Glissez François d’Epenoux dans votre poche!

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Les jours Areuh, François d’Epenoux

Editions Pocket, mai 2017

Récit.

Un livre qui, entre l’anecdotique et l’onirique, l’humour et la poésie, pose un regard sur le monde et le redoutable bonheur d’être père.

Difficile de parler d’un livre quand il s’agit d’un tel coup de cœur, tant on a le sentiment qu’on ne pourra rien écrire qui ne soit en deçà du livre lui-même. Ma chronique pourrait donc tenir en une seule injonction : « Lisez-le, relisez-le, offrez-le ! » Mais pour ceux qui sont encore devant leur écran – les autres ayant déjà enfilé leur manteau pour se ruer chez le libraire le plus proche, je vais étayer.

Les jours areuh, mi-récit, mi-fiction, s’inspire de la vie de François d’Epenoux, jeune papa quinqua. Tandis que les pleurs du nouveau-né retentissent au cœur de la nuit, pleurs qu’il apaise patiemment en lui donnant le biberon, il partage avec nous les réflexions qui jalonnent ces longues heures. A la lueur de l’abat-jour, il projette sur l’écran de ses pensées le film de la jeune vie d’Oscar, de l’annonce de la grossesse de sa femme à cet instant précieux au creux de ses bras, en passant par la naissance en catastrophe du petit, son difficile et courageux combat pour survivre, la réanimation, la néonatalogie, mais aussi sa victoire face à l’adversité et son accueil chaleureux dans la fratrie. Et tandis qu’il multiplie les arrêts sur image, il évoque avec une infinie tendresse et une émotion à fleur de plume, les questionnements qui sont siens. Etre à nouveau père, tardivement, c’est à la fois une joie indescriptible, un extraordinaire bain de Jouvence, des challenges permanents à relever pour se dépasser et faire face aux exigences hautes de l’éducation d’un enfant, ou encore le sentiment fort d’avoir fait un choix et d’en assumer toutes les responsabilités. Mais ce sont aussi des renoncements en termes de liberté (vie de noctambule, voyages lointains, fêtes, …), des craintes quant au monde qui l’attend et à ses capacités, avec les autres enfants de sa génération, à l’améliorer.

Un livre passionnant, bouleversant, magnifique. Une ode à l’amour merveilleuse, la plus belle, la plus pure qu’un père puisse interpréter par la voix de son encre à son enfant…

 

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Les jours areuh, François d’Epenoux : coup de coeur!

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Les jours areuh, François d’Epenoux

Editions Anne Carrière, janvier 2016

Récit.

Un livre qui, entre l’anecdotique et l’onirique, l’humour et la poésie, pose un regard sur le monde et le redoutable bonheur d’être père.

Difficile de parler d’un livre quand il s’agit d’un tel coup de cœur, tant on a le sentiment qu’on ne pourra rien écrire qui ne soit en deçà du livre lui-même. Ma chronique pourrait donc tenir en une seule injonction : « Lisez-le, relisez-le, offrez-le ! » Mais pour ceux qui sont encore devant leur écran – les autres ayant déjà enfilé leur manteau pour se ruer chez le libraire le plus proche, je vais étayer.

Les jours areuh, mi-récit, mi-fiction, s’inspire de la vie de François d’Epenoux, jeune papa quinqua. Tandis que les pleurs du nouveau-né retentissent au cœur de la nuit, pleurs qu’il apaise patiemment en lui donnant le biberon, il partage avec nous les réflexions qui jalonnent ces longues heures. A la lueur de l’abat-jour, il projette sur l’écran de ses pensées le film de la jeune vie d’Oscar, de l’annonce de la grossesse de sa femme à cet instant précieux au creux de ses bras, en passant par la naissance en catastrophe du petit, son difficile et courageux combat pour survivre, la réanimation, la néonatalogie, mais aussi sa victoire face à l’adversité et son accueil chaleureux dans la fratrie. Et tandis qu’il multiplie les arrêts sur image, il évoque avec une infinie tendresse et une émotion à fleur de plume, les questionnements qui sont siens. Etre à nouveau père, tardivement, c’est à la fois une joie indescriptible, un extraordinaire bain de Jouvence, des challenges permanents à relever pour se dépasser et faire face aux exigences hautes de l’éducation d’un enfant, ou encore le sentiment fort d’avoir fait un choix et d’en assumer toutes les responsabilités. Mais ce sont aussi des renoncements en termes de liberté (vie de noctambule, voyages lointains, fêtes, …), des craintes quant au monde qui l’attend et à ses capacités, avec les autres enfants de sa génération, à l’améliorer.

Un livre passionnant, bouleversant, magnifique. Une ode à l’amour merveilleuse, la plus belle, la plus pure qu’un père puisse interpréter par la voix de son encre à son enfant…

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 15€

Nombre de pages : 134

ISBN : 978 2 8433 7806 5

 

 

 

Mon fils chez les cathos, récit de Véronique de Bure (éditions Belfond) : édifiant

 

J’ai mis mon fils chez les cathos, de Véronique de Bure

Éditions Belfond, septembre 2014

Récit

 

Quand l’auteur cherche en ce mois de mai un collège parisien susceptible d’accueillir à la rentrée son fils dyslexique, l’établissement privé Saint X semble être LA solution. Comment ne pas être séduit en effet par les promesses qu’il revendique? « L’attention et l’écoute portée aux élèves les plus en difficulté, la grande disponibilité de l’équipe enseignante et éducative et les valeurs de respect mutuel auxquelles nous sommes indéfectiblement attachés font de l’établissement un lieu où chacun se sent considéré et trouve sa place dans un cadre qu’on peut qualifier de « familial ». Mise en confiance et par ces objectifs affichés et par la visite du collège, Véronique de Bure y inscrit son fils.

Et le cauchemar commence. Tout et n’importe quoi est prétexte à brimades, humiliations et sanctions. Se balancer sur sa chaise? Une croix. Parler à sa voisine en classe? Une croix. Mal présenter son travail? Une croix. Ne pas passer à la ligne? Une croix. Le chemin de croix aboutit à une colle de deux heures, laquelle s’ajoute à une autre colle de deux heures, de sorte que le cumul des heures de colle promet de rester englué le mercredi au collège jusqu’à la nuit des temps. Et les encouragements en cas de meilleur résultat? On ne connait pas la carotte, juste le bâton. Au « félicitations » attendu se substitue « peut mieux faire ». A croire qu’il y a une forme de jubilation à casser les élèves, à les humilier, pour mieux les assouvir et les couler dans le moule. « J’ai parfois le sentiment, que, plus qu’un enseignement académique approfondi, les éducateurs veulent assurer un polissage en surface des élèves, les lisser, raboter leurs bosses et leurs aspérités pour les recouvrir d’un vernis incolore et brillant qui, une fois sec, figera les plus malléables dans un moule à leur goût. » Quatre heures de devoirs quotidiens, des heures de colle hebdomadaires, le jeune collégien fatigue, stresse, perd pieds. Comment pourrait-il en être autrement? Non seulement il n’y trouve aucun soutien, mais ses efforts et sa bonne foi ne sont pas reconnus.

La compréhension, les encouragements, l’écoute, l’encadrement, l’équité, valeurs qui conduisent les parents à inscrire leur progéniture dans un établissement catholique, se trouvent ici être toutes caduques. Un immense malentendu que l’auteur dénonce avec humour et causticité dans ce livre émaillé de nombreux exemples édifiants. A lire!

Rencontre avec Lionel Daudet, auteur du livre Le tour de France exactement (éditions Stock)

Le tour de la France exactement, Lionel Daudet

Éditions Stock, avril 2014

Un pari fou? Lionel Daudet, alpiniste amputé de huit orteils gelés fans la face nord du Cervin, en a tenté d’autres. Mais faire le tour de la France exactement, en suivant pas à pas, au mètre près, le trajet de la frontière et du littoral, quelle belle folie, quelle belle aventure! Parti en août 2011, il rentrera 15 mois plus tard, après avoir arpenté le territoire à pied, à vélo, en kayak, en voilier.

Une aventure qu’il relate dans un magnifique livre : Le tour de la France exactement, ainsi que dans un documentaire passionnant.

Rencontre avec Lionel Daudet : « L’aventure n’est que le reflet d’une vie vivante. »

Quel fut le point de départ de cette aventure?

C’est parti d’une boutade avec une amie : pourquoi ne pas faire le tour de la France en suivant la frontière administrative? Un domaine d’inconnu, où l’aventure, pourtant à notre porte, est bel et bien existante. L’aventure est le fondamental de la vie. On a trop tendance à penser que la vie entre dans un certain cadre. Or non. L’aventure n’est que le reflet d’une vie vivante.

– Comment se passe l’après, quand on a vécu une telle aventure pendant 15 mois?

Il y a toujours le temps du retour vers la vallée et le temps du partage. J’ai joué le rôle social de l’alpiniste qui en grimpant là-haut va prouver l’utilité de l’inutile. En rentrant, j’avais cette chance de pouvoir continuer à surfer sur cette histoire-là, en me consacrant à l’écriture du livre (Le tour de la France exactement, éditions Stock). Pendant le voyage, je me suis fait buvard, j’ai absorbé énormément, ensuite il y a eu le temps de décantation. En livrant cette histoire par écrit, je suis allé à l’essentiel avec l’espoir que cette histoire devienne une source de résonance. Après le livre, la deuxième phase a été le montage du film documentaire et des épisodes réalisés pour la chaine Voyages. Le retour n’a donc pas été une césure totale et brutale.

– Qu’en est-il de la gestion du risque? Comment veiller à ne pas risquer l’accident, en cas de fatigue accumulée notamment?

La montagne reste un milieu dangereux en effet. J’ai vécu un moment borderline quand j’ai reçu la foudre par le bas du dos, laquelle est sortie par le pied. J’ai alors mordu dans cette frontière un peu floue entre la vie et la mort. L’alpinisme évolue sur ces frontières un peu floues d’une vie fragile et d’une mort qui n’est pas très loin. Repousser les limites, c’est mettre un pied dans cette marge qui est floue. Mais juste un pied. Pas les deux. Toute la problématique est d’arriver à avoir suffisamment de clarté intérieure pour que cette ligne floue ne soit pas si floue que cela. C’est un discours facile à tenir dans les propos, mais difficile dans les actes. Déjà, il faut savoir ce pourquoi on part en montagne, quels sont nos moteurs, avoir la flamme et l’envie de faire. Et non y aller pour de mauvaises raisons, à savoir y aller par rapport à l’autre (médias, amis, compagnon, sponsor, …) ce qui peut induire une lucidité moindre, car on ne va plus raisonner uniquement dans l’instant présent. Or il faut garder une prise absolue sur la réalité. Et aussi une capacité de renoncement.

– Qu’est-ce qui vous pousse toujours en avant malgré ces risques ?

Ce qui me fait continuer dans l’alpinisme, même si mon carnet d’adresses se transforme parfois en cimetière, et ce n’est pas morbide de dire ca, c’est le sentiment que les gens que j’ai croisés et qui sont dans l’alpinisme de pointe, sont des gens qui croquent la vie et sont vraiment dans une vie vivante. Même s’ils périssent dans un accident, ces gens ont été des comètes qui ont brillé très fort pendant leur passage et qui continuent à briller au delà de leur mort, là où des gens qui vivent longtemps n’auront parfois rien fait briller dans leur passage sur terre.

– Quelle sera votre prochaine expédition?

Ce seront des expéditions mer/montagne avec des marins. Quand on part en voilier dans le grand sud ou dans le grand nord, on rouvre des champs d’exploration étonnants, où on retrouve l’esprit des pionniers, car peu de gens ont abordé des montagnes depuis la mer. En février 2015, je vais partir en Islande à partir de la Bretagne, pour affronter la cascade de glace. Puis l’été 2015, nous irons sur le Groenland est, qui est la partie la moins habitée du Groenland.

Copyright Karine Fléjo, décembre 2014

Le jardin des pleurs, de Mohamed Nedali (éditions de l’Aube) : bouleversant…

Le jardin des pleurs, de Mohamed Nedali

Éditions de l’Aube, septembre 2014

Collection Regards croisés

Le jardin des pleurs est un bouleversant roman inspiré d’une histoire vraie, celle d’un jeune couple marocain, en proie à un système judiciaire archaïque et corrompu jusqu’à la moelle.

Elève moyen, Driss obtient son bac à la session de rattrapage. Trop juste pour poursuivre des études supérieures. Il lui reste alors l’école des infirmiers, laquelle recrute au niveau du baccalauréat. Mais réussir le concours de recrutement ne sera pas aisé. A moins…à moins qu’il ne glisse une enveloppe grasse au directeur de l’institution. Ou ne fasse jouer une de ses relations. D’origine très modeste, seule la seconde solution s’offre à Driss, appuyé dans sa démarche par son oncle Boubker, petit fonctionnaire au bras très long qui a le pouvoir de dynamiter les obstacles administratifs moyennant quelques bakchichs.

Cette corruption qui lui fut d’une aide précieuse dans son parcours professionnel, lui a permis et d’obtenir son diplôme d’infirmier et d’être affecté à Marrakech, va pourtant devenir sa pire ennemie. Lorsque sa jeune épouse, Souad, serveuse dans un hôtel, est physiquement agressée par un client ivre devant témoins, la cause semble entendue. Elle décide de porter plainte, convaincue de son bon droit. Sauf que ce client en question est commissaire, autrement dit, un serviteur de l’état. Or «  Les serviteurs de l’Etat ne risquent jamais rien dans ce pays, quel que soit le forfait dont ils sont accusés. La loi n’a pas été faite pour les condamner mais plutôt pour les protéger, les couvrir en cas de dérapage. » (P.151). De fait, les témoins s’évanouissent dans l’air, les preuves aussi. Le dossier stagne. Le commissaire ne se présente jamais au procès, n’est pas appréhendé tandis qu’en face, physiquement et nerveusement exténuée, Souad continue le combat. Jusqu’au bout.

Mohamed Nedali, que la romancière Christine Orban surnomme à juste titre le Zweig marocain, nous entraine avec une sensibilité à fleur de plume, une justesse de ton et de regard, dans le sillage de ce jeune couple aux affres avec l’injustice de leur pays. Un roman bouleversant, sur le courage et la détermination d’une femme, d’un couple, face à un système marocain certes en pleine évolution, mais qui ne s’est pas encore affranchi des systèmes archaïques de corruption…

A lire!