Ce que tu as fait de moi, Karine Giebel : magistral !

Ce que tu as fait de moi, Karine Giebel

©Karine Fléjo photographie

La passion, envoûtante, obsédante, magique et maléfique, sous la plume de la talentueuse Karine Giebel. Une intrigue ensorcelante, magistralement menée, qui ne laisse AUCUN répit. A lire ABSOLUMENT !

La passion pure : de l’amour à la haine

En intégrant la brigade des Stups, Laetitia réalise un rêve. Depuis l’âge de 15 ans, elle a senti naître une vocation : elle sera flic ou rien d’autre. Seule ombre au tableau : elle a dû s’éloigner de son mari Amaury et de leur fille Lolla pour prendre ce poste. Elle ne les rejoint plus que le week-end. Mais une ombre bien plus menaçante se profile. En effet, lorsque Richard Ménainville, patron des Stups, l’accueille, en lui c’est un tsunami. Un coup de foudre.

Le point de rupture.

Cet homme respectable et respecté, marié et père de famille, se croyait jusqu’ici à l’abri de la corrosion de la passion, sûr de ses sentiments pour sa femme, droit dans ses bottes.

Mais ce 22 août, quand le regard de Laetitia croise le sien, toutes ses certitudes se brisent sur l’écueil des sentiments. Cette femme l’attire, l’aimante, le consume. Comme un sortilège auquel il ne pourrait pas résister. Il s’efforce de chasser ses pensées, de revenir à la raison, mais plus il refoule sa passion, plus elle lui revient en force, comme un boomerang.  Et enfle, se nourrissant de sa frustration.

Laetitia devient son obsession. Jour et nuit.

Jusqu’au jour où Laetitia se plante lors de sa première mission sur le terrain et commet une faute professionnelle qui met en danger le reste de la brigade. Le Richard d’avant lui aurait donné volontiers un blâme ou n’aurait pas validé son stage. Le nouveau Richard voit-là l’occasion de la faire chanter et de donner corps à sa passion dévorante. Qu’elle y consente ou non.

Mais le maître-chanteur est-il encore maître de ses émotions ? Ou devient-il l’esclave d’une attirance folle qui le dépasse ?

Un thriller psychologique magistralement mené

Difficile de vous décrire mon admiration pour la plume de Karine Giebel, pour cette capacité extraordinaire à vous ensorceler par ses mots, son intrigue, ses personnages. Dès les premières pages, vous plongez tête la première dans l’histoire, tournez fébrilement les pages pour découvrir la suite. Hypnotisé. J’ai particulièrement aimé la finesse de son analyse psychologique : la passion, magique ou maléfique ? Rêve ou cauchemar ? Pas de traitement manichéen ici. Karine Giebel montre avec brio combien la confusion des sentiments règne et malmène les êtres, jusqu’à leur faire perdre tout repère, toute raison. Aimer et haïr sont les deux faces d’une même pièce de monnaie, des émotions paroxystiques, deux visages de la passion. Et cohabitent, dans un mélange d’attirance inextinguible et de répulsion tout aussi forte. Désir et mépris. Détestation et admiration. Entre les deux, leur cœur balance…

Un thriller psychologique admirable, d’une intensité inouïe. vraiment, Karine Giebel est une dealeuse formidable et son écriture, croyez-moi, est une drogue dure. Y goûter, c’est devenir accro !

Ne t’enfuis plus, Harlan Coben

Ne t'enfuis plus, Harlan Coben

©Karine Fléjo photographie

Drogue, emprise, secte, secrets de famille sont au programme du thriller haletant de Harlan Coben aux éditions Belfond. Et en filigrane, cette question : jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour sauver votre enfant ?

Drogue et dérive

Simon et sa femme vivent à Manhattan et sont les parents de trois enfants. Mais seuls deux d’entre eux vivent à la maison. L’aînée, Paige, a fugué. Quelque temps auparavant, elle a en effet fait la rencontre d’Aaron, une racaille, drogué jusqu’à la moelle et de onze ans son aîné. Une rencontre qui a fait basculer la vie de cette jeune femme rangée, promise à un brillant avenir. Depuis son départ, Simon n’a de cesse de la chercher. Jusqu’à ce jour où un voisin lui signale l’avoir vue mendier en jouant de la guitare à Central Park.

Et cette junkie aux traits creusés, aux vêtements et aux cheveux sales, au teint cireux, est en effet bien sa fille. Mais, alors qu’il tente de la ramener à la raison, Aaron surgit et s’interpose entre eux. S’ensuit une bagarre entre les deux hommes, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Simon se fait alors lyncher par les internautes, lesquels ignorent les dessous de l’altercation. Cependant, ce n’est là que le début des ennuis que Simon va devoir surmonter pour tenter de faire revenir Paige. Pour autant qu’il y parvienne…

En parallèle de cette famille, un jeune couple de tueurs à gage élimine les hommes d’une curieuse liste. Qu’ont ces individus en commun ? Pourquoi le commanditaire, qui est une secte, leur demande-t-il de les tuer ?

Quel rapport y-a-t-il entre ce gang et la famille de Simon ? Quel secret découvrira Simon, de la part de celle dont il croyait tout savoir, avec laquelle il pensait tout partager ? On méconnaît parfois les personnes les plus proches de soi…

Un thriller au suspens savamment entretenu

Pas de doute, Harlan Coben maîtrise parfaitement la technique du cliffhanger. Difficile de reposer le livre une fois la lecture commencée. Au fil des courts chapitres de son roman, l’auteur entretient savamment le suspens, laisse lecteur en attente de la suite, multiplie les rebondissements, les fausses pistes et nous réserve une chute vertigineuse.

Il démonte avec beaucoup de justesse le mécanisme de l’emprise dans le cadre sectaire, la perte de discernement des embrigadés et les dérives dangereuses qui peuvent en découler. Il introduit aussi une réflexion très intéressante sur les possibilités offertes désormais par la science de connaître ses origines grâce aux tests ADN. Une chance pour les enfants qui veulent connaître leurs géniteurs, mais une terreur pour les géniteurs qui souhaitaient effacer toute trace de descendance.

Secrets de famille, drogue, meurtres, secte, vous ne vous ennuierez pas un seul instant à la lecture de ce thriller de plus de 400 pages !

Informations pratiques

Ne t’enfuis plus, Harlan Coben – Editions Belfond, octobre 2019 – 413 pages – 21,90€.

 

Celle qui marche la nuit, Delphine Bertholon : une lecture en apnée!

Celle qui marche dans la nuit, Delphine Bertholon

Editions Albin Michel jeunesse, février 2019

Mise en garde : vous ne pourrez plus reposer le livre une fois commencé. Un thriller addictif, qui séduira les ados comme les adultes.

Quand Malo, 15 ans, apprend qu’il va devoir quitter Paris et ses copains, pour suivre son père, sa belle-mère et sa petite sœur Jeanne dans le sud, c’est tout sauf une bonne nouvelle. Aller s’enterrer au fin fond de la campagne pour un Parigot pure souche, cela promet un mortel ennui. Et quand ils arrivent dans cette vaste propriété des pins, sa première impression le conforte dans sa malchance : le lieu est sinistre, digne d’un roman de Stephen King. Et pompon sur la Garonne, il pleut.

Et il n’y a pas que cette baraque biscornue, au bout d’une allée cahoteuse et boueuse, qui rappelle l’atmosphère angoissante du maître de l’horreur. Voilà que Jeanne, 5 ans, se réveille désormais la nuit en poussant des hurlements, figée, le regard vide, avant d’éclater dans d’interminables sanglots. Et de se confier à Malo : la nuit, une amie étrange, prénommée Pauline, vient la voir.

Sauf qu’il n’existe pas de Pauline dans l’entourage actuel de Jeanne, pas plus qu’il n’y en a eu du temps où ils vivaient à Paris. Alors, qui est Pauline ? Une amie imaginaire ? Ou est-ce le déménagement qui a déboussolé Jeanne et lui fait dire n’importe quoi ? Et si Pauline existait vraiment ? Car Malo est lui aussi le témoin de phénomènes étranges…

Delphine Bertholon a l’art de prendre le lecteur par la main et de l’emmener dans son univers. Moi qui ne suis pas particulièrement attirée par les romans pour ados, ai été complètement happée par ce roman : car Delphine Bertholon réussit le tour de force de construire un roman intergénérationnel, qui épouse les codes des ados (langage, passions, préoccupations), mais parle aussi aux adultes. Le lecteur est pris en otage par l’intrigue, happé par la tension permanente. Il se laisse embarquer par les personnages de Malo et de Jeanne, si attachants, par la crédibilité des situations, la justesse du ton, l’atmosphère inquiétante à souhait. Et se lance dans une lecture en apnée de la première à la dernière page. Impossible de deviner la chute.

Celle qui marche la nuit va vous faire lire la nuit, tant vous serez impatients de connaître le dénouement !

Un gros coup de coeur.

Le poison de la vérité, Kathleen Barber

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Le poison de la vérité, Kathleen Barber

Editions Michel Lafon, mai 2018

Thriller

Plus dangereuse que le mensonge… la vérité ! Un thriller aux multiples rebondissements, qui vous prend en otage dès la première page.

Josie a trouvé auprès de Caleb la vie sereine, rassurante et aimante qu’elle recherchait. Elle aimerait parfois lui dire ce qu’elle fuit, ces lourds secrets qui sont siens, mais toujours elle recule. Avouer lui avoir dissimulé une partie de sa vie ne risque-t-il pas de mettre en péril la confiance qu’il place en elle ? Leur couple n’en sera-t-il pas fragilisé ? Alors elle se tait.

Mais le passé la rattrape quand Poppy Parnell, journaliste d’investigation, décide de remettre le nez dans une affaire criminelle qui ébranla la société de l’Illinois une douzaine d’années plus tôt : le meurtre de Chuck Buhrman, qui n’est autre que le père de Josie. Certes, un jeune homme de 17 ans, Warren Cave, voisin de Chuck, a été accusé et condamné. Certes, le témoignage visuel de la jumelle de Josie est accablant. Mais. Mais se pourrait-il que Warren soit condamné à tort, comme il le clame ? Se pourrait-il qu’il purge une peine à perpétuité par erreur ? Poppy Parnell veut examiner sans complaisance les maigres preuves qui ont peut-être fait condamner un innocent et, soit rétablir la vérité, soit dissiper les derniers doutes sur ce qui s’est réellement passé. Elle part alors à la rencontre des protagonistes, camera dans son sillage et publie au fur et à mesure de ses avancées des podcasts. Des podcasts croustillants, voyeuristes, qui attirent un public avide de sensations de plus en plus grand.

Pour son premier roman, Kathleen Barber nous offre un thriller rédigé de main de maître. De rebondissement en rebondissement, elle joue avec les nerfs du lecteur, l’emmène sur de fausses pistes, sans jamais relâcher la tension. Les situations et les personnages sont si bien campés, que le lecteur est catapulté aux côtés de Josie, revit avec elle le drame, les tensions et la peur de découvrir une vérité dérangeante. Une lecture en apnée jusqu’à la chute finale. Vertigineuse.

 

 

Accidents, Olivier Bordaçarre (Editions Phoebus)

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Accidents, Olivier Bordaçarre

Éditions Phoebus, octobre 2016

En suivant les conséquences de deux coups de foudre dans le milieu de l’art, Olivier Bordaçarre renouvelle la problématique du double et nous offre à la fois une savoureuse chronique familiale et un récit à suspense.

Sergi Velasquez est un artiste peintre peu confiant en lui, qui vivote de son art. Aussi, quand une galeriste du Marais propose de l’exposer, il a besoin des conseils et de la réassurance de son beau-frère et voisin, Paul. Alors qu’il évoque ce projet avec lui, il croise une jeune femme à la chevelure rousse flamboyante et aux formes parfaites. C’est une patiente de sa sœur, psychanalyste. C’est le coup de foudre. Il ne la connaît ps, ne lui a pas même parlé, et pourtant, c’est une évidence : cette femme l’électrise, il doit s’arranger pour recroiser sa route.

Sa sœur le met en garde. Cette femme est instable, hystérique et sera donc source de problèmes pour lui. Mais, aveuglé par les apparences, Sergi ne l’écoute pas. Et fonce.

Coup de foudre amoureux, mais aussi coup de foudre artistique, au même moment, pour une photographe dont Paul lui fait découvrir le travail dans une galerie voisine. Fasciné, Sergi désire en savoir plus sur l’auteur de ces clichés, une prénommée Roxane. Une femme qui vit à l’écart du monde depuis son accident dont elle est restée dévisagée.

Peu à peu, il apparaît que Sergi n’est pas le seul lien entre ces deux femmes. Olivier Bordaçarre tisse fil après fil la toile dans laquelle Sergi va tomber, distille avec soin des indices, maintenant une tension permanente tout au long du livre. Jusqu’à la chute finale.

Une lecture qui offre un bon moment de détente.

Six mois entre deux rives, Nicole Ligney

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Six mois entre deux rives, de Nicole Ligney

Editions de la Rémanence, janvier 2016

 

Six mois suffisent à tisser une histoire d’amour. Sauf que l’avenir comme l’amour ne se maîtrisent pas. En un instant tout peut parfois basculer…

Lili semble avoir trouvé son équilibre, tant personnel que professionnel. Un compagnon toujours par monts et par vaux qu’elle a plaisir à retrouver à chaque fois, un travail passionnant de journaliste dans un journal où règne une très bonne ambiance. Rien qui de près ou de loin ne l’amène à une éventuelle remise en cause.

Un bonheur tranquille que l’interview d’un écrivain à succès va pourtant mettre à mal. Face à l’auteur américain dont les livres s’arrachent partout dans le monde, Lili se sent foudroyée du regard. Mains moites, gorge sèche, elle peine à masquer son trouble. Un trouble d’autant plus grand que la personne qui suscite en elle ce tsunami émotionnel est…une femme. Et que le coup de foudre est réciproque.

Dès lors, son esprit ne trouve plus une seule minute de quiétude. Que faire ? Laisser l’émotionnel prendre le pas sur le rationnel ? Préférer l’insécurité avec Rubene, l’écrivain, au bonheur paisible avec Lucas ? Et comment être sûre que Rubene ne joue pas avec elle, profitant de son statut de célébrité ?

Dans Six mois entre deux rives, Nicole Ligney nous entraîne à un rythme trépidant dans le sillage de cette histoire d’amour en gestation, analyse avec beaucoup de finesse les hésitations et les choix des personnages, lesquels leur sont dictés par leur passé. Un passé qui a besoin d’être dépassé pour avancer. Entre la Seine et le Delaware, le lecteur voyage aux côtés des deux femmes, attachantes et secrètes, partage leurs doutes et leurs espoirs, jusqu’à la chute finale absolument vertigineuse. Un roman qui se lit en apnée.

A lire !

 

Agatha Christie, le chapitre disparu, de Brigitte Kernel : coup de coeur!

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Agatha Christie, le chapitre disparu, de Brigitte Kernel

Éditions Flammarion, 14 janvier 2016

266 p. ; 18€

L’idée de départ du nouveau roman de Brigitte Kernel est géniale : partir d’un fait réel de la vie de la célèbre romancière- sa disparition l’hiver 1926, et le traiter comme une fiction…dans le style scriptural de la célèbre reine du crime ! Un thriller psychologique captivant.

Personne ne sait ce qu’il est advenu d’Agatha Christie lorsqu’elle s’éclipsa du domicile conjugal pendant 11 jours, en décembre 1926. Celle qu’on surnommait la reine du crime, laissa chacun émettre sa propre hypothèse et faire de sa disparition un suspens digne de ses meilleurs romans. Les Hercule Poirot et Miss Marple en herbe invoquèrent qui un coup de publicité, qui un meurtre commis par son mari, qui un suicide, qui un kidnapping ou encore des problèmes de couple. Mais personne n’en fournit l’ombre d’une preuve. Alors ?

Alors Brigitte Kernel nous propose de se glisser avec talent dans la peau d’Agatha Christie, de se faire l’encre de sa voix et de nous livrer sa version des faits. De Londres à Sunningdale en passant par Silent Pool, Ashfield et Harrogate, l’auteur se faufile dans les empreintes de la disparue et nous fait revivre avec une extrême sensibilité, une justesse exquise et une tension implacable, les joies et tourments qui furent siens.

Un roman fascinant, un suspense haletant, qui prend le lecteur en otage dès les premières lignes et ne le relâche qu’à la toute dernière page. Une tranche de vie émouvante, aux parfums d’amour, de trahison et de vengeance. Un bel hommage à cette romancière décédée il y a tout juste 40 ans. Et un très gros coup de cœur de cette rentrée littéraire 2016 !