Le jour où maman m’a présenté Shakespeare, Julien Aranda : attention gros coup de coeur!

img_3356

Le jour où maman m’a présenté Shakespeare, Julien Aranda

Editions Eyrolles, mars 2018

Un roman d’une poésie, d’une tendresse et d’une fraîcheur infinies. Ou le monde vu à travers le regard lumineux et plein d’espoir d’un enfant.

Elle a embrassé la carrière de comédienne de théâtre par amour inconditionnel pour Shakespeare. Un amour tel, qu’elle a baptisé son chien Roméo et que son fils a longtemps cru que Shakespeare était ce père qu’il n’a jamais connu. Certes, cette maman passionnée, qui reste arc-boutée à ses rêves malgré la poignée de spectateurs qui vient la voir sur scène, peine à subvenir à leurs besoins. Certes, elle qui rêve de Comédie française, doit se contenter d’un petit théâtre de Meudon. Certes, le père de son enfant l’a abandonnée. Mais jamais elle ne se départit de son sourire. Mais jamais elle ne tarit d’amour et d’attentions à l’égard de son petit garçon. Et puis, à défaut d’un père, elle lui a offert une famille, celle de la joyeuse troupe de théâtre.

« Un jour, j’ai demandé à maman pourquoi on avait si peu de choses, et surtout, si peu d’argent. Il vaut mieux cultiver l’être plutôt que l’avoir m’a-t-elle répondu. »

Un point de vue que ne partage pas sa sœur Myriam, cadre dans une grande banque. Et de lui reprocher de ne pas vivre dans « la réalité des choses », d’être une éternelle adolescente, vivant au jour le jour. Et de lui intimer de chercher un travail plus sérieux.

Mais le petit garçon et sa maman n’en ont que faire de ces critiques. «  La vie est courte et l’essentiel c’est d’oser être ce que l’on est pour ne pas devenir ce que l’on hait, et surtout de toujours prendre du plaisir dans ce que l’on fait. »

Mais cette philosophie de vie est mise à rude épreuve le jour où les huissiers les expulsent de chez eux et placent le jeune garçon chez sa tante… Comment continuer à croire en ses rêves en pareilles circonstances ?

Dans ce roman, le narrateur est un enfant qui, confronté à la rudesse de la vie, découvre le monde et ses paradoxes. Si les situations traversées sont dures, jamais le roman ne verse dans le pathos, bien au contraire. D’une part, l’humour, la tendresse et la poésie offrent un recul salutaire. D’autre part, cet enfant et sa maman sont tout sauf des êtres résignés : l’espoir est leur moteur, l’amour qui les unit leur force. Un roman d’une émotion à fleur de plume, lumineux, positif, dont les personnages vous hanteront longtemps. Un ENORME coup de cœur !

Publicités

Le langage de la solitude, le nouveau sublime roman de Jan-Philipp Sendker (JC Lattès)

1CBECA01-A59B-4E4C-BA01-76F9C11862BA

Le langage de la solitude, Jan-Philipp Sendker

Editions JC Lattès, mai 2018 

A travers ce nouveau roman, viscéralement humain, servi par une écriture poétique, Jan-Philipp Sendker nous offre une immersion totale dans la Chine d’aujourd’hui. Une vision fascinante, pertinente de ce pays où les traditions sont encore bien présentes, où toute remise en question de l’ordre établi est périlleuse. Un roman empreint de sagesse orientale. Coup de cœur absolu ! ❤

Depuis le décès de son fils Justin, Paul, ancien journaliste américain, s’est retiré du monde dans une petite île au large de Hong-Kong. Quand sa route croise celle de Christine, une chinoise exilée à Hong-Kong avec sa mère pour raisons politiques, il renoue prudemment avec le bonheur. Car la vie lui a appris ceci : « Ne plus jamais tenir quoi que ce soit pour acquis ». Christine se montre patiente, douce avec ce solitaire affamé d’amour et lui fait peu à peu prendre conscience de la véracité de ce dicton chinois « Un être humain tout seul n’est pas un être humain. »

Alors que Paul se laisse apprivoiser, c’est Christine qui devient fuyante car tourmentée. Son passé l’a rattrapée. Ce frère qu’elle croyait mort dans les camps en Chine, se rappelle 40 ans après à son bon souvenir. Sa femme est gravement malade, il a besoin d’aide. Retourner en Chine, ce pays où elle garde de si douloureux souvenirs, à commencer par le suicide de son père sous ses yeux pour fuir les gardes rouges quand elle avait 6 ans, est une épreuve. Paul décide de l’accompagner.

Sur place, les réflexes de journaliste de Paul refont surface. Et d’investiguer. Et de chercher à comprendre pourquoi cette femme, mais aussi d’autres personnes du village souffrent du même mal, de ce qui ressemble bel et bien à un empoisonnement au mercure. Avec ses réflexes d’occidental, il pose des questions, fouille, est prêt à affronter les autorités pour permettre à la vérité d’éclore au grand jour. Une attitude aux antipodes de l’attitude soumise, apeurée et résignée de ses interlocuteurs chinois, du moins de nombre d’entre eux. Devra-t-il lui aussi se résigner ou la vérité se forgera-t-elle un chemin vers la lumière ?

Dans ce roman empreint de sagesse orientale, de tableaux de cette Chine si éloignée de notre univers occidental, Jan-Philipp Sendker nous offre un double voyage : un voyage au cœur de l’humain et un voyage au cœur de la Chine d’aujourd’hui. Avec une plume sensible, délicate, poétique, il met en évidence le choc des cultures, la beauté et la richesse de nos différences. Un roman dense, émouvant, riche humainement. Un véritable coup de cœur!

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à un autre ouvrage, lui aussi magnifique, de l’auteur : L’art d’écouter les battements de cœur.

 

Le cerf-volant de Toshiro, Ghislaine Roman (texte) et Stéphane Nicolet (Illustrations)

BD6A4D86-5054-4044-953B-061818F7DCBC

Le cerf-volant de Toshiro, Ghislaine Roman (texte) et Stéphane Nicolet (Illustrations)

Editions Nathan, mars 2018

Un conte magnifique, d’une poésie et d’une tendresse infinies, sur la relation d’amour exceptionnelle entre un grand-père un peu fatigué et son petit-fils plein d’imagination. Ou quand l’amour donne des ailes.

Toshiro est tout excité. Son grand-père Satô et lui ont fabriqué un magnifique cerf-volant, à l’effigie d’un dragon émeraude. Il est à présent temps de le faire voler, en veillant à ne pas lâcher le ruban.

Toshiro est émerveillé par le spectacle de ce dragon dansant sur l’azur des cieux. Hélas, son grand-père, au dos tout voûté, ne peut pas se redresser pour regarder le ciel et l’admirer. Et Toshiro, comme muet depuis sa naissance, ne peut pas davantage lui narrer ce qu’il voit. Les mots restent bloqués dans sa gorge, prisonniers.

Qu’à cela ne tienne, si Toshiro est à court de mots, il n’est jamais à court d’idées. Et de trouver à chaque fois une solution, pour que son adorable grand-père participe pleinement au spectacle du cerf-volant. Jusqu’à ce jour où un miracle se produit…

Ce livre est un gros coup de coeur! ❤ J’ai succombé à la poésie de l’histoire, à la relation si belle qui unit Toshiro et Satô. A la force de leurs sentiments. Des êtres écorchés par la vie, qui vont puiser dans la force de leurs liens de quoi déplacer des montagnes. Un livre à offrir absolument à vos chères têtes blondes!

Paris en Toutes Lettres du 9 au 20 novembre 2017

e19be90d-e510-43e4-b52d-5d92a14e1dcb

Fondé sur les hybridations entre les genres littéraires et les formes artistiques, Paris En Toutes Lettres se déploie dans toute la ville autour de 16 lieux. Il explore également les résonances entre la géographie parisienne et sa vie littéraire. À travers ce foisonnement de propositions, c’est à un Paris résolument vivant et traversé de littérature que le festival donne voix chaque année.

75d8f40c-391d-49b4-a5f5-aafe814b5b88

Le festival Paris en toutes lettres célèbre les poètes du 9 au 20 novembre à la Maison de la poésie, à Paris 3e, et dans une douzaine de lieux voisins.

Au programme : des lectures, des rencontres, des concerts littéraires, des conférences et des performances. Avec le comédien et réalisateur Mathieu Amalric accompagné du percussionniste Mahut, l’essayiste Pierre Rabhi, les écrivains Cyril Dion et Lola Lafon, ou encore les chanteurs Arthur H et Philippe Katerine.

Parmi les temps forts : une Nuit de la poésie à l’Institut du monde arabe, au cours de laquelle des personnalités du monde de la culture, de la politique et de la musique enchaîneront les lectures (le 11 novembre de 19h à 6h) , des lectures par des élèves du cours Florent à la Maison de Victor Hugo (le 17 novembre dès 18h30), un bal littéraire qui alternera danses et déclamations à la Gaîté lyrique (le 18 novembre dès 19h30), des ateliers d’écriture hip-hop à la médiathèque de la Canopée (le 18 novembre), et des siestes acoustiques (le 19 novembre).

Revisitant l’actualité littéraire, le festival fait aussi la part belle aux créations mettant en regard littérature et musique. Parmi plus de quarante lectures, rencontres ou concerts littéraires, on trouve également d’originales performances. À travers ces multiples lieux et propositions, c’est à un Paris vivant et traversé de littérature que le festival donne voix.

Goncourt 2016 de la nouvelle, du premier roman et de la poésie : les lauréats

prix_goncourt

Le Goncourt de la nouvelle, du premier roman et de la poésie ont été attribués ce lundi 9 mai 2016 à Paris, chez Drouant.

Dans la catégorie premier roman, le Goncourt va à la surprise générale à « De nos frères blessés », de Joseph Andras (Actes Sud). Un livre paru la semaine dernière, et qui n’avait pas eu le temps de se trouver dans la sélection publiée il y a un mois. Les autres ouvrages en compétition étaient  : « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut (Finitude), « Le grand marin » de Catherine Poulain, (l’Olivier), « Wanderer » de Sarah Léon, (Heloïse d’Ormesson), « Bianca » de Lou Robert (Editions Julliard).

Dans la catégorie nouvelle, c’est « Histoires » de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel) qui a été distingué. Le livre était en compétition avec « Bonnes nouvelles de Chassignet » de Gérard Oberlé (Grasset), « Une chance unique » de Erwan Desplanques (L’Olivier) et « 33 chambres d’amour » de Francois Emmanuel (Seuil).

Enfin, le Goncourt de la poésie, rebaptisé Robert Sabatier, va, pour son oeuvre complète, au… Printemps des poètes. Un éloge a été prononcé par Virginie Despentes et Eric-Emmanuel Schmitt, les deux derniers « promus » au sein de l’Académie, présidée par Bernard Pivot.

Fonce Petit Paul, de Hubert Ben Kemoun (Nathan)

9782092563397

Fonce Petit Paul, de Hubert Ben Kemoun

Illustrations de Charlotte des Ligneris

Editions Nathan, mars 2016

A partir de 4 ans

Une aventure initiatique et poétique sur une amitié qui donne des ailes !

C’est l’anniversaire de son amie Mily Rose. Aussi Petit Paul a t-il choisi un cadeau personnalisé : un foulard du bleu de ses yeux et du rose de son prénom. Mais tandis qu’il se rend à Vélo chez Mily Rose pour le lui offrir, une bourrasque l’emporte. Et le foulard de partir dans les airs, par delà les lacs, les arbres des forêts, tantôt attrapé par une pie, tantôt accroché à une locomotive ou à un buisson d’ajoncs. Cependant rien, ou presque, ne pourrait arrêter Petit Paul dans sa course à vélo après le foulard. Porté par le désir de faire plaisir à son amie, il se sent pousser des ailes, à même de soulever des montagnes, de dominer ses peurs. Car tout héros qu’il s’imagine être, il n’en a pas moins des craintes, des doutes. C’est que récupérer le foulard est périlleux ! Mais vouloir se dit Petit Paul, c’est pouvoir.

Une histoire tendre sur la force de l’amitié, le dépassement de soi, qui ravira les petits et les plus grands.

Informations pratiques :

Nombre de pages : 32

Prix éditeur : 10€

Format : 21*26 cm