Face à la mer immense, Lorraine Fouchet

Face à la mer immense

Imaginez les invités d’un mariage bloqués sur une île bretonne à cause du mauvais temps. Rapprochements, règlements de compte, mise à nu de secrets familiaux, la tempête n’est pas que sur la mer.

Mariage en Bretagne

Prune est une célèbre romancière. Dès son premier roman Face à la mer immense, il y a une vingtaine d’années, elle a rencontré un vif succès. Succès jamais démenti depuis. Mais de là à imaginer que la réalité puisse dépasser la fiction, que les lecteurs de ses livres puissent se rapprocher à l’image, et même grâce, aux personnages dudit roman, voilà quelque chose qu’elle n’avait pas envisagé.

C’est pourtant ce qui s’est passé avec Fleur et Merlin, lesquels se sont rencontrés grâce à son livre. Et d’avoir envie que Prune, à l’origine sans le savoir de ce rapprochement, y assiste. Le mariage aura lieu comme dans l’intrigue, sur l’île de Groix.

Si le mariage de ces deux lecteurs attendrissants émeut Prune, la perspective de retourner sur cette île bretonne qu’elle fuit comme la peste depuis 18 ans ne l’enchante pas du tout.

Mais il est peut-être temps d’affronter son passé, ses peurs, ses blessures. Et puis, ce ne sera que pour la journée. Juste une parenthèse vite refermée.

Or c’est sans compter avec les surprises du climat breton et celles, au moins aussi grandes, que réserve la mise en présence de membres d’une grande famille, avec les rancœurs, les jalousies, les non-dits et l’amour qui l’alimentent…

Une tendre mise en abyme

Avec Face à la mer immense, Lorraine Fouchet nous fait voyager en Bretagne, sur l’île de Groix qu’elle connaît si bien. Une île battue par les vents où en une seule journée, vous pouvez avoir les quatre saisons réunies. Et ce que vivent les invités du mariage est à l’image de ce climat breton : très variable. Pour certains c’est une grosse tempête, pour d’autres le calme plat, tandis que pour d’autres encore c’est un temps radieux. C’est une galerie de personnages très attachants que nous livre Lorraine Fouchet. Des personnages aux profils si variés que le lecteur se retrouve forcement dans l’un d’eux. Le couple séparé, les jeunes amoureux, le jeune homme homosexuel, le couple remarié, le fils en mal de père, l’amoureuse déçue, la maman endeuillée.

Avec beaucoup de tendresse, d’humanité et de sel (breton évidemment), Lorraine Fouchet nous montre que les tempêtes ne s’arrêtent pas à n’être que tourments. Elles permettent aussi de balayer le superflu, le douloureux, les non-dits et de chasser les nuages pour permettre au soleil de briller à nouveau sur les existences.

Informations pratiques

Face à la mer immense, Lorraine Fouchet – éditions Héloïse d’Ormesson, avril 2021 – 20€ – 320 pages

La datcha, Agnès Martin-Lugand

La Datcha Lugand

Et si les lieux modelaient notre existence, comme les mains d’un potier invisible? Il y a des endroits où l’on se sent immédiatement bien, apaisé, confiant. La datcha fait partie de ces lieux-là.

Renaître

Hermine avait mis un terme à trois années d’errance, de faim et de froid, en se posant en ces lieux 20 ans plus tôt, alors âgée de 21 ans. Abandonnée par sa mère et placée en foyer, elle avait eu l’irrépressible besoin de la retrouver à la majorité. En vain. Jusqu’à ce qu’un couple lui propose l’hospitalité en l’échange d’un travail dans leur hôtel, La Datcha, au cœur du Lubéron.

La Datcha, c’est le nom donné à cet hôtel par Jo, en l’honneur de l’amour indéfectible qui le lie à Macha, son épouse russe. C’est un lieu plein de vie, de rires, de bienveillance et d’amour où le personnel comme les clients aiment à se retrouver. Un lieu à l’image du couple. Une famille de cœur.

Mais quand Jo décède, ce bel équilibre vacille. Pour tous. Les lieux vont-ils survivre à la disparition de ceux qui leur ont donné leur âme ? Que va devenir Hermine, elle qui doit tout à cet endroit et à leurs occupants, elle qui y a enfin trouvé un équilibre, une sérénité, un amour inconditionnel et gratuit ? Et que va décider Vassili, fils de Macha et Jo et héritier de la Datcha, concernant l’avenir de l’hôtel et de ceux qui y travaillent avec tant de passion ? Face à ces incertitudes, chacun tremble.

L’âme des lieux

Avec son huitième roman, La Datcha, publié aux éditions Michel Lafon, Agnès Martin-Lugand nous emmène en Provence, dans un lieu où d’emblée on se sent accueilli, chez soi, en confiance. Un lieu qui agit comme un baume lénifiant sur les blessures, qui apaise, rassure, nourrit. Car les lieux ont une âme, imprègnent leurs murs de la joie et de l’amour de leurs habitants et en dispensent à leur tour. Ils vivent. Tandis qu’Hermine n’a jamais eu de racines, de cocon à elle, cet hôtel lui offre un refuge. Pour se reconstruire. Pour apprivoiser enfin le bonheur et l’amour.

C’est un roman très touchant et viscéralement humain que nous offre Agnès Martin-Lugand. On a envie de se mettre en route immédiatement pour la Datcha et d’y poser ses valises. Avec beaucoup de finesse dans l’analyse psychologique des personnages, l’auteure nous interroge sur l’impact des blessures passées sur nos vies actuelles. Peut-on dépasser le passé ? Renoncer à vouloir le changer et enfin l’accepter ? Pardonner ? Peut-on faire confiance quand on a été trahi, s’abandonner à quelqu’un et à soi quand on a été abandonnée dans son enfance ?

Un roman enveloppant comme une douce étole, dont on n’a pas envie de quitter ni les lieux ni les personnages.

Informations pratiques

La datcha, Agnès Martin-Lugand -Editions Michel Lafon, mars 2021-345 pages – 19,90€

Prochains livres sur le blog

La semaine prochaine, retrouvez sur le blog, comme chaque semaine, des nouveautés littéraires pour adultes comme pour enfants.

Au programme de la semaine à venir

Côté littérature adulte :

  • La datcha, Agnès Martin-Lugand, éditions Michel Laffont : Et si les lieux modelaient notre existence, comme les mains d’un potier invisible? Il y a des endroits où l’on se sent immédiatement bien, apaisé, confiant. La datcha fait partie de ces lieux-là.
  • Mais aussi un voyage en Bretagne avec Face à la mer immense de Lorraine Fouchet, aux éditions Héloïse d’Ormesson : Imaginez les invités d’un mariage bloqués sur une île bretonne à cause du mauvais temps. Rapprochements, règlements de compte, mise à nu de secrets familiaux, la tempête n’est pas que sur la mer.
  • Ou encore une merveilleuse escapade en Italie avec Mamma Maria, de Serena Giuliano, aux éditions Pocket : Un roman gorgé de soleil, lumineux, bienveillant, qui vous fera voyager en Italie. Des personnages viscéralement humains que vous n oublierez pas de sitôt. Alors foncez!

Côté livre pour enfants :

  • Je vous parlerai d’un énorme coup de cœur. Léon et Gustave, au coeur de la mine, de Sophie de Mullenheim, aux éditions Fleurus : Une histoire tendre, émouvante, profonde, sur un enfant destiné à être mineur alors que ses rêves sont auprès de Gustave Eiffel et de sa tour. Une invitation à s’arc-bouter à ses rêves.

Et bien sûr, des citations, des extraits chaque jour de la semaine !

Puissions-nous vivre longtemps, Imbolo Mbue

Puissions-n

Après « Voici venir les rêveurs », Imbolo Mbue nous revient avec un roman magnifique, fort, bouleversant. Quand les multinationales exploitent les terres des peuples d’Afrique et détruisent tout, y compris les vies humaines. Roman d’une jeune génération qui a décidé de ne plus subir.

Pollution pétrolière en Afrique

Nous sommes dans le village de Kosawa en Afrique de l’Ouest, village dans lequel une multinationale américaine, Pexton, est venue exploiter du pétrole. Non seulement nombre de villageois ont été chassés purement et simplement de leurs terres, mais ces derniers temps les habitants sont décimés par une étrange maladie. Peu à peu, ils en découvrent avec horreur la cause : l’eau est polluée par les rejets toxiques de Pexton. Pire : les sols et l’air sont eux aussi devenus très dangereux pour la population locale. Et les préparations médicinales transmises depuis des générations n’y peuvent rien. Pas plus que les incantations des chamans.

Les villageois réalisent alors combien ils ont été trompés. On leur avait promis une vie meilleure avec ce forage pétrolier, l’accès à « la civilisation ». On leur offre la mort et la misère. Les plus jeunes décident d’agir : assister aux réunions de la multinationale, essayer de parler calmement aux autorités locales et aux industriels comme le font es anciens n’aboutit à rien. Pendant ce temps, des gens meurent. De plus en plus. Dans l’indifférence générale. Il faut taper plus fort. Il en va de leur survie. Une poignée d’entre eux se soulèvent alors. Mais cette insurrection se termine dans un bain de sang.

Mais Thula, une jeune fille du village, brillante élève, refuse de se résigner. Elle entend bien sauver son peuple de l’exploitation et de la mort grâce à l’accès à des études supérieures. Elle part donc étudier aux Etats-Unis et se fait la promesse de revenir d’ici quelques années, forte de ses connaissances pour mener la révolution.

Un roman engagé

Puissions-nous vivre longtemps est un roman très engagé, qui interroge le lecteur sur les dérives du capitalisme et du colonialisme. Sur les liens de domination régissant les rapports entre les pays occidentaux et l’Afrique. Que pèsent les vies de ces villageois face à la perspective des mirobolants profits de l’exploitation de leurs terres ? Que pèsent leurs voix face aux multinationales ? Imbolo Mbue nous offre un magnifique et poignant voyage. Elle nous immerge dans la culture africaine, ses traditions, ses croyances et nous embarque aux côtés d’une jeune femme au courage extraordinaire, d’une combativité hors-normes, la jeune Thula . Le lecteur prend alors part à son combat, tremble avec elle, se révolte avec elle, retenant son souffle jusqu’à la toute dernière page pour découvrir si son entreprise sera couronnée ou non de succès.

Informations pratiques

Puissions-nous vivre longtemps, Imbolo Mbue – éditions Belfond, février 2021 – 432 pages – 23€

Citation du jour

 » Etre jeune, c’est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d’une civilisation périmée, oser ce que d’autres n’ont pas eu le courage d’entreprendre ; en somme, se replonger dans l’élémentaire.  »

Thomas Mann – Le docteur Faustus

Hôtel du bord des larmes, Elsa Flageul

Hôtel du bord des larmes

Imaginez un hôtel qui soit une sorte de Las Vegas non pas du mariage mais du divorce. Un hôtel où en un week-end, vous pouvez vous débarrasser de toutes les formalités.

Divorcer en trois jours

Quand Cécile et François se sont rencontrés, la force de leur amour était telle que rien ne semblait pouvoir un jour l’atténuer. Et de toute façon, étaient-ils convaincus, même si une tempête menaçait de souffler sur la flamme de leur passion au fil des années, ils sauraient l’empêcher de s’éteindre. Ils feraient mieux que leurs parents. Mieux que leurs amis. Mieux que les autres. C’était une certitude absolue.

Mais cette certitude a été balayée par la réalité. Leurs liens se sont délités, la flamme n’est plus que cendres. Cécile a rencontré quelqu’un et souhaite divorcer, tout en préservant le plus possible la fille qu’elle a eue avec François, Valentine.

C’est alors que Cécile se laisse séduire par une formule de divorce inédite et convainc François d’accepter : un « Divorce Hotel ». Ce lieu offre une formule clé en mains pour divorcer l’espace d’un week-end, presque sans douleur à l’instar d’une péridurale du cœur et de l’âme, tout en bénéficiant des activités de bien-être proposées. Divorcer dans ce lieu deviendrait une simple formalité.

Mais le couple va croiser la route de deux employés dudit hôtel, Julien et Jeanne, qui vont bouleverser la donne.

Un roman sur l’amour, le couple

J’adore l’écriture d’une formidable puissance évocatrice d’Elsa Flageul. J’avais plébiscité son précédent roman A nous regarder, ils s’habitueront (chronique ICI), et attendais impatiemment le suivant : Hôtel du bord des larmes. J’y ai retrouvé ce qui me séduit tant dans son style : une écriture forte, qui prend aux tripes, secoue, bouleverse. Une écriture « viscérale », serais-je tentée de dire, faute de trouver le terme exact.

Dans ce roman Elsa Flageul aborde le sujet de l’amour, du couple. avec une extrême finesse. Comment des liens si forts entre deux êtres peuvent-ils à ce point se défaire ? Comment croire encore en l’amour, comment refaire confiance quand la vie vous a montré que vos certitudes sur l’amour n’étaient qu’illusions ?

Un roman fort.

Informations pratiques

Hôtel du bord des larmes, Elsa Flageul – éditions Miallet Barrault, mars 2021 – 192 pages – 19€

Un si petit monde, Jean-Philippe Blondel

Un si petit monde

Après La grande escapade, Jean-Philippe Blondel nous donne des nouvelles de ses personnages dans une suite : Un si petit monde. Plongée dans le quotidien des habitants d’un groupe scolaire de province en 1989, un petit monde où chacun se connait, s’épie.

1989, année de bouleversements

Nous retrouvons les personnages de La grande escapade une vingtaine d’années plus tard. Nous sommes en 1989, date charnière avec la chute du mur de Berlin, la montée du Sida. Les bouleversements de l’Histoire diffusent au sein de la petite communauté enseignante de province et provoquent des répliques. Ce qui leur semblait amoral, impossible, inenvisageable vingt ans plus tôt, est désormais à portée de main. Les secrets se dévoilent. Les envies aussi. Ainsi, Janick Lorrain et Michele Goubert affirment leur préférence pour un monde sans hommes. Philippe Goubert ose vivre une existence plus conforme à ses besoins et aspirations, prouvant qu’on peut encore s’épanouir à 50 ans. Chacun tente de trouver sa place dans un monde en perpétuel mouvement.

La vie provinciale sous la délicate plume de Jean-Philippe Blondel

Même si Un tout petit monde est présenté comme une suite « indépendante » du précédent roman La grande escapade, pour avoir lu les deux je conseille fortement de lire le premier avant. Le cas échéant, on ne saisit pas toutes les allusions au passé des personnages ni les subtilités de l’intrigue et c’est vraiment dommage. Les personnages ont vieilli avec nous, leurs mentalités ont évolué. Jean-Philippe Blondel saisit l’extraordinaire dans l’ordinaire de leur vie, les révolutions qui touchent chacun tandis que la révolution du monde est en marche. Ou comment l’Histoire affecte leurs histoires personnelles. Avec beaucoup de sensibilité, de tendresse et d’humour, il nous rend ces personnages familiers, attachants. Comme une balade que le lecteur et les personnages effectuent entre amis, le temps d’un roman.

—> Retrouvez La grande escapade : chronique ICI

Informations pratiques

Un si petit monde, Jean-Philippe Blondel – éditions Buchet-Chastel, mars 2021 – 256 pages – 18€

Prochains livres sur le blog !

La semaine prochaine, retrouvez sur le blog, comme chaque semaine, des nouveautés littéraires pour adultes comme pour enfants.

Au programme de la semaine à venir

Côté littérature adulte :

  • Un si petit monde, Jean-Philippe Blondel, éditions Buchet-Chastel : Après La grande escapade, Jean-Philippe Blondel nous donne des nouvelles de ses personnages dans une suite : Un si petit monde. Plongée dans le quotidien des habitants d’un groupe scolaire de province en 1989, un petit monde où chacun se connait, s’épie.
  • Mais aussi Hôtel du bord des larmes, Elsa Flageul, éditions Miallet-Barrault : Imaginez un hôtel qui soit une sorte de Las Vegas non pas du mariage mais du divorce. Un hôtel où en un week-end, vous pouvez vous débarrasser de toutes les formalités.
  • Ou encore Puissions-nous vivre longtemps, Imbolo Mbue, éditions Belfond : Après « Voici venir les rêveurs », Imbolo Mbue nous revient avec un roman magnifique, fort, bouleversant. Quand les multinationales exploitent les terres des peuples d’Afrique et détruisent tout, y compris les vies humaines. Roman d’une jeune génération qui a décidé de ne plus subir.

Côté livre pour enfants :

  • Je vous parlerai d’un livre documentaire passionnant, magnifiquement illustré, sur la biodiversité. Pour éveiller les consciences, dès le plus jeune âge, sur la nécessité de respecter son environnement et les espèces qui le composent : Une nature protégée, Julie Delfour, éditions Fleurus.

Et bien sûr, des citations, des extraits chaque jour de la semaine !

Oh happy day, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

Oh happy day

Le titre vous l’annonce : si vous voulez passer une merveilleuse journée, alors lisez ce roman ! Non seulement vous ne pourrez pas le lâcher une fois la lecture commencée, mais il vous donnera le sourire. Alors, pourquoi vous en priver ?

Reconquérir l’Autre

Pierre Marie est écrivain. Un écrivain en mal d’inspiration car le succès de son dernier livre remonte à…dix ans ! Mais sa priorité est ailleurs. Et cet ailleurs s’appelle Adeline. Il a quitté la jeune femme quatre ans plus tôt et ne s’en est jamais vraiment remis. Ce fut une erreur magistrale. Alors aujourd’hui, il cherche un prétexte pour la recontacter. Et qui sait, la reconquérir. Et d’adresser un mail à Adeline pour récupérer un petit carnet de moleskine dans lequel il avait consigné des notes pour un nouveau roman.

Seulement voilà. Adeline dit ne pas l’avoir en sa possession et être sur le départ pour Toronto. Elle a en effet rencontré et épousé un Canadien, un certain Ben. Double déception donc, pour Pierre-Marie. Non seulement il ne va pas retrouver ses précieuses notes, mais il ne va pas davantage retrouver Adeline.

Encore que. Le dialogue amorcé, Adeline se saisit de ce début de dialogue pour entamer des échanges suivis avec Pierre-Marie. Son mariage ne va pas si bien, elle est seule dans ce pays lointain. Des échanges effectués en cachette de Ben, mari jaloux et colérique. La vie des deux amants devient alors plus incroyable que la plus incroyable des fictions…

Un roman jubilatoire

Les auteurs de Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat, nous reviennent avec un roman absolument jubilatoire : Oh happy day, aux éditions Pocket. Le titre sied admirablement bien à l’histoire : l’humour des auteurs, le côté cocasse des situations, la galerie de personnages indiciblement attachants vont vous font passer une merveilleuse journée de lecture. Impossible de rester insensible aux efforts maladroits mais si touchants et drôles de Pierre-Marie et de son compère Max, pour sauver Adeline des griffes de son époux. Impossible de s’ennuyer une seule seconde dans ce roman aux rebondissements incessants et à la tension narrative croissante. Impossible de reposer le livre une fois la lecture commencée.

Vous cherchiez un livre divertissant, drôle et tendre à la fois ? Ne cherchez plus ! Oh Happy day vous offre tout cela et bien davantage.

A lire, à relire, à offrir.

Informations pratiques

Oh happy day, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat – «éditions Pocket, mars 2021 – 362 pages – 7,60€

La dernière tempête, Ragnar Jonasson

La dernière tempête

Vous aimez les polars ? Alors ne manquez pas celui-ci ! Vous n’aimez pas trop les polars ? Alors ce polar islandais va vous réconcilier avec le genre ! Une lecture addictive.

Un inconnu dans la tempête de neige islandaise

Nous sommes à quelques jours de Noël en Islande, dans une campagne très isolée. Erla et son mari Einar vivent dans une ferme loin de tout et de tous, si ce n’est de la maison de leur fille Anna. Et avec cette terrible tempête de neige, c’est tout juste si leur fille pourra les rejoindre pour le réveillon.

Par cette météo démentielle, personne n’est censé mettre le nez dehors, sauf à risquer sa vie. Et pourtant, un inconnu vient frapper à la porte du couple, visiblement exténué. Si Einar lui propose d’emblée le gite et le couvert, le temps de récupérer, Erla a un mauvais pressentiment. Quelque chose en lui sonne comme un danger, une menace. A-t-elle raison de se méfier de lui ?

Cette maison va être le théâtre d’un drame. Et même de plusieurs. C’est à Hulda, enquêtrice, que l’affaire va être confiée. Difficile de garder une parfaite étanchéité entre maison et travail, entre tourments personnels et meurtres sur lesquels investiguer. D’autant qu’une autre affaire préoccupe Hulda : la disparition d’une jeune femme, Unmur, partie découvrir seule l’Islande lors de son année sabbatique.

Un roman policier hypnotique

La dernière tempête clôt la trilogie commencée avec La dame de Reyjavik et L’île au secret. Mais attention, nul besoin d’avoir lu les deux précédents, les trois volumes peuvent se lire séparément ! La preuve, je les ai lus dans le désordre 😉

Ragnar Jonasson excelle à entretenir le suspense, à nous mener en bateau, à jongler avec les apparences et les nerfs des lecteurs. Les personnes dangereuses ne sont pas toujours celles que l’on croit et dont on se méfie. Dès les toutes premières pages de ce roman choral, il nous immerge dans la campagne islandaise, loin de tout, en plein cœur de l’hiver. Il parvient à créer une atmosphère enveloppante, inquiétante, à nous soustraire au réel pour nous emporter totalement dans son univers. La tension narrative est permanente, l’intrigue excellemment bien ficelée et la chute vertigineuse. Difficile de vous en dire plus sans risquer de déflorer l’intrigue. Alors je n’ai qu’un conseil : lisez-le !

Un polar fascinant.

Informations pratiques

La dernière tempête, Ragnar Jonasson – Editions de La Martinière, février 2021 – 21€ – 282 pages