Reste aussi longtemps que tu voudras, Mélanie Taquet (Eyrolles)

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Reste aussi longtemps que tu voudras, Mélanie Taquet

Editions Eyrolles, février 2018

Sous le soleil de Florence, la vita n’est pas si dolce. Si la douceur de vivre florentine est propice aux tendres rencontres, la lumière du soleil italien éclaire aussi les parts sombres et les blessures de chacun. Brûle même parfois. Un thriller psychologique captivant, qui vous tient en otage du début à la fin.

Quand Nina quitte brusquement Paris et débarque sans prévenir dans le Bed and breakfast florentin de son amie et complice de toujours Hannah, elle espère que cette dernière ne lui posera pas trop de questions sur les raisons de son escapade. Car aussi proches soient-elles, elle se sent incapable d’en parler. Trop de honte. Trop de douleur.

« Personne ne devait savoir, car personne ne pourrait jamais comprendre. Son secret, qui la hantait depuis son arrivée à Florence, elle devait l’enfouir en elle. Profondément. De manière à ce que personne ne puisse le découvrir, le lui voler. De manière à ce qu’elle puisse continuer et vivre. »

De fait, Hannah, préoccupée par les relations tendues avec sa belle-mère et par sa difficulté à devenir mère, ne pousse pas très loin la curiosité. Et accepte de l’héberger le temps qu’il faudra contre quelques menus travaux.

Mais un appel reçu par Hannah va mettre en partie à jour le secret de Nina. C’est la stupeur. Et l’incompréhension entre les deux amies. Hannah est furieuse. Nina accuse le coup. Mais au sein de ce bed and breakfast, Nina est-elle la seule à détenir un secret ? Qu’en est-il de Michele, le mari d’Hannah, qui n’évoque jamais son frère jumeau ? Pourquoi Paola, la belle-mère, se montre-t-elle si protectrice envers son fils, quitte à égratigner sa belle-fille ? Et le tendre Marco, résident permanent de l’établissement, pourquoi éprouve-t-il tant de peine à retourner dans sa famille ? Sous le soleil florentin, les parts d’ombre s’éclairent, révélant les blessures de chacun, mettant leur âme à nu.

C’est avec beaucoup de finesse dans l’analyse psychologique des personnages, beaucoup de sensibilité, que Mélanie Taquet nous entraine en Italie dans leur sillage. Des êtres attachants, blessés mais combattifs, viscéralement humains. Des êtres qui sont tous concernés de près ou de loin par la place de leur mère et/ou le fait de devenir elles-mêmes une mère. Un voyage au cœur de leur histoire, au cœur d’une Italie ensoleillée à l’accent chantant malgré les blessures. Un roman dont l’intrigue, brillamment menée, vous tiendra en haleine du début à la fin.

 

 

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Pour que rien ne s’efface , Catherine Locandro

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Pour que rien ne s’efface, Catherine Locandro

Editions Héloïse d’Ormesson, janvier 2017

Rentrée littéraire

Un requiem élégant, à la beauté cruelle, qui fixe magnifiquement le portrait d’une icône déchue du cinéma. Coup de cœur !

Si juger est quelquefois un plaisir, comprendre en est toujours un. Ces propos d’Henri de Régnier pourraient servir de morale à cette bouleversante histoire…

Lila Beaulieu, star déchue du cinéma, est retrouvée morte dans un studio miteux, âgée de 65 ans seulement. Deux mois se sont écoulés entre son décès et la découverte du corps. Comment cette femme, adulée autrefois, connue et reconnue, a t-elle pu finir dans l’indifférence, le dénuement et la solitude les plus absolus ? Pour tenter de répondre à cette question, Catherine Locandro rembobine le film de sa vie et donne la parole à celles et ceux qui l’ont connue. Ou plus précisément, à ceux qui l’ont côtoyée en croyant la connaître.

Car qui la connaissait vraiment ? Si tous ont le sentiment de tout savoir d’elle ou presque, aucun, hormis le lecteur, ne connait toutes ses facettes. Est-elle cette mauvaise mère alcoolique que décrit sa fille ? Sa petite-fille et son ex-mari apportent des couleurs bien plus lumineuses à son portrait. Au fil des témoignages, se dessinent les contours, les pleins et les creux de cette défunte femme, ses failles et leurs origines. Ses richesses humaines aussi. Celle que d’aucuns fustigent a pourtant fait du mieux qu’elle a pu avec ce qu’elle a (et n’a pas) reçu dans son enfance, dans ses fréquentations malheureuses avec la gent masculine, dans ce milieu de requins qu’est le cinéma. Lila Beaulieu n’est ni ange ni démon. Mais un être humain, tout simplement.

Dans ce roman choral remarquablement orchestré, Catherine Locandro nous présente une femme indiciblement attachante. Sa plume délicate inscrit sur la portée de ce requiem des notes sensibles et justes, dont la mélodie vous hante longtemps, le livre refermé.

Un coup de cœur de ce début d’année ! À lire!

 

Glissez Catherine Locandro dans votre poche!

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L’histoire d’un amour, Catherine Locandro

Editions Pocket, à paraître le 5 janvier 2017

Après L’enfant de Calabre, Catherine Locandro revient avec délicatesse et émotion sur la question de la perte amoureuse et du poids des secrets.

Luca est un homme réservé. Un professeur de philosophie sans histoires. Mais pas sans Histoire. Car depuis vingt ans, il veille précieusement sur son secret. Un secret qui aujourd’hui lui explose soudain au visage au détour d’un article de presse.

Rien ne l’avait préparé à cela. Pas plus la révélation dans la presse de sa liaison amoureuse avec la diva au regard voilé d’une lumineuse tristesse, que la rencontre en 1967 avec cette femme alors adulée du public et des médias, Dalida. « Garder le secret, c’était garder la Chanteuse, maintenir ce lien si particulier. » En ce jour de novembre 1995, le frère de la défunte chanteuse, héritier de ses carnets, notes et lettres, en livre le contenu en pâture au public. Et le secret de ne plus en être un…

Luca se remémore alors cette fulgurante passion, rouvre le livre de son amour caché et tourne les pages de sa mémoire. Lui, le petit livreur de douze ans son cadet, qui avait dû quitter l’école tôt pour subvenir aux besoins de la famille, n’avait pas imaginé que son rôle de figurant dans une émission de télé dont Dalida était l’invitée, allait bouleverser sa vie. Et pourtant, cette rencontre donna le  « la » d’une relation amoureuse aussi passionnée que tourmentée. En France, en Italie, nos deux amants se retrouvent au gré des désirs de la chanteuse, dans la plus grande discrétion. Une passion clandestine qui, par les mensonges coupables que sa préservation nécessite, coupe Luca de sa famille, des siens. Le prix de leur bonheur tous deux.

Mais dans ce journal, il découvre n’être pas le seul à avoir souffert du poids du secret. Dalida portait elle aussi un fardeau douloureux qu’elle lui avait caché…

La révélation de son secret mettra t-il fin aux assauts de sa mémoire? Luca pourra t-il enfin cesser d’être le jeu de cette passion dévorante, paralysante, obsédante? Pourra t-il, délesté de ce poids, tourner enfin la page et redevenir acteur de sa vie?

Avec L’histoire d’un amour, Catherine Locandro nous offre un roman sensible, juste, émouvant, servi par une plume incisive. A lire!