de Solène, Ysaline, Clara, Zoé, Irène et Estelle ouvrent une fenêtre sur les rêves et les préoccupations d’une génération qui a conscience des troubles du monde mais l’espoir chevillé au corps.

Pour les adolescents désireux de concourir en 2017, voici les critères :

  • Avoir moins de 17 ans au 28 septembre 2017.
  • Rédiger une nouvelle de 105 000 signes au minimum.
  • Faire parvenir la nouvelle avant le 22 mai 2017 par courriel ou par voie postale, accompagnée d’une déclaration sur l’honneur indiquant que le texte a bien été écrit par l’auteur. N’oubliez pas de joindre à cet envoi vos coordonnées complètes (adresse, numéro de téléphone, adresse mail) Éditions Héloïse d’Ormesson, 3 rue Rollin – 75005 Paris ou prixclara@editions-heloisedormesson.com
  • Aucun thème n’est imposé. Il n’est pas possible d’envoyer un texte écrit par plusieurs auteurs.Les nouvelles peuvent être adressées à partir du mois de janvier 2017.

Pour toute information complémentaire, rendez-vous sur le blog du Prix Clara : http://editionseho.typepad.fr/prixclara/

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Goncourt 2016 de la nouvelle, du premier roman et de la poésie : les lauréats

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Le Goncourt de la nouvelle, du premier roman et de la poésie ont été attribués ce lundi 9 mai 2016 à Paris, chez Drouant.

Dans la catégorie premier roman, le Goncourt va à la surprise générale à « De nos frères blessés », de Joseph Andras (Actes Sud). Un livre paru la semaine dernière, et qui n’avait pas eu le temps de se trouver dans la sélection publiée il y a un mois. Les autres ouvrages en compétition étaient  : « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut (Finitude), « Le grand marin » de Catherine Poulain, (l’Olivier), « Wanderer » de Sarah Léon, (Heloïse d’Ormesson), « Bianca » de Lou Robert (Editions Julliard).

Dans la catégorie nouvelle, c’est « Histoires » de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel) qui a été distingué. Le livre était en compétition avec « Bonnes nouvelles de Chassignet » de Gérard Oberlé (Grasset), « Une chance unique » de Erwan Desplanques (L’Olivier) et « 33 chambres d’amour » de Francois Emmanuel (Seuil).

Enfin, le Goncourt de la poésie, rebaptisé Robert Sabatier, va, pour son oeuvre complète, au… Printemps des poètes. Un éloge a été prononcé par Virginie Despentes et Eric-Emmanuel Schmitt, les deux derniers « promus » au sein de l’Académie, présidée par Bernard Pivot.

L’Académie française récompense Arnaud Catherine avec le Prix 2015 de la nouvelle

Ce 25 juin 2015, l’Académie française a décerné son grand prix de la nouvelle à Arnaud Cathrine, pour « Pas exactement l’amour », aux éditions Verticales.

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L’auteur :

Arnaud Cathrine est né en 1973. Auteur d’un premier roman très remarqué, Les yeux secs en 1998, il a fait paraître depuis aux éditions Verticales : L’invention du père (1999), La route de Midland (2001), Les vies de Luka (2002), Sweet home(2005), La disparition de Richard Taylor (2007), Le journal intime de Benjamin Lorca (2010) et dans la collection Minimales, Exercices de deuil (2004), Je ne retrouve personne, Pas exactement l’amour (2015)
Il a également publié des ouvrages dans la collection Médium à l’École des Loisirs et un exercice d’hommages littéraires, Nos vies romancées (Stock, 2011 ; Livre de poche, septembre 2013).
Arnaud Cathrine est traduit en allemand, hébreu et bulgare, et la plupart de ses titres sont parus en poche.
Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma et au théâtre, dont Le journal intime de Benjamin Lorca par Ninon Brétécher (avec Arnaud Cathrine & Nathalie Richard) crée le 11 avril 2013 au CentQuatre à Paris, repris au théâtre Monfort. Il a écrit avec le chanteur-compositeur Florent Marchet un « roman musical », Frère animal (coll. «Minimales»+CD, 2008) qu’ils ont interprété ensemble sur scène.
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Le livre :

Ce n’est pas l’amour. Pas encore. Ou presque trop. Ou plus tout à fait. Pourtant les personnages de ce livre se croient tous amoureux. Alors quoi ? Leurs histoires d’amour ne seraient-elles que des tentatives d’amour ?

Passant de l’humour à la gravité, de la confidence à l’outrage, de la pudeur à la sensualité résolue, Arnaud Cathrine revisite, au fil de dix nouvelles, un motif universel, fluctuant et insaisissable.

Première neige sur le Mont Fuji, de Yasunari Kawabata (Albin Michel)

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Première neige sur le Mont Fuji, de Yasunari Kawabata

Traduit du japonais par Cécile Sakai

Éditions Albin Michel, septembre 2014

Rentrée littéraire

 

Avec Première neige sur le Mont Fuji, le prix Nobel de littérature 1968 Yasunari Kawabata, nous offre six nouvelles inédites. Ces courts textes, publiés entre 1952 et 1960 dans des mensuels littéraires, n’échappent pas aux caractéristiques du grand maître : une recherche esthétique mêlant épure et sensualité, une quête de l’expression la plus essentielle des sensations.

Touche par touche, avec subtilité, l’auteur peint des tableaux sur des thèmes chers : la solitude, la mélancolie, la mort, la beauté. Il saisit ces instants de la vie où tout bascule : un couple qui se retrouve après avoir été séparé par la guerre, l’amitié entre deux écrivains dont l’un est condamné au silence, le vieil homme revenu assister au coucher de soleil dans son village natal, l’accident qui fauche la vie d’un enfant, la survenue de l’automne, l’amour pour une jeune fille dans les fragrances de sa peau.

Ce recueil de nouvelles met en avant tout l’art de Kawabata. La diversité des thèmes abordés reflète une œuvre qui concilie réel, quotidien, irrationnel et universalité. La forme particulièrement brève et  le dépouillement stylistique extrême ont une puissance évocatrice et suggestive stupéfiante. Avec des mots simples, délicats, une épure digne d’une estampe japonaise, il évoque la beauté et les sentiments qui survivent à la guerre, à l’éloignement, au temps.

Un univers poétique et sensuel à découvrir ou à redécouvrir…

L’effet postillon et autres poisons quotidiens, de Julien Jouanneau (éditions Rivages)

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L’effet postillon, de Julien Jouanneau

Éditions Rivages, mai 2014

 

Ils sont partout. Tout le temps. Chez vous, sur la route, dans les transports, au bureau, au restaurant, à la plage, dans la rue, sur terre, dans le ciel. Partout. Du matin au soir. Du lundi au dimanche. Toute l’année. Non, il ne s’agit pas d’un remake du célèbre feuilleton des années 67/68, The invaders, même s’il est bien question d’envahisseurs. Pire, ce ne sont même pas des extraterrestres : ils sont parmi vous. Alors? Alors Julien Jouanneau les a traqués pour vous, dans tous les lieux possibles et inimaginables, dans toutes les circonstances. Son arme? L’humour. Et son butin est conséquent. Il liste tout ce qui irrite, agace, titille, horripile, insupporte, chatouille, excède. Il vous offre de s’énerver à votre place, d’oser dénoncer ces petits et grands désagréments du quotidien que vous subissez en silence (ou presque). Il a même déniché pour vous un Centre de recherches sur l’énervement maximal. Ce qu’on y concocte dans la plus grande jubilation? Tout ce qui est susceptible de vous agacer : du pliage dantesque de la notice des médicaments dans l’emballage, à l’illisibilité de la date limite de consommation sur les aliments, rien n’est laissé au hasard pour mieux vous gâcher la vie.

Du sable qui squatte les ongles de pied, aux olives dont on ne sait que faire du noyau dans les cocktails, en passant par le postillon de votre voisin de table -véritable météore buccal qui atterrit dans votre tartare, ou encore le club échangiste de bactéries (entendez la piscine), Julien Jouanneau nous offre, pour reprendre Patrice Leconte, « L’évangile selon Saint-Râleur, pèlerinage au royaume des gênes éternelles ». Et c’est jubilatoire.

Informations pratiques :

Nombre de pages : 170

Prix éditeur :12 euros

ISBN : 978 2743 628 222

Catherine Charrier : La fréquentation des à-pics. Magnifique!

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La fréquentation des à-pics, de Catherine Charrier

Editions Kero, mai 2013

 

Dans son premier ouvrage, L’attente (chronique ici : http://koryfee.over-blog.com/article-l-attente-de-catherine-charrier-l-attente-une-maitresse-draconnienne-107328093.html ) Catherine Charrier s’était révélée être une véritable chirurgienne des âmes et des sentiments. Elle confirme cet ineffable talent avec son recueil de nouvelles, La fréquentation des à-pics, aux éditions Kéro.

A tous les stades de leur vie, les femmes sont amenées à cheminer sur des sentiers abrupts, vertigineux, consciemment ou non. En alpinistes chevronnées, rompues aux prises de décision, aux responsabilités, aux écueils, elles ne se résignent pas, jamais. Elles explorent de nouvelles voies, sans carte ni repères, décidées à atteindre des sommets de liberté plus élevés, à découvrir des horizons nouveaux. Et de forcer l’admiration souvent. Et de susciter la curiosité quant à l’origine de telles ressources.

Ces histoires de femmes, ces trajectoires d’équilibristes sur le fil de la vie, avec leur courage pour seule ombrelle, ce sont/pourraient être les vôtres. Maman, amante, fillette, femme divorcée, adolescente, femme en fin de vie, toutes se trouvent confrontées à un événement – parfois infime tel cet ourlet mal repassé, parfois cataclysmique comme l’annonce d’un cancer, événement qui, elles le sentent intimement, va bouleverser leur vie. Un vertige qui les prend aux tripes et les pousse à repousser les limites, à s’affranchir des conventions sociales et de la morale bien pensante pour suivre une voie nouvelle, créer une nouvelle brèche. Alors, pour cette adolescente à l’ourlet de robe mal repassé, pour cette femme allongée dans l’ambulance, pour cette mère qui élève seule sa fille, pour toutes ces femmes, il y aura un avant et un après la faille. Elles sont à ce moment déterminant de leur vie, ce carrefour de l’existence où tout bascule. Leurs rapports aux autres, hommes comme femmes, enfants et amis, en seront forcément modifiés. Mais elles osent, mais elles se battent pour défendre cette liberté de penser et d’agir. Dussent-elles se retrouver souvent seules à frôler l’à-pic, seules à longer le précipice.

Dans ce recueil de dix-huit nouvelles, Catherine Charrier nous relate avec une plume d’une sensibilité aussi vibrante que belle, aussi juste que délicate, le combat des femmes au quotidien dans l’apprentissage de la féminité. Juste magnifique…

Les amoureuses, de Clémentine Célarié : Amoureuses de l’Amour

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Les amoureuses, de Clémentine Célarié

Éditions du Cherche Midi, juin 2012

 

Amoureuses de l’Amour.

 

     « J’aime l’amour. Je l’aime sous toutes ses formes.  (…) C’est une nourriture, une drogue, une passion. » D’emblée, dès les premières lignes de ce recueil de nouvelles, le ton est donné. Nos héroïnes seront à l’image de l’auteur : des femmes passionnées, d’une grande noblesse de coeur et d’âme, prêtes à assumer leurs choix, à vivre leur amour pleinement, aussi improbable, difficile et inattendu soit-il.

 

     A travers quinze textes, Clémentine Célarié nous porte et nous transporte dans les tourbillons amoureux de ces femmes courageuses, actrices de leur destin, confrontées à des amours aussi exaltants que complexes. Pimprenelle est une éternelle amoureuse, polygame et bien décidée à marquer un break amoureux quand surgit ‘Action Man’, lequel lui fait chavirer le coeur. Anita est à la tête d’une tribu d’enfants tous issus des différentes unions de ses ex avec d’autres femmes et se réjouit de ces liens merveilleux tissés avec chacun. Li-Hou, bouleversante danseuse est amoureuse d’un pianiste et l’aimera par delà la mort, dans ce conte philosophique bouleversant à la Saint-Exupéry. Rowina, femme africaine d’une force vitale inouïe, d’une générosité débordante, entreprend, quant à elle, de rendre le sourire aux femmes qu’elle côtoie et que l’amour malmène, dût-elle s’oublier pour ce faire. Et Billie, amoureuse d’un homosexuel? Et Anna, aimantée par son voisin tout en demeurant éprise de son mari? Et Viata, que la mort a amputée de celui qu’elle aimait? Et la maitresse avec ses amants? Et l’officielle que la maitresse rêve de devenir un jour? Et cette autre femme, éperdument amoureuse d’un homme tellement plus jeune qu’elle? Des relations toutes différentes les unes des autres, qui dressent un tableau riche de l’amour, dans toutes ses nuances, dans toutes ses acceptions.

     Un tableau à dominante rouge, couleur de la passion.

     Clémentine Célarié nous offre ici non seulement une ode à l’amour, mais un hymne à la vie et à la tolérance. Aimons -nous vivants!

 

P. 286 : au sujet de l’amour : « Si tu étais sucre tout le monde serait gros si tu étais alcool tout le monde serait ivrogne si tu étais vent on vivrait en bateau si tu étais pluie on serait tes ruisseaux je te fais avec celui dans lequel je te vois je te trouve selon lui selon toi je te sens dans les yeux de ceux qui te portent »