Bienveillant avec soi-même, de Christophe Carré (Eyrolles)

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Bienveillant avec soi-même, de Christophe Carré
Éditions Eyrolles, juin 2015

Ce livre prône la non-violence vis-à-vis de soi-même. Il nous invite à comprendre notre fonctionnement personnel, à harmoniser nos pensées et nos actions pour être en accord avec qui nous sommes. Se respecter, accueillir la réalité telle qu’elle est, tisser des liens de confiance avec les autres est déterminant pour revenir à soi et être présent à la vie.
« Plus nous nous oublions nous-même moins nous sommes généreux et ouvert aux autres. Plus nous éprouvons de l’affection pour ce que nous sommes plus nous nous tournons paisiblement vers les autres. » Et pourtant, dans nombre de situations au quotidien, nous ne sommes pas bienveillants avec nous-mêmes. Jugements intempestifs, dévalorisation, fonte dans le moule des attentes des autres, répression ou négation des émotions, des envies et des besoins, sont autant de manifestations de non-respect de soi, guidés que nous sommes par le « par-être » et non l’être. Ligotés que nous sommes par nos peurs. Pire, la bienveillance envers soi-même est souvent perçue à tort comme un acte d’égoïsme. Or elle signifie en réalité prendre soin de soi d’une manière telle que l’on va bien et qu’alors, inévitablement, on a beaucoup à donner aux autres et on ressent l’envie de le faire. C’est vivre sa vie de façon à se sentir heureux, en paix et en harmonie avec ses valeurs, ses aspirations et ce, sans qu’il n’y ait un coût à payer pour quiconque. Autrement dit, loin d’être condamnable, elle est souhaitable. Pour soi. Pour les autres. Pour chacun.
Pour reprendre Christophe Carré, il est donc nécessaire de devenir « l’artisan de soi. » Une prise de conscience nécessaire mais pas suffisante. Car il faut ensuite agir en ce sens. Une métamorphose qui nécessite du temps. L’urgence n’a en effet pas sa place dans un changement en profondeur. Il se patine, s’apprivoise, pas à pas, jour après jour. Ou pour citer Mark Twain : « On se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtre, il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche. »

Un ouvrage édifiant, très clair, didactique, dans lequel le lecteur est invité à participer activement par le biais des nombreux exercices qui lui sont proposés. Ou comment Christophe Carré se propose de devenir un bon compagnon pour vous-même, à savoir doux, accueillant, attentif, sensible et lucide.
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Informations pratiques :
Prix éditeur : 18€
Nombre de pages : 200
ISBN : 978 2 212 5606604

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Pars avec lui, de Agnès Ledig (Albin Michel) : magnifique!

Pars avec lui, de Agnès Ledig

Éditions Albin Michel, septembre 2014

 

On retrouve dans Pars avec lui, l’univers tendre et attachant d’Agnès Ledig, avec ses personnages un peu fragiles, qui souvent nous ressemblent.

 

Juliette est infirmière au service de réanimation de l’hôpital. Une femme passionnée par son métier, dévouée, humaine. Cependant sa vie privée est loin d’être aussi épanouissante que sa vie professionnelle. La difficulté à avoir un enfant, l’attitude méprisante et rabaissante de son compagnon, rendent l’ambiance à la maison relativement tendue. Mais tel un punching-ball, Juliette encaisse en silence.

Un jour, un pompier de 25 ans, Roméo, est amené dans son service après une grave chute du 8ème étage lors d’une intervention. Si la sagesse veut qu’il ne lui faille pas trop s’attacher aux patients, elle fera cette fois exception pour cet homme. Comment rester en effet insensible au désarroi qui est sien, tandis qu’il ne sait s’il recouvrera l’usage de ses membres? Comment ne pas être touchée par les soins avec lesquels il entoure sa petite sœur Vanessa, promise sinon à un foyer d’accueil? Comment ne pas désirer tendre la main à un homme qui passe sa vie à secourir celle des autres? Et qui sait si un jour, ce ne sera pas lui qui à son tour volera à son secours?…

Dans ce nouveau roman, Agnès Ledig tisse avec subtilité et émotion la toile de destins croisés, ceux d’êtres fragilisés par la vie, qui jamais ne s’appesantissent sur leur sort. Leurs forces? L’entraide, l’écoute, mais aussi et surtout, le respect. Respect de soi et des autres. «  L’amour sans respect n’est pas l’amour. En prendre conscience et le fuir ne constitue ni un échec ni même une défaite, mais une grande, une très grande victoire. »

L’auteur fait montre cette fois encore d’une sensibilité à fleur de plume, d’une capacité extraordinaire à créer une vraie intimité entre le lecteur et les personnages, personnages auxquels non seulement on s’attache mais on s’identifie. Lire Agnès Ledig, c’est plonger au cœur de l’humain, c’est reprendre foi en lui et en sa capacité à rebondir en toutes circonstances, c’est se faire éponge et absorber mille et une émotions toutes plus fortes les unes que les autres. Lire Agnès Ledig, c’est vibrer, vivre, aimer, grandir, avancer.

Un roman magnifique, véritable bijou d’émotion pure servi dans un écrin de talent. Un gros coup de coeur!

P.342 : « J’ai une certitude : on apprend la vie toute sa vie. Je crois que même en mourant on apprend encore la vie. »

P.348 : Nous sommes la somme de nos choix mais aussi de nos non-choix. Il faut assumer, et les regrets ne changent pas le passé.