Citation du jour

J’ai essayé d’expliquer à mes parents que la vie, c’était un drôle de cadeau. Au départ, on le surestime, ce cadeau : on croit avoir reçu la vie éternelle. Après, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court, on serait presque prêt à le jeter. Enfin, on se rend compte que ce n’était pas un cadeau, mais juste un prêt. Alors on essaie de le mériter. Moi qui ai cent ans, je sais de quoi je parle. Plus on vieillit, plus faut faire preuve de goût pour apprécier la vie. On doit devenir raffiné, artiste. N’importe quel crétin peut jouir de la vie à dix ou à vingt ans, mais à cent, quand on ne peut plus bouger, faut user de son intelligence. »

Oscar et la dame rose – Eric-Emmanuel Schmitt

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Six mois entre deux rives, Nicole Ligney

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Six mois entre deux rives, de Nicole Ligney

Editions de la Rémanence, janvier 2016

 

Six mois suffisent à tisser une histoire d’amour. Sauf que l’avenir comme l’amour ne se maîtrisent pas. En un instant tout peut parfois basculer…

Lili semble avoir trouvé son équilibre, tant personnel que professionnel. Un compagnon toujours par monts et par vaux qu’elle a plaisir à retrouver à chaque fois, un travail passionnant de journaliste dans un journal où règne une très bonne ambiance. Rien qui de près ou de loin ne l’amène à une éventuelle remise en cause.

Un bonheur tranquille que l’interview d’un écrivain à succès va pourtant mettre à mal. Face à l’auteur américain dont les livres s’arrachent partout dans le monde, Lili se sent foudroyée du regard. Mains moites, gorge sèche, elle peine à masquer son trouble. Un trouble d’autant plus grand que la personne qui suscite en elle ce tsunami émotionnel est…une femme. Et que le coup de foudre est réciproque.

Dès lors, son esprit ne trouve plus une seule minute de quiétude. Que faire ? Laisser l’émotionnel prendre le pas sur le rationnel ? Préférer l’insécurité avec Rubene, l’écrivain, au bonheur paisible avec Lucas ? Et comment être sûre que Rubene ne joue pas avec elle, profitant de son statut de célébrité ?

Dans Six mois entre deux rives, Nicole Ligney nous entraîne à un rythme trépidant dans le sillage de cette histoire d’amour en gestation, analyse avec beaucoup de finesse les hésitations et les choix des personnages, lesquels leur sont dictés par leur passé. Un passé qui a besoin d’être dépassé pour avancer. Entre la Seine et le Delaware, le lecteur voyage aux côtés des deux femmes, attachantes et secrètes, partage leurs doutes et leurs espoirs, jusqu’à la chute finale absolument vertigineuse. Un roman qui se lit en apnée.

A lire !

 

T’Choupi cherche et trouve à l’école (Nathan)

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T’Choupi cherche et trouve à l’école, Thierry Courtin

Nathan, mai 2016

A partir de 2 ans.

14 P.; 9,90€.

Vous connaissez forcément le célèbre héros de Thierry Courtin, T’Choupi? Vous savez, ce personnage aux formes arrondies et aux couleurs vives, complice ô combien rassurant des petits. Alors, suivez T’Choupi à l’école et jouez avec votre bambin à repérer dans chaque double page, les objets familiers cités. Une façon ludique de lui apprendre à se concentrer, à observer, à désigner.

Ce sont ainsi six doubles-pages qui s’offrent au regard curieux du petit, autour des grands moments de la journée à l’école : la classe, la piscine, la cantine, la sieste, la récré et la sortie de l’école.

Un livre aux pages cartonnées, avec papier glacé, résistantes aux manipulations rudes et aux mains pleines de confiture de vos petits. De quoi apprendre en s’amusant!

 

Citation du jour

Il y a deux sortes de pitié. L’une, molle et sentimentale, qui n’est en réalité que l’impatience du cœur de se débarrasser le plus vite possible de la pénible émotion qui vous étreint devant la souffrance d’autrui, qui n’est pas du tout de la compassion, mais un mouvement instinctif de l’âme contre la souffrance étrangère. Et l’autre, la seule qui compte, la pitié non sentimentale mais créatrice, qui sait ce qu’elle veut et est décidée à tenir avec persévérance jusqu’à l’extrême limite des forces humaines.

Stefan Zweig – La pitié dangereuse

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A l’orée du verger, Tracy chevalier : des pommes de la discorde aux arbres de l’espérance…

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A l’orée du verger, Tracy Chevalier

Editions de la table ronde, mai 2016

 

Tracy Chevalier nous plonge dans l’histoire des pionniers et dans celle, méconnue, des arbres, de la culture des pommiers au commerce des arbres millénaires de Californie. À l’orée du verger peint une fresque sombre, mais profondément humaniste, et rend hommage à ces femmes et ces hommes qui ont construit les États-Unis.

 

Né dans le Connecticut, cadet d’une famille de 6 enfants, James n’a pas de quoi s’établir là où vit sa famille. Sans compter que sa femme Sadie, au caractère bien trempé, ne s’entend pas avec les siens. Dès lors, pourquoi ne pas tenter leur chance dans le grand ouest ? Et de partir pour le Black Swamp, ou « marais noir », une zone humide alimentée par les glaciers du nord-ouest de l’Ohio. Passionné par les arbres, et tout particulièrement les pommiers, James envisage d’y développer un verger. S’il parvient à défricher ces terres hostiles, putrides, et à y faire pousser 50 pommiers, alors aux yeux de la loi il deviendra propriétaire.

Tandis qu’il s’attèle corps et âme à la tâche, Sadie enchaîne les grossesses, délaissée par un mari qui n’a d’yeux que pour ses pommes adorées. Chaque jour est une lutte pour survivre. « On ne vivait pas grâce à cette terre, non : on était en vie malgré elle. Cette terre cherchait à avoir notre peau, que ce soit avec la fièvre, les moustiques, la boue, l’humidité, la chaleur ou le froid. » Atteints de la fièvre des marais, chaque année charrie son lot de maladies et de décès parmi les enfants. Très vite, le verger devient la pomme de la discorde. La guerre est déclarée dans le couple.

Jusqu’au drame.

Pour oublier ce dont il a été témoin, Robert, le benjamin de la fratrie, fasciné comme son père par la culture des arbres, s’enfuit le plus loin possible. De petit boulot en petit boulot, il s’enfonce toujours plus vers l’ouest, se passionne pour la botanique, tente de refaire sa vie. Mais mettre une distance physique entre le Black Swamp et lui est une chose. Fuir ses pensées en est une autre. Où qu’il aille, il reste prisonnier de ces dernières.

Avec A l’orée du verger, Tracy chevalier nous offre un roman historique fascinant, richement documenté, aux personnages indiciblement attachants, où hommes et arbres sont unis dans leur combat pour la vie. Un combat âpre, sans merci, mais non exempt de joies et de rencontres lumineuses.

Un roman magnifique!