La menace, S.K. Tremayne (Presses de la cité)

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La menace, S.K Tremayne

Editions des Presses de la cité, mars 2017 

Dans les paysages grandioses et tourmentés d’une Cornouailles battue par les vents, un suspens glaçant qui capture le lecteur pour ne le délivrer qu’à la dernière page. 

Rachel n’est pas peu fière de partager son bonheur tout neuf avec ses amies. Elle vient en effet d’épouser un riche avocat, David Kerthen, et va partir s’installer dans sa vaste demeure familiale avec Jamie, le fils de ce dernier. Dans un décor naturel fascinant, sur la péninsule de Cornouailles, elle va prendre un nouveau départ. Loin de tout.

C’est du moins ce qu’elle projetait. Car à peine arrivée dans l’immense propriété entourée de mines d’étain et de cuivre à l’abandon, sur lesquelles autrefois la famille de son mari a bâti sa fortune, Rachel s’interroge. Jamie a en effet un comportement étrange et affirme avoir des rêves prémonitoires effrayants. Faut-il y voir un simple traumatisme lié au décès accidentel de sa maman dix-huit mois plus tôt ? Ou doit-elle prêter attention à la légende selon laquelle les Kerthen sont dotés d’un sixième sens ? Dans un premier temps, elle tait ses inquiétudes à son mari, désireuse de préserver leur familial naissant. Mais quand Jamie revient à la charge en lui annonçant cette fois qu’il a rêvé qu’elle mourrait à Noël, catégorique, Rachel craque. Et s’en ouvre à David. Cependant ce dernier ne lui réserve pas l’accueil et le soutien bienveillants espérés.

Naît en Rachel le sentiment que son mari ne lui dit pas tout. Que sait-elle vraiment de la mort de sa première femme ? Est-elle réellement accidentelle ? De son côté, David est convaincu que Rachel a une influence néfaste sur son fils, comme une forme de folie qui déteint sur lui. Et chacun d’investiguer de son côté.

Dans des décors magnifiques et sauvages – la Cornouailles est presque un personnage à part entière de ce page-turner –  l’auteur brouille les pistes avec talent, joue avec les nerfs des lecteurs. Et leur réserve une chute aussi vertigineuse qu’un saut du haut des falaises anglaises !

 

 

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Charles Draper, de Xavier de Moulins (JC Lattès)

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Charles Draper, Xavier de Moulins

Editions JC Lattès, février 2016

Xavier de Moulins explore le couple, la jalousie, ce mal moderne autour des moyens de communication. Un roman qui oscille entre drame intime et mal collectif. Une réussite.

Charles, chef d’entreprise, se partage entre son travail à Paris en semaine, sa femme et ses enfants en province le week-end. Un mode de vie éprouvant qu’il a adopté pour faire plaisir à celle qu’il aime depuis le lycée, sa femme Mathilde. Et d’échanger leur duplex rue de Vaugirard contre un corps de ferme à la campagne. Que ne ferait-il pas pour le bonheur de sa famille ?

Pourtant, ces derniers jours, Mathilde semble s’éloigner de lui. Son portable n’arbore plus la photo d’eux deux, ses yeux sont davantage accaparés par l’écran de son téléphone que par son mari. Des doutes qui peu à peu se muent en certitude. Puis en obsession. Térébrante. Sa femme ne le trouve plus attirant. Sa femme a forcément un amant.

Une jalousie dévorante le gagne. Telle une armée de termites, elle ronge les fondations de son couple. Prisonnier d’une mauvaise série, Charles se voit dans la peau de l’antihéros trahi par son conjoint et un tiers, et filme en plan serré les comportements de ses partenaires comme autant d’indices du crime dont il sera la victime.  Mais ne se trompe t-il pas de film ? Et qui sont les vrais acteurs ? Qui joue et qui se joue de qui ?

Avec son quatrième roman, Xavier de Moulins nous offre un thriller psychologique qui explore avec brio les arcanes de la jalousie. Mais pas seulement. A l’heure du numérique et du culte de l’ego, en excellent observateur de ses contemporains, l’auteur analyse très finement ce monde de faux-semblants qui est le nôtre. Les nouvelles technologies nous libèrent-elles vraiment ? Ou sommes-nous de nouveaux esclaves modernes, prisonniers du culte de l’image, de la jeunesse et de la réussite ? Un roman qui entraine les lecteurs en apnée dans un jeu d’apparences trompeuses dont Xavier de Moulins est le seul à détenir la clef. Jusqu’à la toute dernière page.

A lire !

P.94 : A trop s’y chercher, on meurt d’épuisement dans le regard des autres. La cataracte du coeur ne s’opère pas.

P.123 : Le portable est une arme vicieuse. Sa promesse d’autonomie est un esclavage, celui de l’individu en permanence relié à son ego, à sa peur de manquer.

 

L’illusion délirante d’être aimé, Florence Noiville : fascinant!

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L’illusion délirante d’être aimé, Florence Noiville

Editions Stock, août 2015

Rentrée littéraire

 

C’est un roman implacable, un thriller des sentiments : l’histoire d’une obsession et d’une dépossession. Un amour à perpétuité. Un amour qui ne peut que mal finir.

Journaliste très appréciée à la télévision, romancière, heureuse en couple, Laura Wilmote affiche un bonheur resplendissant, semble faire partie de ceux à qui tout réussi. Ce n’était pourtant pas gagné. En effet, hypersensible, tétanisée par le regard des autres, sauvage, il lui aura fallu un long travail sur elle-même pour s’affranchir du jugement d’autrui, pour oser s’affirmer, libre, en paix avec elle-même. Une victoire à laquelle son amie C., rencontrée en classe préparatoire, n’est pas étrangère. C’est en effet cette dernière qui l’a aidée à sortir de sa bulle. Vive, intelligente, solaire, cultivée, C. a su apprivoiser la timide Laura et l’aider à prendre confiance en elle.

Aussi, quand C. sollicite Laura quelques années plus tard, pour la faire entrer dans son entreprise, Laura accepte. Elle y voit l’occasion de rendre service à celle qui lui a tendu une main salvatrice autrefois. Mais C. n’entend pas juste s’emparer de sa main. C’est rien moins que son cœur et son esprit sur lesquels elle entend régner en véritable dictateur, jour et nuit. Car C. en est intimement convaincue : Laura est folle amoureuse d’elle, quand bien même elle le nie. C’est alors le début d’un terrible engrenage, d’une descente aux enfers.

Dans ce thriller psychologique d’une efficacité redoutable, à la tension permanente, Florence Noiville aborde un thème fascinant : l’érotomanie, aussi appelée syndrome de Clérambault. Un trouble délirant construit autour de la conviction que l’on est aimé par une personne en secret. La pression monte tout au long du roman, prend le lecteur à la gorge, tandis que l’érotomane, persuadée que Laura est éperdument amoureuse d’elle, élabore des scénarios où tous les faits et gestes de l’autre sont interprétés comme des preuves d’amour. Et alors qu’elle s’enferre dans son délire, que le piège se referme sur Laura, le lecteur s’interroge sur le déclencheur de cette histoire, sur son terme. Quel choix reste-t-il à Laura : se donner la mort ? La donner ? Fuir ? Et si elle tirait profit de cette situation folle en en faisant un roman ? Mais n’est-il pas illusoire de penser pouvoir s’approcher du feu sans se brûler ?

Un roman édifiant et passionnant !

La Kar ´Interview de Dominique Dyens

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Dominique Dyens est l’auteur de huit ouvrages dont La femme éclaboussée, C’est une maison bleue, Maud à jamais, Eloge de la cellulite et autres disgrâces, Délit de fuite, Intuitions, Par coeurs et Lundi noir. Une talentueuse romancière, véritable reine du thriller psychologique, qui dissèque magnifiquement l’âme humaine au scalpel de sa plume. Elle nous revient cette année avec La femme éclaboussée aux éditions Héloïse d’Ormesson.

 

Rencontre avec une femme délicieuse : 

Qui êtes vous Dominique Dyens?

Un écrivain ? En tout cas une femme, c’est ma seule certitude, qui imagine des drames bourgeois, des histoires de couples au bord de l’implosion, des héroïnes blessées par la vie, un peu folles parfois, manipulées souvent…Je suis une inventeuse d’histoires qui met en scène des femmes et des hommes qui s’aiment, se haïssent, se désirent ou ne se désirent plus….J’écris des portraits de vies mais toujours avec une intrigue et un suspens en arrière-fond…

Quel est le thème central de ce roman?

C’est l’histoire d’une héroïne tragique. Cette femme bourgeoise qui découvre tardivement le désir et le plaisir et dont la passion amoureuse est brisée d’un seul coup par la violence d’un homme et par la bien-pensance et l’hypocrisie d’une société conformiste …

Si vous deviez choisir une phrase de ce livre, laquelle mettriez vous en avant?

« Elle se souvient de la douceur de la langue et ses mamelons durcissent. Avant ils ne durcissaient que sous l’effet du froid. »

Si ce roman était une musique, laquelle serait-elle ?

Peut-être le deuxième mouvement de La jeune fille et la mort, de Schubert….

Si ce roman était un film, lequel serait-il?

Ce serait un film qui porterait le même titre. Qui aurait été réalisé par un metteur en scène que je n’ai pas encore rencontré…On a beaucoup comparé ce roman à un film de Claude Chabrol. J’aimais beaucoup ses films.

Avez-vous des rituels d’écrivain (lieu, horaires, musique d’ambiance, etc)?

Depuis cette année J’ai mon propre bureau. J’ai décoré cette pièce de façon très minimaliste. Rien au mur. Parquet noir. Une bibliothèque avec uniquement mes dossiers de travail. J’écris sur un vieux portable et je me dis régulièrement qu’il faudrait que j’ai un grand écran et un ordinateur plus récent…J’écris tous les matins en buvant du café le plus américain possible. Maintenant j’écris aussi l’après-midi.
Je n’écoute jamais de musique quand j’écris. Sauf lorsque j’ai écrit « C’est une maison bleue »…

Comment vous vient l’inspiration ?
Souvent en voiture, en train. Mais cela peut prendre des années avant que j’en fasse un roman….J’ai plein d’histoires comme ça dans mon « tiroir », dans mes carnets…Encore faut-il être sûre que ce soit une bonne histoire…

Qu’aimeriez vous partager avec vos lecteurs en premier lieu?

Leur plaisir. Quand mes lecteurs me disent qu’ils ont lu d’une traite un de mes romans, quand je sens que quelque chose a fait écho en eux, les a touchés, je suis heureuse et cela me donne du courage pour continuer. Car l’écriture d’un roman est pour moi comme la traversée d’un désert. Apre et dont on ne sait jamais quand on en verra le bout ….

 

Site de l’auteur : dominiquedyens.com

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Retrouvez ici la chronique que j’ai consacrée au nouveau roman coup de coeur de Dominique Dyens, La femme éclaboussée, aux éditions Héloïse d’Ormessonhttps://leschroniquesdekoryfee.wordpress.com/2014/05/07/coup-de-coeur-pour-la-femme-eclaboussee-de-dominique-dyens-editions-heloise-dormesson/

Coup de coeur pour La femme éclaboussée, de Dominique Dyens (éditions Héloïse d’Ormesson)!

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La femme éclaboussée, de Dominique Dyens.
Éditions Héloïse d’Ormesson, collection Suspense au féminin, mai 2014.

 

Ce polar aux accents érotiques confirme le talent de Dominique Dyens pour jouer avec nos nerfs. Le montage diabolique de cette reine du suspens nous entraine sur un territoire délicieusement vénéneux, en droite ligne des films de Claude Chabrol.

Madame a 45 ans. D’une beauté rare et distinguée. Pour autant, elle n’a pas conscience du magnétisme qu’elle exerce sur les hommes. Elle prend soin d’elle certes, mais juste par habitude, parce qu’une femme de son rang se doit d’être parfaitement habillée, coiffée, manucurée. Elle glisse sur la vie contrairement aux regards qui s’attardent sur elle. Elle glisse sans bruit, sans remous. Sans véritable envie. Seulement guidée par le souci de bien faire, de ne pas déplaire, de préserver le paraître quand l’être fait défaut. Elle glisse sur la vie comme un funambule sur son fil. En fragile équilibre…

Originaire de province, issue d’un milieu modeste, elle a épousé il y a plus de vingt ans un homme de la haute bourgeoisie parisienne, avec lequel elle a eu deux enfants. Une famille parfaitement unie en apparence, mais en apparence seulement. Car à y regarder de plus près, Madame et Monsieur font chambre à part depuis longtemps. Ils cohabitent plus qu’ils ne vivent ensemble. Monsieur a d’ailleurs une maitresse. Mais personne ne le sait ou plus exactement personne ne feint le savoir. Dans la famille Salernes, on ne voit rien, on n’entend rien, on ne dit rien. Dans la famille Salernes, on vit mécaniquement, sans se poser de questions ni surtout en poser. Ainsi leur fille Virginie reste prisonnière d’un traumatisme dont l’origine reste taboue. Le fils Franck, quant à lui, entretient des rapports difficiles avec son père et vit en secret son homosexualité. Reste la belle-mère acariâtre qui n’a jamais accepté les origines sociales modestes de sa bru. Mais chacun compose.

Jusqu’au jour où la funambuliste tombe dans les filets amoureux d’un autre homme. Catherine Salernes rencontre en effet la passion en la personne d’un jeune et séduisant professeur trentenaire, lequel devient son amant. C’est alors pour Catherine l’éveil à la sensualité, l’explosion des sens. Une renaissance. Une naissance en tant que femme. Si les siens comme à l’accoutumée ferment les yeux, il y en a un, son banquier, que cet amour terrasse. Depuis des années, elle incarne à ses yeux l’idéal féminin. Un idéal inaccessible. Aussi, qu’un autre que lui ait pu s’attirer ses faveurs suscite en lui une haine incommensurable. Après l’avoir vénérée en silence, il est bien décidé à la faire chanter… Jusqu’où un homme blessé peut-il aller?

Avec La femme éclaboussée, Dominique Dyens nous entraine en apnée dans une intrigue sur fond de secret adultérin. Quand un grain de sable s’immisce dans les rouages soigneusement huilés de cette famille bien sous tous rapports, c’est une véritable tempête de sable qui vient tout balayer sur son passage, fragilise l’équilibre de chacun, déterre les non-dits. Tour à tour les masques se fendillent, tombent, jusqu’à la chute finale. Une chute vertigineuse comme cette auteure en a seule le secret et le talent.

A lire absolument!

10294497_811743398853579_2516826961197508489_nDessin que m’a librement inspiré la lecture du roman de Dominique Dyens. Karine Fléjo

Lundi noir, de Dominique Dyens, aux éditions Héloïse d’ormesson: Puissance, impuissance, décadence. Et renaissance.

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Lundi noir, de Dominique Dyens

Éditions Héloïse d’Ormesson, mai 2013

Puissance, impuissance, décadence. Et renaissance.

A 55 ans, Paul Deshoulières est un homme d’affaires redoutable et redouté, qui allie réussite personnelle, professionnelle et familiale. Un homme à qui tout sourit. Du moins en apparence. Car à y regarder de plus près, les sourires sont grinçants. Une opération lourde qui l’a laissé impuissant – sa « première mort »-, une femme « barbiebotoxée » au coeur transformé en compte en banque qui collectionne les amants comme de délicieux desserts, une peur viscérale de la perdre malgré les incessantes humiliations qu’elle lui inflige, la famille parfaite vivant un amour parfait dans un cadre parfait est parfaitement imparfaite.

Abandonnique, convaincu qu’aucune autre femme qu’Alice n’acceptera de partager sa vie avec un homme atteint dans sa virilité, il s’accroche désespérément à elle. Et de remplir le coffre-fort de son coeur d’argent pour acheter sa présence à ses côtés, quitte à remettre en cause l’intégrité et la respectabilité qui le caractérisent. Quitte à aller de plus en plus loin pour satisfaire son caractère vénal. Trop loin. Et c’est le délit d’initié.

Licenciement, endettement, assignation en justice, AMF (Autorité des Marchés Financiers) aux trousses, c’est la descente aux enfers pour Paul. A trop vouloir garder sa femme, il a tout perdu. Et s’est perdu lui-même. C’est alors qu’un chèque providentiel de six millions d’euros lui parvient. Loin d’être soulagé, notre financier panique. Qui est l’auteur de ce chèque? Cherche t-on à l’aider ou à le piéger? Et pourquoi? Vite fuir. Direction New-York.

C’est à présent l’heure des bilans : les femmes de sa vie ne l’ont aimé que pour ce qu’il avait, non pour ce qu’il était. Toutes. Toutes sauf, la toute première, la douce Madeleine. Qu’est-elle devenue ses 40 dernières années? « Il me semblait qu’en savoir plus sur la vie de Madeleine me permettrait de comprendre ce que j’avais raté dans la mienne. » Une quête de sens commence. Prélude à une renaissance?

Avec Lundi noir, Dominique Dyens excelle une fois encore à entrainer le lecteur dans le tourbillon vertigineux de ses intrigues. Mensonge, adultère, puissance, mais aussi et surtout rédemption, sont les ingrédients délicieux de ce suspens psychologique hitchcockien. Un roman à dévorer de toute urgence!!! A moins que ce ne soit lui qui ne vous dévore…

P.111. : (La première femme) : Celle qu’on n’oublie pas et qui ne vieillit pas. Celle pour qui on éprouve une indulgence et une reconnaissance presque aussi grandes que pour une mère, car cette femme-là aussi fait naître en vous l’adulte que vous serez.

Informations pratiques :

Date parution : Mardi 7 mai 2013 donc…demain en librairie!!! Ruez-vous dessus!!!

ISBN : 978 2 350 872254

Prix éditeur : 17€

Nombre de pages : 206

Intuitions, de Dominique Dyens : la vue du coeur

 

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Intuitions, Dominique Dyens

Editions Héloïse d’ormesson, 31 mars 2011

 

    La vue du coeur

 

Une très belle résidence dans une banlieue chic, des professions respectables d’avocat pour Patrice et de directrice d’agence immobilière pour Nathalie, deux enfants magnifiques- Amélie et Grégoire, les Royer, « Petits bourgeois. Cathos. De droite. »comme se plaît à les railler leur fille,offrent l’image de la réussite tant personnelle que professionnelle. Une famille sans aspérité. Du moins en surface…

Car sous la chape tenace des apparences, le malaise couve. Lui a pris une maîtresse, tandis qu’elle fantasme sur un amant. Mais divorcer, voilà qui ne se fait pas dans leur milieu. On n’affronte pas les problèmes, on les détourne. Ou on les nie… comme le mystère qui entoure cette chambre, demeurée close depuis dix-neuf ans à l’étage.

Un équilibre par conséquent factice et précaire, que le SMS inattendu de leur fils Grégoire va briser. Il leur annonce en effet son mariage imminent avec Gala. « J’ai rencontré la femme de ma vie. Arrivons ce samedi pour organiser le mariage. Prévoir un déjeuner le jour même à la maison. Hâte de vous voir et de vous la présenter. » Au soulagement premier des Royer, qui constatent qu’elle est issue du même milieu voire d’une famille encore plus fortunée qu’eux, cède l’inquiétude.

Pire. Pour des raisons qu’elle ne s’explique pas, guidée par sa seule intuition, Nathalie sent un danger. Gala, avec son regard vide, fixe, lui inspire une peur panique. Elle sait, elle sent, que la jeune femme cache quelque chose. Elle sait, elle sent, qu’elle représente une terrible menace pour son fils. Reste à mettre des mots sur cette impression. Reste à en trouver les fondements. Seule contre tous, dût-elle passer pour folle, être traitée de paranoïaque, elle décide d’enquêter sur Gala. Car si « L’intuition est une vue du cœur dans les ténèbres »comme l’écrit André Suarès, alors Nathalie entend bien faire la lumière sur le mystère qui entoure sa future belle-fille. Une obsession de chaque instant. Celle d’une mère qui veut protéger son fils.

Mais ce grain de sable dans une vie routinière bien huilée va faire grincer bien d’autres rouages, exhumer des secrets qui vont faire voler en éclat la vie de cette famille au bord de l’implosion. Les illusions, les apparences, l’hypocrisie ne résisteront pas à son implacable détermination.

 

Dans Intuitions, Dominique Dyens nous emporte à un rythme effréné dans un thriller psychologique mené de haute plume. Une satire sociale brillante et juste qui tient le lecteur en apnée de la première à la toute dernière page. M-A-G-I-S-T-R-A-L.

Fiez-vous les yeux fermés aux Intuitions de l’auteur !

Informations pratiques :

Prix éditeur :17€

Nombre de pages : 187

ISBN : 978-2-35087-162-2

Bibliographie de l’auteur :

Aux éditions Héloïse d’ormesson :

– Délit de fuite, 2009

– Eloge de la cellulite et autres disgrâces, 2006

Aux éditions Denoël :

– Maud à jamais, 2003

– C’est une maison bleue, 2002

– La femme éclaboussée, 2000.