Deux zèbres sur la 30ème Rue, de Marc Michel-Amadry

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Deux zèbres sur la 30ème Rue, de Marc Michel-Amadry

Editions Héloïse d’Ormesson, Avril 2012.

       » Lorsqu’on rêve seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité. L’utopie partagée, c’est le ressort de l’Histoire. » Cette citation d’Elder Camara pourrait résumer la phiosophie de cette très belle fable, Deux zèbres dans la 30ème Rue. Ou comment la douce folie d’un homme, Mahmoud, directeur du Zoo de la joie à Gaza, va être le point de départ d’une mobilisation à l’échelle planétaire.

     Mahmoud, dont les deux zèbres viennent de mourir de faim suite à une offensive israélienne, ne peut se résoudre à priver les enfants de l’attraction phare de son zoo. Et de peindre des rayures sur deux ânes. Si les stries ainsi dessinées ne sont qu’illusion d’optique, la joie des enfants est authentique. Un fait divers qui va susciter la curiosité d’un reporter de guerre américain, James. Plus, elle va provoquer chez lui un véritable électrochoc. Ce journaliste, enfermé dans une cuirasse pour se protéger des horreurs de guerre dont il se fait l’écho, sent une faille s’ouvrir dans son armure. Il voit en cette initiative un message d’espoir puissant et contagieux, retrouve foi en la vie, en l’être humain. Et décide de tout mettre en oeuvre pour aider Mahmoud à faire vivre son zoo. Une alliance à priori improbable entre un américain et un palestinien, que l’intelligence du coeur va rendre possible et ô combien vibrante et belle.

      Mahmoud se rend donc à New York, où James va tout mettre en oeuvre pour lui permettre de rencontrer le consul d’Israël. Il s’agit d’obtenir l’ouverture de la frontière afin que «  l’arche », que tous deux sont en train de constituer, puisse se frayer un passage jusqu’à Gaza.

      De New York à Gaza, de Paris à Berlin, un journaliste, un consultant, une DJ et une artiste peintre vont être touchés par ce noble combat et voir leur vie de couple transformée grâce à lui.

      Cette histoire cocasse, récit humaniste, est une invitation à aller jusqu’au bout de ses rêves, à balayer les préjugés quels qu’ils soient. Une incitation à mettre de la magie dans sa vie, que la talentueuse baguette de Marc Michel-Amadry, qui signe ici son premier roman, rend féérique.

      Un roman qui fait du bien et se lit avec délectation.
P. 11 : «  Sans magie, la vie n’est rien. Sans utopie, le cynisme gagne. »

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8 minutes de ma vie, Gilles Bornais : Chlore. Et clore…

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8 minutes de ma vie, Gilles Bornais

Éditions Jean-Claude Lattès, mai 2012

 

Rêve de chlore ou…de clore?

 

     Dans quelques minutes, Alizée va s’élancer pour tenter de remporter la finale du 800 mètres nage libre aux Jeux olympiques. Une place enviée. Place enviable? Moins sûr. Car dans les bassins d’entrainement, loin de l’ébullition des médias, des déclarations énamourées des fans, des sponsors qui louvoient, se cache une réalité autre. Une réalité que l’auteur, ancien reporter sportif, puis nageur de compétition et entraîneur, connaît bien.

     Pas de place au repos, au moindre relâchement. Entraineur, club, sponsors, médias, fans, amis, famille, tout le monde compte sur la nageuse. Derrière sa confiance affichée, Alizée tremble. Ne pas décevoir, être à la hauteur de son image de championne, gagner, gagner, gagner. Et donc s’entrainer, s’entrainer, s’entrainer. Toujours plus vite. En dépit d’inhumaines souffrances. En dépit de l’épuisement.

     Dans la chambre d’appel, la nageuse s’interroge. Que fait-elle là? Rêve de chlore ou de clore? Désire t-elle vraiment cette médaille ou n’est-elle que le pantin du désir des autres, un robot programmé pour avaler les longueurs sans broncher? Ses rêves de conquête, l’ivresse des chronos, le plaisir de nager semblent avoir bu la tasse, voire s’être noyés dans les flots des entrainements sans fin, des efforts à l’extrême à fournir au quotidien, des sacrifices, de la souffrance et de la solitude.

     Dans huit minutes elle sera fixée sur son sort. Dans huit minutes, elle saura si l’angoisse qui l’étreint aura fait place au soulagement.

     Au cours de ces huit minutes, elle va jouer sa vie.

     Un enjeu terrifiant. P.52 : «  L’or sinon la mort, on en revient toujours là. »

     Si le sort d’Alizée se joue en huit minutes, il suffit de huit millièmes de secondes au lecteur pour plonger tête la première dans l’encre des mots de Gilles Bornais. Un univers impitoyable, des mythes qui sombrent, des rêves qui coulent, on nage dans la réalité violente du monde olympique. Si la nageuse aligne les longueurs, le roman de Gilles Bornais n’en souffre aucune. Très belle performance de l’auteur dans cette course de 203 pages qui se lit en apnée.

Si tu existes ailleurs, de Thierry Cohen

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Si tu existes ailleurs, Thierry Cohen

 

Editions Flammarion, mai 2012

 

Une énigmatique prophétie

 

      Il lui lâcha la main et traversa la route. Crissements de pneus. Coups de klaxon. Cris. Parvenu sur le trottoir d’en face, l’enfant se retourna. Sa maman gisait sur la route, tuée par une voiture en voulant le rattraper. En une poignée de secondes, son enfance et son insouciance ont été fauchées.

 

      Trente ans plus tard, la blessure de Noam demeure béante, son sentiment de culpabilité prégnant. Certes, il y a bien eu une éclaircie dans le ciel de son âme sombre, avec ce philosophal amour pour Julia. Mais ce rayon de soleil dans sa vie a été bien fugace. Julia l’a quitté. Et sa vie de n’être que survie au milieu de ses vieux démons, de ces angoisses qui l’oppriment comme un étau, de ces manques affectifs qui le privent d’oxygène. Il les consigne dans son carnet de confidences, tente d’exorciser ses maux en les habillant de mots. En vain. Noam se résigne à ce que l’avenir se colore aux teintes noires du passé. Comme une fatalité à laquelle il ne peut échapper.

 

      Pourtant, les propos étranges de sa nièce Anna, âgée seulement de trois ans, vont provoquer un séisme dans son existence : «  Tu vas mourir du coeur en même temps que cinq autres personnes. » Que veut-elle dire? Faut-il accorder un quelconque crédit à la déclaration de la fillette? D’où lui vient cette soudaine « illumination »? Déstabilisant. Incongru. Effrayant.

 

      Noam tente de se rassurer. Mais lui qui est déjà hanté par des idées morbides ne peut échapper à ceux de l’annonce de sa mort. Il les rejette à grands renforts de raisonnements, ils lui reviennent tel un boomerang. Et de décider d’investiguer. Et de devenir à ce moment-là acteur de sa vie. Enfin.

 

      Une psychologue aux pratiques singulières, Linette Marcus, lui assure que l’annonce de sa nièce n’a rien d’ubuesque mais repose sur une théorie avérée: la prophétie des innocents. Dans notre monde où l’agressivité, la rivalité, la lutte pour le pouvoir se substituent souvent à l’entraide, aux relations pacifiées, à l’amour, les prophètes n’ont pour seul recours que les enfants et les handicapés, âmes nobles et pures par excellence, pour transmettre leurs messages. Anna aurait donc été « élue » pour lui délivrer une vérité.

 

      Entre mysticisme et cartésianisme, Noam se bat pour découvrir la clef du mystère, retrouver ses cinq autres compagnons d’infortune. Une course contre la montre s’engage dans laquelle le lecteur s’engouffre en apnée. Impossible de reprendre son souffle. Impossible de quitter Noam des yeux. Impossible de reposer le roman avant la fin.

 

      La construction est magnifique et d’une maitrise remarquable. Cette alternance entre présent et passé, carnet de confidences et propos mystérieux de cette personne qui demeure inconnue jusqu’à la toute fin, est menée avec brio. Ce n’est plus un mais plusieurs mystères qui s’entremêlent, qui attisent tels des soufflets puissants le feu de notre curiosité. On s’embrase avec Noam, on a envie de comprendre, de savoir, on tremble, on s’émeut, on s’attendrit. On devient le caméléon des émotions, riches, véhiculées par l’auteur.

      Pas de doute, Thierry Cohen est un passeur d’émotion extraordinaire. A lire !!!

Le Karinotron avec… Gilles Paris!

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Tout d’abord pigiste pour de nombreux journaux et magazines ( Le Nouvel Observateur, Elle, Le Figaro Magazine, …) où il rédige des articles dans des domaines culturels divers (cinéma, musique, …), Gilles Paris se dirige peu à peu vers l’édition où il sera attaché de presse et directeur du service de presse de grandes maisons (JC Lattès, Plon, …). Et c’est en 2006, qu’il lance sa propre agence de communication, laquelle porte son nom, spécialisée dans l’édition. Autant dire que la littérature et Gilles Paris, c’est une belle et longue histoire d’amour!

Ne lui restait plus qu’à mettre la plume à l’encrier. Ce qu’il a fait avec brio, auteur de trois romans très remarqués et remarquables.  Papa et maman sont morts (édition Point-Virgule 1991, réédité chez Points Seuil 2012), Autobiographie d’une courgette ( éditions Plon 2002 et J’ai lu; Prix de la mairie du XVIIème ) et Au pays des kangourous (Editions Don Quichotte 2012; Prix Coeur de France).

La plume de Gilles Paris? Unique. D’une sensibilité aussi vibrante que belle. Viscéralement humaine, à l’image de l’auteur. Une plume qui a ceci de particulier qu’elle emprunte la voix d’un enfant de neuf ans, avec une justesse de ton sidérante, un regard neuf, pur et avide de connaissances sur le monde qui l’entoure. Une plume terriblement attachante sur les ailes de laquelle le lecteur s’envole avec émotion. Et peine à atterrir la lecture finie…

Retrouvez la chronique que j’ai consacrée à son dernier né, Au pays des kangourous en suivant ce lien :  Au pays des kangourous, de Gilles Paris : Un anticyclone sur la dépression avant… de vous précipiter à la librairie la plus proche pour vous le procurer!

Le Karinotron de Gilles Paris  : 

1-Votre livre de chevet

Portrait d’un mariage de Nigel Nicolson (Stock) une grande liberté de couple et d’esprit, le souffle romanesque, une folie douce, l’élégance, la création, comment ne pas relire sans fin ce merveilleux livre à deux voix, celle de Vita Sackville-West et de son fils, Nigel Nicolson ?

2- Vos lectures

Je commence L’écrivain de la famille de Grégoire Delacourt (JC Lattès), après avoir lu et adoré La liste de mes envies, un roman qui laisse songeur au bon sens du terme. J’aime ces romans qu’on n’oublie pas une fois lus. J’ai beaucoup aimé aussi C’est pour ton bien d’Alma Brami (Mercure de France), une belle écriture ciselée dans un univers âpre.

3-Votre façon d’écrire

J’ai besoin de partir pour écrire, loin si possible, et seul. Au bord de la mer de préférence. Un regard sur la profondeur de la page, un autre sur la mer qui m’inspire. Je peux travailler du matin tôt au soir tard sans m’arrêter. A condition d’avoir mes cigarettes et une bouteille d’eau à portée de main. Du chocolat noir en tablette et mes CD, car j’écris toujours en musique. J’ai le sentiment que la musique peut donner du rythme aux phrases…

4-Votre rapport aux lecteurs

Au cours des rencontres en librairie et dans les salons en province. J’essaye de tout donner dans ces rencontres qui comptent beaucoup pour moi. Quels que soient les lecteurs, qu’ils me découvrent ou non. Il y a de la magie dans ces déplacements qu’aucune photo ne suffirait à fixer.

5- Votre prochain livre

J’ai commencé une nouvelle histoire qui se déroulera en un été, dans le sud de la France. Des vacances que Victor, 9 ans, ne sera pas prêt d’oublier. Il y sera question d’un été caniculaire, de deux jumeaux Nathan et Tom, d’un sentier des douaniers peu ordinaire, et de deux mamans… Je n’en dirai pas davantage !

Dans l’attente fébrile de découvrir le prochain roman de Gilles Paris, je vous invite à aller découvrir son magnifique site :  présentation de ses oeuvres, extraits desdits romans, présentation de l’auteur, de quoi vous mettre l’encre à la bouche! http://www.gillesparis.net/

Grâce, de Delphine Bertholon : le murmure des fantômes. Envoutant !

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Grâce, de Delphine Bertholon

Éditions Jean-Claude Lattès, mars 2012

 

Le murmure des fantômes

 

      1981 : Grâce, 34 ans, avait jusqu’alors apparemment tout pour être heureuse. Un mari qu’elle aime d’un amour absolu, deux enfants, un travail. Mais ce bonheur n’est-il que vernis? Car elle ressent avec une acuité de plus en plus douloureuse l’éloignement de son mari, Thomas. Éloignement pour des raisons professionnelles, car ce dernier est représentant en électroménager et sillonne les routes, mais pas seulement. Éloignement affectif aussi. Et la venue de la toute jeune et séduisante fille au pair d’origine polonaise, Christina, de ne pas y être étrangère. Christina, Grâce en est convaincue, constitue un réel danger pour son couple. Et tombe en état de disgrâce. Pourquoi cette crainte à l’endroit de la jeune femme? Quelle est cette brèche qui a fragilisé leur couple au point de les rendre étrangers l’un à l’autre? Qui est donc cet Aurélien Bataille dont le prénom n’est jamais prononcé? Besoin de parler, d’habiller ses maux de mots. Alors Grâce écrit à son fantôme de mari des lettres qu’elle ne lui postera jamais.

 

      Noël 2010. Quand Nathan rejoint sa mère, Grâce, et Lise, sa soeur, pour les fêtes de fin d’années, l’ambiance de la maison familiale a changé. Quelque chose d’indéfinissable mais pourtant de bien palpable, rend l’atmosphère étrange, lourde. Des évènements inquiétants surviennent dans cette maison réputée être hantée. Et d’apprendre que son père, disparu de la circulation trente ans plus tôt, a refait surface. Une disparition auréolée de mystère, de non-dit. Une absence présente dans les esprits de tous mais inexistante dans les propos.L’heure est désormais venue de s’expliquer, de comprendre. Et Nathan pour ce faire, de dialoguer en pensées avec sa défunte femme, Cora, celle qu’il a tant aimée, celle qui lui a donné deux beaux enfants. Celle, la seule, qui a su dissiper en lui, le temps de leur relation, cette angoisse térébrante d’abandon. Son amour devenu fantôme suite à son décès en couches.

 

      A trente années d’intervalle, Delphine Bertholon nous invite à découvrir le dialogue virtuel entre Grâce et son fils Nathan, à pénétrer au coeur des secrets de famille, à entendre bruire les non-dits. De rebondissement en rebondissement, l’auteur nous entraine en apnée dans un thriller psychologique magistralement mené.

      De fait, il est impossible de ne pas succomber à la grâce folle de la plume de Delphine Bertholon… Envoutant!

 

P. 273 : J’ai passé ma vie à t’attendre, quand il aurait fallu que je ne cesse jamais d’être attendue par toi.

Sans arrêt, on se trompe.

Le Karinotron avec… Delphine Bertholon!

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Scénariste et écrivain, la lyonnaise Delphine Bertholon est l’auteur des romans Cabine commune (2007), Twist (2008), L’effet Larsen (2010) et Grâce (2012), tous les quatre parus aux éditions Jean-Claude Lattès. Ou encore Ma vie en noir et blanc (2011), roman pour adolescents paru dans la revue « Je bouquine ». Une plume vive, un style admirablement maitrisé, une construction parfaite, des thèmes souvent difficiles (la dépression, le deuil, le manque, l’enlèvement, la blessure amoureuse) mais toujours traités sous l’angle de l’espoir, les romans de Delphine Bertholon se vivent plus qu’ils ne se lisent. Vous êtes capturés dans le lasso de ses récits et ne desserrez plus l’étreinte avant la dernière page, happés par l’intrigue, envoûtés par ses personnages.

          Avec  beaucoup de gentillesse et de spontanéité, Delphine Bertholon a accepté de participer au Karinotron. Un GRAND merci à elle!

 

Le Karinotron de Delphine Bertholon :

1-Votre livre de chevet

Fragments d’un discours amoureux (Barthes), Amérique (Baudrillard) et La nuit remue (Michaux). Je les feuillette régulièrement, ils me touchent et sont sources d’inspiration. Mais en fait, je lis essentiellement aux terrasses des cafés ; mon lit est plutôt réservé aux films…

 

2- Vos lectures

Surtout de la littérature contemporaine, après avoir lu pendant mes études beaucoup de classiques (formateurs – Hugo et Dostoïevski en tête !) J’ai un faible pour le roman américain (Roth, Oates, Salinger, Brautigan, Easton Ellis, Fante, Safran Foer…), dont j’admire l’ambition romanesque et, souvent, la drôlerie. Je suis également une inconditionnelle d’Haruki Murakami ; si je lis moins les Français (mais je me soigne !), j’aime beaucoup le travail de Régis Jauffret. Murakami et lui ont en commun un sens de l’image singulière, une vision noire et sensuelle de la féminité, un goût des univers mouvants dont je me sens proche.

Terrible, tous ces livres à lire – et tous ceux que je voudrais relire, vu que j’ai une mémoire de poisson rouge. J’aimerais plusieurs vies rien que pour ça !

 

3-Votre façon d’écrire

Je n’écris pas tous les jours, loin de là ; mais quand je travaille sur un roman, lorsque que je suis dans une histoire, je deviens obsédée : j’oublie de déjeuner, je dors avec un carnet, je ne lis plus du tout (mais je vais au cinéma !) Tout ce que je vois, fais ou entends passe dans « l’entonnoir » de la fiction. Concrètement, je « vais et viens » entre mon ordinateur et le café d’en bas ; je rédige un premier jet, puis je l’imprime et re-travaille sur papier. Cette distance entre soi et le texte, au sens physique, m’est nécessaire. Et puis comme ça, je sors de chez moi – d’autant qu’au bistrot, on n’est jamais à l’abri d’attraper un détail (conversation, look ou mésaventure) qui passera dans le fameux entonnoir ! Les écrivains sont aussi des voleurs de vie…

 

4-Votre rapport aux lecteurs

Proche, autant que possible. Si je ne suis pas une grande fan des salons du livre, avec leur côté « foire aux bestiaux », j’aime beaucoup les rencontres en petits comités – librairies, bibliothèques – grâce auxquelles on peut vraiment rencontrer les gens, échanger… Je me suis rendue compte que je comprenais beaucoup mieux mes livres grâce aux lecteurs, à leurs remarques, leurs questions… On écrit, en partie, pour soi ; mais pas que, sinon on se contenterait de tenir un journal. Etre compris par l’autre, l’avoir touché, amusé, intéressé, ou même énervé – en cela réside aussi (surtout ?) le bonheur d’écrire.

 

5- votre prochain livre

Les deux prochains livres que je lirai seront à coup sûr 1Q84, tome 3, et Claustria de Régis Jauffret. Le prochain que j’écrirai…n’existe pas encore. Grâce est sorti il y a peu et j’ai toujours besoin, entre deux textes, d’un sas de décompression. Je m’investis si profondément dans mes personnages qu’il me faut, chaque fois, un peu de temps pour m’incarner dans d’autres…