Simple, de Julie Estève

img_4855

Simple, Julie Estève

Editions Stock, août 2018

Rentrée littéraire

 Une plongée dans l’univers empli de poésie et de candeur d’un homme simple, victime du mépris et de l’injustice.

Antoine Orsini n’est jamais désigné par son nom et son prénom. Non, lui, c’est l’idiot du village, le « baoul » comme disent les autres d’un air de mépris. La chaise en plastique abandonnée près des poubelles est devenue son interlocutrice. Après tout, ne partagent-ils pas la même communauté de sort, mis au rebut, repoussés par les autres ? Alors il parle à la chaise, lui raconte sa vie ces dernières années, Magic son copain, sa fidèle mob avec laquelle il tourne en rond, Florence, la fille de madame Biancarelli, ses 15 années de prison.

Florence, il l’aimait bien. Et les autres gars du village aussi, du moins pour coucher, car pour l’affection, Florence, qui n’a jamais connu son père, vivait toujours dans le manque. A sa manière, cette jeune femme est marginale comme lui. Alors ils se comprennent. Il aimait grimper aux arbres pour parvenir à la hauteur de sa fenêtre et échanger quelques mots avec elle, écouter avec elle de la musique sur son transistor. Jusqu’au jour où on a découvert le cadavre de Florence. Et le baoul de faire un coupable tout désigné. Mais qu’en est-il vraiment ?

Au fil des confidences d’Antoine, dans une langue très singulière, brute, au plus près de ses émotions, le lecteur réalise que dans le village, bien d’autres personnes avaient des raisons d’en vouloir à Florence. Et si le baoul avait été condamné par erreur ? Un roman touchant, à l’image de son personnage. Une histoire authentique et profonde, dont le style un peu décousu, à l’image des pensées qui traversent l’esprit du baoul, peut déconcerter parfois..

 

Citation du jour

Je remarque que la lenteur, qui n’est pour moi rien d’autre que le rythme fondamental de l’humanité, est devenue un luxe paradoxalement nécessaire et vital par les temps qui courent, qui nous entraînent plutôt qu’ils ne nous portent. On perd en teneur ce que l’on gagne ne vitesse, et cette vitesse que l’on atteint semble actuellement beaucoup plus intéressante que la direction que l’on prend. Pourtant, le cheminement compte tout autant que la destination, et la méthode que la formule finale.

Michel Simonet – Une rose et un balai – Pocket éditions

une rose et un balai Michel Simonet

©Karine Fléjo photographie

 

L’ivresse des libellules, Laure Manel

L'ivresse des libellules de Laure Manel

©Karine Fléjo photographie

Laure Manel est l’auteur de La délicatesse du homard et de La mélancolie du kangourou. Dans son troisième roman, L’ivresse des libellules, elle nous livre une chronique douce-amère sur le couple.

Quatre couples et une jolie femme

Quand quatre couples d’amis partent ensemble en vacances, ce n’est déjà pas simple à gérer. Il y a les désirs des uns, les préférences des autres, les conciliants, les rigides, les émotifs, les rentre-dedans, les leaders, les soumis, les lève-tôt, les couche-tard, les sportifs, les dilettantes, les vegans, tout un monde à concilier. Heureusement, cette année, ce devrait être plus simple. En effet, Sybil, la meneuse autoproclamée de la bande, a proposé et obtenu que les couples viennent sans leurs enfants. Une décision à laquelle il lui est facile de se soumettre puisqu’elle n’a pas justement d’enfants. Seulement une belle-fille, Léa, avec laquelle les rapports sont quelque peu tendus. Pas de cris, pas de pleurs, de chamailleries, de ras-le-bol de marcher, de je-n’aime-pas-les-légumes, les enfants resteront chez leurs grands-parents respectifs ou chez l’ex-conjoint. La tranquillité sera ainsi assurée.

Enfin, tranquillité en théorie. Certes, les enfants ne sont pas de la partie, mais Claire a proposé à Valentine, récemment séparée et donc le moral en berne, de se joindre au groupe. Une jeune femme aux jolies formes, belle malgré sa tristesse, qui ne va pas laisser les hommes et l’un d’eux en particulier, indifférents. Des hommes qui, contrairement aux attentes, ne lui sont pas tous inconnus…

Et le loup d’être lâché dans la bergerie.

Les couples sont mis à rude épreuve, entre tentation de l’un, infidélité de l’autre, usure des sentiments face au temps qui passe, séduction et sexualité en berne, rivalité avec les beaux-enfants, désir évaporé… Ces vacances, à défaut d’être paisibles, permettront-elles à chaque couple de mettre les choses à plat et de repartir sur de meilleures bases ?

Vie de couple et usure du temps : une fatalité ?

Après La délicatesse du homard et La mélancolie du kangourou, Laure Manel nous revient avec un roman plus léger. Un roman sur l’amitié et l’amour, sur les tourments du couple face à l’épreuve du temps. Devenir mère a souvent pour effet de faire passer la femme au second plan. La maman a moins de temps pour s’occuper d’elle, pour vivre des moments intimes avec son conjoint, de sorte que beaucoup de couples souffrent en silence de ces liens distendus, loin de la passion du début. Les hommes regardent alors parfois plus facilement ailleurs. Et certains couples n’y survivent pas. Mais refaire sa vie, dans une famille recomposée, n’est pas simple non plus. Dur de trouver sa place dans le cœur des beaux-enfants, de supporter les divergences d’éducation du nouveau conjoint. Chacun doit trouver ses marques.

Valentine agit ici comme un révélateur des crises conjugales qui sommeillent dans ces couples. Toute crise est-elle à redouter pour autant ? Ou peut-elle être l’occasion de se parler à cœur ouvert, de faire part de ses besoins, de ses envies, d’écouter les ressentis de chacun et de tout mettre en œuvre, dès lors, pour faire renaître la passion ? Je vous laisse le découvrir…

Mamma M’IA, bande dessinée d’Olivier Pelletier et Anne-Caroline Paucot

bande dessinée Mamma m'IA

©Karine Fléjo photographie

L’Intelligence Artificielle croquée en 8 histoires, qui pointent le doigt avec un humour mordant sur les dangers et les avantages des technologies numériques. Percutant, pertinent et résolument actuel !

Intelligence Artificielle : pour le meilleur ou pour le pire ?

Imaginez que demain, les progrès technologiques puissent vous donner le choix d’avoir l’enfant de vos rêves : choix du sexe, de la couleur des yeux, des cheveux, du degré d’intelligence, de la résistance aux maladies, options qui bien évidemment se monnaieront. Un bébé à la carte : enthousiasmant ou… effrayant ?

Imaginez encore que bientôt (nous en sommes très proches déjà), toute la maison soit connectée, toutes les tâches soient programmables et programmées. Le bonheur ? Un confort qui a un coût : votre dépendance aux nouvelles technologies au point de vous sentir perdu et handicapé sans.

Ce sont ainsi huit situations du potentiel quotidien qui nous attend, qui sont passées en revue, sous la plume ironique et acérée d’Anne-Caroline Paucot et les dessins humoristiques et décalés d’Olivier Pelletier.  Percutant.

La révolution numérique : savoir prendre le virage technologique

Cette bande dessinée s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Avec un humour féroce et jubilatoire, les auteurs nous invitent à réfléchir sur ce que pourrait être le monde de demain si nous ne négocions pas au mieux la révolution numérique et restons passifs. Il ne s’agit pas d’un livre contre le progrès technologique mais contre ses potentielles dérives (addiction, eugénisme, conditionnement psychologique, etc). Et comme un lecteur averti en vaut deux, autant garder à l’esprit les écueils à éviter pour ne pas être supplantés par des robots et n’obtenir de notre union avec l’Intelligence Artificielle que le pire. Car les robots ne sont pas à diaboliser : en médecine, dans la réalisation de tâches pénibles ou impossibles pour l’homme, pour ne citer que ces exemples, les robots sont complémentaires à l’homme. Mais ne devenons pas des machines nous-mêmes, incapables de penser et d’agir par nous-mêmes !

Une bande dessinée ancrée dans l’actualité, qui interroge tous les domaines de la société, de la place des personnes âgées aux rapports amoureux en passant par la santé ou encore le monde sexiste du travail. Un regard aiguisé, ironique et brillant. A lire !

 

La vie dont nous rêvions, Michelle Sacks

La vie dont nous rêvions, éditions Belfond

Un couple amoureux, un joli bébé, une magnifique maison dans un cadre champêtre, cela ressemble à s’y méprendre au tableau du bonheur. Mais sous le vernis des apparences, des couleurs plus sombres se dessinent peu à peu. Le pastel vire au noir. Domination, adultère, perversion, un roman aussi glaçant qu’addictif, au suspense implacable.

Perversion et domination en amitié et en amour

Sam et Merry ont quitté la ville bouillonnante de Brooklyn pour les fins fonds de la campagne suédoise, dans une maison que Sam a hérité de sa grand-mère. Une vieille bâtisse, loin de tout, que Sam a magnifiquement retapée de ses mains tandis que Merry, précédemment scénographe pour le cinéma, s’est chargée de la décoration avec un goût exquis. Une vie saine faite d’amour et d’eau fraîche, de balades en amoureux dans la forêt, de fruits et légumes cultivés dans leur jardin. Entre son bébé, le potager, la préparation de petits plats et le ménage, Merry est une femme au foyer accomplie et épanouie. Un bonheur presque indécent comme on n’en voit qu’au cinéma.

Sauf que nous ne sommes pas au cinéma. Et que Sam comme Merry jouent pourtant des rôles. Le rôle de personnages épanouis et équilibrés. Tout ce qu’ils ne sont pas.

Quand Frank, l’amie d’enfance de Merry, annonce qu’elle vient leur rendre visite en Suède, c’est un mélange d’excitation et de crainte qu’éprouve Merry. Frank est son double, son âme-sœur, celle dont elle a le plus besoin dans la vie. Mais sa plus grande rivale aussi. Frank la connaît depuis l’enfance, sait discerner mieux que quiconque ses états d’âme, entendre les mots qu’elle tait. Il s’agira pour Sam et Merry d’être absolument parfaits dans leurs rôles de couple heureux et amoureux. Sera-t-elle dupe de la comédie du bonheur qui se jouera sous ses yeux ?

Un roman aussi envoûtant qu’effrayant, brillamment construit

Le lecteur plonge dans le roman de Michelle Sacks le sourire aux lèvres, devant ce couple au bonheur resplendissant, installé depuis peu dans un cadre champêtre paradisiaque. Mais très vite, l’auteur insère des bémols dans cette mélodie du bonheur, comme de fausses notes sur la partition qui titille l’attention du lecteur. Des indices savamment distillés qui peu à peu font craindre le pire. Pourquoi ont-ils quitté New-York ? Qu’ont-ils fui là-bas ? Est-ce un choix ou une décision subie pour Merry ? Quant à son amour pour Sam, il s’apparente davantage à une soumission totale. Devant lui, Merry s’efface et joue au caméléon, se conforme à toutes ses attentes, paraît heureuse comme il exige qu’elle le soit. Elle s’oublie. Et étou

ffe. Merry ne trouve pas davantage de satisfactions dans sa relation avec son bébé. Le lien entre eux ne se tisse pas. Elle le regarde hurler, réclamer ses bras, sans pouvoir y répondre. Pire même, elle a envie de lui faire du mal… Mais cela, personne ne le sait tant elle excelle dans le rôle de la femme et mère parfaites. Frank percevra-t-elle sa détresse et permettra-t-elle d’éviter qu’un drame ne survienne ? Mais tandis que le lecteur s’interroge, dans une tension extrême, Michelle Sacks lui révèle que la relation elle-même entre les deux amies n’est pas celle que l’on croit…

Ce premier roman est particulièrement brillant. L’auteur excelle à vous faire ressentir des émotions contradictoires, de l’attirance et de la répulsion, de l’envie et de la peur. Vous frémissez face au drame qui se profile, le redoutez, mais ne pouvez pas vous empêcher d’aller voir les pages suivantes pour apprendre ce qui va se passer. Un roman fort, très juste dans l’analyse de la soumission et de la domination dans le couple comme dans l’amitié, de la difficulté qui existe parfois dans l’établissement du lien mère-enfant. Un roman qui ne se laisse pas oublier !

 

Les douze livres de votre été !

les livres de l'été

Le soleil et la chaleur sont déjà là, la fatigue de l’année aussi, et vous comptez les heures avant les grandes vacances. La valise est presque prête, la crème solaire et le maillot de bain achetés, il ne vous reste plus qu’à y glisser les livres. Mais quels livres emporter avec soi ? Pas simple quand on voit les milliers de livres parus. Pas de panique, je vous ai sélectionné douze livres publiés ces derniers mois, dans des registres très divers, pour voyager, aimer, apprendre, découvrir, trembler, vous émouvoir, sourire, autrement dit, pour vivre toute la palette des émotions.

Allez, on pousse les vêtements pour faire de la place, au besoin on prévoit une deuxième valise et on y met :

  • Le quartier des petits secrets, de Sophie Horvath, aux éditions Flammarion. Vous avez envie d’un livre empli de tendresse, de bienveillance, qui place l’humain au cœur ? Alors ce magnifique roman de Sophie Horvath est pour vous. Un livre où les apparences sont bien souvent trompeuses et les secrets nombreux…
  • Une rose et un balai, de Michel Simonet, aux éditions Pocket : un livre petit par la taille mais immense par la profondeur et la beauté. Surtout, surtout, ne passez pas à côté de ce petit (mais grandiose) traité de sagesse d’un balayeur de rue !
  • L’âme du violon de Marie Charvet, aux éditions Grasset : Du 17ème siècle à nos jours, de l’Italie à la France en passant par les Etats-Unis, Marie Charvet nous offre un roman choral absolument magnifique, envoûtant, humain : le destin de quatre personnages terriblement attachants, liés les uns aux autres par un violon de maître.
  • Amour propre, Sylvie le Bihan, éditions JC Lattès : Dans son nouveau livre, Sylvie Le Bihan s’attaque avec beaucoup de courage à un mythe, celui selon lequel l’épanouissement d’une femme et d’un homme passe obligatoirement par le fait d’avoir un enfant. Or devenir maman, et ce, malgré l’amour porté à l’enfant, peut être un trop lourd sacrifice pour la femme derrière la mère, donner lieu à des regrets. Un roman courageux, percutant, magnifiquement mené. Un livre ESSENTIEL
  • Descartes pour les jours de doute et Kant tu ne sais plus quoi faire il reste la philo, Marie Robert, aux éditions Flammarion. Vous pensez que la philosophie n’est pas faite pour vous, qu’il s’agit d’une discipline absconse, quelque peu poussiéreuse et même carrément ennuyeuse ? Alors laissez Marie Robert vous prouver le contraire ! Ou l’art de rendre la philosophie VIVANTE, ACCESSIBLE et PASSIONNANTE.
  • Le manuscrit inachevé, Franck Thilliez, éditions Pocket : envie de frissons, de suspens, de partir sur la côte d’Opale dans une enquête menée tambour battant ? Alors laissez le maître du thriller français vous embarquer dans une lecture addictive. Une fois ouvert, vous ne lâcherez plus ce livre !
  • Comme elle l’imagine, Stéphanie Dupays, aux éditions Mercure de France : Stéphanie Dupays s’interroge sur l’impact des réseaux sociaux comme Facebook sur les rencontres amoureuses, sur les codes de la séduction. Une rencontre en ligne peut-elle donner lieu à un amour réel ? L’amour 2.0 sous la brillante plume de Stéphanie Dupays.
  • Les victorieuses, Laetitia Colombani, éditions Grasset : le roman d’une femme, Blanche Peyron, qui a voué sa vie à l’Armée du Salut et a offert un refuge à toutes les femmes exclues de la société. Un vibrant hommage à la fondatrice du Palis de la femme, mais aussi à toutes ces femmes qui se battent au quotidien, pour garder leur dignité.
  • Une histoire impossible, Guy Lagache, éditions Grasset : Une magnifique histoire d’amour, que les tumultes de l’Histoire malmènent. Où quand un homme qui s’est toujours conformé à ce qu’on attendait de lui, décide de prendre son envol… avant de réaliser qu’il a quitté une prison pour une autre. Passionnant, dense, envoûtant.
  • Qui n’est pas raciste ici ? Akli Tadjer, éditions JC Lattès : un manifeste écrit en réponse au refus de certains lycéens de province de lire son roman, pour des motifs racistes. Blessé, choqué, en colère, Akli Tadjer a tenu à aller quand même à la rencontre de ces jeunes et nous en parle dans ce livre brillant, clair. Essentiel.
  • A nous regarder ils s’habitueront, Elsa Flageul, éditions Julliard : Que devient le couple quand un enfant naît ? Dans ce superbe roman, Elsa Flageul aborde les combats de trois êtres : ceux d’un bébé né prématuré pour la vie, celui d’une mère contre sa culpabilité de n’avoir pas mené sa grossesse à terme, celui d’un homme et d’une femme devenus parents pour trouver leurs nouveaux repères.
  • Le retour du jeune Prince, A.G Roemmers , City éditions : Alejandro G. Roemmers est un célèbre poète et auteur argentin au parcours incroyable. Un parcours guidé par la quête du bonheur, l’éveil spirituel, la fraternité. Et de fait, pour avoir eu la chance de le rencontrer, il incarne ce bonheur et ces nobles valeurs. De son expérience, il a tiré ce conte philosophique moderne, Le retour du jeune prince, désireux de partager les fruits de son cheminement personnel.

Bonne lecture !

les livres de l'été

 

Rencontre avec Franck Thilliez : « Pour moi, l’écriture d’un roman, c’est comme un Vendée Globe »

franck-thilliez-auteur

Ce jeudi 20 juin, les éditions Pocket organisaient une rencontre exceptionnelle avec le talentueux Franck Thilliez, sur les lieux de son nouveau roman paru chez Pocket: Le manuscrit inachevé. Rendez-vous pris au Touquet-Paris-Plage, pour une journée inoubliable avec le maître du thriller français.

Un roman dense comme Le manuscrit inachevé demande combien de temps de préparation, d’écriture ?

En général mes romans sortent au mois de mai et je les ai terminés au mois d’octobre/novembre précédent. Donc à partir du mois de novembre, sans repartir directement dans l’écriture, je réfléchis à ce que sera le prochain,  comment vont évoluer les personnages. Et après, il y a une partie recherche et documentation, je creuse le sujet, c’est une période qui dure six mois. Puis au bout de six mois, quand j’ai mon histoire en tête, je commence à écrire.

franck-thilliez-touquet

Et lorsque la phase d’écriture commence, avez-vous en tête très précisément les diverses étapes de votre roman, savez-vous exactement quelle sera la destination finale ou cela s’élabore-t-il au fil de l’écriture ?

C’est un peu comme un Vendée globe. C’est-à-dire que vous savez que vous allez d’un point à l’autre, en connaissant les étapes, en sachant qu’à tel endroit cela va être compliqué,. Donc j’ai un peu cette vision là de mon histoire.Parfois les vents me poussent un peu en dehors de la route prévue, mais j’essaye toujours de revenir au chemin initial parce que j’ai un cap en tête à garder.

le-manuscrit-inacheve (3)

En amont, lors de la phase de préparation de votre roman, faites-vous des fiches sur vos personnages, ou avez-vous tous en tête ?

J’utilise en fait un logiciel,  cela s’appelle le Mind Mapping. Au lieu d’avoir ma documentation dispersée partout, de perdre du temps à la retrouver, j’ai toute ma documentation répertoriée dans ce logiciel sous forme d’arborescence. Cela permet de représenter visuellement le chemin de la pensée. J’y mets mes personnages, mes lieux, mes idées et cela crée des arborescences. Comme j’écris des choses très complexes et très documentées, cela m’est très utile. Cela me prend du temps mais me permet ensuite d’avancer plus vite dans la phase d’écriture et de ne pas bloquer ou de ne pas avoir le syndrome de la page blanche.

franck-thilliez (3)

Quand vous écrivez, vous rédiger toute la journée, ou vous arrivez à complètement couper de votre roman et à faire autre chose ? Car quand on vous lit, les histoires sont tellement denses, tellement intenses, tellement complexes, qu’on se demande comment vous arrivez à vous en extraire ?

J’écris en journée, mais  pas beaucoup d’heures chaque jour. Car l’écriture est très étalée dans le temps. Après, cela ne me pose aucun problème de passer à autre chose dans la journée. La preuve, je suis avec vous aujourd’hui alors que je suis en phase d’écriture.

franck-thilliez-thriller

Lisez-vous d’autres auteurs de thrillers contemporains? Ce-faisant avez-vous peur d’être influencé ? 

Dans mon dernier roman, Lucas, il est question d’intelligence artificielle. Alors je vois Bernard Minier, six mois avant que mon roman ne sorte,  on discute de ce que chacun écrit et là Bernard Minier me dit qu’il écrit un roman sur l’intelligence artificielle. Et moi aussi. Cela nous a fait peur, mais heureusement nos livres n’ont absolument rien à voir, l’approche est très différente. Mais d’une manière générale, non, je n’ai pas peur d’être influencé.

le-touquet-paris-plage

dedicace-thilliez