Glissez Oscar Lalo dans votre poche!

La race des orphelins

Avec une écriture infiniment belle et un angle très original, Oscar Lalo met en lumière une page mal connue de l’histoire : celle des enfants des « Lebensborn ». Un roman d’une puissance évocatrice rare. Magistral.

La fabrique d’enfants parfaits

C’est le journal d’Hildegarde Müller que nous livre ici l’auteur. Une femme analphabète qui, à 76 ans, demande à un scribe de coucher sur le papier son histoire et, à travers elle, celle des enfants des Lebensborn.

« J’ai besoin, avant de mourir, de dire à mes enfants d’où ils viennent, même s’ils viennent de nulle part.« 

Hildegarde Müller a été élevée dans un Lebensborn. Ce lieu, imaginé par Himmler à partir de 1935, est une pouponnière dans laquelle les nazis entendaient élever des enfants parfaits, parfaits au sens parfaitement aryens. Victimes du troisième Reich, ces enfants étaient soit issus de la procréation entre un SS et une femme aryenne, soit enlevés à leur famille slave (famille répondant auxdits critères aryens).

Hildegarde n’a jamais connu ses parents. A t-elle été conçue dans un lebensborn ou enlevée à des parents de l’Est ? A travers son histoire, on découvre l’Histoire, celle de ces milliers d’enfants, symboles du nazisme, cette race supérieure censée remplacer la race inférieure vouée à être éliminée dans les camps de concentration. La race des orphelins en réalité, orphelins du Mal, abandonnés par le pouvoir à la fin de la guerre et rejetés par la population car enfants de SS. Des enfants doublement abandonnés.

Censés incarner la fierté arienne, ils représentent désormais la honte nazie.

« Je suis fille de SS. C’est écrit sur mon front. C’est cloué dans mon dos. A l’avant une autre pancarte : collabo. Collabo, ma mère. Je suis une fille sandwich, plaquée par la double infamie de mon ascendance.« 

Un devoir de mémoire

C’est un devoir de mémoire, un hommage à ces victimes oubliées de la guerre, que nous livre Oscar Lalo dans ce roman remarquable, La race des orphelins. Peu d’ouvrages d’histoire mettent en lumière ces enfants des Lebensborn, un des secrets les mieux gardés de la seconde guerre mondiale. On évoque les victimes de la Shoah, en omettant ces autres enfants victimes du nazisme eux aussi, cette race des orphelins. Justice et voix leur sont ici rendues, dans un livre au vocabulaire ciselé, à l’écriture magistrale. A l’émotion à fleur de plume.

Un livre pour ne pas oublier. Un livre pour ne plus jamais recommencer.

Informations pratiques

La race des orphelins, Oscar Lalo – éditions Pocket, septembre 2021 – 288 pages – 6,95€

La race des orphelins, Oscar Lalo

La race des orphelins Oscar Lalo
Copyright photo Karine Fléjo

Avec une écriture infiniment belle et un angle très original, Oscar Lalo met en lumière une page mal connue de l’histoire : celle des enfants des « Lebensborn ». Un roman d’une puissance évocatrice rare. Magistral.

La fabrique d’enfants parfaits

C’est le journal d’Hildegarde Müller que nous livre ici l’auteur. Une femme analphabète qui, à 76 ans, demande à un scribe de coucher sur le papier son histoire et, à travers elle, celle des enfants des Lebensborn.

« J’ai besoin, avant de mourir, de dire à mes enfants d’où ils viennent, même s’ils viennent de nulle part.« 

Hildegarde Müller a été élevée dans un Lebensborn. Ce lieu, imaginé par Himmler à partir de 1935, est une pouponnière dans laquelle les nazis entendaient élever des enfants parfaits, parfaits au sens parfaitement aryens. Victimes du troisième Reich, ces enfants étaient soit issus de la procréation entre un SS et une femme aryenne, soit enlevés à leur famille slave (famille répondant auxdits critères aryens).

Hildegarde n’a jamais connu ses parents. A t-elle été conçue dans un lebensborn ou enlevée à des parents de l’Est ? A travers son histoire, on découvre l’Histoire, celle de ces milliers d’enfants, symboles du nazisme, cette race supérieure censée remplacer la race inférieure vouée à être éliminée dans les camps de concentration. La race des orphelins en réalité, orphelins du Mal, abandonnés par le pouvoir à la fin de la guerre et rejetés par la population car enfants de SS. Des enfants doublement abandonnés.

Censés incarner la fierté arienne, ils représentent désormais la honte nazie.

« Je suis fille de SS. C’est écrit sur mon front. C’est cloué dans mon dos. A l’avant une autre pancarte : collabo. Collabo, ma mère. Je suis une fille sandwich, plaquée par la double infamie de mon ascendance.« 

Un devoir de mémoire

C’est un devoir de mémoire, un hommage à ces victimes oubliées de la guerre, que nous livre Oscar Lalo dans ce roman remarquable, La race des orphelins. Peu d’ouvrages d’histoire mettent en lumière ces enfants des Lebensborn, un des secrets les mieux gardés de la seconde guerre mondiale. On évoque les victimes de la Shoah, en omettant ces autres enfants victimes du nazisme eux aussi, cette race des orphelins. Justice et voix leur sont ici rendues, dans un livre au vocabulaire ciselé, à l’écriture magistrale. A l’émotion à fleur de plume.

Un livre pour ne pas oublier. Un livre pour ne plus jamais recommencer.

Une révélation de cette rentrée littéraire!

Informations pratiques

La race des orphelins, Oscar Lalo – éditions Belfond, aout 2020 – 279 pages – 18€