La cuisine d’Amélie, de Juliette Nothomb : Quand Juliette « fée des miracles »

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La cuisine d’Amélie, par Juliette Nothomb
Editions Albin Michel
A paraître le 5 novembre 2008

  On connaissait sa soeur. On découvre en-faim Juliette , laquelle conjugue tous les talents et nous le prouve avec son délicieux livre de recettes  » La cuisine d’Amélie » ou « 80 recettes de derrière les fagots ».

Ne vous méprenez pas : il ne s’agit pas d’un énième livre de cuisine comme il en sort des fours….euh des presses des maisons d’édition tous les jours.  Non, ce serait mal connaître Juliette Nothomb dont les prouesses culinaires rivalisent avec celles de sa plume, son irrésistible humour, son imaginaire sans bornes, sa contagieuse pétillance et  son ineffable générosité. « Ecrire est un acte d’amour. S ‘il ne l’est pas, il n’est qu’écriture. » disait Aragon.  Et quand Juliette écrit  » C’est un poncif comme on en fait peu mais c’est vrai : la cuisine est une affaire de coeur. Tout cuisinier aspire à dédier ses oeuvres à la ou aux personnes aimées, et ce d’autant plus si celles-ci sont à la source de son inspiration culinaire », alors on en conclut que l’écriture et la cuisine sont les deux talentueux ingrédients mis ici au service de la recette ô combien délicate et belle de l’amour.

Des recettes essentiellement sucrées, toutes inédites, révélatrices (aussi) des dons onomastiques de l’auteur :  Le Mont Fuji, Le  blasphème,  Le signal de Botrange, Les profiteroles de Bernadette Bernardin pour ne citer que ces alléchants exemples. Mais aussi des astuces aussi drôles qu’utiles, comme la lutte contre le chomage des blancs d’oeufs, le secteur culinaire ayant tendance à n’embaucher que les jaunes. Ou encore, comment retrouver la sérénité, grâce à l’envoi sur le grill des idées reçues telle :  » Votre mayonnaise ne tournera pas si vous changez de sens giratoire ne la fouettant ! »  A bon entendeur…

Extrait où Juliette nous fait part d’une de ses révélations : la réalisation d’un millefeuille dont l’architecture permet une dégustation sans perdre sa dignité.    » Jugez donc : soit vous optez pour la dégustation dite « civilisée » avec couteau et fourchette mais cela a pour fâcheuse conséquence de démolir sauvageusement la vertigineuse superposition des 3 couches de feuilletage, écrasant celle-ci tout en expulsant sans délicatesse la crême pâtissière de sous sa fragile toiture. Un carnage sans nom dans votre asssiette ! Ou alors, faisant courageusement fi du qu’en-dira-t-on, vous optez pour la dégustation avec les doigts… à condition d’ouvrir une bouche grande comme le hangar d’un Airbus A 380 avec pour conséquence de vous en mettre partout. Délicieux, rigolo, mais impensable en société. J’ai donc pour ambition de vous proposer ci-dessous un dessert qui réunit maintes qualités fort appréciables :  d’une qualité fort déconcertante à réaliser, peu cher, délicieux et même, croyez-le ou non, élégant ! Et surtout, un délice qui n’exigera pas l’utilisation d’une serpillère pour torcher son dégustateur post coitum !  » …Comment ? Vous pensiez que j’allais vous livrer le secret architectural de Juliette ? Que nenni, allez vite vous plonger dans ses feuilles pour découvrir entre autres son délectable Millefeuille !

            Un livre à dévorer des pupilles et des papilles !!!

 Juliette Nothomb

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