Dame langouste, de Amélie Schoendoerffer

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Dame Langouste, de Amélie Schoendoerffer

Editions Jean-Claude Lattès, octobre 2010.

 

Belle et rebelle.

 

Fille du cinéaste et académicien Pierre Schoendoerffer, Amélie évolue dans un milieu doré. Entre les vacances en famille peuplées de rires, de baignades et de farniente en Bretagne, et les soirées parisiennes arrosées avec des célébrités proches de ses parents, tout n’est qu’insouciance et légèreté.

Une insouciance qui lui sera ôtée brutalement à l’énoncé d’un verdict : diabète insulinodépendant. Une maladie insidieuse, car non visible. Vicieuse car omniprésente. Viable mais incurable.

« On n’est pas sérieux quand on a 17  ans » écrivait Rimbaud. Comment demander à une jeune fille qui commence tout juste à goûter à la vie, de cohabiter en bonne entente avec sa maladie ? Comment accepter de vivre avec ce couperet au dessus de la tête, de risquer de perdre la vue, l’usage de ses yeux, de ses reins, mais aussi son intégrité physique ? Amélie, que son père surnomme affectueusement ‘Dame langouste’, ne l’accepte tout simplement pas. L’adolescence est déjà en soi un passage difficile pour un être en pleine santé. Dès lors que dire quand un tableau médical si noir se dessine pour votre avenir ? Amélie se rebelle. Non, elle ne sera pas amie avec sa maladie. Non, elle ne l’admettra pas, jamais. Ni la maladie. Ni les traitements.

Oui, elle en a honte.

Un déni, une fuite en avant qui la conduisent à jouer avec le feu. Alcool à outrance, alimentation anarchique, amours chaotiques, débauche en tous genres. La guerre est lancée contre sa maladie. Laquelle rétorque. Et avec virulence. Des séquelles irréversibles se cumulent. Celle qui a la rage de vivre comme « tout le monde » va devoir se plier aux exigences draconniennes de son diabète. Un challenge quotidien. Une bataille sans fin.

Si la construction est déroutante, avec ce sentiment d’un récit décousu, où les anecdotes se succèdent sans réel fil conducteur, ce témoignage est particulièrement bouleversant, vibrant d’authenticité. L’auteur nous livre avec force toute sa révolte, sa faim de vivre, sa soif d’amour, sa hargne. Sa détresse parfois aussi.

 Une femme d’une fragilité forte dont on ne peut qu’admirer le combat.

 

Citation : « Moi, je veux tout, tout de suite, on peut mourir demain, je veux vivre avec intensité »

Renseignements pratiques :

Prix éditeur :15€

Nombre de pages : 203

ISBN : 978-2-7096-3322-2

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