Un été à Patmos, Marie-Diane Messirel

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Un été à Patmos, Marie-Diane Messirel

Editions Fereniki 2012

Un brillant premier roman, qui a la temporalité des vacances d’été, cette parenthèse vitale au cours de laquelle les trajectoires se croisent pour se séparer à nouveau.

Quand une amie de Gaspard, photographe, lui présente Stéphane P., galeriste connu pour être le consécrateur des stars de l’art contemporain à Paris, il n’imagine pas que ce dernier puisse s’intéresser un jour à son travail. Et pourtant. A la découverte de son book, Stéphane est sous le charme. Ces portraits réalisés lors de voyages dégagent tant d’authenticité, de sensibilité ! Un talent rare. Un regard certain. Le regard de celui qui sait aligner sur une même ligne de mire le cœur, le regard et l’objectif. Et de passer une commande très particulière à Gaspard : il lui faudra immortaliser un lieu qui lui est indiciblement cher, à savoir l’île de Patmos, en Grèce. Stéphane a en effet eu le coup de foudre pour cet endroit et y a fait bâtir une  maison de vacances, dans laquelle il a l’habitude de recevoir des amis l’été.

N’écoutant que son instinct, libre de toute attache, Gaspard accepte. Et s’embarque pour Patmos. Il tombe aussitôt sous le charme de l’île grecque, sa lumière, la blancheur de ses bâtisses, ses allées d’oliviers, de citronniers, de lauriers roses, de bougainvilliers, figuiers et magnolias. Mais l’île n’est pas la seule à le subjuguer. La belle et mystérieuse Antinea, qui séjourne chez Stéphane, l’attire irrépressiblement. Mais si Gaspard veut mener à bien sa mission, parvenir à saisir ce qui fait l’essence de l’île, il ne devra pas se laisser distraire par cette jeune femme. A moins qu’au final, l’authenticité de l’île soit indissociable de celle de ses habitants ? Et si mettre en lumière ce lieu magique revenait à mettre en lumière chacun des êtres qui y séjourne, sans l’artifice des apparences ? Gaspard commence alors une galerie de portraits, tous plus sensibles les uns que les autres.

Lire Marie-Diane Messirel, c’est partir en voyage, en immersion. Au cœur d’un pays. Au cœur de vies intimes. C’est découvrir des lieux et des êtres, les voir devenir familiers au fil des pages. Et ne plus avoir envie de les quitter.

Deux nouvelles histoires de Max et lapin, chez Nathan!

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Max et lapin, La cabane de nuit et La sorciere gros-derrière, d’Astrid Desbordes et Pauline Martin

Editions Nathan, juin 2017.

A partir de 2 ans.

La série Max et Lapin nous plonge dans l’univers plein de fantaisie de Max, un petit garçon espiègle, qui découvre la vie aux côtés de son amie, la pétillante Ginger, et de Lapin, son fidèle doudou. Sous les traits tendres de Pauline Martin, les enfants découvriront un petit héros auquel facilement s’identifier.

Et ce sont deux nouvelles histoires que nous livrent Astrid Desbordes ( auteur) et Pauline Martin.

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Dans La cabane de nuit, Max n’a pas très envie de dormir. Aussi tout est prétexte à retarder le moment d’éteindre la lumière. Pourquoi ne pas construire une cabane avec les draps? Et de s’imaginer en petit ours dans sa grotte.

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Dans La sorcière gros-derrière, Max est aux anges. Pensez donc, sa maman va lui lire ses histoires préférées, dont celle de la sorcière gros-derrière. Mieux, elle va les mettre en scène! Ce qui va créer un beau vacarme et mettre la maison sans dessus dessous.

Deux histoires facétieuses et drôles à partager avec vos chères têtes blondes!

Citation du jour

Nous devons parfois apprendre à devenir nous mêmes par delà les schémas culturels et éducatifs qui ont pu nous détourner de ce que nous sommes. C’est ce que le psychologue suisse Carl Gustav Jung appelle le processus d’individuation, qui se réalise bien souvent autour de la quarantaine, quand nous dressons un premier bilan de notre existence. Nous pouvons alors découvrir que nous ne sommes pas assez nous mêmes, que nous cherchons à faire plaisir aux autres sans nous respecter, voulant donner une image idéale ou factice pour être aimé ou reconnu.

Frédéric Lenoir – Du bonheur, un voyage philosophique.

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Glissez François d’Epenoux dans votre poche!

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Les jours Areuh, François d’Epenoux

Editions Pocket, mai 2017

Récit.

Un livre qui, entre l’anecdotique et l’onirique, l’humour et la poésie, pose un regard sur le monde et le redoutable bonheur d’être père.

Difficile de parler d’un livre quand il s’agit d’un tel coup de cœur, tant on a le sentiment qu’on ne pourra rien écrire qui ne soit en deçà du livre lui-même. Ma chronique pourrait donc tenir en une seule injonction : « Lisez-le, relisez-le, offrez-le ! » Mais pour ceux qui sont encore devant leur écran – les autres ayant déjà enfilé leur manteau pour se ruer chez le libraire le plus proche, je vais étayer.

Les jours areuh, mi-récit, mi-fiction, s’inspire de la vie de François d’Epenoux, jeune papa quinqua. Tandis que les pleurs du nouveau-né retentissent au cœur de la nuit, pleurs qu’il apaise patiemment en lui donnant le biberon, il partage avec nous les réflexions qui jalonnent ces longues heures. A la lueur de l’abat-jour, il projette sur l’écran de ses pensées le film de la jeune vie d’Oscar, de l’annonce de la grossesse de sa femme à cet instant précieux au creux de ses bras, en passant par la naissance en catastrophe du petit, son difficile et courageux combat pour survivre, la réanimation, la néonatalogie, mais aussi sa victoire face à l’adversité et son accueil chaleureux dans la fratrie. Et tandis qu’il multiplie les arrêts sur image, il évoque avec une infinie tendresse et une émotion à fleur de plume, les questionnements qui sont siens. Etre à nouveau père, tardivement, c’est à la fois une joie indescriptible, un extraordinaire bain de Jouvence, des challenges permanents à relever pour se dépasser et faire face aux exigences hautes de l’éducation d’un enfant, ou encore le sentiment fort d’avoir fait un choix et d’en assumer toutes les responsabilités. Mais ce sont aussi des renoncements en termes de liberté (vie de noctambule, voyages lointains, fêtes, …), des craintes quant au monde qui l’attend et à ses capacités, avec les autres enfants de sa génération, à l’améliorer.

Un livre passionnant, bouleversant, magnifique. Une ode à l’amour merveilleuse, la plus belle, la plus pure qu’un père puisse interpréter par la voix de son encre à son enfant…

 

Citation du jour

Un sage prit la parole et dit: « Combien d’êtres humains passent l’essentiel de leur vie à se soucier de choses matérielles ou futiles et oublient de prendre le temps de vivre les expériences les plus essentielles, l’amour, l’amitié, l’activité créatrice, la contemplation de la beauté du monde?
Le superflu est onéreux mais l’essentiel est offert. »

Frédéric Lenoir – L’âme du monde

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