Pleins feux sur « L’homme sans lumière » de Richard Andrieux

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L’homme sans lumière, Richard Andrieux.

Editions Pocket, Mars 2011

 

Pleins feux sur L’homme sans lumière.

 

Gilbert Pastois vient de perdre la femme qu’il a tant aimée, Jeanne.  Comme cet inconnu croisé dans un café, puis suivi au cimetière, dont il observe depuis au quotidien les moindres faits et gestes. Un intérêt obsessionnel qui trouve ses germes dans le terreau de souffrances communes qu’ils partagent. Il voit en lui un homme miroir. Un autre « condamné » au malheur.

Car pour Gilbert, la souffrance est génétique.

Une fatalité.

Une douleur abyssale l’envahit, qu’il tente de combattre à renfort d’alcool, de cigarettes, de vidéos pornos. Pauvres compagnons d’infortune. Car y a-t-il plus grande souffrance que celle qui à tout moment vous dégoûte sourdement de la vie, sans pour autant vous donner l’envie d’en finir ?

Le cœur et l’âme en lambeaux, il entreprend alors de se raccrocher au fil ténu de l’existence grâce à l’écrit. Il exorcise ses maux sur des pages bleuies de mots. Des lettres qu’il adresse à cet homme, cet alter ego dont il est intimement convaincu qu’il saura le comprendre, entendre sa détresse muette. Voire y répondre. Certes, il y a un point non négligeable qui les sépare : l’inconnu est veuf, lui non. S’il est seul aujourd’hui, c’est parce que Jeanne l’a quitté. Pire : pour un autre homme. Un homme apte au bonheur, lui.

 Tout au long de ce roman épistolaire, qui noue le lecteur à la gorge, Richard Andrieux maintient le suspens sur cet Autre, ce destinataire des courriers. Est-il né du cerveau malmené de Gilbert ? Existe t-il vraiment ? Et si oui, ce pont d’encre et de papier érigé par Gilbert, accostera t-il sur la rive de l’Autre ?

Ce roman sombre brille par le talent de l’auteur, sa capacité extraordinaire à créer une très grande intimité entre le personnage et le lecteur. Les lettres délient le cœur de Gilbert, lui offrent le recul nécessaire à l’expression de son mal-être, le temps de choisir les mots sur mesure pour habiller le corps de ses émotions. Elles nous lient à lui, nous le rendent proche, nous touchent tels des uppercuts en plein cœur.

Si le héros de son roman est convaincu n’avoir jamais su briller, Richard Andrieux, à l’instar de son premier roman ‘José’, nous offre une plume étincelante qui sait mettre en lumière l’universalité dans ce qu’il y a de plus intime.

Citation : « Qu’y a t-il de plus beau que les souvenirs? Plus le temps passe, et plus on peut les embellir, les déformer à souhait, sans que personne ne s’en rendecompte. » 

Informations pratiques :

Prix éditeur5.10 €

Nombre de pages :144

ISBN :2-266-19485-2

José, premier roman de Richard Andrieux (éditions Héloïse d’ormesson)

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José, Richard Andrieux
Editions Héloïse d’Ormesson 2007

Artiste à la palette très riche ( auteur compositeur, arrangeur, chanteur, comédien, écrivain), Richard Andrieux signe avec José un poignant premier roman, roman qui a reçu le Prix 2007 de La Forêt des Livres.

Dans ce court récit, José, neuf ans, nous entraine dans son univers, un monde qu’il s’est construit à l’écart des humains. Retiré dans le doux cocon de sa chambre, il revisite la langue française, rebaptisant un à un ses amis, autrement dit les objets qui l’entourent. Et le lit de devenir « Voyage », ou encore le bougeoir « Le colonel ». Des amis avec lesquels il dialogue, s’évade par la pensée, vibre, vit. C’est que réinventer le dictionnaire et refaire le monde n’est pas une mince occupation !

Hélène, sa mère, devenue veuve tandis que José n’était âgé que d’un mois et demi, n’a pas refait sa vie. Au deuil de son mari s’ajoute sa propre inexistence dans le regard de son fils. Exclue de son monde, elle s’inquiète. Et souffre…

Les pédopsychiatres se veulent rassurants. Or le mutisme et l’isolement de José vont croissant. Hélène noie alors son chagrin dans l’alcool et, dans une ultime tentative, va tenter d’ériger une passerelle de mots entre son fils et elle, de rompre ce silence assourdissant qu’il a instauré entre eux. Une lettre vibrante et belle, rédigée à l’encre de son amour de maman… que José ne lira pas, ou tout du moins ne lira que trop tard, à savoir après son décès. Cette lecture lui fera l’effet d’un électrochoc, le catapultera dans la réalité. Une incommensurable douleur l’habite désormais, tandis qu’une question térébrante lui hante l’esprit : « C’est quoi la mort, maman, c’est quoi ? »

Parviendra t-il à faire l’apprentissage du deuil, à quitter son univers onirique pour réintégrer la réalité ?

Avec beaucoup de pudeur, une troublante justesse et un style très fluide, Richard Andrieux donne véritablement vie et consistance à  son personnage. José, un petit garçon indiciblement attachant que l’on a envie de prendre dans ses bras et de serrer contre soi… 

 

Citation :  » Son aventure est intérieure et son intérieur n’est qu’aventure. »

Informations pratiques :

Prix éditeur : 15€
Nombre de pages : 118
ISBN : 9782350870595