Un nouveau départ, Antoine Rault

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Un nouveau départ, Antoine Rault
Théâtre.
Editions Albin Michel, janvier 2016.

Que feriez-vous le soir de Noël les bras chargés de cadeaux et la dinde au four, si vous trouviez un SDF sur votre palier ?

Quand Catherine, cadre sup, regagne son appartement cossu dans un quartier chic du centre de Paris, elle tombe nez à nez avec un SDF sur son paillasson. Choc de deux mondes. Elle lui donne un billet de 20 euros en ce soir de réveillon pour alléger sa conscience. La porte refermée, elle oublie l’homme et se consacre à la préparation du repas. Lui, désabusé, se réinstalle sur son palier. Mais sa fille Sarah, adolescente, trouve cette façon de faire bien légère et ne se gêne pas pour piquer sa mère et la traiter de sans-coeur. Vexée, cette dernière convie le SDF à se joindre à eux.
Et leur vie de basculer.
Dans cette pièce tendre, non dénuée d’humour, Antoine Rault prend le parti d’aborder le sujet de l’exclusion sous un angle résolument léger et optimiste. Il fouille les sentiments intimes et les contradictions des personnages, à l’image de Marivaux qui définissait ainsi son théâtre : « J’ai guetté dans le cœur humain toutes les niches où peut se cacher l’amour lorsqu’il craint de se montrer. » Une pièce aux personnages indiciblement attachants qui met en exergue les valeurs nobles de l’être humain. .

« Un nouveau départ » est joué sur scène au Théâtre des Variétés à Paris depuis le 22 janvier et ce, pour six mois. Une pièce interprétée par Corinne Touzet et Christian Vadim, mise en scène par Christophe Lidon.

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La rue était mon lit, le poignant témoignage de Michel Baldy

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La rue était mon lit, de Michel Baldy

Avec Frédéric Veille

City Editions, mars 2014

L’avenue des Champs Elysées. Une adresse qui fait rêver les touristes, qui brasse au quotidien des milliers de passants. Un quartier aux enseignes prestigieuses, où les hommes d’affaires cravatés croisent les femmes sortant de chez les grands couturiers. C’est là que Michel a vécu pendant huit années. Là, sur un coin de trottoir devant le Monoprix. Peut-être l’avez-vous vu, peut-être l’avez-vous croisé. Mais lui avez-vous seulement souri? Vous êtes-vous arrêté? Ou comme nombre de badauds, ne lui avez-vous prêté aucune existence dans votre regard, de cette indifférence qui agresse, qui blesse, qui détruit? Il était pourtant là, entouré de ses deux plus fidèles compagnes, celles qui l’ont maintenu en vie, ses chiennes Grâce et Bowie.

«  On ne vient pas à la rue par choix ou par envie. On nous y pousse.(…) Derrière chaque histoire il y a un drame, un petit rien qui s’envenime, un coup de massue.  » Après une enfance chaotique, la perte de son jeune frère, des boulots précaires, le coup de grâce viendra de la demande de divorce de sa femme. Cette séparation est plus qu’il ne peut supporter, fait voler en éclats tout ce qu’il avait si péniblement construit. Elle entraine dans son sillage la perte de son emploi, de son toit, de ses rêves de stabilité. Alors un soir de septembre 2004, il réunit le peu d’affaires qu’il possède dans un sac à dos, prend ses deux chiennes et s’en va. Direction Paris. Et la rue de devenir son toit. Et la rue de devenir son lit.

Sa seule véritable angoisse : survivre. Froid, pluie, fatigue, faim, honte, mépris, indifférence, violence, vivre dehors c’est subir l’assaut permanent de ces maux. Heureusement, la sympathie et la gentillesse de Michel, toujours prêt à rendre service, lui valent des retours chaleureux des passants et des habitants du quartier. Un repas chaud, un journal, des cigarettes, de la nourriture pour ses chiennes, de quoi se payer une nuit d’hôtel, un sourire, des mots échangés. Des petits moments de paradis dans l’enfer du quotidien. Des oasis de douceur dans un monde de violence et d’alcool. « La manche, le froid, le sentiment de ne plus être vivant, l’alcool, la rue vous annihilent de tout. Mais jamais, jamais je n’ai perdu espoir, jamais je n’ai succombé à la tentation de succomber définitivement, de ne plus espérer.  » Et Michel Baldy a eu raison d’espérer. En cet hiver glacial de 2012, une main va lui être enfin tendue. Une chance va lui être enfin donnée.

Alors aujourd’hui Michel décide de témoigner. Pour insuffler cet espoir à ceux qui à ce jour, sont encore dans la rue.  » Ce que j’ai envie de leur dire, c’est qu’il ne faut jamais désespérer et que le jour où cette main se tend, il faut l’agripper et ne plus la lâcher« .

Un témoignage indiciblement émouvant qui, il faut l’espérer, redonnera de la densité aux SDF dans le regard des passants, là où bien souvent ils ne sont que transparence…

Retrouvez Michel Baldy dans ce court métrage consacré aux SDF « La misère d’un homme », un film de Sarah FRIKH, réalisé par Florent THOMAS.

 

Un hiver avec Baudelaire, Harold Cobert : c’est dans la poche !

 

 

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Un hiver avec Baudelaire, Harold Cobert.
Editions du Livre de Poche, avril 2011

Ce roman nous mène sur les pas d’un homme, Philippe, dont la vie va basculer du jour au lendemain. Divorce, perte de logement et d’emploi, séparation d’avec sa petite fille chérie, celui qui avait apparemment tout pour être heureux, se retrouve brusquement dans le dénuement le plus complet, à la rue. Comment survivre lorsque l’on a tout perdu ? Avec quels moyens ? Pour quoi ? Pour qui… sinon pour l’amour de sa petite princesse, la chair de sa chair, sa fille qu’il n’a plus le droit de voir.

Dans un style vif et sobre, avec une sensibilité et une poésie à fleur de plume, Harold Cobert nous embarque avec une criante vérité au cœur de la vie de ces SDF, de leur quotidien, de leurs galères, des aberrations de l’administration à leur endroit. Il nous interpelle sur l’attitude de la société face à eux, sur ce regard qu’elle leur porte : mépris, rejet ,ou pire : transparence. Une transparence qui les tue plus assurément que la faim et le froid en écho à ces mots de Paul Eluard  » rendez-moi visible, je ne veux pas mourir en moi ! »… Avec une plume alerte, il leur redonne chair, consistance, porte sur eux un regard juste, humain, bouleversant… Et cet éclairage mis sur cette dure vérité sociale des exclus de nous rappeler si besoin était, que nous sommes tous des funambules de la vie, dans un équilibre ô combien relatif et fragile. Philippe peut être vous, moi, un proche, demain ou après-demain. Nul n’est à l’abri de perdre son petit confort de vie.

Et pourtant. Pourtant, si le thème abordé est douloureux, à aucun moment l’auteur ne sombre dans le pathos. Alors certes, on pleure beaucoup et j’ai beaucoup pleuré, oui. Mais ce récit d’une authenticité aussi vibrante que belle n’inspire pas de pitié à l’endroit de Philippe, son personnage : il suscite en nous une ineffable empathie, un attachement viscéral, une immense admiration. Car ce magnifique livre est une leçon de courage, de lutte, d’espoir, de rencontres salutaires improbables comme celle de ce chien errant Baudelaire. Un chemin de nuit parsemé d’étoiles plus lumineuses les unes que les autres, jusqu’à ce que l’aurore renaisse.

Alors, merci, merci Harold Cobert pour ce bijou de pure émotion offert dans un écrin de Talent avec un grand T ! Merci de prêter la voix de votre encre à ceux qui n’ont plus la parole.

A lire, à relire, à offrir, à méditer…

 

 

Un hiver avec Baudelaire, de Harold Cobert (éditions Héloïse d’Ormesson)

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Un hiver avec Baudelaire, Harold Cobert.
Editions Héloise d’Ormesson, Mai 2009.

Ce roman nous mène sur les pas d’un homme, Philippe, dont la vie va basculer du jour au lendemain. Divorce, perte de logement  et d’emploi, séparation d’avec sa petite fille chérie, celui qui avait apparemment tout pour être heureux, se retrouve brusquement dans le dénuement le plus complet, à la rue. Comment survivre lorsque l’on a tout perdu ? Avec quels moyens ? Pour quoi ? Pour qui… sinon pour l’amour de sa petite princesse, la chair de sa chair, sa fille qu’il n’a plus le droit de voir.

Dans un style vif et sobre, avec une sensibilité et une poésie à fleur de plume, Harold Cobert nous embarque avec une criante vérité au cœur de la vie de ces SDF, de leur quotidien, de leurs galères, des aberrations de l’administration à leur endroit. Il nous interpelle sur l’attitude de la société face à eux, sur ce regard qu’elle leur porte : mépris, rejet ,ou pire : transparence. Une transparence qui les tue plus assurément que la faim et le froid en écho à ces mots de Paul Eluard  » rendez-moi visible, je ne veux pas mourir en moi ! ». Avec une plume alerte, il leur redonne chair, consistance, porte sur eux un regard juste, humain, bouleversant… Et cet éclairage mis sur cette dure vérité sociale des exclus de nous rappeler si besoin était, que nous sommes tous des funambules de la vie, dans un équilibre ô combien relatif et fragile. Philippe peut être vous, moi, un proche, demain ou après-demain. Nul n’est à l’abri de perdre son petit confort de vie.

Et pourtant. Pourtant, si le thème abordé est  douloureux, à aucun moment l’auteur ne sombre dans le pathos. Alors certes, on pleure beaucoup et j’ai beaucoup pleuré, oui. Mais ce récit d’une authenticité aussi vibrante que belle n’inspire pas de pitié à l’endroit de Philippe, son personnage : il suscite en nous une ineffable empathie, un attachement viscéral, une immense admiration. Car ce magnifique livre est une leçon de courage, de lutte, d’espoir, de rencontres salutaires improbables comme celle de ce chien errant Baudelaire. Un chemin de nuit parsemé d’étoiles plus lumineuses les unes que les autres, jusqu’à ce que l’aurore renaisse.

Alors, merci, merci Harold Cobert pour ce bijou de pure émotion offert dans un écrin de Talent avec un grand T !

 

A lire, à relire, à offrir, à méditer…

Bibliographie de l’auteur :

Un hiver avec Baudelaire, Editions EHO 2009
Le reniement de Patrick Tréboc, Editions Lattès 2007

Informations pratiques :

Prix éditeur : 18€
Nombre de pages : 272
ISBN : 9782350871158