Bon dimanche!

Copyright photo Karine Fléjo

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Citation du jour

Pourquoi va-t-on vers des livres comme on va vers des gens? Pourquoi sommes-nous attirés par des couvertures comme nous le sommes par un regard, une voix qui nous paraît familière, déjà entendue, une voix qui nous détourne de notre chemin, nous fait lever les yeux, attire notre attention et va peut-être changer le cours de notre existence?

Valérie Perrin – Changer l’eau des fleurs

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Citation du jour

Il ne suffit pas d’aimer, on peut aimer mal, c’est souvent ce qui se passe d’ailleurs, on aime égoïstement, méchamment, violemment , on aime avec négligence ou avec trop de zèle, on aime avec ce qu’on a, des cris, de la tristesse, de la peur, des angoisses, parfois c’est de la joie alors tant mieux, toujours est-il qu’on croit aimer bien, et qu’on ne se rend pas compte du mal que l’on fait.

Astrid Eliard – La dernière fois que j’ai vu Adèle. A paraître le 21 août chez Mercure de France

La dernière fois où j'ai vu Adele, Astrid Eliard

©Karine Fléjo photographie

Elles m’attendaient, Tom Noti

elles m'attendaient Tom Noti

©Karine Fléjo photographie

Deux êtres s’aimantent au premier regard. Mais l’amour peut-il panser toutes les blessures, faire taire tous les fantômes, permettre de dépasser son passé ? Une analyse sensible et juste. Un roman indiciblement touchant.

L’amour guérit-il de tout ?

Max n’avait pas imaginé envisager un jour une vie à deux, lui qui se sentait jusqu’alors « orphelin des sentiments, un vagabond des liens humains ». Mais il a pourtant succombé au sourire lumineux de Halley. Deux solitudes qui se rencontrent, s’apprivoisent. Deux êtres qui suturent leurs blessures d’enfance au fil de leur amour. Un amour dont naît Rosie, une petite fille lumineuse.

Mais connaît-on vraiment ses proches, y compris les êtres qui partagent notre vie ? Pourquoi ce silence absolu sur son passé, tandis qu’il ne cesse d’interroger Halley sur le sien, de vouloir la connaitre en profondeur ? Cet homme robuste en apparence, capable de porter des sacs de ciment et des parpaings sur le dos à longueur de journée, est-il aussi fort psychologiquement que physiquement ? Halley est-elle aveuglée par son amour ou perçoit-elle ses failles ?

Une chute de chantier va jouer le rôle de révélateur, ouvrir une brèche en Max. Et les fantômes de son passé de s’y engouffrer. Son amour fusionnel avec sa fille Rosie sera-t-il une bouée de sauvetage ou son naufrage est-il inévitable ?

Dépasser son passé

Tom Noti explore avec beaucoup de finesse et de justesse les profondeurs de l’âme humaine. En lisant son roman, j’ai pensé à la chanson « Fuir le bonheur de peur qu’il se sauve » écrite par Gainsbourg. Max est un homme cabossé par la vie, qui a grandi entouré d’une violence extrême, physique et morale. Un homme qui s’est plus souvent frotté à la souffrance qu’au bonheur, un bonheur qu’il convoite tout autant qu’il redoute. Car le bonheur peut paradoxalement faire peur, faute de se sentir aimable au sens digne d’être aimé et donc méritant ce bonheur comme tout un chacun. L’amour de sa compagne et de sa fille suffiront-il à le réconcilier avec la vie ou doit-il se sentir avant tout bien avec lui-même pour être bien avec les autres ? Un roman très émouvant. Une très belle histoire d’amour conjugal mais aussi filial.

Mes émotions, collection Kididoc

Kididoc Mes émotions

L’apprentissage des émotions est essentiel pour la construction de l’enfant. Ce livre pour enfants de deux ans et plus, de la collection Kididoc aux éditions Nathan, leur permettra de reconnaître et d’exprimer de façon très concrète leurs émotions.

Permettre à l’enfant de reconnaître et d’exprimer ses émotions

Ce petit livre aux couleurs chatoyantes et attractives propose à l’enfant de retrouver des situations connues, au cours desquelles des émotions diverses se sont manifestées : de la tristesse quand la boule de glace tombe, à la joie de parvenir à faire voler son cerf-volant, en passant par la colère lors d’une dispute avec un autre enfant, ou encore la gêne, la peur, la surprise, le dégoût.

L’enfant est amené à soulever des volets, à faire tourner des roues, pour découvrir les émotions générées par la situation illustrée. Une façon ludique et très concrète d’aborder le champ possible des émotions qui le traversent. En fin d’ouvrage, il trouvera même une roue dont il devra positionner la flèche sur son humeur du moment.

L’enfant et ses émotions

Le tout-petit est un être en pleine construction. Son apprentissage des émotions va donc se faire en plusieurs étapes : il va commencer par apprendre à reconnaître ses émotions (tristesse, colère, peur…), avant de savoir les nommer. Puis il en viendra à les exprimer. Mais il lui restera alors à apprendre à les canaliser car exploser de colère, crier ou taper, n’est pas une réaction adaptée. Qu’il puisse exprimer ses émotions est fondamental. Le cas échéant, il risque de se couper de ses émotions pour mettre la souffrance à distance, ce qui aura des incidences plus ou moins sévères plus tard (agressivité, caractère asocial, …). Ce livre est donc une aide précieuse pour l’enfant et permettra à ce dernier de partager un moment agréable avec son parent.

Citation du jour

Le bonheur n’est pas un but, encore moins une carrière ou une obligation, mais un don gratuit, une surprise, la récompense de ceux qui ne passent pas leur temps à le cultiver. Le bonheur n’est pas un exercice narcissique et solitaire. Il tombe, comme par hasard, sur la tête et dans le cœur de ceux qui, loin de s’occuper d’eux-mêmes, s’occupent plutôt d’autre chose et des autres.

Jean d’Ormesson – Guide des égarés

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Barracoon, Zora Neale Hurston

Barracoon, de Zora Neale Hurston

©Karine Fléjo photographie

Zora Neale Hurston, anthropologue américaine, a recueilli en 1927 le témoignage du dernier esclave américain, Cudjo Lewis alias Kossola. Au cours de longs entretiens, pendant des mois, elle a noté ses souvenirs, ceux de l’ultime survivant du dernier convoi négrier. Un témoignage inestimable.

De sa capture en Afrique à sa condition d’esclave en Amérique

Cudjo Lewis est un homme âgé, usé et seul, quand la jeune anthropologue Zora Neale Hurston le rencontre. A 86 ans, le vieil homme a perdu sa femme et ses enfants et vit, libre, des cultures de son petit jardin. Il se laisse peu à peu apprivoiser par cette femme blanche soucieuse de connaître et de faire connaître son histoire. Jour après jour, il accepte de tout lui raconter, de son enlèvement en Afrique alors qu’il s’apprête à se marier, jusque son émancipation, en passant par près de six années d’esclavage sur les terres américaines.

C’est un témoignage précieux, inédit et exhaustif, très riche en précisions, que nous livre l’auteure. Avec beaucoup d’émotion, celui qui dans son Afrique natale s’appelait Kossola, évoque ses blessures, son déracinement. Il fait partie de ces 4 millions d’africains, capturés par des ethnies rivales africaines, qui ont été faits prisonniers dans des barracoons (bâtiment utilisé pour le confinement des africains destinés à être vendus vers l’Europe et vers les Amériques) entre 1801 et 1866. Ces prisonniers étaient échangés contre de l’or, des armes à feu et autres marchandises manufacturées en Europe et aux Etats-Unis.

Après une traversée dans les cales d’un navire négrier américain, et ce, bien que les lois sur l’abolition de l’esclavage aient été adoptées, Kossola débarque en Amérique. Et est réduit à l’esclavage pendant près de six ans.

La liberté mais toujours le déracinement

En avril 1865, les yankees libèrent les esclaves, dont Kossola.

« On est contents d’être libres, mais on ne peut plus vivre chez les gens à qui on appartenait. On va aller où, on ne sait pas. (…) On veut faire nos chez-nous mais on n’a pas de terre. Où on va les mettre, nos maisons ? »

La liberté est donc loin de tout résoudre. A l’absence de ressources, de toit, de terres, s’ajoute le sentiment prégnant de déracinement. Impossible de retourner en Afrique, car le billet de la traversée est trop cher. Ils vont donc s’organiser, créer une communauté en Amérique et économiser pour acheter des lopins de terre qu’ils cultiveront. Mais l’abolition de l’esclavage n’a pas fait disparaître toute trace de racisme. Il leur faut se battre, encore et toujours contre les discriminations dont il font l’objet.

Un témoignage essentiel, pour ne pas oublier. Être éviter que l’on répète les mêmes atrocités. Un devoir de mémoire.