La nuit je mens, Cathy Galliègue (Albin Michel)

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La nuit je mens, Cathy Galliègue

Editions Albin Michel, avril 2017

 

Un premier roman étrange où Cathy Galliègue explore avec subtilité l’inconscient de nos sentiments, de nos désirs, de nos âmes en peine… Jusqu’aux frontières de la folie.

Mathilde semble avoir trouvé un certain équilibre auprès de Gaspard, l’homme de sa vie, et de ses beaux-parents hippies, utopistes et amoureux de la nature. L’antithèse de sa propre famille étriquée et bourrée de principes. Tout ce dont elle avait rêvé jusqu’ici.

Un bonheur fortement ébranlé le jour où son père l’appelle pour lui apprendre de façon presque anecdotique que Guillaume, son premier amour, a mis fin à ses jours. En elle, c’est un séisme. « C’est une chose terrible, ce tiraillement abominable, ce déraillement interdit, ce cataclysme contenu. Rester digne, ne pas avouer l’amour, ce serait ridicule, mon amour de 15 ans qui s’est étiré dans le temps, qui n’a aucune valeur puisqu’il  n’était pas partagé. Le pire n’est pas de n’être pas aimée, le pire est de ne plus pouvoir aimer. »

Alors elle garde en elle cette douleur térébrante, musèle ses regrets et ses sentiments. Les années passent, mais le manque de Guillaume demeure. Lancinant. Comme un tatouage résistant aux affres du temps. Jusqu’au jour où ce dernier se manifeste à elle la nuit, la rejoint dans ses songes, avec comme dessein de l’embarquer avec elle… A-t-elle basculé dans un monde parallèle ? S’agit-il d’un fantasme ? De l’expression de la folie ? Ou de la réalité ?

Dans ce roman étrange, l’auteur analyse avec finesse et justesse l’inconscient de nos sentiments. Peut-on éternellement jouer un rôle, donner le change, quand le cœur et l’âme souffrent ? Le risque à se fondre dans le moule des attentes des autres, de la bienséance, n’est-il pas de se perdre complètement ? Un premier roman à saluer.

 

Glissez Stéphane Bellat dans votre poche!

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La chambre d’Hannah, Stéphane Bellat

Editions L’atelier Mosésu, avril 2017

 

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, âgé de onze ans, est un petit garçon mal dans sa peau. Difficile de trouver sa place à la maison, théâtre des disputes quotidiennes de ses parents. Tout aussi compliqué de s’épanouir à l’école où ses oreilles décollées et ses cheveux roux lui valent mille et une railleries. Alors Pierre sombre dans une solitude et une tristesse insondables. S’il n’a pas le courage de mettre fin à ses jours, il n’a pour autant plus envie de vivre. Et c’est alors qu’il médite sur son sort que surgit Hannah. Hannah Klezmer, une fillette juive de son âge. D’emblée, elle s’attire sa sympathie, lui inspire confiance. Mais d’où vient-elle? Pourquoi l’a t-elle choisi, lui, Pierre Descarrières? Pourquoi emploie t-elle des mots venus d’un autre âge? Et surtout, quels sont ces dangers qui la menacent? Bien des questions que Pierre est décidé à élucider.

Au fil des jours, les liens d’une philosophale amitié se tissent entre les enfants. Chacun reconnaît en l’autre son âme-soeur, son essentiel. Mieux : chacun doit à l’autre d’être en vie…et d’espérer le rester. Une rencontre que Pierre ne souhaite pas partager avec les adultes : « Je ne voulais partager Hannah avec personne, c’était ma découverte. Et puis après tout c’est moi qu’elle avait choisi. ». Personne, enfin pas tout à fait. Car Maxime, son copain et complice de la première heure, est bien entendu dans la confidence. Et tous les deux d’entreprendre de sauver Hannah et sa famille.

Avec La chambre d’Hannah, Stéphane Bellat, spécialiste de la seconde guerre mondiale, nous invite à revisiter cette période sombre par le prisme du regard d’un enfant. Un regard neuf, sans préjugé, curieux, sensible. Le regard d’une âme pure. Mieux, l’auteur nous offre de concrétiser le rêve de nombre d’entre nous : pourvoir changer le passé et par là même, faire triompher le bien sur le mal. Où quand l’amitié entre enfants sauve de la barbarie des adultes…

Avec une émotion à fleur de plume, l’auteur nous entraîne sur les pas de Hannah, au coeur de la folie meurtrière des hommes. Le rythme est soutenu, la tension extrême, la construction remarquable, les personnages indiciblement attachants. Impossible de poser le livre une fois la lecture commencée.

Un 4ème roman en compétition pour le prix SNCF du Polar en ligne gratuitement!

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Au mois d’avril, SNCF vous donne rendez-vous sur l’application gratuite SNCF e-LIVRE pour découvrir Grossir le ciel, avant dernier roman en compétition pour le PRIX SNCF DU POLAR 2017 !

L’occasion pour tous, d’accéder à la culture polar, y compris aux personnes empêchées de lire en raison d’un handicap grâce à l’engagement de SNCF auprès de l’association Valentin Haüy.

Après 911 de Shannon Burke (10/18) en janvier, Gravesend de William Boyle (Rivages Noir) en février et Pur d’Antoine Chainas (Folio Policier) en mars, c’est à présent au roman de Franck Bouysse, Grossir le ciel, paru au Livre de Poche d’être disponible gratuitement sur l’application SNCF e-LIVRE pendant tout le mois d’avril.

Du 1er au 30 avril, les lecteurs pourront donc découvrir ce polar rural dont l’action se déroule au cœur des Cévennes où un lourd secret vient troubler la vie de deux paysans frustres et solitaires.

À la fin de leur lecture, ils pourront voter directement sur l’application pour ce livre, devenant ainsi membre du grand jury populaire du PRIX SNCF DU POLAR !

Prix de la Closerie des Lilas 2017

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Depuis 10 ans, le Prix de la Closerie des Lilas récompense le roman d’une femme paru à l’occasion de la rentrée littéraire de janvier. La récompense a été décernée pour la première fois le 7 mars 2007, veille de la Journée des droits des femmes, et se caractérise par un jury 100 % féminin. Oriane Jeancourt Galignani remporte le 10e Prix de la Closerie des Lilas pour Hadamar, publié chez Grasset.

La romancière sera l’invitée privilégiée de La Closerie des Lilas pendant une année, pour un montant de 3000 euros. Ce prix a pour vocation de promouvoir la littérature féminine.

Le livre :

  1. Un homme sort de Dachau. Il y a été emprisonné pour ses articles d’opposition au Troisième Reich qui vient de s’effondrer. Dans le désastre physique et moral de l’Allemagne vaincue, il part à la recherche de son fils, dont il ne sait plus rien depuis qu’il l’a inscrit aux Jeunesses hitlériennes avant d’être emprisonné. Il retourne dans sa ville natale. Les habitants sont énigmatiques, fuyants : une femme élude ses questions ; un soldat américain venu enquêter sur un mystérieux programme « Aktion T4 » des nazis garde des informations secrètes. C’est alors que l’homme entend des rumeurs au sujet de l’hôpital d’Hadamar. Il s’y rend, décidé à retrouver son fils, quel que soit le prix de sa quête.

L’auteur :

Oriane Jeancourt Galignani dirige les pages littéraires du magazine Transfuge. Auteur de deux romans remarqués, elle signe avec Hadamar le premier roman sur un pan ignoré de l’histoire de l’Europe en guerre, celui des centres d’extermination des enfants et des handicapés, que les nazis appelaient les « inutiles ».

Derrière l’objectif, Marie-Laure Bigand

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Derrière l’objectif, Marie-Laure Bigand

Editions Il était un bouquin, mars 2017

 

Dans ce nouveau roman, Marie-Laure Bigand nous invite à suivre les destins sentimentaux de plusieurs hommes et femmes d’aujourd’hui. Une galerie de portraits croisés aussi fragiles que sincères.

Quand Yvan, le mari de Lise, la quitte, c’est la sidération. Pas plus qu’elle ne comprend ce qui a motivé son départ, il ne lui donne d’explication. Une blessure telle, qu’elle se fait une promesse : jamais plus elle ne prendra le risque d’aimer. Son métier de photographe la passionne et devient pour elle bien plus qu’un travail : une béquille. « Elle renonce à l’amour, mais qui l’empêche de vivre celui des autres, à travers son viseur, et d’imaginer ce que peut être leur vie » ? Des photographies de couples qui « lui servent de lien entre l’amoureuse qu’elle a été et la part de rêve qu’elle s’accorde pour ne plus flancher. » Ainsi vivra-t-elle l’amour à distance. Protégée des déceptions et des coups durs.

Sa meilleure amie, Aude, semble elle tout réussir. Sa vie personnelle avec Eddy, père de ses enfants, comme sa vie professionnelle avec l’ouverture d’un salon de thé. Mais le calme n’est qu’apparent. Il aura suffi d’une visite au salon, d’un mot griffonné, pour que des souvenirs resurgissent. Et leur corolaire de doutes. A-t-elle fait le bon choix en restant avec Eddy ?

Dans ce roman viscéralement humain, les êtres dévoilent leurs failles, leurs hésitations, leurs peurs. Celles d’individus blessés par des déboires amoureux. Chacun rebondit à sa manière, se reconstruit au ciment de l’amitié, des rencontres et du temps. Et si aucun d’entre eux n’avoue rechercher à nouveau l’amour, tous secrètement l’espèrent.

L’écriture délicate et sensible de Marie-Laure Bigand saisit encore une fois avec finesse et justesse la complexité de l’âme humaine. A lire!