Mes petites histoires Montessori : La nuit étoilée, Eve Herrmann (Nathan)

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Mes petites histoires Montessori : La nuit étoilée, Eve Herrmann 

Editions Nathan, juillet 2018

A partir de 3 ans

Dans la pédagogie Montessori, les premières histoires proposées à l’enfant doivent être inspirées de la vie réelle et du monde qui l’entoure et non traiter de sujets imaginaires. Le dessin doit de même être réaliste.

Dans ce récit, Liv ne trouve pas le sommeil, en proie à de terribles cauchemars. Elle se réfugie donc dans le salon où se trouve son papa. Pour la distraire de ses peurs nocturnes, ce dernier l’emmène sur le balcon pour une leçon d’astronomie. Il lui apprend à repérer et nommer les constellations, à repérer les étoiles filantes. Finalement, la nuit aussi peut être magique !

Une histoire très tendrement illustrée par Roberta Rocchi, qui parlera aux petits et leur permettra de s’identifier aisément à l’héroïne. Pour que la nuit ne soit plus synonyme d’angoisse.

Tu me lis une histoire? Quatre nouveaux titres pour les 3-6 ans! (Editions Gautier Languereau)

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Tu me lis une histoire ? Une chouette collection pour les enfants de 3 à 6 ans !

Éditions Gautier Languereau, février 2015

160*180mm, 32 pages, 4,95€.

Les éditions Gautier Languereau complètent la joyeuse collection « Tu me lis une histoire ? » avec quatre nouveaux titres . Des histoires courtes, tendres, sur des thématiques qui leur parlent ( l’appréhension de la nuit, les petits bobos, les disputes entre amis, l’entraide), des illustrations craquantes, autrement dit, des petits livres parfaits pour une lecture juste avant le coucher des petits !

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Reste mon ami Petit-Ours !, Ursel Scheffer et Ulises Wensell

Petit-Ours et son copain décident d’aller faire de la balançoire. Mais le jeu tourne mal et nos deux compères se fâchent. Tandis que chacun rentre de son côté, Petit-Ours entend les appels au secours d’un louveteau. Face au danger et à la nécessité d’allier leurs forces, nos deux amis vont-ils se réconcilier ?

Une histoire emplie de tendresse, une jolie leçon de vie, qui interpellera les petits. Et le superbe graphisme au cœur d’une nature parée des couleurs de l’automne saura faire briller des étoiles dans leurs yeux.

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Aïe, aïe, aïe, j’ai mal ! Kes Gray et Mary Mc Quillan

Bobos, rhumes, grippes, genoux écorchés, les enfants rechignent parfois à se laisser soigner. Ce petit livre se propose de leur montrer qu’il est possible de guérir les bobos en faisant confiance au médecin. Un traitement adéquat et hop, les bobos ne sont plus qu’un lointain souvenir ! Une histoire aux personnages amusants, qui aidera les petits à dédramatiser la visite chez le médecin.

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A la rencontre de la nuit, Debi Gliori

Il n’est pas toujours aisé de convaincre les enfants qu’il est temps de dormir. Tout aussi difficile de les rassurer face à l’obscurité. Aussi ce petit livre se propose de les faire voyager en compagnie de leurs doudous, dans le monde magique de la nuit. Et tout alors, de devenir féerique. La nuit ne sera plus effrayante ! Une très belle invitation à une nuit apaisée, avec des dessins d’une tendresse infinie.

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La petite poule rousse, Miss Clara

Le cochon, le canard, le chat et la petite poule rousse sont quatre inséparables amis. Aussi, quand cette dernière trouve des grains de blé, elle leur propose de l’aider pour fabriquer de la farine, puis confectionner du pain. Mais si aucun n’est décidé à l’aider, tous sont volontaires pour manger !

Une histoire sur l’entraide, le mérite, la récompense, qui ne saurait laisser indifférent nos chères têtes blondes.

Un graphisme très original pour un conte classique revisité avec talent par Miss Clara.

La Kar’Interview de Pamela Hartshorne

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La Kar’Interview de Pamela Hartshorne, auteur de La nuit n’oubliera pas (éditions de L’Archipel).

La nuit n’oubliera pas, ce sont deux femmes, deux époques, deux destins séparés par quatre siècles mais avec un seul et unique but  : sauver une enfant en danger. Et si le temps ne se déroulait pas linéairement?…

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Rencontre avec l’auteur : 

Karine Fléjo : Quelle est la place de la ville de York (nord de l’Angleterre) dans ce roman?

Pamela Hartshorne : Une place très importante, d’autant que mes recherches pour mon doctorat d’histoire médievale portaient sur les conseils de quartier dans cette ville au XVIème siècle. Je vis à York, au centre de la ville. Chaque jour je marche dans ces rues et j’imagine la vie des gens qui étaient dans ces conseils.C’est une ville où l’histoire est très présente, très forte, que ce soit dans les pierres, les constructions anciennes, comme si les murs avaient absorbé l’histoire. Ecrire ce roman, c’était un moyen de créer ce monde découvert dans les archives et de le rendre présent dans un autre univers, aujourd’hui. Oui, la ville de York est le personnage principal de ce roman.

KF : Auriez-vous aimé vivre à York à l’époque de l’héroïne Hawise, c’est à dire au XVIème siècle?

PH : Non pas vraiment, surtout pas au regard de la condition de la femme. Mais en même temps, ce qui ressort de mes études, c’est que les gens qui vivaient à York au XVIème siècle avaient les mêmes relations humaines que celles que nous connaissons. Nous avons une humanité en commun. Et aussi difficile soient les conditions, les femmes à cette période jouissaient de la vie. La vie était très gaie, très animée.

KF : Vous avez un doctorat en histoire médiévale. Dans l’écriture du roman, qu’est-ce qui prédomine la rigueur de l’historienne ou l’imagination de la romancière?

PH : Tout au long de la rédaction, j’ai été tiraillée entre les réflexes de l’historienne et l’instinct de la romancière qui ne pouvait s’empêcher de s’interroger et d’extrapoler. Comme bien d’autres auteurs de romans historiques, j’ai voulu recréer un univers plausible et aussi convaincant que possible. J’ai voulu retourner au XVIème siècle et faire vivre et penser les personnages comme vivaient et pensaient les gens de cette époque. Mais cela demeure « mon » XVIème siècle, mon interprétation de cette période.

KF : Quand vous commencez à écrire, avez-vous déjà la trame ou les personnages vous échappent-ils pour vivre leur vie propre?

PH : Je commence avec une idée et alors les personnages font évoluer l’histoire dans un sens que je n’avais pas envisagé. Ce sont eux qui décident. J’aimerais bien être un auteur qui planifierait tout, avec un cadre très défini pour chaque moment, chaque personnage. Or je tente de fonctionner comme cela mais cela ne se produit jamais ainsi au final.

KF : Vous avez deux héroïnes, sur deux époques différentes, Grace et Hawise. Comment avez-vous travaillé sur ces deux personnages?

PH : Quand j’ai commencé le roman, je me suis dit qu’il serait plus facile de traiter le personnage de Grace, cette femme de notre époque, plutôt que celui de Hawise dans les années 1580. Or ce fut le contraire. J’ai dû batailler énormément avec Grace car elle fait des voyages dans le passé, or comment peut-on faire le lecteur s’identifier à quelqu’un qui vit des expériences aussi étranges?

KF : On passe d’une héroïne à l’autre, d’une période à l’autre, de façon très fluide, comme s’il y avait à chaque fois un passage de témoin de l’une à l’autre.

PH : Je suis partie de l’idée qu’à partir d’un stress post-traumatique, on peut réexpérimenter quelque chose du passé à travers l’un de nos cinq sens. Le toucher, l’ouie, le goût, l’odorat, la vue vont servir à effectuer la bascule entre deux époques.

KF : Ce qui donne une construction remarquable, sans rupture de rythme, avec des enchainements qui semblent couler de source. Que souhaitez-vous partager en priorité avec vos lecteurs?

PH : J’aimerais qu’ils prennent conscience du poids du passé dans nos vies actuelles, qu’ils aient un regard curieux et bienveillant envers l’Histoire.

KF : Votre roman est très visuel. On l’imaginerait très bien porté au cinéma.

PH : J’adorerais!

                                                                                      Propos recueillis le 13 février 2014

Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine de Vigan : rien ne s’oppose à l’amour

 

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Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

Editions Jean-Claude Lattès, août 2011.

 

Rien ne s’oppose à l’amour

 

     « L’écrit délivre les cris des lèvres » (Christine Spadaccini). Cris de joie, cris de douleur, la plume de Delphine de Vigan cherche les mots pour tenter de décrire, de cerner, de comprendre, celle qui n’est plus : sa mère, Lucile. « Sans doute avais-je envie de rendre un hommage à Lucile, de lui un offrir un cercueil de papier – car, de tous, il me semble que ce sont les plus beaux – et un destin de personnage. Mais je sais aussi qu’à travers l’écriture, je cherche aussi l’origine de sa souffrance (…), et je ne peux me contenter d’ignorer combien cette quête, non contente d’être difficile, est vaine. » Car il n’y a pas une vérité, incontestable, inébranlable, mais plusieurs.

     Delphine de Vigan remonte ainsi toute l’histoire de sa mère, qu’elle découvre sans vie sur son lit, après avoir mis fin à ses jours. Pour cela, l’auteur mène une véritable enquête de fond, traque jusqu’aux moindres détails auprès de ceux qui ont jalonné son parcours, de sa petite enfance à ce jour fatidique de 2008. Témoignages, lettres, enregistrements, photos, souvenirs, écrits, journaux intimes, face au vertige qui est sien, l’auteur a besoin de trouver des repères.

     Mais rédiger un livre sur un sujet aussi sensible et intime suscite en elle des doutes permanents. A t-on le droit de déterrer les démons du passé ? Ne risque t-elle pas de générer des dommages collatéraux auprès des proches encore en vie ? En quoi son histoire personnelle peut-elle avoir une dimension plus universelle et concerner le lecteur ?

     C’est une quête sur les origines, le mythe familial mais aussi sur l’acceptation d’en voir son envers que nous offre Delphine de Vigan. Un livre poignant, fascinant, où les souvenirs lumineux, les jours heureux, alternent avec les non-dits et secrets de famille douloureux.

     Un roman dont la quête, à l’instar du contenu, reste envers et contre tout un hymne à l’amour.

 

Bibliographie :

Jours sans faim, Editions Grasset (2001)

Les jolis garçons, Editions Jean-Claude Lattès (2005)

Un soir de décembre, Editions Jean-Claude Lattès (2005)

No et moi, Editions Jean-Claude Lattès (2007)

Les heures souterraines, Editions Jean-Claude Lattès (2009)

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 19€

Nombre de pages : 437

ISBN : 978-2-7096-3579-0

Dans la nuit brune, Agnès Desarthe

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Dans la nuit brune, Agnès Desarthe

Editions de l’Olivier, 2010

 

  Tandis que le petit ami de sa fille, Armand,  trouve la mort dans un accident de moto, Jérôme se trouve désemparé. Comment aider son enfant que la vie catapulte trop vite, trop brutalement, dans le monde adulte ?« A quoi lui servait-il à présent ? A quoi  servent les parents d’enfants devenus grands ? » Il sait qu’il doit agir, réagir. Or il se sent impuissant, prisonnier de cette forme de léthargie qui est sienne depuis toujours. Comme anesthésié.

Pourtant, cette vie qui stoppe net pour Armand, cette nuit qui l’engloutit à tout jamais, remet en question le mode de fonctionnement de Jérôme. Ce corps qu’on inhume devant lui exhume ses propres blessures. Lui qui jusqu’alors a survécu dans le déni, dans une perpétuelle fuite en avant, est arrêté dans sa course. Réveillé brutalement. Secoué. Et une évidence de se faire jour : la nuit brune qui entoure ses origines doit être à présent percée. L’enfant sauvage trouvé errant à l’âge de quatre ans dans les bois ne peut plus ramper. Il doit se relever. Faire face à son histoire. Comprendre.

Savoir d’où il vient pour envisager où il peut aller.

Il s’enfonce alors dans le dédale intérieur obscur de son passé. Un monologue interne aussi labyrinthique que les bois où, petit, il a rodé, avant d’être trouvé par un couple et adopté. Or Jérôme est épuisé par les combats qu’il lui a fallu mener enfant pour survivre et garder espoir dans la solitude angoissante de la forêt. Seul son corps a gardé la mémoire dont son esprit est dépourvu. Il éprouve ainsi régulièrement en secret le besoin irrépressible de fuir en pleine nature, faisant corps avec la terre, rampant sur les sentiers au milieu des feuillages humides et des racines, respirant les fragrances d’humus. Aujourd’hui, il est exténué. Alexandre, commissaire à la retraite, qui enquête sur la mort d’Armand, décide alors de lui offrir son aide, de remonter pour lui jusqu’à ses racines.

 

Avec limpidité, douceur, sobriété, dans un climat de tension permanent et envoûtant, Agnès Desarthe dissèque avec une finesse chirurgicale  l’âme de ses personnages et la nature de leurs relations au scalpel de sa plume. Le lecteur s’engouffre dans sa nuit brune, sur des sentiers initiatiques surprenants et multiples, avide de voir le jour se faire sur la vérité. Une vérité sombre, mais avec laquelle il faut apprendre à composer. Pour vivre dans la lumière du jour. Enfin.

 

Agnès Desarthe : Dans la nuit brune par Koryfee