L’enfant des camps, Francine Christophe et Pierre Marlière

l'enfant des camps

Le récit bouleversant de Francine Christophe, rescapée des camps de concentration. Un témoignage sur ce dont l’homme est capable de pire comme de meilleur. A lire ABSOLUMENT.

Déportation à Bergen-Belsen

Francine Christophe et sa maman, de confession israélite, fuyaient en train en juillet 42, pour trouver refuge chez un oncle près de Grenoble, quand elles ont été arrêtées. Francine n’est alors âgée que de 8 ans ½. Son père est prisonnier de guerre. Commence alors pour la fillette et sa mère un long cauchemar. Emprisonnées à Angoulême, elles sont ensuite envoyées dans un camp près de Poitiers. La peur, la puanteur, la faim, l’insalubrité, la promiscuité avec des hordes de rats les attendent. Une étape terrible avant un nouveau départ dans des wagons à bestiaux, entassés debout les uns contre les autres, sans eau, sans pouvoir s’asseoir ni aller aux toilettes des heures et des heures durant. Direction Drancy cette fois, puis le camp de Pithiviers, avant un nouveau départ pour Beaune-la-Rolande cette fois. Francine s’agrippe à sa mère, son repère, son pilier, sa raison de vivre. « La séparation était notre hantise. Je sais que je n’aurais jamais survécu sans Maman. Elle était tout pour moi, tout ce qui me restait dans ce monde de haine. »

Un an et dix mois passent ainsi. Jusqu’au jour où elles apprennent qu’elles font partie des prisonniers sélectionnés pour une déportation au camp de Bergen-Belsen. Francine a alors tout juste dix ans. Il leur faut alors survivre à l’humiliation, la déshumanisation, le froid, la faim. L’enfer.

Un témoignage essentiel et digne

Francine Christophe a quitté l’enfer des camps de concentration depuis 75 ans. Avec beaucoup de courage, de dignité, elle met ici des mots sur ce qu’elle et sa mère ont vécu, vu. Ce à quoi elles ont survécu. Dans L’enfant des camps, paru aux éditions Grasset, elle raconte la mort, la déshumanisation, la terreur, les cadavres entassés. La faim, l’horreur. Mais elle évoque aussi les miracles de la vie : comme ce bébé qui a pu voir le jour en cachette des nazis au sein du camp et a survécu à la déportation, ces chansons qu’elle a entonnées accompagnée au piano par sa maman au camp de Beaune-la Rolande, la force surhumaine que leur procure l’amour qui les lie (Francine et sa maman) et leur permet de surmonter leurs inhumaines conditions de vie.

Alors certes, Francine a survécu. Mais les blessures aussi.

« Le camp s’est installé en nous, les survivants. Il est là, on reste dedans toute sa vie, on pense à lui chaque jour. Il suffit d’un bruit, d’une parole, d’n nom, d’une histoire, pour qu’on saute à pieds joints parmi les barbelés et les miradors. »

Parce qu’on ne guérit pas de pareilles horreurs.

« La guerre s’est installée en nous, laissant dans son sillage une mémoire douloureuse, des lieux et des noms, qui ont pour nous une couleur différente, teintés de tragique et de souffrance. On dit que le temps guérit toutes les blessures, qu’un jour où l’autre, on finit par oublier. Ce n’est pas vrai, certaines plaies ne cicatrisent jamais. Je suis et resterai marquée par ce que j’ai vécu. Rien ne pourra panser le passé qui fut le mien. »

Un témoignage essentiel. Un devoir de mémoire. A lire absolument. Pour ne pas oublier. Pour ne pas laisser l’Histoire se répéter.

Informations pratiques

L’enfant des camps, Francine Christophe et Pierre Marlière – éditions Grasset, janvier 2021 – témoignage – 118 pages – 12,90€

L’été où je suis devenue vieille, Isabelle de Courtivron

L'été où je suis devenue vieille

©Karine Fléjo photographie

Quand une femme réalise brutalement que la vieillesse l’a rattrapée. Un récit touchant, authentique, celui d’une femme résolument libre, féministe, influente, devenue invisible.

Vieillir

Isabelle de Courtivron est une femme au parcours très vivant, très riche.  Une femme de convictions qui a toujours défendu son indépendance envers et contre tout. De double nationalité franco-américaine, elle a quitté la France quand elle était enfant, pour suivre sa mère et son beau-père à travers le monde (Cameroun, Tunisie, Turquie, Etats-Unis …) avant de s’établir comme professeur de lettres pendant plus de trente ans à Boston. Riche de ses voyages, de son expérience, de ses lectures, de sa double culture, elle adorait partager, échanger avec des jeunes, élèves ou non.

Adorait. Car aujourd’hui, force lui est de constater qu’elle est devenue transparente, véritable passe-muraille dans le regard des autres. Ce qu’elle peut penser ou dire n’intéresse plus, est immédiatement étiqueté ringard ou réac, pour autant qu’elle soit encore écoutée ou sollicitée pour donner son avis.

C’est brusquement, lors d’une été, qu’elle a réalisé être rattrapée par la vieillesse. C’est son corps qui lui a envoyé les premiers avertissements, devenu moins souple, moins endurant. Puis son esprit, qui a emboité le pas au physique. Et dans ce sillage, une multitude de peurs : peur de vieillir, peur d’être malade, peur de la solitude.

Avec beaucoup de sensibilité, de sincérité, Isabelle de Courtivron fait le point sur ce qui a changé en elle, ses aspirations, ses regrets, ses envies. Une expérience singulière à caractère universel.

« Je m’étais toujours enorgueillie d’avoir surmonté les défis physiques et psychologiques, j’étais fière de mon indépendance et de ma liberté, les fils conducteurs de ma vie. Je ne savais ni ne pouvais exister autrement. Il me fallait bien pourtant faire face à cette situation nouvelle. »

Un témoignage sans fard et émouvant

C’est un témoignage très personnel mais dans lequel beaucoup se retrouveront : car la vieillesse nous concernera tous un jour où l’autre, pour ceux qui auront la chance de vieillir. L’auteure fait le point sur ce qui évolue en elle, ces regrets qu’elle sent poindre, cette tristesse qui l’envahit, cette gratitude envers ceux qu’elle a aimés, ces envies de voyage émoussées, cette société qui évolue plus vite qu’elle et se dématérialise.

« Je n’ai jamais voulu être l’esclave du regard et du jugement des autres ; lorsque j’étais jeune, je me suis juré de refuser les injonctions de la société. Mais je dois l’avouer : depuis quelques années, je n’ai pas le courage de m’accepter telle que je suis devenue. Mon attitude équivaut à une forme d’autocensure. Décidément, je me déçois beaucoup. »

Une lecture émouvante sur l’inéluctable.

Une rose et un balai, Michel Simonet

une rose et un balai Michel Simonet

©Karine Fléjo photographie

J’ai reçu ce livre et serais passée vraisemblablement à côté de ce petit bijou de poésie, de sagesse et d’humanité, sans l’adorable attention des éditions Pocket. Je l’ai dévoré aussitôt, subjuguée par le style poétique comme par la profondeur des propos. A lire !

Un autre regard sur le métier de balayeur de rue

Cantonnier, hygiéniste du trottoir, concierge de quartier, « mégoïste philanthrope », homme de ménage en plein air, vous croisez tous des balayeurs de rue au quotidien. Mais s’ils appartiennent à votre décor quotidien, connaissez-vous vraiment leur profession pour autant ? Que savez-vous de ce métier, du déroulement d’une journée type ?  Etes-vous convaincu qu’il ne peut pas s’agir d’un choix de vie mais d’un travail faute de mieux ?

Michel Simonet, balayeur de rue dont le chariot arbore toujours une jolie fleur pour mettre une note de poésie dans sa journée, vous propose de découvrir son métier de l’intérieur, de « balayer » les préjugés qui l’entoure.

Tout d’abord, ce métier pour Michel Simonet est un choix. Il a quitté son travail administratif pour celui de balayeur de rue, plus conforme à ses aspirations, son équilibre, ses besoins.

« C’est un travail ingrat, mais d’où la grâce n’est pas absente ; elle y affleure même à tout instant. Un métier sale, certes, mais pas un sale métier. »

Vous êtes étonné que ce métier puisse être source d’épanouissement ? Et pourtant l’auteur nous le prouve. Il lui procure bien des émerveillements. Tout est question de regard, de présence à l’autre, d’appréciation de l’instant présent.

« Ce ne sont jamais les merveilles qui manquent, mais plutôt la faculté de s’émerveiller par tous nos sens. »

Car Michel Simonet a cette sagesse rare-là. Ce recul sur le monde. Cette capacité à saisir le bonheur le plus infime à sa portée.

« La chance. La grâce. Le bonheur. J’ai rapidement su où était le mien. On peut trouver tout près ce que d’autres cherchent et découvrent très loin, et recevoir ici au lieu de partir à la conquête. »

Rencontres humaines chaleureuses, luxe de pouvoir prendre son temps dans un monde engagé dans une course perpétuelle, variété des journées (rencontres diverses, événements inattendus), indépendance, travail au grand air, nombreuses sont les occasions de se réjouir. D’éprouver de la gratitude pour son métier. Un métier qui lui a apporté de fortes amitiés, la paix du cœur, la vie au jour le jour et la grâce de l’instant présent.

Et puis, balayeur de rue, nous dit non sans humour l’auteur, ce sont plusieurs métiers en un ! Photographe pour les touristes, bagagiste pour les personnes âgées, employé à l’Office du tourisme quand il faut renseigner les promeneurs perdus, gendarme en cas d’accident de la circulation, éducateur quand il faut désamorcer les conflits de rue. Ce métier est tout sauf monotâche et monotone !

Un récit plein d’humour, de sagesse et de poésie

Ce petit livre est un concentré de poésie, de sagesse, de philosophie et d’humanité. L’auteur nous invite à nous recentrer sur l’essentiel, à savoir nous réjouir de ce que nous avons au lieu d’être d’éternels insatisfaits engagés dans la course du toujours mieux, toujours plus. Son regard aiguisé, sa présence au monde lui permettent d’être fin psychologue, de déceler les personnes au-delà des personnages, d’établir la part des choses entre opinion et émotion. Son style est fluide est d’une grande poésie. Son humour extraordinaire.

Cet homme redonne de la densité à ces balayeurs de rue, bien souvent transparents dans les regards. Un récit émouvant et magnifique, parsemé de poèmes si justes. Balayez tout ce que vous avez à faire et filez dans votre librairie acheter ce livre !

Traits d’union

Ciel : mon plafond transparent.

Avenue : murs d ma maison.

Macadam : mon tapis d’orient.

Lendemains de fête : mon chemin de croix.

Poubelles : mes stations.

Voitures, trains, passants : mes voyages.

Bancs publics : mes bistrots.

Neige : mon silence.

Pluie et vent : ma musique.

Chaud et froid : mon sauna.

Char-rose : la vie est belle.

Balai : ma béquille.

Papiers et mégots : voisins du dessous jamais absents.

Verre brisé : vies côtoyées.

Bruit et paix : une seule nature humaine.

 

Rentrée littéraire : Vigile, Hyam Zaytoun (Le tripode)

2FE1B6AF-DA0D-49C4-A6F1-27C35ABE077F

Vigile, Hyam Zaytoun

Editions Le Tripode, janvier 2019

Rentrée littéraire

Le combat d’une femme et mère, Hyam Zaytoun, dont le compagnon fait un arrêt cardiaque à ses côtés. Face à la mort qui menace, comment tenir debout, garder espoir, être là pour ses enfants ? Un récit intense, émouvant.

Vigile : personne dont la mission est de surveiller. C’est ce nouveau rôle que la vie a imposé à Hyam Zaytoun sur la scène conjugale. Elle qui est actrice de théâtre, n’a cette fois pas choisi son personnage, ni anticipé les situations, l’enchaînement des scènes, pas plus que les rebondissements de cette pièce noire. Elle la découvre brutalement, quand au cœur de la nuit elle se rend compte qu’Antoine, son mari et père de ses enfants, ne respire plus.

Dès lors, elle plonge cœur et âme dans sa mission de vigile, puise en elle des ressources insoupçonnées pour combattre la peur qui la tenaille, le doute quant aux chances d’Antoine de s’en sortir sans séquelles voire vivant. Massage cardiaque pendant trente minutes jusqu’à l’arrivée des secours, journées passées entre les enfants et Antoine plongé dans le coma en service de réanimation. Elle court toujours. Reste debout malgré la terreur qui la ronge. Mais la culpabilité la rattrape. Aurait-elle dû prêter une plus grande attention aux douleurs thoraciques dont il souffrait la soirée où il a fait cet infarctus ? Aurait-elle dû le ménager davantage, lui épargner la fatigue des jeunes enfants qu’ils ont eu ensemble tandis qu’il a seize ans de plus qu’elle ?

Hyam Zaytoun nous relate cinq ans après les faits, ces jours de cauchemars, mais de lumière aussi. La lumière venue des enfants, de la famille, des amis, tous soudés autour d’elle et d’Antoine. La lumière de l’espoir qu’elle a su entretenir envers et contre tout. La lumière de son courage et de sa combativité. Pas de pathos ici, mais un témoignage émouvant, sincère, une mise à nu de ces peurs, de ces doutes qui nous assaillent quand se dessine le spectre de la perte d’un être cher. D’une intensité magnifique.

On ne voit bien qu’avec le cœur, Maria Doyle (éditions Plon)

2DDF30F1-3CBD-4C51-8652-61851BDB3011

On ne voit bien qu’avec le cœur, Maria Doyle

Editions Plon, septembre 2018

Récit

Aveugle depuis l’âge de neuf ans, Maria Doyle retrace son parcours depuis l’Irlande où elle est née au début des années 60, jusqu’à aujourd’hui : le destin étonnant d’une fillette et femme qui a décidé que son handicap ne serait pas un obstacle à la réalisation de ses rêves. Et y est parvenue.

Maria est venue au monde dans une famille irlandaise très modeste au début des années 60, une famille dans laquelle on connaît la faim et le froid. Quand sa vue se brouille en classe et que le verdict de l’ophtalmologue tombe, « maladie génétique incurable », elle refuse, du haut de ses neuf ans, de se laisser abattre. « Maintenant tu vas devoir apprendre à vivre autrement car ta maladie va encore évoluer jusqu’à ce que tu perdes complètement la vue. Tu vas donc être obligée de modifier certaines choses. » Une perspective inconcevable pour l’enfant. « Je ne veux pas m’adapter à la maladie ! C’est la maladie qui va s’adapter à moi ! ».

Et de s’en tenir à sa volonté farouche de mener une existence comme les voyants. Elle s’enfuira de l’école pour aveugles et fera 40 kilomètres à pied pour regagner la maison de ses parents. Et réintégrera l’école classique.

Elle continuera les activités sportives, développera une mémoire phénoménale pour retenir ses cours à défaut de les visualiser. Sa passion ? Le chant. Après un rôle décroché dans une comédie musicale, elle ira représenter l’Irlande à l’Eurovision, entamera une carrière aux Etats-Unis. Rien ne l’arrête.

Ce témoignage de Maria Doyle, aujourd’hui heureuse maman de sept enfants, vise à montrer à chacun combien le regard que l’on porte sur son handicap est essentiel. Face au handicap, à la maladie, on peut s’effondrer dans un fauteuil de lamentations et devenir spectateur de sa vie ou…décider de se battre pour donner vie à ses rêves, garder espoir toujours. Être acteur. Un portrait touchant, plein d’humour. Une ode à la combativité.

Citation du jour

Les gens qui parlent des émigrés utilisent souvent le mot « désespérés », mais ce que moi, je pense, aujourd’hui, à Rome, dans ma vie italienne, c’est qu’il n’y a rien de plus semblable à l’espoir que la décision d’émigrer : espoir d’arriver dans un endroit meilleur, espoir de réussir, espoir de survivre, espoir de tenir bon, espoir d’un dénouement heureux, comme au cinéma. Il est normal que tout être humain cherche désespérément à améliorer sa condition et, dans certains cas, partir est le seul moyen d’y arriver.

Ali Ehsani – Ce soir on regardera les étoiles (Belfond, mars 2018)

29066568_10215373195264556_8036374997027061255_n.jpg

Le voyage de Miss Norma, Tim Bauerschmidt et Ramie Liddle : un témoignage plein d’espoir

 

img_1264

Le voyage de Miss Norma, Tim Bauerschmidt et Ramie Liddle

Editions JC Lattès, mars 2018

Pourquoi lire ce livre?

  • il offre une alternative à une fin de vie médicalisée
  • c’est une merveilleuse ode à la vie
  • il est une invitation à vivre pleinement le moment présent
  • il permet de faire la connaissance d’une femme merveilleuse, optimiste, rieuse : Norma Bauerschmidt

Le récit bouleversant et vrai de Norma Bauerschmidt, alias Miss Norma. Une nonagénaire qui, lorsqu’elle apprend être atteinte d’un cancer en phase très avancée, décide de fuir chimio et autres traitements pour vivre pleinement les derniers mois en voyageant à travers les Etats-Unis. Magnifique leçon de vie et d’optimisme.

Tandis qu’elle vient de perdre son mari, Norma apprend qu’elle est elle-même condamnée. Le verdict tombe : cancer à l’utérus. Les médecins ne lui donnent guère d’espoir d’en sortir et lui proposent une chimiothérapie d’autant plus lourde à supporter qu’elle est âgée.

Mais ce n’est pas alitée, avec des traitements invasifs et épuisants, que Norma envisage ses derniers mois de vie. Elle décide de privilégier la qualité de vie au quotidien, peu importe la durée. Et de se déclarer partante pour suivre son fils Tim et sa belle-fille Ramie à bord de leur camping-car pour un road-trip à travers les Etats-Unis.

Vivre le moment présent, savourer chaque lever de soleil, chaque paysage, chaque rencontre avec les habitants. S’émerveiller de tout. Vivre pleinement. Tels seront leurs crédos.

Sans jamais se plaindre, Norma se réjouit au contraire de tout ce qu’elle découvre, sourit, danse, chante, lit. Avec un optimisme à toute épreuve, elle bouleverse les pronostics et s’offre même le luxe d’aller mieux les premiers temps.

Tim et Ramie, qui relayent leur périple sur une page Facebook Driving Miss Norma, sont surpris par l’ampleur que prend bientôt l’évènement. Miss Norma fait le buzz. Les médias s’en emparent. Elle devient un exemple pour tous. Dans chaque région traversée, des inconnus viennent à leur rencontre, saluent l’exemplarité et la combattivité de Norma, se proposent de mettre des étoiles dans ses yeux. C’est ainsi que Norma va concrétiser son rêve de voler en montgolfière, admirer le Grand Canyon, assister en VIP au match des Hawks, visiter le musée de la seconde guerre mondiale, monter sur un porte-avions et autres rêves.

Avec beaucoup de sensibilité, Tim et Ramie partagent l’aventure extraordinaire qu’ils ont vécue avec Norma, avant qu’elle ne s’éteigne en octobre 2016. Une femme douce, souriante, espiègle, amoureuse de la vie. Une éblouissante leçon de sagesse et d’optimisme.

Rentrée littéraire. Une poule sur un mur, Julie Dénès (Michalon)

Une-poule-sur-un-mur

Une poule sur un mur…, Julie Dénès

Editions Michalon, août 2017

Récit

Le récit autobiographique d’une soumission totale, une histoire de violences conjugales dont la crudité ne tient ni de la provocation ni de l’exercice de style.

Timide, hypersensible, avec peu d’estime d’elle-même, une peur incommensurable de déplaire, Eve n’en revient pas quand un bel homme métis l’interpelle dans la rue. Que peut-il bien lui trouver ? Etudiante en droit, désireuse de devenir juge pour enfants, elle vient d’arriver dans cette ville universitaire où elle ne connait personne. Aussi cette rencontre est-elle providentielle. Et de tomber instantanément sous le charme de cet inconnu, un certain Éric.

Balade romantique en bord de mer, douceur des sourires échangés, promesse d’un lendemain heureux, jusqu’ici, tout se présente pour le mieux. Pourtant, après cette première sortie tous les deux, Éric reste étrangement silencieux, ne répond ni aux messages ni aux appels. Alors qu’elle n’ose plus espérer un signe de lui, il l’appelle, sans préciser autrement que par « plus tard », quand il la reverra. Suffisamment pour lui redonner espoir toutefois. Suffisamment pour la mettre en position d’attente, pour asseoir son emprise. Ce n’est que le début des douches écossaises, d’un bonheur en montagne russe où la joie paroxystique de certains moments partagés alterne avec l’angoisse abyssale de ses silences et l’horreur de sa violence. Dans sa tête, elle chante comme un mantra cette comptine : « Une poule sur un mur, qui picote du pain dur ». Pour ne pas entendre les cris. Pour ne pas sentir les coups.

L’auteur évoque ici avec beaucoup de courage sa propre expérience de relation toxique, explique comment l’emprise de l’autre, aussi inadmissible et inconcevable soit-elle, parvient à s’étendre. Un éclairage intéressant sur la raison du silence des victimes de violences tant physiques que morales. Un témoignage édifiant.

Glissez François d’Epenoux dans votre poche!

Les-jours-areuh

Les jours Areuh, François d’Epenoux

Editions Pocket, mai 2017

Récit.

Un livre qui, entre l’anecdotique et l’onirique, l’humour et la poésie, pose un regard sur le monde et le redoutable bonheur d’être père.

Difficile de parler d’un livre quand il s’agit d’un tel coup de cœur, tant on a le sentiment qu’on ne pourra rien écrire qui ne soit en deçà du livre lui-même. Ma chronique pourrait donc tenir en une seule injonction : « Lisez-le, relisez-le, offrez-le ! » Mais pour ceux qui sont encore devant leur écran – les autres ayant déjà enfilé leur manteau pour se ruer chez le libraire le plus proche, je vais étayer.

Les jours areuh, mi-récit, mi-fiction, s’inspire de la vie de François d’Epenoux, jeune papa quinqua. Tandis que les pleurs du nouveau-né retentissent au cœur de la nuit, pleurs qu’il apaise patiemment en lui donnant le biberon, il partage avec nous les réflexions qui jalonnent ces longues heures. A la lueur de l’abat-jour, il projette sur l’écran de ses pensées le film de la jeune vie d’Oscar, de l’annonce de la grossesse de sa femme à cet instant précieux au creux de ses bras, en passant par la naissance en catastrophe du petit, son difficile et courageux combat pour survivre, la réanimation, la néonatalogie, mais aussi sa victoire face à l’adversité et son accueil chaleureux dans la fratrie. Et tandis qu’il multiplie les arrêts sur image, il évoque avec une infinie tendresse et une émotion à fleur de plume, les questionnements qui sont siens. Etre à nouveau père, tardivement, c’est à la fois une joie indescriptible, un extraordinaire bain de Jouvence, des challenges permanents à relever pour se dépasser et faire face aux exigences hautes de l’éducation d’un enfant, ou encore le sentiment fort d’avoir fait un choix et d’en assumer toutes les responsabilités. Mais ce sont aussi des renoncements en termes de liberté (vie de noctambule, voyages lointains, fêtes, …), des craintes quant au monde qui l’attend et à ses capacités, avec les autres enfants de sa génération, à l’améliorer.

Un livre passionnant, bouleversant, magnifique. Une ode à l’amour merveilleuse, la plus belle, la plus pure qu’un père puisse interpréter par la voix de son encre à son enfant…

 

Les jours areuh, François d’Epenoux : coup de coeur!

image

Les jours areuh, François d’Epenoux

Editions Anne Carrière, janvier 2016

Récit.

Un livre qui, entre l’anecdotique et l’onirique, l’humour et la poésie, pose un regard sur le monde et le redoutable bonheur d’être père.

Difficile de parler d’un livre quand il s’agit d’un tel coup de cœur, tant on a le sentiment qu’on ne pourra rien écrire qui ne soit en deçà du livre lui-même. Ma chronique pourrait donc tenir en une seule injonction : « Lisez-le, relisez-le, offrez-le ! » Mais pour ceux qui sont encore devant leur écran – les autres ayant déjà enfilé leur manteau pour se ruer chez le libraire le plus proche, je vais étayer.

Les jours areuh, mi-récit, mi-fiction, s’inspire de la vie de François d’Epenoux, jeune papa quinqua. Tandis que les pleurs du nouveau-né retentissent au cœur de la nuit, pleurs qu’il apaise patiemment en lui donnant le biberon, il partage avec nous les réflexions qui jalonnent ces longues heures. A la lueur de l’abat-jour, il projette sur l’écran de ses pensées le film de la jeune vie d’Oscar, de l’annonce de la grossesse de sa femme à cet instant précieux au creux de ses bras, en passant par la naissance en catastrophe du petit, son difficile et courageux combat pour survivre, la réanimation, la néonatalogie, mais aussi sa victoire face à l’adversité et son accueil chaleureux dans la fratrie. Et tandis qu’il multiplie les arrêts sur image, il évoque avec une infinie tendresse et une émotion à fleur de plume, les questionnements qui sont siens. Etre à nouveau père, tardivement, c’est à la fois une joie indescriptible, un extraordinaire bain de Jouvence, des challenges permanents à relever pour se dépasser et faire face aux exigences hautes de l’éducation d’un enfant, ou encore le sentiment fort d’avoir fait un choix et d’en assumer toutes les responsabilités. Mais ce sont aussi des renoncements en termes de liberté (vie de noctambule, voyages lointains, fêtes, …), des craintes quant au monde qui l’attend et à ses capacités, avec les autres enfants de sa génération, à l’améliorer.

Un livre passionnant, bouleversant, magnifique. Une ode à l’amour merveilleuse, la plus belle, la plus pure qu’un père puisse interpréter par la voix de son encre à son enfant…

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 15€

Nombre de pages : 134

ISBN : 978 2 8433 7806 5