Citation du jour

La vie ne dicte rien. Elle ne s’écrit pas d’elle-même. Elle est muette et informe. Écrire la vie en se tenant au plus près de la réalité, sans inventer ni transfigurer, c’est l’inscrire dans une forme, des phrases, des mots. C’est s’engager – et de plus en plus au fil des années – dans un travail exigeant, une lutte, que je tente de cerner et de comprendre dans le texte lui-même, au fur et à mesure que je m’y livre. »

Annie Ernaux

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Citation du jour

« Poursuivre sa vie quand autour de soi s’effacent les figures et les présences revient à redéfinir constamment un ordre que le chaos de la mort bouleverse à chaque phase du jeu. Vivre, en quelque sorte, c’est savoir survivre et recomposer ».

Philippe Claudel – L’arbre du pays Toraja (Stock)

L'arbre du pays Toraja par Claudel

Citation du jour

« Se retourner sur sa vie c’est prendre le risque de voir les traces du passé dans le sable de nos souvenirs.

Vivre; vivre vraiment, regarder loin devant, avancer pas à pas, et laisser le temps, le vent, effacer les empreintes derrière soi. »

Agnès Ledig- On regrettera plus tard (Albin Michel 2016)

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Citation du jour

« Respirer, marcher, parler, regarder : toutes choses ordinaires, dont on ne s’aperçoit de la valeur que lorsqu’on a failli les perdre pour toujours. Les rescapés d’accident, de maladies ou d’événements de vie graves racontent tous la même histoire, et la même sensation, liée à cette prise de conscience : vivre est une chance. »

Christophe André – Les états d’âmes.

Les états d'âme : Un apprentissage de la sérénité par André

Il faut tenter de vivre, de Eric Faye (Stock) : fascinant!

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Il faut tenter de vivre, Eric Faye

Éditions Stock, août 2015

Rentrée littéraire

 

Il y a 23 ans, le narrateur croise la route d’une jeune femme fascinante lors d’une soirée chez une amie commune. D’elle on lui dira qu’elle vit à Bruxelles, qu’en France elle est « recherchée ». Et qu’elle répond au nom de Sandrine Broussard. De quoi intriguer le jeune homme.

Les jours suivants, il s’arrangera pour la rencontrer à nouveau, attiré par le magnétisme qui se dégage de cette sulfureuse personne. Curieux d’en savoir davantage sur son parcours. Et de découvrir une femme qui s’avère être son exact contraire.

Après avoir cherché en vain à exister dans le regard de sa mère, Sandrine s’est fait une promesse à elle-même : un jour, elle vivra dans le luxe, s’adonnera à sa passion pour la mode, aimantera le regard des hommes, désirée et désirable. Pour vivre son rêve, elle commence par de petits délits : séduire les hommes par le biais de petites annonces et leur extorquer de l’argent. Mais son empathie n’est jamais loin : si l’homme en question accuse le coup trop violemment, elle le rembourse. Elle ne veut pas accabler ses victimes, juste se prouver qu’elle vaut mieux que la repoussante image que sa mère lui a renvoyée. Mais très vite, il lui faut augmenter les risques, les délits perdent de leur pouvoir d’excitation avec l’usage et en appellent donc de nouveaux. Tout se passe comme si elle provoque inconsciemment l’angoisse qu’elle veut fuir, comme si elle a besoin de se remplir de sensations fortes pour se sentir exister, comme s’il lui faut du danger pour combler le vide en elle, se donner une consistance, une densité. Pour se sentir vivante. Elle brûle la vie par les deux bouts et seule cette sensation de brûlure la tient.

Jusqu’au jour où, après des années de clandestinité, elle se sent usée, consumée de l’intérieur. Dopée aux amphétamines et à l’alcool, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Celle qui s’est battue pour devenir celle qu’elle est, est « passée maître dans l’art de ne pas être elle-même. » (p. 91) Alors, prenant conscience de l’urgence de vivre et non plus de survivre, Sandrine va entamer son ultime mue, pour être et ne plus juste par-être.

Un roman fascinant, à l’image de l’héroïne, qui interpellera chacun d’entre nous. La quête de soi n’est-elle pas notre plus long voyage ?

A lire !

Vivre, de Phari Vieyra : LUMINEUX !!! Vivre avec simplicité, justesse et joie est à la portée de chacun !

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Vivre, de Phari Vieyra

Site de l’auteur : http://phari.e-monsite.com/

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     P.10 : « L’existence est un cadeau et nous sommes les artistes chargés de la façonner« . Or pris dans le tourbillon du quotidien, happés par le désir de réussite sociale, de possession, de course vers toujours plus, toujours mieux, de par-être plutôt que d’être, nous laissons la glaise-réalité nous alourdir, nous engluer. Nous négligeons ce qui contribue à notre épanouissement. Le cadeau devient fardeau.

     Faute d’être à l’écoute de nos besoins, faute aussi et surtout de chercher à les assouvir par nous-mêmes, en puisant en nous-mêmes, alors nous nous tournons vers l’extérieur et demandons aux autres d’y répondre. Erreur magistrale. Il en va ainsi par exemple des relations amoureuses ( P.53) : « Il existe des êtres avec lesquels nous pouvons faire l’expérience d’une réelle alchimie, d’une forte attirance réciproque, avec lesquels nous partageons des valeurs et des visions semblables de l’existence. Mais pour toute personne non connectée à l’être profond, cette attirance est en fait la somme de besoins inconscients qui détectent en l’autre la source où ils pourront s’abreuver. Pour ceux qui ignorent leur vérité fondamentale, cette vérité n’est qu’un commerce inconscient entre deux sommes de besoins. La traduction de « je t’aime » est alors  » je sens inconsciemment que je vais pouvoir assouvir mes manques et besoins de bonheur avec toi. » Or une telle relation mène à une impasse. Chacun doit avoir trouvé en LUI cette félicité, cet amour, et c’est seulement une fois qu’il se sera connecté à cette force de vie intérieure, qu’il pourra la partager avec l’Autre et avec les autres. L’Autre n’a pas à jouer le rôle de pansement, n’a pas à être la source, à répondre à nos besoins. Nous SOMMES la source, nous avons en nous de quoi répondre à nos manques. C’est vers cette intériorité qu’il faut nous tourner pour faire sauter les barrages qui nous coupent de ce gisement de Vie, de joie, de plénitude, d’amour.

     Parcours impossible? Utopie? Regardez les enfants, cette joie qui les anime, cette capacité à s’émerveiller, à rire, à s’exalter, à savourer les bonheurs petits et grands du quotidien, cet élan vital qui est leur. Ces enfants étaient vous, avant. Avant que vous ne vous coupiez de cette source de joie qui est naturellement en vous. Avant que vous ne soyez déconnectés de votre être profond. Il n’appartient qu’à vous de rétablir ce lien, de devenir des adultes pleins de vie.

      Dans ce livre édifiant, d’une force vitale époustouflante, Phari nous rappelle que « nous sommes tous des virtuoses chargés d’accorder leurs instruments pour pouvoir jouer la mélodie de la Vie ». Alors suivez la partition de son texte, balayez les bémols qui entravent l’accès au bonheur profond, à la liberté intérieure et jouez vous aussi la si puissante musique de la Vie!

      Un ouvrage à lire absolument, qui résume si bien cette pensée de Mahatmata Gandhi : « En tant qu’êtres humains, notre grandeur ne réside pas tant dans notre capacité à changer le monde …qu’en notre capacité à nous changer. » Alors VIVEZ !

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  Quatrième de couverture :

     La vie est un cadeau dont nous avons perdu le mode d’emploi et il est urgent de le retrouver.
Volà le livre que j’aurais aimé trouver quand j’ai commencé à questionner l’existence. Il éclaire les débutants et ravit les plus expérimentés. Il vise à répondre à des questions fondamentales comme : « Que comprendre de la vie ? D’où vient le mal-être qui caractérise le monde moderne ? Comment retrouver la vérité de la vie en nous ?  Comment nous épanouir ? De  quels outils disposons-nous ? Quel est le rôle de l’amour ? »

  Esquisse intitulée  » Sur le fil de soi », qui est née de ma lecture de ce livre lumineux :