Prix Renaudot 2016 : Yasmina Reza

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Le prix Renaudot a été décerné à Yasmina Reza pour Babylone (Flammarion).

Ce livre est l’histoire d’une femme normale à qui il arrive des choses normales : la mort de sa mère, une fête de printemps qui se passe à peu près bien… Malheureusement suivie d’un drame conjugal chez les voisins du dessus. Babylone est un monologue intérieur très drôle et parfois très sombre, une tragi-comédie de banlieue résidentielle où, entre deux notations sociologiques si justes qu’elles donnent le fou rire, surgissent, comme en passant, des réflexions qui évoquent une tout autre histoire. Et puis il y a quand même un meurtre.

Sans Yasmina Reza, ce petit meurtre entre amis dans un immeuble banal d’une banlieue dortoir ne vaudrait guère mieux qu’un épisode du Commissaire Moulin. Sous sa plume, le coup de sang du voisin du dessus devient une pièce savoureuse, prétexte à la réflexion sur l’ennui et la médiocrité de nos vies.

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Prix Renaudot 2015 : la lauréate est Delphine de Vigan!

L'écrivaine Delphine de Vigan, ici le 19 octobre à Paris, reçoit le prix Renaudot pour son roman

Elle était la meilleure vendeuse de livres de la rentrée littéraire. La voici auréolée du précieux bandeau « Prix Renaudot ». D’après une histoire vraie, le récit de la dépendance d’une écrivaine tenue en laisse par une récente « meilleure amie », a séduit les jurés après avoir conquis les lecteurs…

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Remarquée en 2009 avec Les Heures souterraines, Delphine de Vigan était la grande triomphatrice de l’année 2011 avec Rien ne s’oppose à la nuit,un huis clos entre une mère et sa fille qui avait bouleversé la France entière et décroché le prix du roman Fnac, celui des lectrices de Elle et le prix du Roman France Télévisions. Moins remarqué, le prix Renaudot des lycéens lui avait également été attribué… Les aînés se sont calqués sur le choix de leur jeune classe en lui attribuant la majorité des voix au quatrième tour de scrutin.

Devant Binet et Jaenada

La fidélité de Delphine de Vigan à la maison Jean-Claude Lattès et à son éditrice Karina Hocine, qui lui ont apporté le succès et le grand public, aura finalement payé. La romancière – qui est également scénariste et réalisatrice – l’emporte face à Laurent Binet, et son très remarqué La Septième fonction du langage publié chez Grasset, Philippe Jaenada et Agnès Desarthe.

Le Renaudot de l’essai a été attribué à Didier Blonde pour Leïlah Mahi 1932 (Gallimard) et celui du poche à la poétesse d’origine libanaise Vénus Khoury-Ghata.

Le jury du Renaudot, présidé cette année par Jean-Noël Pancrazi, se compose de Patrick Besson, Dominique Bona, Frédéric Beigbeder, Georges-Olivier Châteaureynaud, Jérôme Garcin, Louis Gardel, Franz-Olivier Giesbert, Christian Giudicelli et Jean-Marie Gustave Le Clézio qui votait par Skype depuis la Chine.

Prix Renaudot 2015 : première sélection

Le jury du Prix Renaudot a livré ce mardi sa première sélection composée de 18 romanciers, rarement sélection a été aussi longue. Delphine de Vigan, Simon Liberati et Boualem Sansal sont également en lice pour le Goncourt. Les jurés ont établi la liste pour la catégorie Renaudot «Essais».

Romans:

Yves BICHET – L’Été contraire, Mercure de France

Laurent BINET – La 7e fonction du langage, Ed. Grasset

Christophe BOLTANSKI – La Cache, Ed. Stock

Charles DANTZIGHistoire de l’amour et de la haine, Ed. Grasset

Agnès DESARTHE – Ce cœur changeant, Ed. de l’Olivier

Delphine De VIGAN – D’après une histoire vraie, Ed. Lattès

Fabrice GUENIER – Ann, Ed. Gallimard

Eric HOLDERLa Saison des bijoux, Ed. du Seuil

Philippe JAENADA – La petite femelle, Ed. Julliard

Aram KEBABDJIAN – Les Désœuvrés, Ed. du Seuil

Arnaud LEGUERN – Adieu aux espadrilles, Ed. du Rocher

Jérôme LEROY Jugan, La Table ronde

Simon LIBERATI – Eva, Ed. Stock

Cherif MADJALANI – Villa des femmes, Ed. du Seuil

Frank MAUBERT – Les Uns contre les autres, Ed. Fayard

Patrick ROEGIERS – L’autre Simenon, Ed. Grasset

Boualem SANSAL – 2084, Ed. Gallimard

Alice ZENITER – Juste avant l’oubli, Ed. Flammarion

Essais:

Pierre ADRIAN – La Piste Pasolini, Ed. des Équateurs

Patrick BESNIER – Henry de Régnier, Ed. Fayard

Serge BRAMLY – La Transparence et le reflet, Ed. Lattès

Sony LABOU TANSI – Encre, sueur, salive et sang, Ed. du Seuil

Frédéric PAJAC Manifeste incertain 4, Ed. Noir sur blanc

Judith PERRIGNON – Victor Hugo est mort, Ed. L’Iconoclaste

Jean-Michel RIBES – 1001 morceaux, Ed. L’Iconoclaste

Gilles SEBHAN – Retour à Duvert, Ed. Le Dilettante

Source Livres Hebdo

Prix Renaudot 2014 : David Foenkinos pour Charlotte (éditions Gallimard)!!!

Prix Goncourt 2014

Le prix Renaudot 2014 est décerné à David Foenkinos, pour son roman magistral Charlotte, aux éditions Gallimard!!! L’écrivain a obtenu le prix au 6e tour par 5 voix contre 3 à Jean-Marc Parisis et une à Kamel Daoud.

Un livre plébiscité sur ce blog le mois dernier, dont vous retrouverez la chronique ci-dessous :

Charlotte est un livre à part dans l’œuvre de David Foenkinos. Un livre à part tout court. Puissant, bouleversant. D’une force vitale époustouflante.

C’est presque par hasard que l’auteur va découvrir l’artiste, il y a 8 ans, à la faveur d’une exposition. Et là, c’est un choc artistique. Une rencontre. LA rencontre. « La connivence immédiate avec quelqu’un. La sensation étrange d’être déjà venu dans un lieu. J’avais tout cela avec l’œuvre de Charlotte. Je connaissais ce que je découvrais. » (P.70) Et de se sentir appelé par ces toiles et par celle qui les a peintes. Et d’investiguer. Et de se rendre sur ses lieux de vie, d’interroger les témoins.

Ce qu’il découvre sur cette femme au talent bien trop méconnu achève de le bouleverser. Car Charlotte Salomon n’est pas seulement une artiste d’exception, mais une femme d’exception. Une fragilité forte habitée par son art. Charlotte a grandi à Berlin dans une famille frappée par une succession de drames. Sa tante, sa mère, sa grand-mère ont toutes mis fin à leur jour. A croire qu’une malédiction les frappe. Sera t-elle la prochaine sur la liste? Ce serait mal connaître la force de vie qui l’anime. Malgré l’extrême solitude affective qui est sienne, malgré le vide laissé par les absents, malgré la montée du nazisme qui l’exclut de toutes les sphères de la société, Charlotte tient debout. Car elle a trouvé sa planche de salut, car elle a trouvé sa voie : la peinture. Là est sa survie. Là est sa raison de vivre. Exilée dans le sud de la France de 1940 à 1942, après avoir quitté son père, sa belle-mère, son grand amour, ses amis, ses lieux chers, elle va se donner corps et âme à son art et peindre plus de 1300 gouaches comme autant de témoignages de ce qu’elle a vécu, enduré, surmonté. Celle qui chantait si souvent et empruntait à son chant son inspiration scripturale, va faire jaillir de la noirceur de son histoire la lumière de la création.

Un exemple de résilience magistral.

Des œuvres qu’elle confiera dans une valise à son médecin avant d’être déportée et de mourir dans un camp de concentration en 1943 à tout juste 26 ans. Et de préciser à cet homme en lui tendant ledit bagage: « C’est toute ma vie. »

Toute une vie dans cette valise, écrin de son talent, témoin de son courage et de sa capacité extraordinaire à sublimer sa vie et à transcender ses souffrances par l’art.

Dès lors, on comprend aisément combien il fut délicat pour David Foenkinos de rendre hommage à cette femme admirable en tout point sans craindre d’être en deçà de l’émotion et de la fascination qu’elle exerce sur lui. Pendant des années, il va porter ce roman en gestation, jusqu’au jour où il trouvera les mots sur mesure à même de revêtir le corps de ses émotions.

Et le résultat est juste éblouissant.

Le style, avec ces phrases courtes, des passages à la ligne après chaque point, porte les émotions véhiculées par le texte avec une puissance phénoménale. Le lecteur est catapulté au cœur de la vie de Charlotte Salomon, de ses œuvres, désireux, à l’image de David Foenkinos quelques années plus tôt, de découvrir plus avant celle dont la vie fut un exemple de dépassement de soi.

Un coup de cœur de cette rentrée littéraire!

 

P. 60 : Il existe un point précis dans la trajectoire d’un artiste.

Le moment où sa propre voix commence à se faire entendre.

La densité se propage en elle, comme du sang dans de l’eau.

 

P.173 Une révélation est la compréhension de ce que l’on sait déjà.

C’est le chemin qu’emprunte chaque artiste.

Ce tunnel imprécis d’heure ou d’années.

Qui mène au moment où l’on peut enfin dire : c’est maintenant.