Bon dimanche!

Lire en soi comme dans un livre ouvert… Un vaste programme !

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La dernière photo, Franck Courtès (JC Lattès) : le récit d’un passeur d’émotions

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La dernière photo, Franck Courtès

Editions JC Lattès, avril 2018

Le récit émouvant d’un homme, photographe de renom, qui a délaissé l’objectif de son appareil photo pour sa plume d’écrivain. Un choix en cohérence avec ce qu’il est, ce qui le fait vibrer, ce dont il a besoin : faire passer des émotions, être dans la vérité des choses.

Pendant plus de 20 ans, Franck Courtès a été photographe. Passionnément photographe. Il a vibré, frémi, vécu par et pour la photographie. Très vite, son talent est salué. Libération, Les Inrockuptibles, il multiplie les portraits de vedettes dans les pages des journaux et magazines nationaux, réalise les photos des pochettes de disques de chanteurs de renom, toujours entre deux trains, entre deux avions pour l’autre bout du monde. Ce qu’il aime par-dessous tout ? Aligner sur une même ligne de mire le regard, l’objectif et le cœur. Faire tomber le masque bien lisse des apparences pour saisir l’âme de ceux qu’il photographie. Fusionner l’espace d’un instant avec le modèle.

Un art qui implique une implication totale, fait l’éloge de la lenteur.

Or au début des années 2000, on ne demande plus aux photographes d’exprimer une vision personnelle de leur sujet, de faire ressortir la vérité du modèle, mais d’offrir au public une image flatteuse, vendeuse, dût-elle être surfaite, ne pas refléter la personnalité réelle de la personne mais ce qu’on a projeté sur elle. Non seulement on demande désormais à Franck Courtès d’être expéditif, de s’en tenir à la surface des choses, mais de plus en plus de modèles le considèrent juste comme un faire-valoir. Invisible dans leur regard, traité avec mépris, il n’est toléré que parce qu’il fait d’eux un portrait avantageux qui circulera dans les médias.

Lentement, le divorce avec la photographie, ou plus exactement avec ce qu’est devenue la photographie de presse, se dessine. Non seulement l’auteur n’y retrouve plus la flamme première, mais il est en désaccord avec lui-même, avec ce qu’il aime, ce dont il a besoin. Chaque commande acceptée l’éloigne de lui, de son essentiel. Osera-t-il sauter le pas ?

Avec une sensibilité à fleur de plume, on assiste à la fin d’une passion et à la naissance d’une autre. Ou quand l’écriture se substitue à la photographie pour véhiculer des émotions. Franck Courtès a eu le courage de quitter un métier qui paraissait enviable de l’extérieur, mais le tuait à petit feu. Un parcours passionnant, émouvant, qui interpellera celles et ceux qui ont le sentiment de passer à côté de leur vie, de ne pas avoir fait les bons choix. Franck Courtès vous le montre : il n’est jamais trop tard pour faire du reste de sa vie la plus belle partie de son existence.

 

 

Les années Vogue, Robert Doisneau : superbe!

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Les années Vogue, Robert Doisneau

Editions Flammarion, 2017

356 pages ; 300 illustrations ; 49,90€

 C’est une collection aussi magique que méconnue que publient les éditions Flammarion : les années Vogue de Robert Doisneau. Magnifique et fascinant!

De 1949 à1952, Robert Doisneau va travailler sous contrat exclusif pour Vogue. Le but ? Capturer dans le lasso de son objectif, tout ce qui fait l’actualité mondaine et artistique parisienne, en y apportant un regard neuf, celui d’un enfant émerveillé devant les vitrines de noël. « L’envie irrésistible de faire une image est dictée par la recherche des éléments qui ont provoqué une émotion toute neuve » dira Doisneau. Et ce milieu mondain qu’il découvre génère en lui d’indicibles émotions.

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Les fêtes folles de l’après-guerre, les bals où les femmes rivalisent d’élégance dans des robes somptueuses à usage unique, où l’argent est dépensé sans compter pour oublier les années de restrictions et de conflits armés, sont autant d’occasions pour le photographe d’immortaliser d’étonnantes scènes. De Picasso retouchant des photos de mode à Brigitte Bardot faisant des essais comme mannequin, en passant par La Begum et l’Aga Khan au bal, Michèle Morgan au gala de l’Union, ou encore Maurice Béjart à l’échauffement, ce sont des témoignages inédits et fascinants d’une époque révolue, que nous offre le photographe.

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Véritable peinture sociale, cet important corpus de Robert Doisneau est un trésor incroyable. C’est un témoignage fort de l’histoire, celle de la reprise de la vie en France au sortir de la guerre. Ce livre d’art fera un magnifique cadeau à glisser au pied du sapin de noël !

Expo4Art 2016 aux Blancs Manteaux

Il vous reste encore quelques heures si vous voulez voir la formidable exposition Expo4Art à l’espace des Blancs Manteaux (Paris 4ème)!

Du 9 au 11 septembre 2016 se déroule la 4ème édition d’Expo4Art, au coeur du Marais. Une manifestation qui réunit 70 artistes contemporains, dans des domaines aussi divers que la peinture, la photographie, la sculpture, la création de bijoux, ou encore la réalisation de tableaux végétaux.

 

Quatre artistes ont tout particulièrement suscité mon émerveillement : 

  • Les sublimes photographies de Patrick le Hec’h : 

     

  • Les sculptures de Frédéric Saint-Aubin, styliste papier : à partir de papiers aux impressions et aux textures diverses, l’artiste sculpte des figurines de mode d’une minutie, d’une originalité et d’une beauté sidérantes! Des figurines auxquelles il insuffle un mouvement, une vie, au point de donner au visiteur le sentiment qu’il lui suffirait de les toucher pour qu’elles s’animent. Un gros coup de coeur! Je vous invite à aller visiter le site de l’artiste en cliquant ici : Site de Frédéric Saint-Aubin

    Ci-dessus : sculptures en papier 3D, en papier 2D et collage papier.

  • Les tableaux de Arnaud Bauville : chaque toile est réalisée à partir de coupures de presse anciennes originales et d’extraits de revues françaises ou étrangères d’époque, que l’artiste a chiné au gré de ses pérégrinations. Un choix de « textes » non innocent puisque pour chaque portrait réalisé, Arnaud Bauville imagine une vie à son personnage et donc une histoire. Une histoire que ces bribes de mots nous racontent. Des toiles à lecture multiple donc, et des oeuvres magnifiques, d’une grande originalité, à l’accent rétro. Allez faire un tour sur son site : site d’Arnaud Bauville !
  • Les tableaux végétaux de Stéphane Moreau : on voit fleurir avec bonheur quelques murs végétaux au coeur de la capitale. Stéphane Moreau, lui, vous propose encore mieux : avoir vos propres tableaux végétaux sur vos murs! Seulement vous hésitez, car vous n’avez pas la main verte. Que nenni, la technique de l’artiste dispense de tout arrosage, entretien ou spécifique exposition à la lumière! Une fois le tableau chez vous, il vous suffira de le fixer au mur. C’est tout! Le lichen dont il est composé, ainsi que les plantes, sont traités pour ne pas bouger pendant 8 à 10 ans. Pour voir ce merveilleux travail de plus près, cliquez ici : Site des tableaux végétaux

 

Vous avez jusqu’à 20 heures, ce dimanche, pour découvrir ces 70 artistes. Faites vite!

Informations pratiques :

Métro Saint-Paul, ligne 1

Halle des Blancs Manteaux, rue Vieille du Temple.

Entrée libre.

 

Une vie à soi, de Laurence Tardieu (Flammarion)

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Une vie à soi, Laurence Tardieu

Éditions Flammarion aout 2014

Un roman qui entrelace souvenirs, évocations, scènes d’hier et d’aujourd’hui, rêves et fragments biographiques, pour devenir le roman d’une rencontre et d’une quête, celle d’une vie enfin retrouvée…

Il y a des rencontres qui bouleversent une vie. On ouvre une porte et on sait qu’on ne reviendra plus jamais en arrière. Quand, un après-midi d’automne, Laurence T., alors à l’aube de la quarantaine, pousse la porte du musée du Jeu de paume, mue par l’envie de fouler à nouveau ce lieu qui était sien enfant, elle n’imagine pas un instant qu’une autre porte, ô combien troublante, va s’ouvrir en elle. Face aux photographies de Diane Arbus, c’est en effet le choc. Cette photographe américaine met un point d’honneur à saisir les êtres et les choses tels qu’ils sont, à rechercher en toutes circonstances l’authenticité, la pureté, la vérité. Capturer l’essence des êtres dans le lasso de son objectif. Ne faire aucune concession aux faux-semblants. Être et non paraître. Voilà qui parle à Laurence, sujette alors à un mal de vivre profond, en pleine quête de sens.

Saisie par la beauté des clichés, Laurence quitte l’exposition transportée. Et de désirer en connaître davantage sur cette photographe. Et d’acheter des ouvrages qui lui sont consacrés. C’est alors une véritable déflagration qu’elle ressent. Car ce n’est pas seulement le talent de l’artiste qui la saisit, mais aussi et surtout la similarité de leurs vies respectives, de leurs manques, de leurs blessures, de leurs rêves, de leurs besoins d’authenticité. Je est une autre. Je est Diane. Sa jumelle, son double, son reflet dans le miroir.

A la lumière du travail et des choix de vie de Diane Arbus, le passé de Laurence s’éclaire, les pièces du puzzle s’assemblent. Les sensations et les émotions dont elle était coupée depuis des années affluent en force. Dans leur sillage, un amour nouveau et ô combien bouleversant pour cette vie qui pulse en elle.

Avec Une vie à soi, Laurence Tardieu nous offre un roman bouleversant, celui d’une femme qui renaît à la vie, cette vie qu’elle se réapproprie enfin… Poignant.