L’atelier des souvenirs, Anne Idoux-Thivet

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L’atelier des souvenirs, Anne Idoux-Thivet

Editions Michel Lafon

Un premier roman feel-good, d’une infinie tendresse. Et si l’écriture pouvait tisser des liens entre les générations ?

Faute de trouver un poste d’enseignant-chercheur en sociologie, Alice déprime. Chômeuse surdiplômée, poussée par ses parents à prendre son envol du nid, elle dresse un état des lieux. Puisque son autre passion en dehors de la sociologie est de s’occuper des « petits-vieux », au sens noble, respectueux et affectueux du terme, pourquoi ne pas proposer ses services aux maisons de retraite environnantes ? Elle pourrait tenter sa chance dans un champ qui se situerait à la confluence de la culture et de la transmission, en proposant des ateliers d’écriture aux personnes du 3ème voire du 4ème âge ? Aussitôt imaginé, aussitôt concrétisé.

Très vite, des liens se tissent entre les écrivains en herbe des maisons de retraite et Alice. Ces derniers se réjouissent de ces rendez-vous hebdomadaires, de la présence de cette jeune femme chaleureuse dont ils perçoivent l’immense solitude derrière le sourire de façade. De son côté, Alice est sidérée par le pouvoir de l’écriture, laquelle déverrouille les portes de la mémoire, révèle des personnes attachantes aux parcours émouvants. Mieux, l’écriture permet aux générations de se retrouver grâce au partage d’expériences vécues, d’histoires couchées sur du papier, lors des rencontres qu’elle initie entre les enfants de l’école voisine et les résidents des maisons de retraite.

Quand Alice se prête elle aussi à l’exercice, sollicitée par les résidents, curieux de voir ce dont sa plume va accoucher, elle confirme ce qu’ils ressentent : cette immense solitude affective. Il n’en faudra pas plus à notre bande de retraités, désireux de mettre à leur tour du bonheur dans la vie de leur bienfaitrice, pour comploter en cachette : et s’ils aidaient Alice à retrouver l’amour? Leur plan est alors baptisé l’Alice project, plan que notre club des six est bien déterminé à mener à terme. Y parviendront-ils?

Ce roman feel-good est empli de tendresse, réchauffe comme un bon feu de cheminée au cœur de l’hiver. Les personnages, tous très différents et aussi attachants les uns que les autres, nous emmènent sur le chemin de leurs mots, émouvants toujours, drôles parfois, sincères assurément.

Une lecture douce et réconfortante comme un bon édredon moelleux.

Coeur croisé, Pilar Pujadas (Mercure de France) : gros coup de coeur!

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Cœur croisé, Pilar Pujadas

Mercure de France, juin 2016

133 P. ; 13€

Cinq histoires qui se croisent et s’éclairent mutuellement, distillant le mystère, les énigmes, les surprises. Un roman brillamment rédigé. Gros coup de cœur !

Elles sont cinq femmes à avoir une raison – plus ou moins bonne, plus ou moins avouable, de se succéder dans l’appartement de Laurent. La femme de ménage, sa voisine, sa mère, son ex, sa nouvelle compagne. Toutes aperçoivent en passant dans la chambre un soutien gorge de dentelle rouge, négligemment abandonné. Banale lingerie en apparence. En apparence seulement. Car cette dentelle couleur passion n’est pas juste un artifice de beauté ; elle renvoie, chez chacune à sa manière, à un point marquant de leur histoire et de leur identité.

Et d’agir comme un détonateur. Et de faire voler en éclats leur sérénité de façade, projetées dans leur passé, au moment précis où un certain soutien gorge les a marquées au fer rouge, a croisé leur vie et leur cœur.

Humiliations, complexes, culpabilité, sont autant de douleurs qui ne demandent parfois qu’une phrase, qu’un regard, qu’une rencontre, qu’une vision, pour se réveiller. Avec force. Et c’est ce que va opérer ce soutien-gorge. Avec une construction parfaitement maîtrisée, un style remarquablement fluide, Pilar Pujadas nous plonge dans l’histoire de ces femmes, très attachantes, si touchantes, créant d’emblée une très grande intimité entre le lecteur et les héroïnes. On admire la sensible et délicate dentelle de ses mots, sa plume qui épouse sur mesure le corps des émotions, laissant deviner le cœur des femmes.

Un très gros coup de cœur, croisé avec vous !

 

Nos saisons, Caroline Pellissier et Virginie Aladjidi (Nathan)

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Nos saisons, Caroline Pellissier et Virginie Aladjidi

Illustrations de Emmanuelle Tchoukriel

Editions Nathan, janvier 2016

Dès 4 ans

 

Assis sur un banc au coeur d’une nature bourgeonnante, les grands-parents égrènent leurs souvenirs, au fil des saisons. Le tourbillon des feuilles d’automne, les batailles de boules de neige, les couronnes de fleurs printanières, la construction de cabanes ou de bateaux, mais aussi de barrages sur l’eau, autant de tendres images qui n’ont pas pris une ride. Car ce sont ces mêmes émerveillements, ces mêmes jeux, ces mêmes somptueux décors que connaissent leurs petits-enfants aujourd’hui.

Ou quand les souvenirs croisés, sensibles et poétiques des grands-parents, ressemblent aux aventures, minuscules et extraordinaires, de chaque enfant d’hier et d’aujourd’hui.

32 pages – 10€

 

Citation du jour

« Se retourner sur sa vie c’est prendre le risque de voir les traces du passé dans le sable de nos souvenirs.

Vivre; vivre vraiment, regarder loin devant, avancer pas à pas, et laisser le temps, le vent, effacer les empreintes derrière soi. »

Agnès Ledig- On regrettera plus tard (Albin Michel 2016)

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