Citation du jour

Dieu était bâti à l’image des adultes qu’il avait créés, il promettait beaucoup et rien n’allait jamais plus loin. Je crois que, s’il avait eu l’idée de construire Adam et Eve dans des corps d’enfants, le monde serait moins cruel et déprimant, de Stéphane Bellat dans La chambre d’Hannah (MA éditions)

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Sélection de 25 romans pour vous évader tout l’été!

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Vous avez attendu l’été avec une impatience grandissante.  Le voilà enfin, avec les vacances dans son sillage. La valise est presque prête, il ne reste plus que les livres à intercaler entre la crème solaire et le maillot de bain. Vous hésitez? Alors ces sélections de romans parus en 2014 vous guideront peut-être dans vos choix!

Voici différentes destinations de lecture. Prêts? Attachez vos ceintures!

  • Si vous mettez le cap sur la tendresse, embarquez aux côtés de :

– Gilles Paris avec L’été des lucioles  (éditions Héloïse d’Ormesson) et Au pays des kangourous (Livre de poche)

– François d’Epenoux avec Le réveil du coeur (éditions Anne Carrière)

– Philippe Routier avec L’enfant du parc (éditions stock)

  • Cap sur le suspens avec :

– Dominique Dyens avec La femme éclaboussée (éditions Héloïse d’Ormesson)

– Pierre-Yves Tinguely avec L’axe du sang (éditions M.A.)

– René Manzor avec Celui dont le nom n’est plus (éditions Kéro)

  • Cap sur l’étranger :

– Les États-Unis avec Sophie Simon  :  Gary tout seul (éditions JC Lattès)

– La Birmanie avec Jan-Philipp Sendker : L’art d’écouter les battements de coeur (éditions JC Lattès)

– La Jamaïque avec Philippe Vidal : Les montagnes bleues (éditions Max Milo)

– L’Irlande et la Pennsylvanie avec Paul Lynch : Un ciel rouge le matin (Albin Michel)

  • Cap sur les témoignages avec :

– Martin Gray et Mélanie Loisel, Ma vie en partage (éditions de l’Aube)

– Michel Baldy La rue était mon lit (City éditions)

– Marianne Guillemin Dans la gueule du loup (éditions Max Milo)

  • Cap sur l’amour  avec :

– Eric-Emmanuel Schmitt, L’élixir d’amour (Albin Michel)

– Nathalie Rheims, Maladie d’amour (Léo scheer)

– Nicolas Barreau, Le sourire des femmes (Éditions Héloïse d’Ormesson)

– Xavier de Moulins, Que ton règne vienne (JC Lattès)

– Fariba Hachtroudi, Le colonel et l’appât 455 (Albin Michel)

– Akli Tadjer, Les thermes du Paradis (JC Lattès)

  • Cap sur l’humour avec :

– David Foenkinos, La tête de l’emploi (éditions J’ai lu)

  • Cap sur l’histoire avec :

– Stéphane Bellat, La chambre d’Hannah (M.A. éditions)

– Catherine Hermary-Vieille, La bête (Albin Michel)

  • Cap sur un premier roman avec :

– Céline Lapertot Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre (éditions Viviane Hamy)

  • Cap sur la littérature jeunesse avec :

– Marie-Christine Buffat, La malédiction de la chanson à l’envers  (éditions Snow Moon)

Quelle que soit la destination que vous aurez choisie, nous vous garantissons non pas le soleil, mais le talent des auteurs! Bonnes vacances et… belles lectures!

 

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La Kar’interview de Stéphane Bellat

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En ce mois de mars, Stéphane Bellat nous a offert un bouleversant roman chez M.A. éditions : La chambre d’Hannah. Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible ?

Rencontre avec l’auteur :

Karine Fléjo : Vous abordez cette période sombre de l’histoire, la seconde guerre mondiale, à travers un prisme très intéressant, celui du regard d’un enfant. Un enfant n’a pas de préjugés, cherche à comprendre, pose un regard neuf sur ce qui l’entoure. Il ose poser des questions, toutes les questions, là où bien souvent les adultes s’abstiennent ou ne s’interrogent même pas.

Stéphane Bellat : Oui, un enfant va se focaliser plus sur les sentiments et les sensations. Cela m’a rappelé un peu Saint Exupéry dans Le Petit Prince. Il dit en l’occurence : si pour décrire votre maison vous dites à un adulte qu’elle a les murs blancs avec des tuiles roses, des volets bleus et que tous les jours les oiseaux viennent s’y poser, un adulte ne comprendra pas. Si vous lui dites : j’ai une grande maison de 100 000 francs, il vous répondra : Ah, qu’elle est belle! L’enfant et l’adulte ne portent pas leur attention sur les mêmes choses…

KF : C’est là toute la différence en effet. Dans votre roman, l’action se déroule sur deux périodes. Aujourd’hui à Paris, dans le quartier de Belleville. Et cinquante ans plus tôt, au coeur de l’occupation, exactement sur les mêmes lieux. Vous êtes spécialiste de la seconde guerre mondiale et avez mené plusieurs conférences à ce sujet. Cela vous a t-il aidé pour aborder ce livre?

SB : Oui, j’ai été aidé pour écrire La chambre d’Hannah par les conférences dans lesquelles j’ai été amené à intervenir, conférences autant pour les adultes, voire à des professeurs d’histoire, qu’à des enfants. Et à cette occasion je me suis aperçu que les questions n’étaient pas du tout les mêmes, que celles des enfants, à la limite, étaient bien plus pertinentes. Et j’ai donc choisi de décrire la guerre à travers le prisme légèrement déformant des enfants.

KF : Cela donne un récit d’autant plus touchant. Des enfants, Pierre et Maxime, qui par ailleurs n’ont pas ces hésitations que nous pouvons avoir, nous adultes, et décident sans plus attendre de venir en aide à Hannah et sa famille, menacée de déportation. C’est une évidence pour eux qu’il faut faire quelque chose.

SB : Ce n’est pas compliqué : si Pierre n’arrive pas à sortir Hannah de là, elle va mourir, finira en camp de déportation et sera gazée. Si l’amitié d’Hannah était retirée à Pierre, il finirait par mettre fin à ses jours.

KF : oui, c’est finalement une relation d’amitié où chacun est le sauveur de l’autre. Pour Pierre l’ambiance à la maison est si délétère qu’il n’a plus goût à la vie. Pour Hannah, c’est la menace de déportation. C’est un sauvetage réciproque de deux enfants à un moment charnière de leur vie.

SB : L’un ne peut pas vivre sans l’autre, oui. Ou les deux s’en sortent ou aucun ne s’en sort. C’est ou tout ou rien. J’avais envie d’écrire une histoire forte entre des enfants…

Mission accomplie et ô combien brillamment! Ce récit vous bouleversera et longtemps resteront en vous Pierre, Maxime et Hannah… A lire absolument!

                                                                                 Propos recueillis le 14 mars 2014 

Retrouvez la chronique consacrée à ce roman coup de coeur en cliquant sur ce lien : https://leschroniquesdekoryfee.wordpress.com/2014/03/24/la-chambre-dhannah-de-stephane-bellat-m-a-editions-attention-coup-de-coeur/

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La chambre d’Hannah, de Stéphane Bellat (M.A. Editions) : attention, coup de coeur!

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La chambre d’Hannah, de Stéphane Bellat

Éditions M.A., mars 2014.

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, âgé de onze ans, est un petit garçon mal dans sa peau. Difficile de trouver sa place à la maison, théâtre des disputes quotidiennes de ses parents. Tout aussi compliqué de s’épanouir à l’école où ses oreilles décollées et ses cheveux roux lui valent mille et une railleries. Alors Pierre sombre dans une solitude et une tristesse insondables. S’il n’a pas le courage de mettre fin à ses jours, il n’a pour autant plus envie de vivre. Et c’est alors qu’il médite sur son sort que surgit Hannah. Hannah Klezmer, une fillette juive de son âge. D’emblée, elle s’attire sa sympathie, lui inspire confiance. Mais d’où vient-elle? Pourquoi l’a t-elle choisi, lui, Pierre Descarrières? Pourquoi emploie t-elle des mots venus d’un autre âge? Et surtout, quels sont ces dangers qui la menacent? Bien des questions que Pierre est décidé à élucider.

Au fil des jours, les liens d’une philosophale amitié se tissent entre les enfants. Chacun reconnaît en l’autre son âme-soeur, son essentiel. Mieux : chacun doit à l’autre d’être en vie…et d’espérer le rester. Une rencontre que Pierre ne souhaite pas partager avec les adultes : « Je ne voulais partager Hannah avec personne, c’était ma découverte. Et puis après tout c’est moi qu’elle avait choisi. ». Personne, enfin pas tout à fait. Car Maxime, son copain et complice de la première heure, est bien entendu dans la confidence. Et tous les deux d’entreprendre de sauver Hannah et sa famille.

Avec La chambre d’Hannah, Stéphane Bellat, spécialiste de la seconde guerre mondiale, nous invite à revisiter cette période sombre par le prisme du regard d’un enfant. Un regard neuf, sans préjugé, curieux, sensible. Le regard d’une âme pure. Mieux, l’auteur nous offre de concrétiser le rêve de nombre d’entre nous : pourvoir changer le passé et par là même, faire triompher le bien sur le mal. Où quand l’amitié entre enfants sauve de la barbarie des adultes…

Avec une émotion à fleur de plume, l’auteur nous entraine sur les pas de Hannah, au coeur de la folie meurtrière des hommes. Le rythme est soutenu, la tension extrême, la construction remarquable, les personnages indiciblement attachants. Impossible de poser le livre une fois la lecture commencée. Vous l’aurez compris, ce roman bouleversant, véritable ôde à la force de l’amitié, est un vrai coup de coeur!

P9 : Les enfants naissent parfaits. C’est lorsqu’ils grandissent que le monde des adultes leur transmet ses défauts.

P87 : Dieu était bâti à l’image des adultes qu’il avait créés, il promettait beaucoup et rien n’allait jamais plus loin. Je crois que, s’il avait eu l’idée de construire Adam et Eve dans des corps d’enfants, le monde serait moins cruel et déprimant.

P113 : On est mort le jour où on cesse de croire en soi.

La chambre d’Hannah, de Stéphane Bellat (M.A. Editions)

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La chambre d’Hannah, de Stéphane Bellat

M.A. Éditions, mars 2014

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d’un frère ou d’une soeur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l’espace confiné de son appartement, mise à l’écart parce qu’elle est juive. Leurs routes n’auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c’est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes.

Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible?