La Kar’Interview d’Alex Alice pour la BD Le château des étoiles (édition Rue de Sèvres)

Le château des étoiles, de Alex Alice

Editions Rue de Sèvres, septembre 2014

 

Et si la conquête de l’espace avait un siècle d’avance?

1868. Au seuil d’une incroyable découverte à bord de son ballon, la mère de Séraphin disparaît mystérieusement à la frontière de l’espace. Un an plus tard, son carnet de bord est retrouvé… Séraphin et son père suivent la piste du carnet jusqu’en Bavière. C’est là, à l’ombre d’un château de contes de fées, que le roi Ludwig de Bavière a entrepris la construction d’un engin spatial de cuivre qui s’apprête à changer le cours de l’histoire…

Mêlant aventures à la Jules Verne, romantisme et humour, Le château des étoiles s’adresse aux rêveurs de toutes les générations, démontre, si besoin était, qu’il n’y a pas d’âge pour le merveilleux. Et les sublimes aquarelles qui l’illustrent achèveront de vous subjuguer…

Rencontre avec l’auteur :

Quel a été le point de départ de cette bande dessinée, Le château des étoiles?

C’est la conjonction de deux passions. J’avais très envie depuis longtemps de mêler deux choses : la conquête spatiale telle qu’elle existait à l’époque de « De la terre à la lune » de Jules Verne d’une part, et d’autre part, depuis ma visite des châteaux de Bavière adolescent, l’envie de parler de Louis II de Bavière, un roi fascinant, ultra-romantique, mécène de Richard Wagner, personnage incroyable qui vit dans ses rêves. Ce personnage pour vous donner une idée, était un précurseur absolu du geek. Aujourd’hui il serait perdu dans des mondes virtuels.

C’est un album très influencé par les œuvres de Jules Verne?

Oui, c’est une évidence. J’ai décidé de mélanger les deux idées : avoir une hypothèse science-fictionnelle à la Jules Verne et un personnage plus grand que nature, un personnage extraordinaire par lequel l’aventure va arriver (à l’image de ce qui se passe chez Jules Verne avec Nemo pour ne citer que cet exemple). C’est la rencontre entre le côté science-fiction basé sur les hypothèses scientifiques de l’époque, le côté boulons et révolution industrielle, et de l’autre, un personnage extraordinaire avec cette dimension extrêmement romantique du 19ème, les robes à la Sissi, la poésie.

Cet album est très accessible, on entre tout de suite dans l’histoire. Est-ce un parti pris?

Je voulais en effet qu’on puisse rentrer très facilement dans cet univers. Le point de départ n’est pas la science-fiction. On est en 1869 dans notre monde, là où chacun peut s’identifier, à un moment charnière de l’Histoire, moment où une invention va tout changer. Donc grâce à cette invention, on va pouvoir accéder à un autre univers. Et y entrer en douceur. C’est l’Histoire qui crée l’univers. C’est l’univers qui crée l’histoire.

J’ai fait très attention à la crédibilité : tout ce qui se passe dans l’album aurait pu faire partie des possibles au 19ème siècle. J’ai replacé le lecteur dans l’état d’esprit de l’époque.

Il est de même accessible à un large public de 7 à 77 ans. C’était intentionnel?

Oui, j’ai travaillé en ce sens. C’est le type de récit dans lequel je suis moi entré enfant en reprenant avec les histoires de Jules Verne. Je voulais qu’on retrouve cet esprit d’aventure, de découverte de choses extraordinaires et que les enfants comme les adultes y entrent. Il y a plein de moyens bêtes d’exclure les enfants en BD : que ce soit parce qu’on présente l’histoire de façon trop compliquée, parce qu’on utilise un vocabulaire incompréhensible sans sous titrage, ou qu’on n’est pas assez attrayant. J’ai donc veillé à lutter contre tous ces travers. J’ai essayé de ne jamais simplifier le propos mais de simplifier la manière de l’amener.

Cet album est le Tome 1. Que se passe t’il après?

Un tome 2! L’idée est de faire un diptyque qui va raconter une histoire conquête. Voire de continuer à explorer dans d’autres histoires cette aventure de la conquête de l’espace au 19ème…

 

Propos recueillis le 24 septembre 2014 par Karine Fléjo

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Le Horla, de Guillaume Sorel, d’après l’oeuvre de Maupassant (Editions Rue de Sèvres)

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Le Horla, de Guillaume Sorel

D’après l’œuvre de Maupassant

Éditions Rue de Sèvres, mars 2014

Le narrateur profite paisiblement de sa maison normande avec vue imprenable sur la Seine. Un quotidien qui se partage entre écriture et balades dans la nature, dans un climat d’une absolue sérénité. Jusqu’à ce jour où il voit passer un magnifique trois mats brésilien. Peu de temps après, un sentiment d’inquiétude le gagne qu’il ne parvient pas à identifier. Encore moins à juguler. Y a t-il un rapport entre cette angoisse de plus en plus forte et ce bateau? Pire, la nuit, sa maison est le théâtre de phénomènes étranges : les carafes d’eau et de lait sur son chevet se vident… Qui les boit? Et notre homme de faire des cauchemars atroces, la poitrine serrée dans un étau, le corps en nage, oppressé, exsangue, comme aspiré par une force surnaturelle, force qu’il nomme Le Horla. A croire qu’un être invisible, une forme de vampire, se nourrit de sa vie et réduit son âme à l’esclavage. Impossible de le fuir. Impossible de s’en défaire. Le Horla est partout, voire même peut-être en lui… Le duel dès lors commence et ne pourra s’achever que par une mise à mort.

Avec cette magnifique bande dessinée, Guillaume Sorel revisite le célèbre conte fantastique de Maupassant. Une adaptation fidèle à l’original et particulièrement brillante. Le graphisme est sublime, le duel entre le narrateur et Le Horla décrit avec une puissance émotionnelle rare. Chaque planche est un bijou d’inspiration, de couleur, de puissance évocatrice.

Un très très bel album!

A l’occasion de la sortie de l’album, Guillaume Sorel expose les planches de « Le Horla » à la galerie 9ème art (4 rue Cretet, Paris 9) jusqu’au 5 avril 2014.

Une histoire d’hommes, de Zep : une partition réaliste et ô combien émouvante.

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Une histoire d’hommes, de Zep

Editions Rue de Sèvres, septembre 2013

Avec Une histoire d’hommes, Zep se réinvente avec talent. Nous sommes bien loin de l’univers de Titeuf, personnage humoristique aux 20 millions d’albums vendus. Cette fois Zep s’adresse aux ado-adultes avec une histoire plus intimiste et une palette graphique nouvelle. Une volonté de l’auteur d’aborder des sujets plus sérieux : «  J’assume toujours ma part d’enfance. Mais à 45 ans, j’ai aussi envie de parler de ma vie d’adulte. D’aborder des sujets plus matures certes, mais pas forcément lugubres! » Zep.

Guitariste et fan de rock, l’auteur place l’intrigue dans un univers qu’il connaît bien : celui de la musique. Une partition réussie!!!

Il y a près de vingt ans, quatre copains décident de monter un groupe de rock. Hélas, difficile de faire cohabiter durablement des personnalités aussi différentes. Les risques d’implosion sont grands. Suite à un enregistrement radiophonique, une dispute éclate. Le groupe se dissout. Seul le chanteur et leader charismatique, Sandro, poursuit une carrière artistique avec succès. Les autres se contentent d’assister à son ascension à travers la presse « people » et les medias. Aujourd’hui installé à Londres, Sandro propose de réunir les quatre amis. Tous acceptent sans hésiter. Mais ces retrouvailles entre amis ne seront pas seulement l’occasion d’évoquer les jours heureux. Au fil des pages, une autre partition se dessine, celle d’un secret bouleversant qui unit certains de ces êtres aussi fortement que la musique…

Des dialogues ciselés et émouvants, un récit d’une sensibilité à fleur de traits et de mots, un graphisme épuré et réaliste, pari relevé et ô combien réussi pour Zep!

Un très GROS coup de coeur!!!