Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique de Bure : à dévorer!

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Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique de Bure

Editions Flammarion, février 2017

 

Un Clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d’une femme qui nous donne envie de vieillir.

 

Au crépuscule de sa vie, Jeanne consigne dans un journal son quotidien. « Pourquoi est-ce que j’écris tout ça, au soir de ma longue vie, déroulant le fil d’une existence banale ? Est-ce le besoin de ne pas m’éteindre complètement après que l’on m’aura fermé les yeux ? Ce n’est pas de mon âge de me pencher comme ça sur moi, d’écrire ma vieille tête et mon cœur usé. Ce sont les jeunes filles qui tiennent un journal. Pas les vieilles dames. (…) Ils vont bien se moquer ceux qui vont trouver ce cahier après ma mort. » Non, ils ne vont pas se moquer, ma chère Jeanne, ils vont prendre, comme moi, un plaisir infini à vous suivre aux quatre saisons de votre vie, voir leur cœur fondre devant vos émerveillements, rire de vos facéties, être emplis d’une grande tendresse envers vous. Car ce roman est aussi délicieux qu’un clafoutis, acidulé comme les tomates, moelleux au cœur, sans colorants ni autres artifices. Un délice de lecture pour les gourmands, ceux qui, comme vous, ont un grand appétit de la vie, la célèbrent dans ses joies les plus infimes comme une partie de bridge entre amis, la récolte de haricots du jardin, la contemplation d’un massif de fleurs épargné par la grêle.

Avec une justesse inouïe, Véronique de Bure a su se glisser dans la peau d’une nonagénaire et nous raconter son quotidien. Un quotidien dans lequel le temps ne s’écoule plus au même rythme, où les priorités changent, où la mémoire joue des tours. Mais pas un quotidien désenchanté, loin s’en faut. Avec beaucoup d’humour, l’auteur confronte son personnage aux nouvelles technologies (Internet, les SMS, la Box,…), lesquelles suscitent des commentaires désopilants et si justes de l’intéressée. Elle nous entraine sur le chemin de la vieillesse avec la liberté de ton qui caractérise cet âge. A une heure où les médias nous rebattent les oreilles sur les nouvelles techniques pour rester jeune, Véronique de Bure nous ferait presque désirer vieillir plus vite, pour ne plus nous attarder que sur l’essentiel et prendre le temps d’apprécier ce qu’on ne voit plus.

Un coup de cœur !

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Glissez François d’Epenoux dans votre poche!

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Les jours Areuh, François d’Epenoux

Editions Pocket, mai 2017

Récit.

Un livre qui, entre l’anecdotique et l’onirique, l’humour et la poésie, pose un regard sur le monde et le redoutable bonheur d’être père.

Difficile de parler d’un livre quand il s’agit d’un tel coup de cœur, tant on a le sentiment qu’on ne pourra rien écrire qui ne soit en deçà du livre lui-même. Ma chronique pourrait donc tenir en une seule injonction : « Lisez-le, relisez-le, offrez-le ! » Mais pour ceux qui sont encore devant leur écran – les autres ayant déjà enfilé leur manteau pour se ruer chez le libraire le plus proche, je vais étayer.

Les jours areuh, mi-récit, mi-fiction, s’inspire de la vie de François d’Epenoux, jeune papa quinqua. Tandis que les pleurs du nouveau-né retentissent au cœur de la nuit, pleurs qu’il apaise patiemment en lui donnant le biberon, il partage avec nous les réflexions qui jalonnent ces longues heures. A la lueur de l’abat-jour, il projette sur l’écran de ses pensées le film de la jeune vie d’Oscar, de l’annonce de la grossesse de sa femme à cet instant précieux au creux de ses bras, en passant par la naissance en catastrophe du petit, son difficile et courageux combat pour survivre, la réanimation, la néonatalogie, mais aussi sa victoire face à l’adversité et son accueil chaleureux dans la fratrie. Et tandis qu’il multiplie les arrêts sur image, il évoque avec une infinie tendresse et une émotion à fleur de plume, les questionnements qui sont siens. Etre à nouveau père, tardivement, c’est à la fois une joie indescriptible, un extraordinaire bain de Jouvence, des challenges permanents à relever pour se dépasser et faire face aux exigences hautes de l’éducation d’un enfant, ou encore le sentiment fort d’avoir fait un choix et d’en assumer toutes les responsabilités. Mais ce sont aussi des renoncements en termes de liberté (vie de noctambule, voyages lointains, fêtes, …), des craintes quant au monde qui l’attend et à ses capacités, avec les autres enfants de sa génération, à l’améliorer.

Un livre passionnant, bouleversant, magnifique. Une ode à l’amour merveilleuse, la plus belle, la plus pure qu’un père puisse interpréter par la voix de son encre à son enfant…