Citation du jour

« Les femmes ont ce sens pratique, cette logique qui les amène à comprendre ce qui est bon pour leur famille et ce qui peut lui nuire. Elles sont les gardiennes du sens, cherchent à préserver les acquis et à inscrire tout nouvel épisode dans la continuité de l’histoire qu’elles contribuent à écrire. Elles sont actrices et réalisatrices de leur vie, possèdent une vision du scénario. Les hommes ne sont que des comédiens de l’instant. Et s’ils comprennent un jour, c’est quand le film est fini. » Thierry Cohen, dans Je n’étais qu’un fou (Éditions Flammarion)

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Glissez Grégoire Delacourt dans votre poche!

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On ne voyait que le bonheur, de Grégoire Delacourt

Éditions du Livre de Poche, septembre 2015

Peut-on aimer sans avoir été aimé? Peut-on réussir sa vie quand on a grandi dans le chaos?…

Ça avait la saveur, la couleur, le parfum du bonheur. Mais ça n’en était qu’un pâle ersatz. Une famille, un travail, des enfants, en réalité juste des clichés capturés dans le lasso d’un objectif photographique. Clichés de ce que doivent être les ingrédients d’une vie heureuse. Car si une photographie, à l’image du soleil, fait tout voir, elle ne se laisse pas regarder.

A l’aube du décès de son père, Antoine, quadra expert en assurances, refuse pourtant cette cécité feinte. Il rembobine le film de sa vie et force lui est de constater que le bonheur qui l’a jalonnée ne fut qu’une éphémère illusion. Des parents incapables de lui témoigner leur amour, un couple parental broyé par la perte d’un de ses enfants, comment lui, Antoine, peut-il construire du solide sur des bases aussi friables? Comment peut-il réussir sa vie de famille, sa vie amoureuse, sa vie tout court, quand autour de lui, ce ne furent que déchirements, incompréhension, effondrement? Comment s’aimer quand celle et ceux qui vous ont conçu, porté, ne vous ont pas renvoyé une image aimable (au sens digne d’amour) de vous? Peut-on seulement donner ce que l’on n’a pas reçu?…

Térébrants questionnements.

Lui qui passe son temps à gérer froidement des dossiers d’indemnisation, qui calcule sans état d’âme ce que sa compagnie remboursera à minima aux victimes, tente alors de chiffrer ce que vaut sa vie. Vaste question. La valeur est-elle le prix à payer pour obtenir quelque chose (pour autant qu’il s’achète, ce qui n’est pas le cas de l’amour) ou le coût en termes d’efforts, de patience, pour accéder à ce que l’on désire?

Dans ce roman, Grégoire Delacourt nous peint le portrait d’un homme sous la forme d’un triptyque bouleversant : l’enfance sans l’amour de sa mère ni le courage de son père, handicap affectif qui va conditionner sa vie adulte et le conduire à commettre l’irréparable; la tentative de reconstruction loin du drame, au Mexique; et enfin, l’irréparable pourtant en partie réparé grâce au pardon. Un roman qui prend à la gorge, secoue, malmène. Une histoire qui, aussi singulière soit-elle, recelle en elle une universalité qui touchera chaque lecteur : peut-on faire des ses cicatrices d’enfance des balafres réussies? Y a t-il une possibilité de mettre fin à la répétition des schémas parentaux? Peut-on apprendre à s’aimer et donc ensuite à aimer, quand on a grandi sans amour?

Sept Euros trente. Ce n’est pas ce que vaut la vie d’Antoine. C’est le mini prix à payer pour un maximum d’émotions. Un minuscule prix pour un grand bonheur de lecture.

Prix La Mamounia 2015 : Leila Slimani

Le prix littéraire de La Mamounia 2015 va à Leïla Slimani pour Le Jardin de l’Ogre

 Le prix littéraire de la Mamounia 2015 est remporté par Leïla Slimani pour son livre Le Jardin de l’Ogre paru aux éditions Gallimard. Une femme primée, une grande première dans l’histoire de ce prix. 

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Dans l’un des salons feutrés de La Mamounia, Christine Orban, romancière et présidente du jury du Prix Littéraire de La Mamounia est fière d’annoncer le nom du gagnant : Leïla Slimani pour son livre Le Jardin de l’Ogre paru aux éditions Gallimard. Une femme primée, une grande première dans l’histoire de ce prix créé en 2009 par le célèbre établissement de luxe marrakchi. Un prix décerné « à l’unanimité » surtout, « pour son audace à aborder un sujet peu traité, qui plus est par une femme musulmane et écrit d’une façon brillante, avec beaucoup de psychologie » souligne la présidente. Avant de conclure, « il fallait oser, le sujet est gonflé !
Paru en 2013, ce roman qui narre l’histoire de la vie d’Adèle et de Richard, un couple parisien au quotidien monotone s’est en effet attelé à un sujet « dur mais avec originalité », celui de l’addiction au sexe et de la souffrance qui en découle. « L’histoire d’une femme qui perd le contrôle, de son corps, de son existence, un livre sur la dépossession de soi, sur le vertige mais aussi l’ivresse que peut procurer l’avilissement » explique Leïla Slimani. « Un livre sur l’addiction aussi, sujet qui m’a toujours fasciné et sur le courage enfin, sur l’amour et sa capacité à survivre aux petites et grandes trahisons qui jalonnent l’existence » conclue-t-elle.
Un prix réservé aux auteurs marocains de langue française
Réservé aux auteurs marocains de langue française, ce prix mettait en compétition cette année les livres Quand Adam a décidé de vivre, de Rachid Khaless (La croisée des chemins), Pour tout l’or de Casablanca, de Imane Robelin (Editions Henry), Nous n’irons pas tous au paradis, de Maria Guessous (Afrique Orient) et À l’ombre de l’Eucalyptus, de Najib Redouane (L’Harmattan).

Leïla Slimani a été plébiscitée par un jury éclectique composé de sept personnalités du monde littéraire international à l’instar de la romancière Christine Orban, de l’auteur américain Douglas Kennedy, de l’écrivain marocain Mohamed Nédali – gagnant en 2012 de ce même prix pour Triste Jeunesse (Le Fennec) -ou encore de Karima Yatribi, professeure de littérature française au Maroc et membre de « L’Union des Ecrivains du Maroc ». Leïla Slimani repart, souriante, un chèque de 200 000 dirhams en main.

Prix Gulli 2015 : Roland Godel

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Le prix Gulli du roman récompense depuis quatre ans les ouvrages destinés aux 8-14 ans. Cette année, Michèle Reiser était la présidente du jury et Antoine de Caunes, le parrain de l’édition. Parmi les cinq livres en sélection*, c’est «Dans les yeux d’Anouch» de Roland Godel (Gallimard Jeunesse) qui a été récompensé. L’histoire d’une jeune Arménienne qui vit en Turquie et dont la vie bascule en 1915… En attendant sa rentrée sur Canal+ (dont il ne dira pas un mot), Antoine de Caunes nous parle littérature jeunesse.
Roland Godel est suisse. Né à Genève, il suit des études de sciences politiques. Après avoir été journaliste pendant seize ans pour différents journaux, il est aujourd’hui responsable de la communication du département des finances pour le canton de Genève. Il n’a pas pour autant renoncé à l’écriture. Depuis 1999, il a publié de nombreux récits et romans chez différents éditeurs pour la jeunesse (Le Seuil, Thierry Magnier, Oskar).
Il s’intéresse aux peurs, aux désirs et aux doutes qui tenaillent chacun d’entre nous, aux failles et aux forces qui nous font avancer. Roland Godel a obtenu le prix Chronos 2008 pour Les petits secrets de la pension Mimosas ainsi que le prix du roman historique jeunesse 2010 et le prix Tatoulu 2010 pour La sorcière de Porquerac. Dans les yeux d’Anouch, inspiré de son histoire familiale, est son premier livre Gallimard Jeunesse.

Prix Interallié 2015 : première sélection

Sept jurés du prix Interallié (Philippe Tesson, Jean-Marie Rouart, Christophe Ono-dit-Biot, Jacques Duquesne, Stéphane Denis, Florian Zeller et Éric Neuhoff) étaient présents hier lors de la première délibération chez Lasserre, une célèbre table parisienne. Serge Lentz, absent pour raison de santé, avait donné sa liste par écrit. L’année prochaine, ces huit journalistes et écrivains seront rejoints par deux anciens lauréats, Jean-Christophe Rufin et Gilles Martin-Chauffier, élus la semaine dernière.

Douze livres ont été sélectionnés. Parmi eux, on retrouve quatre femmes (Monica Sabolo, Amanda Sthers, Nathalie Rheims et Ève de Castro) et d’autres auteurs déjà engagés dans la course au prix tels Boualem Sansal (2084), Laurent Binet (La Septième Fonction du langage) ou Mathias Énard (Boussole). Et un primo-romancier déjà remarqué, Christophe Boltanski, auteur de La Cache.

Première sélection :

Laurent Binet : La Septième Fonction du langage (Grasset)
Christophe Boltanski : La Cache (Stock)
Ève de Castro : Nous, Louis, Roi (L’Iconoclaste)
Charles Dantzig : Histoire de l’amour et de la haine (Grasset)
Lionel Duroy : Échapper (Julliard)
Mathias Énard : Boussole (Actes Sud)
René Guitton : Mémoires fauves (Calmann-Lévy)
Philippe Lacoche : Vingt-quatre heures pour convaincre une femme (Écriture)
Olivier Poivre d’Arvor : L’Amour à trois (Grasset)
Nathalie Rheims : Place Colette (Leo Scheer)
Monica Sabolo : Crans-Montana (JC Lattès)
Boualem Sansal : 2084 (Gallimard)
Amanda Sthers : Les Promesses (Grasset)
Une deuxième sélection doit se dérouler le 21 octobre et une troisième aura lieu le 4 novembre. Le prix Interallié qui avait couronné l’année dernière Mathias Menegoz pour Karpatia sera décerné jeudi 12 novembre.

Prix Georges Brassens 2015 : Isabelle Monnin

Pour sa 18ème année, et après une soirée de délibérations animées, le Prix littéraire Georges Brassens 2015 a été attribué mardi 22 septembre 2015 à 22h à : Isabelle MONNIN pour son roman « Les gens dans l’enveloppe », publié aux éditions Jean-Claude Lattès.

Le Prix littéraire Georges Brassens 2015 sera remis dans le Parc Brassens (Paris 15e) lors des 29es Journées Georges Brassens, le samedi 10 octobre à 12h. Il sera remis par son mécène Alain WICKER, en présence du jury et de Pierre VEDEL, parrain des journées.
Le jury était composé de : Mario POLETTI, Président d’honneur, ami de Georges Brassens et auteur ; Mohammed AISSAOUI, auteur et critique littéraire ; Alain WICKER, Président de DAUMALIS LEXXII et mécène du Prix ; Madame WICKER ; Véronique JACOB, éditeur ; Isabelle JARRY, auteur ; Karine PAPILLAUD, journaliste ; Nathalie CROM, critique littéraire ; Guy COUDERT fondateur des journées Brassens ; Bertrand DICALE, auteur et journaliste ; Monique KERMEL ; Victor Macé de LEPINAY , producteur d’émission de radio et Philippe TOURON, libraire.

Les autres livres sélectionnés étaient
« La clef sous la porte » de Pascale Gautier aux éditions Joëlle Losfeld,
« La saison des bijoux » d’Eric Holder aux éditions du Seuil,
« Bâtisseurs de l’oubli » de Nathalie Démoulin chez Actes Sud,
« Mille et un morceaux » de Jean-Michel Ribes aux éditions de l’Iconoclaste,
« la petite femelle » de Philippe Jaenada aux éditions Julliard,
« Profession du père » de Sorj Chalandon aux éditions Grasset et
« Vladimir Vladimirovitch » de Bernard Chambaz chez Flammarion.

Le Prix littéraire Georges Brassens est doté par DAUMALIS LEXII. Il récompense un livre, paru dans l’année, dont l’esprit et le style rappellent l’esprit du grand Georges, comme l’ont voulu ses fondateurs: René FROMENT, Louis NUCÉRA, Robert SABATIER et Alphonse BOUDARD.

Félicitations à Isabelle Monnin!