Je ne suis pas un héros, Sophie Adriansen

livre de Sophie Adriansen je ne suis pas un héros

Un roman pour enfants particulièrement engagé, fort, sensible. Pour ouvrir leur regard aux autres, à ceux qui n’ont rien et dorment dans la rue. Une ode à l’empathie et à la solidarité.

SDF, migrants : de l’indifférence à l’empathie

Bastien et sa sœur Capucine vivent dans un grand appartement, au sein d’un luxueux quartier parisien. Depuis quelque temps, à chaque fois qu’ils vont à la boulangerie, ils remarquent une maman et ses deux filles blotties contre elle, assises à même le trottoir, qui mendient quelques pièces pour survivre. Des SDF qui ne suscitent en Bastien que dégoût en raison de leur saleté, de leur évidente pauvreté, de leur apparence.

Si ces trois roms font Bastien détourner son regard, Capucine au contraire ressent de la pitié. Comment voir ces trois êtres subir jour et nuit le froid, la pluie, la faim, sans avoir le cœur serré ? Comment continuer son chemin, rentrer dans son appartement douillet, en laissant derrière soi des êtres dans une évidente détresse ? Pour la fillette, il y aurait pourtant une solution aussi simple que naturelle : leur proposer la chambre d’amis dans l’appartement.

Une solution qui ne suscite pas l’enthousiasme de son père au départ : « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde chez nous ». Mais il ne s’agit pas d’accueillir tous les migrants, mais de faire montre d’empathie envers trois personnes. Et si tout le monde à son niveau aidait quelques individus dans le besoin, alors à grande échelle le monde serait plus beau, car solidaire ! Ainsi pensent Capucine et sa maman. Et de remporter l’adhésion du père.

Sorina, Magda et leur maman Nicky se retrouvent ainsi accueillies par la famille de Bastien. Mais pas par lui. Bastien se sent envahi, n’a pas du tout envie de partager son espace et ses jeux avec ces personnes et encore moins l’affection et l’attention de ses proches. Car ces trois invités accaparent beaucoup ses parents et cela, ça ne passe pas. Bastien boude, se sent négligé, transparent comme étaient transparents ces roms à ses yeux dans la rue.

Mais peut-on prêter assistance à des migrants sans se mettre dans l’illégalité ? A-t-on le droit d’héberger à titre gratuit des SDF ? La famille de Bastien va découvrir que tendre la main n’est pas qu’une affaire de cœur, mais aussi une affaire de loi.

Quant à Bastien, côtoyer ces trois personnes va-t-il le faire changer d’avis ? Continuera-t-il à se sentir menacé ou leur ouvrira-t-il son cœur ?

Un livre engagé contre le racisme et l’exclusion

Sophie Adriansen est une auteure engagée. En 2015, elle a participé au projet du photographe Marc Melki autour de la fraternité et de l’hébergement des sans-abris. Le photographe parcourt la France et capture dans l’objectif de son appareil photo des SDF pour sensibiliser ceux qui ont un abri au sort de ceux qui l’ont perdu. Avec en filigrane cette question : et si c’était vous ?

En France, des centaines de milliers de personnes n’ont plus de toit. Des millions d’individus vivent dans des logements insalubres. Ces personnes que l’ont voit parfois mendier dans la rue se sentent souvent invisibles, transparentes dans le regard des passants. Voire s’attirent le mépris. Or personne n’est à l’abri de perdre le sien. Personne ne peut assurer que cela ne lui arrivera jamais. Qu’aimerions-nous que l’on fasse pour nous dans pareil cas ? Que sommes-nous prêts à faire pour les autres aujourd’hui ? Que permet la loi ? C’est le sujet de ce roman viscéralement humain, sensible. Il ouvre le regard de l’enfant, l’invite à plus d’empathie, d’altruisme, de tolérance. A moins de jugements hâtifs, de méfiance. Car les enfants d’aujourd’hui seront le monde de demain. Car les valeurs que nous leur inculquons aujourd’hui peuvent transformer le monde et en faire à l’avenir un espace de vie plus solidaire.

Roman à paraître le 12 avril aux éditions Fleurus

Publicités

Rentrée littéraire. Linea negra, Sophie Adriansen

22140904_1764201023607807_6882683001540184502_n

Linea Nigra, Sophie Adriansen

Fleuve éditions, août 2017

Rentrée littéraire

 

La grossesse, ce miracle et ce mystère… Un roman indiciblement touchant sur une triple naissance : celle de l’enfant à venir, de la femme bientôt maman et des futurs parents. Mais pas seulement : un livre édifiant sur l’accompagnement de la mère en France aujourd’hui.

Quand Stéphanie, peu de temps après sa rencontre merveilleuse avec Luc, apprend qu’elle est enceinte, c’est l’euphorie. « L’idée de cette vie qui germe en moi me galvanise. J’ai la certitude que je peux tout. » Elle qui jusqu’alors a toujours été terrifiée par l’accouchement, se dit qu’elle fera face. Mais cette belle conviction est de plus en plus mise à mal au fil des mois. Et si cette grossesse avait des dommages collatéraux ? Saura-t-elle gérer les transformations à venir, dans son corps, dans sa vie, voire dans son couple ? Saura-t-elle assumer les lourdes responsabilités qui l’attendent ? Devenir mère, c’est tellement plus que de mettre au monde un enfant ! Et le doute de ronger ses belles certitudes.

Son corps se transforme, avec tous les bouleversements et questionnements que cela implique : « Je ne sais pas si je dois cohabiter avec un nouveau corps ou habiter un nouveau corps mais une chose est sûre : le bouleversement est inédit, soudain et on attend de moi de faire comme si de rien n’était. » Comment vivre avec cette nouvelle enveloppe ?

Désireuse de ne pas surmédicaliser à outrance son accouchement, elle s’informe sur les modes d’accouchement, les conséquences des césariennes, de l’épisiotomie, le systématisme du recours à la péridurale, les effets de l’ocytocine de synthèse. Ce qu’elle découvre sur les violences obstétricales faites aux femmes encore aujourd’hui en France est édifiant. Et de choisir d’accoucher dans une maison de naissance.  Mais, aussi bien préparée soit-elle, son accouchement ne se déroule pas comme elle l’avait imaginé, souhaité, rêvé…

Sophie Adriansen nous offre un roman bouleversant. Un hymne à la vie et à l’amour. Celui d’une femme pour son enfant à naître, puis pour son bébé. Celui d’une mère en devenir pour son conjoint. Grâce à une construction fragmentée judicieuse, qui insuffle du rythme à l’histoire, tels les battements du cœur du bébé qu’elle porte, l’héroïne nous entraine dans cette formidable mais aussi si remuante expérience qu’est la maternité. L’occasion pour l’auteur, de dresser un état des lieux très instructif de la maternité et du combat des femmes à disposer librement de leur corps. Un coup de cœur !

 

Glissez Sophie Adriansen dans votre poche!

21740217_1753892947984720_6928901393689142099_n

Le syndrome de la vitre étoilée, Sophie Adriansen

Editions Pocket, septembre 2017

 

Un roman qui démarre comme le chemin de croix d’une jeune femme, mais qui, très vite, frappe par son humour, sa lucidité, sa cruauté et prend la forme du journal rétroéclairé d’une femme qui découvre le pouvoir d’être libre. Le roman d’une renaissance.

Stéphanie et Guillaume sont en couple depuis dix ans. Parmi leurs amis fleurissent des annonces joyeuses de grossesses, de naissances. Une joie à laquelle ils espèrent eux-mêmes goûter. Mais pour l’heure, faute d’y parvenir, ils multiplient chacun les examens éprouvants tant physiquement que moralement, suivent des traitements contraignants, subissent les remarques parfois déplacées et maladroites de leur entourage, l’indélicatesse du corps médical.

Un désir qui très vite tourne à l’obsession. « J’y pense chaque jour. Chaque heure. Chaque minute. »

Un désir qui mine les fondations du couple aussi assurément qu’une armée de termites.

Un désir qui détruit tout, y compris l’estime de soi, faute d’être assouvi.

Tous deux conviennent que le désir s’est transformé, que l’amour a fait place au mieux à une grande tendresse. Et qu’il convient de se séparer.

Pour Stéphanie, il s’agit davantage de l’aube d’une nouvelle vie, que de la fin de son monde. Certes, elle n’échappe pas au deuil de sa relation, au manque de l’autre, mais cette tristesse se mêle à l’intuition exaltante que quelque chose de grand, de beau l’attend. Que tout est encore possible. Y compris de devenir mère, puisque les examens ont révélé que rien dans son fonctionnement ne s’oppose à une maternité. Le problème venait de son conjoint.

Reste à trouver sa voie, à identifier ce dont elle a envie et besoin, ses urgences et ses priorités. Reste surtout et avant tout à se trouver. Une période de tâtonnements, de peurs à surmonter. Pas à pas elle avance doucement mais sûrement vers elle-même. Une reconquête de soi qui passe par le corps. Le yoga sera à ce titre salutaire. « Je me répète ce que je commence à comprendre. Je suis quelqu’un d’important. Le personnage principal de ma propre vie. »

C’est avec beaucoup de finesse et de sensibilité que Sophie Adriansen évoque le parcours de cette jeune femme, ses souffrances, ses doutes, ses peurs. Ses émerveillements et espoirs aussi. Dans une construction très originale, mêlant souvenirs, remarques de proches, analyses biologiques, extraits de livres ou d’articles, ou encore statistiques, elle fournit au lecteur les pièces du puzzle de son existence. Peu à peu se dessinent les contours de cette nouvelle vie, les formes de ce corps désormais en accord, le relief d’un esprit et d’un cœur apaisés. Le tableau d’une émouvante renaissance.

Parce qu’il n’est jamais trop tard pour être soi.

Rentrée littéraire : Le syndrome de la vitre étoilée, Sophie Adriansen

image

Le syndrome de la vitre étoilée, Sophie Adriansen

Fleuve édition, août 2016

352 P. ; 19,50€

Un roman qui démarre comme le chemin de croix d’une jeune femme, mais qui, très vite, frappe par son humour, sa lucidité, sa cruauté et prend la forme du journal rétroéclairé d’une femme qui découvre le pouvoir d’être libre. Le roman d’une renaissance.

Stéphanie et Guillaume sont en couple depuis dix ans. Parmi leurs amis fleurissent des annonces joyeuses de grossesses, de naissances. Une joie à laquelle ils espèrent eux-mêmes goûter. Mais pour l’heure, faute d’y parvenir, ils multiplient chacun les examens éprouvants tant physiquement que moralement, suivent des traitements contraignants, subissent les remarques parfois déplacées et maladroites de leur entourage, l’indélicatesse du corps médical.

Un désir qui très vite tourne à l’obsession. « J’y pense chaque jour. Chaque heure. Chaque minute. »

Un désir qui mine les fondations du couple aussi assurément qu’une armée de termites.

Un désir qui détruit tout, y compris l’estime de soi, faute d’être assouvi.

Tous deux conviennent que le désir s’est transformé, que l’amour a fait place au mieux à une grande tendresse. Et qu’il convient de se séparer.

Pour Stéphanie, il s’agit davantage de l’aube d’une nouvelle vie, que de la fin de son monde. Certes, elle n’échappe pas au deuil de sa relation, au manque de l’autre, mais cette tristesse se mêle à l’intuition exaltante que quelque chose de grand, de beau l’attend. Que tout est encore possible. Y compris de devenir mère, puisque les examens ont révélé que rien dans son fonctionnement ne s’oppose à une maternité. Le problème venait de son conjoint.

Reste à trouver sa voie, à identifier ce dont elle a envie et besoin, ses urgences et ses priorités. Reste surtout et avant tout à se trouver. Une période de tâtonnements, de peurs à surmonter. Pas à pas elle avance doucement mais sûrement vers elle-même. Une reconquête de soi qui passe par le corps. Le yoga sera à ce titre salutaire. « Je me répète ce que je commence à comprendre. Je suis quelqu’un d’important. Le personnage principal de ma propre vie. »

C’est avec beaucoup de finesse et de sensibilité que Sophie Adriansen évoque le parcours de cette jeune femme, ses souffrances, ses doutes, ses peurs. Ses émerveillements et espoirs aussi. Dans une construction très originale, mêlant souvenirs, remarques de proches, analyses biologiques, extraits de livres ou d’articles, ou encore statistiques, elle fournit au lecteur les pièces du puzzle de son existence. Peu à peu se dessinent les contours de cette nouvelle vie, les formes de ce corps désormais en accord, le relief d’un esprit et d’un cœur apaisés. Le tableau d’une émouvante renaissance.

Parce qu’il n’est jamais trop tard pour être soi.

Sélection des livres de votre été!

10384278_843072199054032_3469047405016937709_n

L’été est là. Et dans son sillage, les vacances tant attendues. Tout au long de l’année, vous avez couru après le temps et n’avez pas pu suivre l’actualité littéraire? Qu’à cela ne tienne, je vais vous guider avec plaisir. Pensez juste à garder une place dans vos bagages entre la crème solaire et le maillot de bain, je m’occupe du reste !

Voici différentes destinations de lecture portant sur des livres publiés en 2015. Si vous cliquez sur le titre, vous pourrez survoler le livre sur les ailes de ma plume. Prêts? Attachez vos ceintures!

valises-de-livres2

Si vous mettez le cap sur la tendresse, embarquez aux côtés de :

– François d’Epenoux, Le réveil du cœur (Editions Pocket)

– Cookie Allez, Dominique (Buchet Chastel)

– Paul Vacca, Comment Thomas Leclerc, 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu TOM L’ECLAIR et a sauvé le monde (Belfond)

Cap sur le suspens avec :

– Delphine Bertholon, Les corps inutiles (JC Lattès)

– Aude Le Corff, L’importun(Stock)

Cap sur l’étranger avec :

-Sue Monk Kidd, L’invention des ailes (JC Lattès)

Cap sur une destination inclassable et merveilleuse avec :

– Cécile Coulon, Le cœur du Pélican (Viviane Hamy)

Cap sur le développement personnel avec :

– Caroline L. Arnold, Mini-résolutions pour grands changements ( JC Lattès)

Cap sur l’amour  avec :

– Valérie Tong Cuong, Pardonnable impardonnable (JC Lattès)

– Brigitte Kernel, Dis-moi oui (Flammarion)

– Grégoire Delacourt, Les quatre saisons de l’été (JC Lattès)

– Justine Lévy, La gaieté (Stock)

– Didier van Cauwelaert, Jules (Stock)

Cap sur l’humour avec :

– Valérie Clo, La tyrannie des apparences (Buchet Chastel)

Cap sur la littérature jeunesse avec :

– Sophie Adriansen, Max et les poissons (Nathan)

– Karine Fléjo et Doudja, Bao le boa (Snow Moon éditions)

– Nadia Berkane et Alexis Nesme, Les petites histoires de bébé koala (Hachette jeunesse)

 Planifier-un-voyage-au-Mexique-les-valises-pleines-de-livres-2014-Bible-urbaine-610x350

Quelle que soit la destination que vous aurez choisie, je vous garantis non pas le soleil, mais de belles lectures !

Max et les poissons, de Sophie Adriansen (Nathan) : coup de coeur!

 

Max et les poissons, de Sophie Adriansen

Editions Nathan, février 2015

La guerre vue par un enfant de huit ans. Ou quand la petite histoire rejoint la grande. Bouleversant, poétique et tendre.

 

Max est fier. Pour le récompenser de ses excellents résultats scolaires, il s’est en effet vu offrir un poisson. Un joli poisson rouge tacheté de jaune, rien que pour lui. Le bien-nommé Auguste. Il a aussi  reçu une étoile jaune qu’il doit porter sur ses vêtements. Mais de cette dernière, il ne se réjouit guère. Si au début il la trouvait jolie, force lui est de constater que depuis qu’il l’arbore, le comportement de ses camarades à son endroit a changé. Mais il se console, car demain c’est son anniversaire et il va recevoir un deuxième poisson!

Cependant la guerre en décide autrement. « La guerre, ça fait marcher les allemands dans les rues et serrer fort les mains des petits garçons. » En ce 16 juillet 1942, Max et ses parents font partie de la tristement célèbre rafle et sont emmenés au Vel d’Hiv. Sans Auguste resté faire des ronds dans son bol. Sans que personne ne célèbre son anniversaire.

Sa vie alors bascule…

Sophie Adriansen nous offre une très poignante histoire en la personne de Max. La candeur du petit garçon, ses émerveillements, ses peurs, ses doutes, sont porteurs d’une émotion aussi vibrante que belle car indiciblement juste. Le lecteur termine le livre avec la furieuse envie de serrer le petit Max contre lui, conscient de s’être fait un nouvel ami.

Un vrai coup de coeur!

 

P.42 : Quand les grands ont peur, c’est comme une couverture toute râpée par laquelle passe le jour : ça ne protège plus de rien.