Citation du jour

Les livres et la musique ont toujours été présents dans ma vie. Ce sont des compagnons. Les murs étaient tapissés de livres, c’était comme des briques posées à la verticale, je ne connaissais pas d’autre stabilité. Mais, adossée à cette stabilité, je me sentais paradoxalement instable.

Yael Pachet – Le peuple de mon père

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©Karine Fléjo photographie

 

Citation du jour

 Qui n’est pas susceptible ? Qui peut entendre les critiques en souriant ? Très peu de gens sont capables d’écouter une remarque ou un reproche qui engage leur être, sans éprouver aussitôt du mécontentement, un grand déplaisir, et de la colère contre celui qui leur parle. Je suis sûre de cela. L’expérience est simple à mener : essayer de pointer le nez d’un ami sur son défaut le plus criant. Adressez-vous à lui avec douceur et gentillesse, mais franchise, sans éluder, puis regardez sa tête : déconfite, furieuse. Il vous en veut déjà… et quelque chose est détruit entre vous, la candeur, l’idée qu’on se faisait de l’idée que l’autre se faisait de soi, irrémédiablement annihilée par une seule parole. Un mot qu’on a laissé envoler ne se laisse plus jamais rattraper par l’aile. Qui a dit cela ? Estelle doit le savoir, il paraît qu’elle sait tout. Alors je le lui demande. C’est Luther qui a écrit cette phrase, dit Estelle. Il voulait signifier bien sûr que tout peut être dit, que les paroles ont la légèreté du souffle qui les porte et s’évanouissent comme la voix, et cependant toutes ne peuvent être dites. Il nous faut du discernement. »

ALICE FERNEY, « Les Autres »

 

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Citation du jour

 Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d’être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n’êtes plus l’otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l’instant présent. Imaginez que vous savez tout à coup être léger sans jamais être frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d’être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l’ordre du jour. Imaginez que votre capacité d’émerveillement soit intacte, qu’un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d’espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent. Imaginez que la traversée de vos gouffres ne vous inspire plus que de la joie »

Alexandre Jardin, Le Zubial

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