Citation du jour

« Dites vous que le procédé de la littérature est tout ce qu’il y a de complexe, entre ce que la télé dit d’un livre, ce que le lecteur en comprend, et ce que l’auteur a voulu dire, il y a des déperditions terribles, ça confine au malentendu ».

 

Serge Joncour – L’idole

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Citation du jour

« Allez parler à cet enfant en vous, il est là, à vous attendre, il n’attend que vous cet enfant plus ou moins souverain que l’on a tous été, et qui reste là en soi, générateur de nos détresses et de nos mélancolies, de nos blocages aussi, il est cette part de nous qui cherche toujours à être pris dans les bras, il est la persistance de nous qui s’inquiète, oui, il est là ce mirage de l’enfant qu’on a été, dans le fond c’est bien lui qui est la cause de tout, c’est lui la source du symptôme, c’est lui qui a initié nos premières sensations, nos premiers rapports avec le monde, c’est de lui que nous viennent nos algorithmes de stratégies mentales qui aujourd’hui encore nous font répondre aux situations que nous traversons. Tendez-lui la main. Allez, engagez le dialogue, écrivez-lui, prenez une feuille et approchez-le, ou écrivez à haute voix, qu’importe ».

 

Serge Joncour- L’homme qui ne savait pas dire non.

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Citation du jour

« L’actualité n’est qu’une suite d’épisodes rattachés par rien, sans autre ligne directrice que le malheur des uns pour distraire les autres, et le bonheur des autres pour dédommager le malheur des uns. Au sein de ce mirage fait de pures fictions comme de réalités, beaucoup de personnalités se distinguent, toutes plus ou moins durables, certainement protégées du temps, immunisées contre toute obsolescence, alors que d’autres ne font que passer, éphémères jusque dans le succès.
Aujourd’hui les idoles se suivent et les génies s’enchaînent, aujourd’hui les nouveaux Rimbaud durent une semaine et les chefs d’œuvre le temps du papier, la semaine suivante un nouveau prodige prend le relais, les gloires se tissent pour ornementer le vide. »

 

Serge Joncour – L’idole

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Citation du jour

 » A force de rester ensemble on ne tient plus à l’autre, mais on tient par l’autre, et là, c’est beaucoup plus délicat, ça demande une énergie folle de se déprendre, ou de la haine pure, à moins de miser sur l’événement d’une nouvelle rencontre, celle qui redonne la folie de recommencer à zéro.  » Serge Joncour dans L’amour sans le faire (Flammarion)

Citation du jour

« Ce n’est pas rassurant de voir l’autre trop vite conquis, on se dit qu’il manque de discernement. Je n’aurais pas aimé plaire d’emblée à une femme, au point que dès le premier verre elle exprime trop avidement l’envie de me revoir, dans ces cas-là on a l’impression d’être piégé, on perçoit l’autre dans tout ce qu’il a d’envahissant. » Serge Joncour dans L’écrivain national (Flammarion)

Citation du jour

« Les autres, on les croise toujours de trop loin, c’est pourquoi les livres sont là. Les livres, c’est l’antidote à cette distance, au moins dans un livre on accède à ces personnages irrémédiablement marqués dans la vie, ces intangibles auxquels on n’aura jamais parlé, mais qui, pour peu de se plonger dans leur histoire, nous livrerons tout de leurs plus intimes ressorts, lire, c’est plonger au cœur d’inconnus dont on percevra la plus infime rumination de leur détresse. Lire, c’est voir le monde par mille regards, c’est toucher l’autre dans son essentiel secret, c’est la réponse providentielle à ce grand défaut que l’on a tous à n’être que soi. » Serge Joncour dans L’écrivain national (Flammarion)

Citation du jour

« Vivre c’est accepter de perdre, quitte à en être gorgé de remords, quitte à regretter. Trop souvent j’en suis resté là, à ne pas oser, par manque d’initiative et d’audace. J’ai en moi tout un ballet d’occasions ratées, d’amours non franchies, de sourires jamais atteints. A croire que mon destin m’a été volé par un être qui m’a pris ma place, un usurpateur qui a revêtu mes traits et mes contours, un importun qui aura substitué la peur au courage, l’indolence à la détermination, un être qui au total aura fait de moi l’habitant d’un corps en faux-semblant, un corps jamais plus grand que son ombre  » Serge Joncour dans L’écrivain national (Flammarion)