The cry, Helen Fitzgerald

the cry

Un thriller haletant sur la descente aux enfers d’un couple dont le bébé de 9 mois est découvert mort à leur descente d’avion. Accident ? Manipulation perverse ? Mort naturelle ? Un véritable page-turner.

Accident ou manipulation perverse ?

Pendant le vol à destination de Melbourne, Joanna s’est fait remarquer avec son bébé de neuf mois dont rien ne semblait calmer les pleurs. A ses côtés, son mari Alistair dormait tranquillement, non conscient de son désarroi et des regards outrés de nombre de voyageurs sur son épouse. Une mère visiblement épuisée, dépassée par les évènements se souviendront les passagers. Cela en fait-il une mère criminelle pour autant ?

Car à leur descente d’avion, les parents réalisent soudain que le petit ne fait plus de bruit. Et pour cause, il est décédé dans son porte-bébé… Que s’est-il passé ? Un accident sous le coup de la fatigue physique et nerveuse ? Une mort naturelle ? Ou un meurtre avec préméditation ? Paniqué, le couple décide alors de camoufler le décès de leur enfant. Un mensonge destiné à protéger qui ? Les médias s’emparent alors de l’affaire. Le public, fasciné par ce fait divers, est avide de découvrir la vérité…

Un thriller haletant

Soyez prévenus : vous ne pourrez plus lâcher The cry d’Helen Fitzgerald, une fois la lecture commencée. La romancière excelle à entretenir le suspense, à maintenir la tension narrative constante et jubile à jouer avec les nerfs du lecteur. Scindée en de très courts chapitres, l’intrigue suit un rythme rapide, multiplie les points de vue au sujet du couple. Ce père de famille, homme politique en vue, est-il aussi lisse qu’il parait ? Cette mère énervée après son bébé hurlant, incapable de l’apaiser, est-elle une mauvaise mère ? Ou les apparences sont-elles terriblement trompeuses ?

Un thriller captivant !

Informations pratiques

The cry, Helen Fitzgerald – éditions J’ai lu, mai 2022 – 380 pages

Thriller : Vérita, Karel Gaultier

Sexe, drogue, trafic d’œuvres d’art, vengeance, oligarchie russe, le nouveau thriller de Karel Gaultier est librement inspiré de faits réels. Un suspense haletant et une chute vertigineuse sur toile de fond de chantage.

Immersion dans l’univers des milliardaires

Dans la petite société de milliardaires basée autour du lac Léman, le sexe et la drogue font partie du quotidien des affaires. Ainsi, Stallone, l’homme de main de l’oligarque russe Youi Karatov, est régulièrement chargé de fournir de la cocaïne et des femmes triées sur le volet aux invités lors des fêtes. Parmi ces gens fortunés, l’avocat suisse le plus renommé, une galeriste peu scrupuleux, un faussaire ancien agent du Mossad, le couple russe Karatov et leur fille. Mais même si les robes scintillent sous le soleil suisse, les affaires ne sont pas toutes rutilantes. Alors pour aider la Providence, certains n’hésitent pas à copier des œuvres d’art, à falsifier les rapports d’expertise et à les vendre pour d’authentiques toiles de maitre. Un trafic bien huilé. Mais l’argent est-il le seul but ?

Les choses se gâtent quand un lanceur d’alerte, dont le pseudo est Vérita, commence à dévoiler sur la toile les agissements peu avouables de ces grandes fortunes. Qui se cache derrière Vérita ? Quels sont ses motifs ?  A qui en veut-il vraiment ? Au sein du ghetto de milliardaire c’est le séisme.

Trafic d’œuvres d’art et vengeance

C’est un thriller aux rouages implacables que nous livre Karel Gaultier avec Vérita, paru aux éditions Slatkine. L’auteur nous immerge dans le marché de l’art qu’il connait visiblement excellement bien, de la présentation des œuvres et des peintres aux techniques de réalisation ou de détection de faux. Avec brio, il entraine le lecteur sur la piste de ce lanceur d’alerte, maintient la tension narrative et le rythme grâce à de courts chapitres. S’amuse à jouer avec les nerfs du lecteur, à l’entrainer sur de fausses pistes. Car la toile finale n’est pas du tout celle qui semblait se dessiner au fil des chapitres. Faussaire, Karel Gaultier ? Non expert en fausses pistes !

Un thriller haletant et d’une grande érudition.

Informations pratiques

Vérita, Karel Gaultier – éditions Slatkine, mai 2022- 351 pages

Thriller : Le poison du doute

le poison du doute messemackers

Imaginez qu’un policier frappe à votre porte et vous dise que votre mari a tué femme et enfants il y a quelques années, avant de s’enfuir puis de réapparaître sous une fausse identité pour refaire sa vie…avec vous. Angoissant, non ? Qui croire, le policier ou votre mari?

Connait-on vraiment l’Autre ?

Margaux Novak est une femme heureuse : son mari Philippe, qu’elle chérit, un fils adorable, un métier d’infirmière libérale dans lequel elle s’épanouit et une jolie maison dans la baie de Somme. Le tableau du bonheur. Un tableau auquel un courrier de la gendarmerie destiné à son mari vient apporter une première touche sombre.

Le motif de cette convocation à la gendarmerie serait une série de cambriolages dans la région au cours desquels la voiture de Philippe aurait été aperçue par des témoins. Pour Margaux comme pour Philippe, il s’agit d’une dramatique erreur, erreur qui va forcément être mise à jour et l’innocence de Philippe clamée.

Mais c’est tout l’inverse. Dans ce petit village, chaque nouvelle se répand comme une trainée de poudre. La rumeur enfle. Philippe ne devient plus soupçonné mais désigné comme coupable de cambriolages par les villageois. La vie de Margaux devient un cauchemar. On la fuit comme la peste. Et la descente aux enfers continue quand sa collègue lui apprend que la convocation de Philippe n’avait pas pour unique but les cambriolages. Il y a 15 ans, un homme a tué femme et enfants et a disparu. La police, et plus précisément l’inspectrice en charge du dossier, s’interroge sur le passé de Philippe : pourrait-il être ce tueur ? Pourquoi a-t-il subi une opération de chirurgie faciale ? Est-ce réellement à cause d’un accident forestier ? Pourquoi n’a-t-il aucun témoin de sa vie d’avant, tandis qu’il vivait en Hongrie ? Et pourquoi n’a-t-il rien dit à Margaux sur les soupçons de meurtre qui pèsent sur lui s’il n’a rien à se reprocher et donc rien à cacher ?

Margaux est assailli par un doute térébrant : qui croire, la police ou son mari ?

Un thriller magistralement mené

C’est un thriller magistral que nous offre Julien Messemackers avec Le poison du doute, paru aux éditions Pocket. L’auteur joue avec les nerfs du lecteur, crée entre lui et Margaux une intimité si grande, que le lecteur vit au diapason de la femme les émotions qui la traversent. Et de frissonner avec elle. Et de douter avec elle. Et d’espérer à nouveau avec elle. Et d’avoir peur avec elle. De Philippe. De la policière. De tout et de tous. Qui et que croire ? Philippe a réponse à tout, peut expliquer chaque point d’ombre de sa vie. Alors ?

Tandis que l’auteur alterne deux temporalités, nous fait vivre en parallèle aux côtés de la femme assassinée 15 ans plus tôt, Marianne, puis aux côtés de Margaux aujourd’hui, le doute s’instille dans l’esprit du lecteur. Les certitudes explosent. A peine le temps de se forger une intime conviction qu’elle est déjà balayée par les nouveaux rebondissements de l’histoire.

C’est un thriller fascinant, impossible à lâcher, qui peut faire penser à l’affaire Dupont de Ligonnès dans laquelle ce dernier aurait refait sa vie. Quant à la chute, elle est vertigineuse!

Un énorme coup de cœur.

Informations pratiques

Le poison du doute, Julien Messemackers- éditions Pocket, mars 2022- 405 pages

Les fêlures, Barbara Abel

Les fêlures Barbara Abel

Qui est le meurtrier d’un être qui se suicide ? Lui seul, ou aussi ceux qui l’ont conduit à ce désespoir fou ? Un thriller psychologique brillant, impossible à lâcher.

Suicide : à qui la faute ?

Quand Roxane se réveille dans son lit, c’est la stupeur. Martin est à ses côtés, mort. Et elle devrait l’être aussi. Sur leurs tables de chevet respectives, des lettres expliquant leur geste. Un suicide par injection de substance toxique à haute dose. Mais leur plan n’a pas fonctionné. Seule survivante, elle va devoir répondre pour eux deux de leur acte, fournir des explications à sa famille, à sa belle-famille, aux enquêteurs.

Qu’est-ce qui a pu pousser un jeune couple si fusionnel, si aimant, à commettre pareil geste ? Pour Garance, la sœur de Roxane, c’est la sidération. Comme pour la riche famille de Martin.

Prostrée, Roxane donne peu d’éléments pour comprendre. Et si ce suicide commun n’en était pas un, contrairement aux apparences ? Roxane, élevée par une mère alcoolique, tyrannique et violente, a un lourd passé derrière elle. Et des secrets tout aussi lourds. A-t-elle vraiment voulu mourir ? En tant qu’élève en médecine, elle sait pratiquer des injections. Aurait-elle pu souhaiter la mort de Martin et avoir sciemment injecté des doses différentes à chacun d’entre eux ?

Garance veut croire à l’innocence de sa sœur. La famille de Martin à sa culpabilité. Où se situe la vérité ?

Un thriller psychologique brillant

Avec Les fêlures, paru aux éditions Plon en ce mois d’avril, Barbara Abel nous livre un thriller psychologique impossible à lâcher. Une forme de Roméo et Juliette revisité avec brio. Tout part sur la découverte de deux corps, dans ce qui semble être un suicide collectif. Une femme issue d’une famille modeste, belle et intelligente et un jeune homme au physique ingrat, appartenant à une famille bourgeoise.

L’auteure joue alors avec les nerfs du lecteur, sème des indices pour lui faire croire à une thèse, afin de mieux le faire douter ensuite. On s’engage sur un chemin et soudain, les soupçons vous gagnent, de même qu’une grande fébrilité : les apparences sont trompeuses, les coupables ne sont pas ceux auxquels nous pensions, et il faut alors explorer une autre piste, vite lire la suite le regard aimanté aux pages. Les rebondissements se multiplient, les pièces du puzzle se mettent en place, et le tableau final nous offre une chute vertigineuse…

Barbara Abel excelle dans la construction de son histoire, dans la finesse de l’analyse psychologique de ses personnages, dans sa capacité à maintenir une tension narrative constante. En fil rouge, elle nous interroge : quel est le véritable meurtrier d’un être qui se suicide ? Lui-même ? Certes. Mais pas seulement. Il y a aussi celles et ceux qui par leur attitude, leurs propos, ont conduit à ce geste irrémédiable. Il y a le poids de la société, celui des ambitions démesurées. Rien n’est aussi simple qu’il n’y parait.

Un roman fascinant.

Informations pratiques

Les fêlures, Barbara Abel – éditions Plon, avril 2022 – 431 pages

François-Xavier Dillard : Prendre un enfant par la main

prendre un enfant par la main Dillard

Gros coup de cœur pour ce thriller magistralement mené, qui vous prend en otage dès les premières pages et fait de vous la victime consentante d’une lecture en apnée. Survivriez-vous à la perte de votre enfant ?

Disparition d’un enfant

Vous aimez la voile ? Si je vous propose une traversée sur un First 50 Bénéteau flambant neuf entre la Corse et le continent, vous embarquez ? Si je vous précise qu’une tempête est annoncée, vous m’accompagnez toujours ?

Quand Marc, sa femme Sarah et leurs deux enfants montent sur le voilier, seul Marc sait qu’une vague de mauvais temps est possible sur leur trajet. Au port de Calvi, l’employé de la Capitainerie lui a fortement déconseillé de prendre la mer. Mais son travail d’avocat l’appelle, il est pressé et prête une oreille peu attentive aux avertissements du corse.

Il aurait pourtant dû l’écouter. Au milieu de nulle part, leur bateau est pris dans une terrible tempête. Leur fille Clémentine, dix ans, disparait, tandis que les trois autres membres de la famille sont miraculeusement rescapés.

Comment faire le deuil de son enfant ? Comment survivre non seulement à la perte de la chair de sa chair, mais à la culpabilité d’avoir entrainé toute sa famille dans une traversée aussi dangereuse ? Chacun tente de combler le vide à sa façon, de garder l’équilibre. Mais quand de nouveaux voisins emménagent près de chez Marc et Sarah, et que leur fille Gabrielle s’avère ressembler furieusement à Clémentine, cumulant de surcroit le même âge et la même date anniversaire que leur fille, ce fragile équilibre se rompt…

Un thriller fascinant

Avec un titre qui évoque autant de tendresse, François-Xavier Dillard s’amuse déjà avec le lecteur. Et ce n’est que le début ! Dès les toutes premières pages, l’auteur vous prend par la main. A peine la lui avez-vous tendue que c’est le bras qu’il vous prend. Puis vous tout entier. Vous n’êtes plus là pour personne, sauf pour ses personnages, glissant vos pas dans les leurs, le cœur battant. Au fil de l’intrigue, vous vous forgez une intime conviction sur le ou la coupable. Et les indices habilement essaimés vous confortent dans votre position. Oui, c’est certainement lui, elle. Et… non ! Par un twist machiavéliquement orchestré, le romancier balaie d’un coup d’un seul toutes vos certitudes et jubile de vous avoir réservé une chute vertigineuse. Jubilation partagée par la lectrice que je suis.

Pas de profusion d’hémoglobine ici, de cadavres en décomposition ou autre scène glauque. Non, François-Xavier Dillard nous prend aux tripes de façon beaucoup plus subtile, en jouant sur nos peurs viscérales : celle de perdre un proche, celle de perdre son enfant. On suit divers personnages comme autant de pièces dont on ignore si elles appartiennent à un seul et unique puzzle. Avec une construction remarquable, une extrême fluidité, un rythme soutenu, les pièces s’emboitent, les liens s’ébauchent. Mais le dessin final du puzzle est impossible à deviner avant la pause de la pièce finale. Un véritable tour de force.

J’ai adoré me laisser embarquer par l’histoire, happée par la tension narrative croissante, par les rebondissements multiples qui jalonnent l’histoire. J’avais hâte de connaitre le dénouement tout en n’ayant pas envie de refermer le livre.

Pour info, l’auteur vient de sortir un nouveau roman aux éditions Plon : L’enfant dormira bientôt.

Informations pratiques

Prendre un enfant par la main, François-Xavier Dillard – éditions Pocket, septembre 2021- 353 pages – 7,60€

L’épouse et la veuve, Christian White

l'épouse et la veuve

Deux femmes que tout semble opposer, liées par des crimes et des secrets enfouis. Un huis-clos haletant.

Mensonges et disparition

Abby, son mari Ray et leurs enfants vivent à l’année sur l’île de Belport, au large de l’Australie. Passionnée de taxidermie, Abby se fait la main sur les animaux morts que lui ramène son mari lors de ses activités de jardinage et d’entretien dans les propriétés avoisinantes. Elle a installé à cette fin un atelier dans son garage. Ces derniers temps, tandis qu’elle manie le scalpel, elle ne peut que s’interroger sur le comportement étrange de Ray. Pourquoi a-t-il tenté de se débarrasser de vêtements tachés de sang ? Pourquoi s’est-il caché pour pleurer dans la salle de bain ? Pourquoi lui ment-il sur les clients chez lesquels il s’est soi-disant rendu ?

Kate, elle, vit avec son époux John et leur petite Mia à Melbourne.  Ils viennent régulièrement en vacances sur l’île de Belport, dans la maison familiale dont a hérité John. Cette fois, Kate y remet les pieds pour tenter de retrouver la trace de son mari. Ce dernier a en effet soudainement disparu. Enlèvement ? Accident ? Départ volontaire ? Meurtre ? Quand elle a découvert qu’il avait quitté son poste de médecin en soins palliatifs quelque temps plus tôt, sans se confier à elle, elle se demande ce qu’il peut encore bien lui avoir caché.

Deux femmes, une même île et des rebondissements à foison

Un page-turner magistralement mené

Soyez prévenus : quand vous commencerez L’épouse et la veuve, de Christian White, attendez-vous à ne pas pouvoir le reposer avant d’avoir éclairci le mystère. Car l’auteur a le don de ménager le suspens de chapitre en chapitre, alternant les points de vue de Kate et d’Abby, multipliant les pistes pour mieux égarer le lecteur, semant les indices et les rebondissements pour maintenir la tension narrative à son comble. Bien malin celui ou celle qui découvrira avant la toute fin la clé de l’énigme.

Je me suis laissée complètement embarquer par l’intrigue et cueillir par la chute. J’ai beaucoup aimé la fluidité du style, l’extrême maitrise de la construction, mais aussi les thèmes évoqués : Jusqu’où est-on prêt à aller par amour pour ses enfants ? Mensonge, dissimulation, sacrifice, voire meurtre, jusqu’où iriez-vous pour protéger les vôtres ?

Un livre fascinant impossible à lâcher !

Informations pratiques

L’épouse et la veuve, Christian White – éditions Albin Michel, septembre 2021- 21,90€ – 330 pages

Harlan Coben : Gagner n’est pas jouer

gagner n'est pas jouer

Le maître incontesté du thriller nous revient avec un héros cynique à souhait et une intrigue au suspens implacable.

Meurtre et tableau de maitre

Dans les beaux quartiers de New-York, la police découvre le corps d’un vieil homme, qui vivait en reclus. Surnommé l’Ermite, ce dernier ne sortait mystérieusement qu’une nuit par semaine de son logement. Près de son corps mutilé, un des 35 tableaux peints par Vermeer. Et pas n’importe lequel : un des deux tableaux de maître dérobés à la famille Lockwood il y a une vingtaine d’années. Quand Win Lockwood arrive sur place, il ne peut que le reconnaitre et s’interroger : où est le second tableau? Que fait ce Vermeer chez le vieil homme?

Quant aux tableaux, ils ont été volés quelques mois seulement avant l’enlèvement de la cousine de Win, Patricia, et l’assassinat du père de cette dernière. Retenue en otage dans la « cabane des horreurs  » avec 9 autres jeunes filles entre 16 et 20 ans, brutalisées, violées, elle fut la seule rescapée.

Pas plus qu’on n’a retrouvé les tableaux et les auteurs du vol, on n’a retrouvé les deux hommes responsables des enlèvements suivis de crimes…

Y-a-t-il un lien entre ces deux affaires? Si oui, l’Ermite est-il un des ravisseurs? Quelle est alors l’identité du second? Où est l’autre tableau?

Un suspense implacable

Dans Gagner n’est pas jouer, paru aux éditions Belfond, Harlan Coben choisit un héros qui a tout d’une tête à claques, que l’on ne supporterait pas deux minutes dans la vie, et qui, dans ce roman, est un personnage que l’on se surprend à adorer. Véritable dandy, d’un snobisme ostentatoire, insolent à souhait, cynique à ravir, force est d’admettre que ses réparties quand il s’adresse au lecteur sont justes jubilatoires. Un personnage d’un charisme fou, qui porte littéralement le roman et nous entraine dans le sillage de son enquête, riche en rebondissements.

Un roman à l’intrigue assez complexe comme assez souvent chez le romancier, non dénué d’humour, qui maintient le lecteur en haleine du début à la fin.

Informations pratiques

Gagner n’est pas jouer, Harlan Coben – éditions Belfond , octobre 2021- 397 pages – 27,50 €

Pour tout te dire, Gilly Macmillan

Pour tout te dire

Pour tout te dire est le nouveau thriller de la reine du genre, Gilly Macmillan. Un roman classé parmi les dix meilleurs thrillers de l’année par le New York Times.

Un passé envahissant

Lucy Harper est une romancière de renom. Les aventures de son héroïne Eliza sont suivies avec impatience par une horde de fans de roman en roman. Un succès qui lui a offert une vie très confortable financièrement. Et lui a permis de rencontrer Dan, son mari. Mais si lui aussi est habité par la passion de l’écriture, sa carrière d’écrivain peine à décoller.

Dan a d’ailleurs une surprise pour elle. Il a acheté une grande bâtisse à rénover. S’il est exalté à la perspective de ce déménagement, pour Lucy, c’est la sidération. Cette maison est située à Charlotte Close, village de son enfance. Un village qu’elle a fui après le drame, tandis qu’elle était âgée de 13 ans. Dan, qui n’est pas sans connaitre son passé familial, a pourtant choisi ce lieu cauchemardesque pour son épouse. Il affirme ne pas vouloir que son passé nuise à leur avenir, vouloir l’aider à affronter ses peurs et à tourner la page. Mais est-ce sa seule motivation ?

Quand Dan disparait après une dispute, peu de temps après leur emménagement, tous les projecteurs sont braqués sur Lucy. D’autant que c’est aussi ce qui est arrivé à son petit frère Teddy quelques décennies auparavant, tandis qu’il était à ses côtés. Lucy serait-elle une meurtrière? Des disparitions mystérieuses aussi romanesques que ses livres. Sauf qu’il ne s’agit plus d’une fiction.

Un thriller haletant

Pour tout te dire est le nouveau roman de la reine du thriller, Gilly Macmillan, paru aux éditions Les escales. C’est une double énigme qu’elle nous invite à résoudre : la double disparition de Dan et de Teddy. Présent et passé alternent en de courts chapitres qui apportent un rythme soutenu à l’histoire et maintiennent une tension narrative croissante. Impossible de poser le livre une fois la lecture commencée. La romancière joue avec les nerfs du lecteur, multiplie les fausses pistes, les rebondissements et nous réserve une chute vertigineuse, aux antipodes des pistes esquissées.

Mon seul regret est la fin ouverte réservée à la disparition de Teddy. Tout le livre, j’ai été tenue en haleine par le désir de connaitre le dénouement. Or Gilly Macmillan laisse le soin au lecteur d’imaginer lui-même ce qui a pu arriver à l’enfant.

Un très bon triller. Une lecture addictive.

Informations pratiques

Pour tout te dire, Gilly Macmillan – éditions Les escales, juin 2021 – 356 pages – 21,50€

Quelques battements de cœur, Emily Elgar

Quelques battements de coeur Emily Elgar
Copyright photo Karine Fléjo

Un polar fascinant, inspiré d’un fait réel hallucinant. Le titre est un avertissement : à sa lecture, votre cœur va battre à tout rompre !

Meurtre et disparition

Dans ce petit village de pêcheurs en Cornouaille, tout le monde connaît Meg et sa fille Grâce. Meg, la mère courage. Meg, la femme dévouée. Meg, celle qui suscite l’admiration de tous. Capable d’une abnégation totale, entièrement dévouée aux soins de sa fille lourdement handicapée.

Aussi, quand elle est retrouvée assassinée chez elle, c’est l’effroi chez les habitants. Sa fille a disparu. Ne reste que son fauteuil roulant. Or Grace suit un traitement lourd, sans lequel ses heures sont comptées.

Il est urgent de retrouver Grâce. Urgent d’arrêter le(s) coupable(s).

Pour autant qu’il ne soit pas trop tard.

Tous les soupçons se portent sur Simon, ex-mari et père de Grace. Un homme considéré violent. Jon, un journaliste qui a autrefois interviewé Simon et vu en lui un homme sain, ainsi que Cara, la voisine et amie de Grace, décident de prendre les choses en main. Mais ce qu’ils vont découvrir dépasse l’entendement. Les apparences sont décidément parfois totalement trompeuses…

La complexité des relations mère/fille

Emily Elgar est la brillante auteure d’Une présence dans la nuit. Elle nous revient avec un second roman addictif, Quelques battements de cœur aux éditions Belfond. Dans ce roman construit à deux voix, celle des deux personnes qui décident d’investiguer (Jon et Cara), la romancière s’inspire d’un fait divers glaçant. Avec beaucoup de dextérité, elle explore la complexité des relations mère-fille. Quels évènements peuvent conduire à passer de l’amour à la haine ? A basculer du côté obscur ? Et en filigrane se pose la question du pardon : faut-il, peut-on tout pardonner, quand il s’agit d’un parent, ou d’un enfant ?

Impossible d’interrompre la lecture, tant l’auteure excelle à ménager le suspense, à multiplier les rebondissements. Un page-turner magistralement mené, jusqu’à la chute. Vertigineuse.

Informations pratiques

Quelques battements de cœur, Emily Elgar – Editions Belfond, novembre 2020 – 384 pages – 21€

Ne t’enfuis plus, Harlan Coben

Ne t'enfuis plus, Harlan Coben

©Karine Fléjo photographie

Drogue, emprise, secte, secrets de famille sont au programme du thriller haletant de Harlan Coben aux éditions Belfond. Et en filigrane, cette question : jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour sauver votre enfant ?

Drogue et dérive

Simon et sa femme vivent à Manhattan et sont les parents de trois enfants. Mais seuls deux d’entre eux vivent à la maison. L’aînée, Paige, a fugué. Quelque temps auparavant, elle a en effet fait la rencontre d’Aaron, une racaille, drogué jusqu’à la moelle et de onze ans son aîné. Une rencontre qui a fait basculer la vie de cette jeune femme rangée, promise à un brillant avenir. Depuis son départ, Simon n’a de cesse de la chercher. Jusqu’à ce jour où un voisin lui signale l’avoir vue mendier en jouant de la guitare à Central Park.

Et cette junkie aux traits creusés, aux vêtements et aux cheveux sales, au teint cireux, est en effet bien sa fille. Mais, alors qu’il tente de la ramener à la raison, Aaron surgit et s’interpose entre eux. S’ensuit une bagarre entre les deux hommes, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Simon se fait alors lyncher par les internautes, lesquels ignorent les dessous de l’altercation. Cependant, ce n’est là que le début des ennuis que Simon va devoir surmonter pour tenter de faire revenir Paige. Pour autant qu’il y parvienne…

En parallèle de cette famille, un jeune couple de tueurs à gage élimine les hommes d’une curieuse liste. Qu’ont ces individus en commun ? Pourquoi le commanditaire, qui est une secte, leur demande-t-il de les tuer ?

Quel rapport y-a-t-il entre ce gang et la famille de Simon ? Quel secret découvrira Simon, de la part de celle dont il croyait tout savoir, avec laquelle il pensait tout partager ? On méconnaît parfois les personnes les plus proches de soi…

Un thriller au suspens savamment entretenu

Pas de doute, Harlan Coben maîtrise parfaitement la technique du cliffhanger. Difficile de reposer le livre une fois la lecture commencée. Au fil des courts chapitres de son roman, l’auteur entretient savamment le suspens, laisse lecteur en attente de la suite, multiplie les rebondissements, les fausses pistes et nous réserve une chute vertigineuse.

Il démonte avec beaucoup de justesse le mécanisme de l’emprise dans le cadre sectaire, la perte de discernement des embrigadés et les dérives dangereuses qui peuvent en découler. Il introduit aussi une réflexion très intéressante sur les possibilités offertes désormais par la science de connaître ses origines grâce aux tests ADN. Une chance pour les enfants qui veulent connaître leurs géniteurs, mais une terreur pour les géniteurs qui souhaitaient effacer toute trace de descendance.

Secrets de famille, drogue, meurtres, secte, vous ne vous ennuierez pas un seul instant à la lecture de ce thriller de plus de 400 pages !

Informations pratiques

Ne t’enfuis plus, Harlan Coben – Editions Belfond, octobre 2019 – 413 pages – 21,90€.