Une mer si froide, de Linda Huber (Presses de la cité) : un page-turner redoutable!

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Une mer si froide, Linda Huber

Traduit de l’anglais par Cécile Leclère

Editions Presses de la cité, mai 2017

 

Construite comme un thriller, rythmée par l’implacable mécanique du suspense, une poignante histoire de deuil, de maternité et de résilience. Un véritable page-turner !

 

En ce mois d’août, Colin, sa femme Maggie et leurs deux jeunes enfants passent des vacances complices et joyeuses au bord de la mer, en Cornouailles. Jusqu’à ce moment où leur fille Olivia, trois ans, échappe à leur surveillance. Et le cauchemar de commencer. Malgré des recherches intensives menées en mer et sur terre, le petit corps d’Olivia n’est pas retrouvé. Sans classer l’enquête, la police conclut à une mort par noyade. Culpabilité, désespoir rongent le couple. Comment rester debout face à la perte de son enfant ? Comment faire le deuil quand on n’a pas de corps et que tout espoir de la retrouver vivante, aussi illusoire et infime soit-il, n’est pas perdu ?

A quelques kilomètres de là, Jennifer est une maman comblée. Enceinte de jumeaux, elle va donner un frère et une sœur à sa petite Hailey, 5 ans. Mais un nuage vient obscurcir son ciel : le comportement de Hailey n’est pas celui d’une petite fille aimante. Distante, apeurée, elle n’a de cesse de la contrarier, de contrarier ses plans et les espoirs qu’elle fonde en elle. Un comportement étrange que notera l’institutrice d’Hailey, Katie. Que se passe-t-il dans la tête et l’intimité de cette enfant pour qu’elle soit si apeurée et mutique à l’école ? Katie, très attachée à la petite, est bien déterminée à le découvrir.

Avec une mécanique du suspense redoutable, Linda Huber prend son lecteur en otage et ne le libère qu’à la toute dernière page, consentante victime d’une lecture en apnée. Aucun temps mort, des indices savamment distillés, une analyse psychologique très fine des personnages, vous ne pourrez pas reposer le roman une fois la lecture commencée ! Un très bon page-turner.

 

Citation du jour

« Écrire, c’est envahir l’espace d’autrui, ne serait -ce que pour perpétuer sa mémoire; écrire, c’est s’exposer à la critique irritée de ceux qui n’écrivent pas, ou qui n’écrivent pas exactement comme vous, qui verront peut-être en vous une menace. L’art est par nature un acte transgressif, et les artistes doivent accepter d’en être punis. Plus leur art est original et dérangeant, plus la punition est dévastatrice.
Pour moi, écrire n’a jamais été arranger des mots sur une page mais tenter d’incarner une vision ; un ensemble d’émotions ; des expériences brutes. Ce que s’efforce de faire une œuvre d’art dont on se souvient, c’est de susciter chez le lecteur ou le spectateur des émotions à la mesure de cet effort.»

Joyce Carol Oates

Ecrire

Calais mon amour, de Béatrice Huret et Catherine Siguret : un témoignage magnifique…

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Calais mon amour, de Béatrice Huret, avec Catherine Siguret

Editions Kéro, mai 2017

Récit.

Par amour, elle va abandonner ses préjugés, déplacer des montagnes, s’opposer à des lois absurdes. Il va lui apprendre le courage et la dignité. Calais mon amour est un hymne à la tolérance, un témoignage bouleversant, un livre universel.

 

Comme vous, comme moi, Béatrice Huret avait entendu parler de la jungle de Calais. Comme vous, comme moi, de cette jungle elle ne connaissait que ce qu’en disaient les médias. A la différence de vous et moi, elle s’y est rendue…

Rien ne prédestinait cette femme, veuve d’un policier et sympathisant FN, à s’aventurer en ces lieux. Jusqu’au jour où à la sortie de son travail en février 2015, elle prend en stop un migrant désireux de se rendre dans la jungle. Ce qu’elle y découvre la bouleverse. Des femmes avec leurs enfants dans les bras assises dans la boue et le froid, sans chaussures aux pieds, des enfants hagards, des hommes trainant des sacs poubelles contenant toute leur fortune agglutinés les uns sur les autres… Comment ces gens pouvaient-ils tenir ? Vivre ? Pire : comment continuer à vivre en sachant cela dorénavant ? Sa vie alors bascule. Désormais, elle sait. Désormais, elle va agir.

« Mon regard a changé. Et avec lui c’est toute ma vie qui a changé. »

Elle commence par collecter des couvertures et vêtements pour la jungle. Puis va effectuer des permanences quasi-quotidiennes pour distribuer des repas, des vêtements, du réconfort.

« Je m’étais embarquée dans une aventure trop forte pour rester dans l’entre-deux. (…). Personne n’aurait pu me dissuader de m’investir dans la jungle, c’était pour moi un acte de liberté. »

Elle croise alors la route d’un réfugié iranien, Mokhtar, lequel s’est cousu la bouche, de même que ses compatriotes, pour dénoncer les conditions inhumaines de survie dans la jungle. Son sort la bouleverse particulièrement. Son regard aussi. Les semaines, les mois passent, et force lui est de constater que ses sentiments demeurent. Par amour, elle déplace des montagnes. Par amour, elle transgresse la loi. Mais avait-elle le choix ?

Un témoignage absolument bouleversant, magnifique. Une invitation à balayer les préjugés, à s’ouvrir aux autres. Et à agir. Car chaque personne peut, à son niveau, tendre la main, aider, soutenir, ceux qui en ont besoin. Chaque personne peut, à son niveau, œuvrer pour plus de tolérance, d’entraide et d’amour.

A lire absolument !

 

 

 

 

Deux nouveaux livres pour aider les enfants à prendre la parole, chez Nathan!

Qui fait du bruit la nuit? et Au zoo, c’est rigolo! Deux nouveaux titres dans la collection Papoti Papota, de France Cottin (auteure) et Charlotte Roederer (illustratrice)

Editions Nathan, avril 2017.

Dès 3 ans.

La collection Papoti-Papota est conçue pour aider les enfants à prendre la parole de façon construite et vivante. Elle les invite à mettre des mots sur une histoire tout en images et leur permet ainsi de mieux raconter ce qu’ils observent et partager ce qu’ils ressentent. Car bien parler est le secret pour apprendre et s’épanouir.

Avec ces deux nouvelles histoires, au zoo accompagné du papa de Zoé, ou encore à la maison quand le sommeil ne vient pas, France Cottin invite judicieusement les enfants à s’exprimer, à partager avec l’adulte qui leur lit l’histoire ses émotions, ses interrogations, l’écho que rencontrent en lui ces situations familières. Un moment de complicité parent/enfant, au cours duquel le petit lecteur sera invité à faire le portrait du héros de l’histoire, à décrire les situations, les décors, les objets, à deviner la suite de l’aventure.

Une collection vraiment judicieuse, où en compagnie de Papoti et de Papota le lapin et le chat bavards, l’enfant enrichira son vocabulaire, s’affirmera à l’oral, développera son sens de l’observation et de l’imagination. Un très beau cadeau à offrir à partir de 3 ans!

 

40ème édition du Prix Relais des voyageurs-lecteurs, c’est parti!

La 40e édition du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs fait son grand retour avec 5 auteurs en lice cette année :
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– La Tresse, Laetitia Colombani (Editions Grasset) Sortie le 10 mai 2017
– Article 353 du Code Pénal, Tanguy Viel (Editions Les Editions de Minuit)
– Les Filles au Lion, Jessie Burton (Editions Gallimard)
– Jeux de Miroirs, Eugène Ovidiu Chirovici (Editions Les Escales)
– Looping, Alexia Stresi (Editions Stock)

Comme chaque année, les Voyageurs-Lecteurs ont un grand rôle à jouer
car ils peuvent participer aux votes en élisant leur livre préféré du 12 mai au 20 juin sur :www.prixrelay.com !

Les membres du jury :

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Date de délibération du jury et remise du Prix : jeudi 22 juin 2017