Aimer et prendre l’air, Sophie Simon (JC Lattès)

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Aimer et prendre l’air, Sophie Simon

Editions JC Lattès, février 2017

 

Après « American clichés » et « Gary tout seul », Sophie Simon met en scène, dans ce drame joyeux et burlesque que ne désavouerait pas Woody Allen, la fin de l’amour et des idéaux, et l’éternelle renaissance du désir.

 

Chaque année, Amy et son mari Jack viennent passer l’été dans leur maison du Connecticut, avec un couple d’amis, Kathleen et Larry. Mais l’euphorie que ressent Amy, actrice new-yorkaise, suite à sa consécration, retombe vite. Ce Tony arward portait pourtant en lui tant de promesses de bonheur, de rôles passionnants ! Mais c’était sans compter avec le taciturne et atrabilaire Jack. Et force lui est d’admettre que cette fois, elle a atteint ses limites. « En vivant avec lui, elle a dû étouffer la plupart de ses désirs puisque Jack lui-même ne désire pas grand-chose. Tout projet étranger à leurs habitudes monocordes lui paraît presque indécent. (…) Mais peut-on contenir l’exubérance faite femme dans un carcan monotone ? »  Elle va le quitter. Enfin, le quitter pour de bon car au cours de leurs 20 années de mariage, elle a déjà provoqué plus d’une quinzaine de faux départs. Et de vrais retours. Incapable de vivre sans lui.

Mais l’arrivée de leur couple d’amis, en pleine tempête conjugale eux aussi, va semer la confusion. La belle entente qui régnait entre eux se fissure. Et par la brèche, les griefs des uns et des autres fusent. Les aigreurs refoulées, les reproches et jalousies font voler en éclats le masque bien lisse des apparences. Et si leur bonheur, non seulement sentimental mais aussi amical, n’avait été toutes ces années qu’une vaste arnaque ?

Sophie Simon nous fait assister en huis-clos à la perte des illusions de deux couples. A la prise de conscience amère d’années perdues à mentir aux autres, à se mentir, en passant à côté de l’essentiel. Les répliques, jubilatoires, délicieusement assassines, sifflent comme des balles de révolver et atteignent pile le cœur de leur cible. Caustique, rythmé, ce roman se dévore d’une traite sans prendre l’air !

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Sélection de 25 romans pour vous évader tout l’été!

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Vous avez attendu l’été avec une impatience grandissante.  Le voilà enfin, avec les vacances dans son sillage. La valise est presque prête, il ne reste plus que les livres à intercaler entre la crème solaire et le maillot de bain. Vous hésitez? Alors ces sélections de romans parus en 2014 vous guideront peut-être dans vos choix!

Voici différentes destinations de lecture. Prêts? Attachez vos ceintures!

  • Si vous mettez le cap sur la tendresse, embarquez aux côtés de :

– Gilles Paris avec L’été des lucioles  (éditions Héloïse d’Ormesson) et Au pays des kangourous (Livre de poche)

– François d’Epenoux avec Le réveil du coeur (éditions Anne Carrière)

– Philippe Routier avec L’enfant du parc (éditions stock)

  • Cap sur le suspens avec :

– Dominique Dyens avec La femme éclaboussée (éditions Héloïse d’Ormesson)

– Pierre-Yves Tinguely avec L’axe du sang (éditions M.A.)

– René Manzor avec Celui dont le nom n’est plus (éditions Kéro)

  • Cap sur l’étranger :

– Les États-Unis avec Sophie Simon  :  Gary tout seul (éditions JC Lattès)

– La Birmanie avec Jan-Philipp Sendker : L’art d’écouter les battements de coeur (éditions JC Lattès)

– La Jamaïque avec Philippe Vidal : Les montagnes bleues (éditions Max Milo)

– L’Irlande et la Pennsylvanie avec Paul Lynch : Un ciel rouge le matin (Albin Michel)

  • Cap sur les témoignages avec :

– Martin Gray et Mélanie Loisel, Ma vie en partage (éditions de l’Aube)

– Michel Baldy La rue était mon lit (City éditions)

– Marianne Guillemin Dans la gueule du loup (éditions Max Milo)

  • Cap sur l’amour  avec :

– Eric-Emmanuel Schmitt, L’élixir d’amour (Albin Michel)

– Nathalie Rheims, Maladie d’amour (Léo scheer)

– Nicolas Barreau, Le sourire des femmes (Éditions Héloïse d’Ormesson)

– Xavier de Moulins, Que ton règne vienne (JC Lattès)

– Fariba Hachtroudi, Le colonel et l’appât 455 (Albin Michel)

– Akli Tadjer, Les thermes du Paradis (JC Lattès)

  • Cap sur l’humour avec :

– David Foenkinos, La tête de l’emploi (éditions J’ai lu)

  • Cap sur l’histoire avec :

– Stéphane Bellat, La chambre d’Hannah (M.A. éditions)

– Catherine Hermary-Vieille, La bête (Albin Michel)

  • Cap sur un premier roman avec :

– Céline Lapertot Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre (éditions Viviane Hamy)

  • Cap sur la littérature jeunesse avec :

– Marie-Christine Buffat, La malédiction de la chanson à l’envers  (éditions Snow Moon)

Quelle que soit la destination que vous aurez choisie, nous vous garantissons non pas le soleil, mais le talent des auteurs! Bonnes vacances et… belles lectures!

 

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La Kar’Interview de Sophie Simon

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Sophie Simon est une femme délicieuse dont la talentueuse plume nous avait déjà enchantés avec son recueil de nouvelles, American clichés. Elle nous revient avec un roman tout aussi brillant, Gary tout seul, aux éditions Jean-Claude Lattès.

Rencontre non dénuée d’humour avec l’auteur :

Qui êtes-vous, Sophie Simon?

Quelqu’un d’emporté et de romantique, me glisse mon chéri à l’oreille en regardant par-dessus mon épaule.

Quel est le thème central de ce roman?

La condition de l’Homme qui s’extraie d’une situation de crise.

Un roman visuel à travers les Etats-Unis  aujourd’hui. Se construisant, mes personnages en dégagent trois idées : ne pas juger ; n’attendre des autres rien de plus que ce qu’ils veulent bien donner ; ne pas chercher à changer autrui : il va évoluer.

Si vous deviez choisir une phrase de ce roman, laquelle mettriez-vous en avant?

« Le sens de la vie n’est que celui qu’on lui donne. »

Si ce roman était une musique, laquelle serait-ce?

« God give me strength », Elvis Costello et Burt Bacharach. Live au Royal Festival Hall, 29 octobre 1998, il chante merveilleusement faux.

Si ce roman incarnait un film, quel serait-il?

« The place beyond the pines », « Une chatte sur un toit brûlant » et »Happiness therapy » un mix à faire… Y-a-t-il un producteur sur la toile ?

Avez-vous des rituels d’écrivain (lieu, horaires, musique d’ambiance, etc.) ?

Réveil à 7 heures, un litre de thé fumé, deux toasts au miel (pas trop de beurre chéri !), un petit footing d’une heure, 30 minutes de cardio, une heure et demi d’étirements, déjeuner léger, petite sieste, je lis la presse j’appelle mes copines et je prends des nouvelles de mon chéri, je discute avec mon fils, un thé avec du cake ou alors un cheesecake de chez Pitzman, j’ouvre mon courrier, je réponds aux mails, un petit tour sur facebook, un petit tennis (une heure pas plus),  un dîner léger, un bon film et là, seulement là et seulement si tout s’est bien passé, je m’y mets et rien ne m’arrête plus…

Comment vous vient l’inspiration?

Comme ça !

Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs?

Une grosse fiesta aux frais de ma maison d’édition chérie : Lattès !

Alors tous chez Jean-Claude Lattès pour une super fête!

 Propos recueillis le 9 mai 2014

Retrouvez la chronique que j’ai consacrée au roman de Sophie Simon, Gary tout seul en suivant ce lien : https://leschroniquesdekoryfee.wordpress.com/2014/04/26/gary-tout-seul-de-sophie-simon/

Gary tout seul, de Sophie Simon

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Après le très remarqué American clichés, Sophie Simon signe un roman virtuose qui déroule les destinées et poignantes de personnages hantés par les liens du sang et du coeur.

Tous deux issus de la banlieue de Cleveland, Franck et Gary, enfants, étaient inséparables. Frères de coeur à défaut d’être frères de sang. Si tout semblait réussir à Franck, qui alliait le charme, l’intelligence, le charisme et la réussite dans ses études, Gary se sentait à contrario transparent, inconsistant. Le départ brutal de son père et la dépression réactionnelle de sa mère l’avaient conduit à se replier dans sa coquille. Irascible, un brin taciturne, hanté par le sentiment d’abandon, il fuyait tout attachement de crainte de souffrir à nouveau.
Seul Franck supportait son pénible caractère. Franck, le modèle de Gary, celui qu’il rêvait d’égaler un jour. Voire de dépasser.
Jusqu’à ce que survienne le drame…

Alors, à 21 ans, Gary décide de mettre 700 kilomètres entre ses démons et lui. Cap sur New-York, la ville de tous les possibles, de toutes les ambitions. Et la sienne est « de devenir un trader, un type craint et respecté, influent, plein aux as. » Son mariage avec la fille d’un patron de fonds d’investissement, son embauche comme comptable dans ladite entreprise, sont de bon augure pour la concrétisation de ses rêves. Dévoré d’ambition, entêté, Gary se voit déjà entrer sans la sacro-sainte salle des marchés. Mais s’il a mis une distance physique certes considérable entre les lieux de son passé douloureux et sa ville actuelle, force lui est de constater que la distance psychique est nulle. « Je reste habité par cette faute. Elle m’encombre. Elle est devenue une partie de moi-même. Je n’ai jamais pu la chasser de mon esprit. Ni m’acquitter de ma dette.  » Car aussi loin que l’on aille, on emporte ses angoisses et sa culpabilité avec soi. Il n’existe nulle geôle plus redoutable que le cerveau…

Assailli par son passé, Gary n’a d’autre choix que de l’affronter. Pour tenter d’avancer, de repartir sur des bases saines. Et solides.

Avec Gary tout seul, Sophie Simon explore avec une infinie sensibilité et une extrême justesse l’âme humaine. Dans un style fluide et magnifiquement maitrisé, elle nous fait voyager de Cleveland à New-York en passant par la Colombie britannique aux côtés de personnages indiciblement attachants, qui malgré leurs maladresses, gardent fortement ancrés en eux les liens du sang et du coeur.

Gary tout seul, de Sophie Simon ( editions JC lattès)

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Gary tout seul, de Sophie Simon

Editions Jean-Claude Lattès, avril 2014

À vingt et un ans, tête brûlée et effrontément ambitieux, Gary Morrow quitte sa banlieue de Cleveland pour tenter sa chance à New York.

Une nouvelle vie commence alors, pleine de promesses. Mais le passé, qu’il s’efforce de maintenir à distance, ressurgit un beau jour au volant d’une vieille Buick dorée.

Informations pratiques :

Nombre de pages : 350

Prix éditeur : 18€

ISBN : 978 2709 639682

 

Le Karinotron avec … Sophie Simon !

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Au printemps 2011, Sophie Simon nous a offert un recueil de nouvelles absolument savoureux. Onze tableaux de scènes quotidiennes au pays de tous les possibles – le pire comme le meilleur, onze toiles à la Edward Hopper auxquelles elle apporte sa french touch pleine de sensiilité et de tendresse. 

     Onze voyages que je vous invite à faire sans plus attendre sur les ailes de sa talentueuse plume.

Le Karinotron de Sophie Simon :

1- Votre livre de chevet :

« La conscience de Zeno » d’Italo Svevo. Un bijou. Je ne comprends pas qu’il ne soit pas plus connu!


2- Vos lectures :

Cheevers, Carver, Richard Yates, Michael Cunningham, Dashiell Hammett, Pat Conroy, John Irving et des tas d’autres… il me faut toujours un de ceux-là à portée de main… les deux premiers sont mes préférés… une faiblesse pour John Irving.

3- Votre façon d’écrire ?

Mmmm… pas très disciplinée… un peu selon mes humeurs! Je voudrais être comme tous ces écrivains qui se lèvent à l’aube et enchaînent 6 heures d’écriture non stop…ça m’épate! En revanche, je peux revenir 100 fois sur une phrase si elle ne me convient pas parfaitement.

4- Votre rapport aux lecteurs :

… voyons… quand j’écris, j’essaie de me mettre à leur place: suis-je bien claire? Pas trop longue? Ennuyeuse? J’en dis trop? Pas assez? Et quand je rencontre un de mes lecteurs, j’ai envie de lui sauter au coup tant je suis touchée!

5- Votre prochain livre?

 il se situe encore en Amérique! Trois amis d’enfance, l’ambition chevillée au corps, luttent, à leurs façons, pour réussir leur vie.

American clichés, de Sophie Simon : une révélation !

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American clichés, Sophie Simon

Éditions Jean-Claude Lattès. Avril 2011

 

     Le titre à lui-seul nous invite au voyage. Et quels voyages ! A travers onze nouvelles, Sophie Simon nous dépeint des scènes de vie d’une force et d’un réalisme sidérants. Dès les premières lignes, le lecteur est transporté en Amérique, pays de tous les possibles, de tous les rêves, de toutes les illusions, de toutes les extravagances aussi.

     Impossible de rester sur le seuil de ces histoires. Il suffit à l’auteur de quelques mots pour créer un degré d’intimité extraordinaire entre le lecteur et les personnages, pour lui faire visualiser les lieux, pour le propulser au coeur de ces vies. Des vies très différentes les unes des autres. De Peter fils d’agriculteur qui rêve des planches d’Hollywood, à Howard « Dieu du contre-ut » dont le chant ne séduit que son chien et exaspère sa femme, en passant par Sam et Carry ce couple à priori improbable, ou encore au coupable secret de Ed Bookman, chaque personnage est à un virage de son existence. A ce moment précis où tout peut basculer.

     Si les situations dépeintes diffèrent, tous ont en commun une insatisfaction par rapport à leur vie présente et ce désir prégnant de la faire évoluer, de s’arc-bouter à leurs rêves. Y parviendront-ils ? Se drapent-ils d’illusions ? Impossible de le savoir avant la dernière ligne, tant l’auteur excelle dans l’art de la chute.

    Avec ce premier recueil de nouvelles, tendre, émouvant, attachant, Sophie Simon fait une entrée aussi bien remarquée que remarquable dans le monde littéraire. Une plume trempée à l’encre d’un indéniable talent.

    Une révélation.

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 17€

Nombre de pages :220