Coup de coeur pour Yoga Girl, de Rachel Brathen (JC Lattès)!

 

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Yoga girl, Rachel Brathen

Editios JC Lattès, mars 2016

170 P. ; 17,50€.

Des photos à couper le souffle, des séquences de yoga pour tous les niveaux et des recettes simples pour une vie saine, sereine et harmonieuse. Un coup de cœur !

Les bienfaits du yoga, terme qui signifie « joindre, relier, harmoniser », ne sont plus à démontrer. Cette pratique vieille de 5000 ans, née en Inde, est parfaitement adaptée à notre culture et fait de plus en plus d’adeptes. Plus de 3 millions de personnes s’y sont mises en France. Symbole de paix intérieure, de sérénité, le yoga est fondé sur un système qui permet de lier le corps, le mental et l’esprit.

Rachel Brathen en a fait sa discipline de vie. Cette jeune suédoise de 27 ans déplace des milliers d’adeptes lors de ses retraites et séminaires aux 4 coins du monde. Une pratique quotidienne qui lui permet de conserver une bonne santé physique, émotionnelle et spirituelle. C’est cette pratique, orchestrée autour des « asanas » – des exercices respiratoires, de la relaxation et de la méditation, qu’elle se propose de partager avec vous dans ce merveilleux livre.

Sous la forme de photographies très bien explicitées, plusieurs séquences de yoga sont présentées, selon le niveau de chacun, de débutant à confirmé. Mais pas seulement. Au delà des postures, des recettes culinaires très vitaminées, Rachel Brathen nous livre son chemin personnel, de sa difficile adolescence dans sa Suède natale à la vie de rêve qu’elle s’est construite dans les Caraïbes grâce au yoga et à la méditation.

Alors à vous de jouer, pour accueillir chaque moment de la vie avec un regard neuf, ancré dans le présent. Car il n’est jamais trop tard pour prendre soin de soi. Car il n’est jamais trop tard pour devenir celui que l’on est au fond de soi.

Un livre très accessible, avec des clichés à faire rêver, un parcours de vie très touchant et un discours très positif. Coup de cœur !

 

 

Le cœur du Pélican, de Cécile Coulon (éditions Viviane Hamy) : un talent sidérant!

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Le cœur du Pélican, de Cécile Coulon
Éditions Viviane Hamy, janvier 2015

Une écriture survoltée taille et grave comme une pierre dure, la violence, la souffrance et la rage qui hantent le personnage du Cœur du pélican.
Pas simple pour Anthime et sa sœur Héléna de s’intégrer quand ils emménagent dans une nouvelle bourgade. Sauf à susciter l’admiration et à se démarquer des autres. C’est le cas d’Anthime, dix ans, qui lors du jeu de la quille, se révélera être un coureur hors normes. Un don remarquable et remarqué qui lui vaudra de devenir le protégé de Brice, un entraineur bien déterminé à le porter sur les plus hautes marches de la reconnaissance, à en faire rien moins qu’un champion olympique avant ses 20 ans. Dès lors, aussi vite que les foulées qu’il enchaîne, Anthime devient une star, « Le Pélican », adulé de tous, sous le regard protecteur de sa sœur.
Mais le talent est fragile, il « se construit telle une maison perpétuellement démolie par le vent. » Anthime va l’apprendre à ses dépens, quand son corps surentraîné déclarera forfait en plein milieu d’une importante course. L’échec est alors double : non seulement le garçon ne courait que pour gagner, mais il y avait à la clef la conquête du cœur de Béatrice.
Un échec qu’il ne se pardonne pas. Et de se punir en se coupant de tout ce qui le faisait vibrer, enfermé dans une vie maussade, sans amour, sans passion, sans Graal à conquérir, sans corps à entretenir. Un lent naufrage. Quel but poursuivait-il réellement avec ces courses ? Aux attentes de qui répondait-il ? Qu’en était-il de sa véritable envie, au fond ? A l’instar du pélican, ne s’est-il pas arraché le cœur pour le donner en pâture aux autres ?
Jusqu’au jour où, 20 ans plus tard, les remarques blessantes de ceux qui autrefois le vénéraient, vont provoquer en lui un électrochoc : il peut revenir. Il doit revenir. Quitte à tout remettre en question pour réaliser son rêve. « La vie, ça n’arrive pas qu’aux autres. »

Une réussite ! Cécile Coulon est un véritable OVNI littéraire. Un style qui n’appartient qu’à elle, des formules totalement inédites, une puissance évocatrice rare qui vous transporte au cœur de la course. Une véritable signature. On emboîte le pas à Anthime, on avale les pages comme il avale les kilomètres, le cœur battant, la tension à son comble, impatients de franchir la ligne finale. Ligne d’arrivée qui, une fois passée en apnée, laisse le lecteur abasourdi par tant de talent.
Un roman incontournable !
P. 93 : Peut-être que les gens vous aiment mieux quand ils ne vous connaissent pas. Quand ils peuvent vous modeler à leurs désirs.
P. 146 : Nous avons trois familles. Celle que l’on rêve d’avoir, celle que l’on croit avoir et celle que l’on a vraiment.

Le Karinotron avec… Gilles Bornais!

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Journaliste sportif, rédacteur en chef au Parisien, puis directeur de la rédaction chez France-Soir, Gilles Bornais est un aussi un nageur accompli. Plusieurs fois champion de France, entraineur de natation pendant plus de quinze ans, il nage dans les bassins avec autant d’aisance que sa plume dans l’encre des mots.

     Déjà auteur de huit romans à succès dont Le Diable de Glasgow ( prix Griffe noire du meilleur roman policier français, 2001), Le bûcher de Saint-Enoch, Le mystère Millow, Les nuits rouges de Nerwood, Le trésor de Graham, Franconville bâtiment B, Le serin de Monsieur Crapelet et Ali casse les prix, en cette année 2012 il nous offre une plongée dans l’univers de la natation de compétition, avec 8 minutes de ma vie.

  Et Gilles Bornais a gentiment accepté de faire quelques longueurs en notre compagnie, piquant une tête dans le bassin koryféen. Voici donc son Karinotron !

1- Votre livre de chevet :

« Voyage au bout de la nuit ».
2- Vos lectures :

Des livres « écrits » , pas mal de classiques, quelques romans policiers.

3- Votre façon d’écrire :

Chaque jour un peu, beaucoup dès que je peux, quitte à m’enfermer dans des monastères. J’écris aussi souvent dans un café à Montparnasse. Je peux écrire vite mais je mets beaucoup de temps à relire.

4- Votre rapport aux lecteurs :

Je les écoute tous avec grand intérêt (sauf ceux qui me disent qu’il n’y que l’histoire qui compte)
5- Votre prochain livre :

J’ai achevé deux manuscrits et j’ai commencé un roman. ll raconte l’histoire d’un homme qui part à la recherche de sa femme qui a disparu.

Et pour découvrir l’univers de l’auteur plus avant, n’hésitez pas à aller visiter son site !

Site de l’auteur : http://www.gillesbornais.com/index.php

8 minutes de ma vie, Gilles Bornais : Chlore. Et clore…

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8 minutes de ma vie, Gilles Bornais

Éditions Jean-Claude Lattès, mai 2012

 

Rêve de chlore ou…de clore?

 

     Dans quelques minutes, Alizée va s’élancer pour tenter de remporter la finale du 800 mètres nage libre aux Jeux olympiques. Une place enviée. Place enviable? Moins sûr. Car dans les bassins d’entrainement, loin de l’ébullition des médias, des déclarations énamourées des fans, des sponsors qui louvoient, se cache une réalité autre. Une réalité que l’auteur, ancien reporter sportif, puis nageur de compétition et entraîneur, connaît bien.

     Pas de place au repos, au moindre relâchement. Entraineur, club, sponsors, médias, fans, amis, famille, tout le monde compte sur la nageuse. Derrière sa confiance affichée, Alizée tremble. Ne pas décevoir, être à la hauteur de son image de championne, gagner, gagner, gagner. Et donc s’entrainer, s’entrainer, s’entrainer. Toujours plus vite. En dépit d’inhumaines souffrances. En dépit de l’épuisement.

     Dans la chambre d’appel, la nageuse s’interroge. Que fait-elle là? Rêve de chlore ou de clore? Désire t-elle vraiment cette médaille ou n’est-elle que le pantin du désir des autres, un robot programmé pour avaler les longueurs sans broncher? Ses rêves de conquête, l’ivresse des chronos, le plaisir de nager semblent avoir bu la tasse, voire s’être noyés dans les flots des entrainements sans fin, des efforts à l’extrême à fournir au quotidien, des sacrifices, de la souffrance et de la solitude.

     Dans huit minutes elle sera fixée sur son sort. Dans huit minutes, elle saura si l’angoisse qui l’étreint aura fait place au soulagement.

     Au cours de ces huit minutes, elle va jouer sa vie.

     Un enjeu terrifiant. P.52 : «  L’or sinon la mort, on en revient toujours là. »

     Si le sort d’Alizée se joue en huit minutes, il suffit de huit millièmes de secondes au lecteur pour plonger tête la première dans l’encre des mots de Gilles Bornais. Un univers impitoyable, des mythes qui sombrent, des rêves qui coulent, on nage dans la réalité violente du monde olympique. Si la nageuse aligne les longueurs, le roman de Gilles Bornais n’en souffre aucune. Très belle performance de l’auteur dans cette course de 203 pages qui se lit en apnée.