Livres pour bébés : collection cache-cache feutrine

livres pour bébés cache-cache feutrine aux éditions Nathan

©Karine Fléjo photographie

Les livres et la lecture jouent un rôle essentiel dans le développement de l’enfant et ce, dès son plus jeune âge. Les éditions Nathan vous proposent à ce titre une collection de livres pour bébés âgés de 6 mois et plus particulièrement attrayante : la collection cache-cache feutrine.

Le principe de la collection cache-cache feutrine

Sur chaque page cartonnée aux illustrations vives et joyeuses, l’enfant devra soulever un petit volet en feutrine pour découvrir ce qui se cache-dessous. De quoi aiguiser sa curiosité, exercer sa motricité fine et partager avec lui de tendres moments de complicité. Il découvrira ainsi dans « On se cache dans l’arbre », tous les habitants, des racines à la pointe des branches, qui vivent dans les arbres. Avec Petit train, il embarquera en voyage et découvrira de jolis paysages. Quant à Petit dinosaure, il accompagnera son nouvel ami dans une journée faite de jeux.

Mais plus encore. Ces petits livres retranscrivent le jeu du « coucou-caché » auquel vous jouez certainement avec votre tout-petit, que ce soit en vous dissimulant derrière un rideau ou tout simplement en cachant votre visage derrière vos mains. Ce jeu ne déclenche pas seulement les rires de l’enfant, il lui enseigne une notion primordiale : la notion de permanence de l’objet. Peu à peu en effet, le bébé va réaliser que même si l’objet ou le parent disparaît de son champ de vision, il n’en demeure pas moins présent, il est juste « caché ». Quand le bébé aura intégré cette notion, il ne paniquera plus autant quand il égarera un doudou, ou quand sa maman s’éloignera. Ce jeu permet donc à l’enfant de mieux vivre la séparation. Car qui dit séparation ne dit pas abandon.

Les  cinq points forts de ces livres pour bébés

  • Ils participent à l’éveil de l’enfant, lui apprennent à mieux gérer les séparations.
  • Ils sont en cartonnage épais et donc très résistants.
  • Les illustrations sont colorées et attirent le regard de l’enfant.
  • Ils évoquent des histoires simples, courtes, pleines de mystères que l’enfant pourra percer en soulevant les volets en feutrine.
  • Ils sont d’un petit format, particulièrement adapté aux mini-menottes des bébés.

 

 

 

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Citation du jour

Les personnes qui nous enseignent quelque chose gardent une place particulièrement vive dans nos souvenirs. Je n’étais mère que depuis dix minutes lorsque j’ai rencontré cet homme, mais il m’a appris, par un simple geste, l’une des choses les plus importantes sur le rôle de parent : qu’il faut de la gentillesse, de l’intuition, du toucher, et que, parfois, il n’y a même pas besoin de mots.

Maggie O’Farrell – I am, I am, I am (Belfond 2019)

I am, I am, I am

Celui qui reste, Rhiannon Navin

celui qui reste

Fusillades dans les écoles. Comment dépasser le traumatisme, pour les enfants témoins du carnage, comme pour les parents ? Comment trouver sa place dans une famille endeuillée, quand on est l’enfant survivant ? Un roman poignant sur un sujet d’actualité.

Fusillade et violence à l’école

Zach, six ans, est en classe quand il entend un bruit de fusillade. Sa maîtresse entraîne aussitôt la classe dans une cachette tandis que les déflagrations continuent. Quand le silence revient enfin, après quelques minutes qui ont paru une éternité, Zach et ses camarades sont évacués. Ce qui suppose de passer par des couloirs jonchés de corps, retentissant de cris. Les enfants sont conduits dans l’église voisine où les parents arrivent, paniqués, les recueillir. Mais à l’appel, Andy, le grand-frère de Zach, manque. Après des heures d’attente et de recherches angoissantes dans les hôpitaux voisins, la terrible nouvelle tombe : Il est mort pendant la fusillade.

Sur le coup, Zach réalise que jusqu’à cette minute, il n’avait pas pensé à l’absence de son frère à ses côtés. Pire, il ressent même un certain soulagement. Andy, enfant hyperactif, est très difficile, colérique et monopolise toute l’attention et l’énergie de ses parents, particulièrement de sa mère, à la maison. Peut-être qu’avec Andy décédé, ce sera plus calme à la maison ?

Mais il est très vite rattrapé par la culpabilité d’avoir eu de telles pensées. Et par la tristesse d’avoir perdu ce grand-frère agité. Quant au calme, il n’a pas intégré la maison. Au contraire. Ses parents vivent très différemment l’un et l’autre la perte de leur enfant. Tandis que la mère se lance à corps perdu dans une bataille contre les parents du tueur, désireuse d’obtenir réparation, d’être en quelque sorte vengée, le père aspire à temporiser, à vivre le deuil dans le calme. Le couple, endeuillé, se déchire. Et en oublie presque que dans la maison, il reste un enfant, victime du drame lui aussi, lequel a besoin de ses parents, de tout leur amour. Et non de leurs déchirements.

Se reconstruire quand on est l’enfant survivant

Ce roman, brillamment mené, est extrêmement poignant. L’auteur se glisse en effet avec brio dans la tête d’un enfant de six ans, qui a survécu au drame, tandis que son frère est décédé. Une situation particulière, celle d’une fusillade, qui a cependant un caractère universel. Elle peut en effet être transposée à toute situation, attentat, guerre, accident ou maladie, dans laquelle un enfant de la fratrie meurt tandis que les autres survivent. Comment les parents, dévastés par la perte d’un enfant, peuvent-ils aider les enfants survivants, alors qu’ils peinent déjà à se porter eux-mêmes ? Comment ne pas passer à côté du désarroi de l’enfant survivant ? Comment, quand on est un enfant, se construire sur un champ de ruines et se défaire de la culpabilité d’avoir survécu ? L’analyse psychologique des personnages est saisissante de réalisme, de justesse. Le petit Zach n’a pas de blessure physique, mais des séquelles psychologiques aussi fortes qu’invisibles. Par tous les moyens, il va essayer d’apaiser ses angoisses, sa culpabilité envers son frère, en se réfugiant dans un placard-cachette dans lequel il ensile des trésors : une photo de lui et son frère, des feuilles de couleur qui représentent ses émotions du moment, sa lampe Buzz l’éclair et surtout, ses livres. Des livres aux personnages desquels il va s’identifier, pour essayer de terrasser ses fantômes, de semer le chagrin et de trouver la recette de ce bonheur qui l’a fui. Des livres qu’il va lire à Andy, pour continuer à partager des choses avec lui. Comme avant.

Ce roman invite aussi à s’interroger sur le port des armes, sur leur vente libre. Un débat d’une brûlante actualité aux Etats-Unis, qui nous concerne tous.

Rencontre avec Guy Lagache : « On est seul en tant qu’écrivain, alors que dans l’écriture journalistique on n’est jamais seul »

Guy Lagache et son éditrice Juliette Joste (éditions Grasset), sont venus présenter le roman « Une histoire impossible », paru en ce mois de mai, à la librairie Ici-Grands boulevards à Paris. Rencontre avec l’auteur de ce magnifique premier roman.

Guy Lagache romancier et journaliste

©Karine Fléjo photographie

C’est un texte palpitant, prenant, aussi fort dans la grande que dans la petite histoire. Pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit ?

En fait, c’est parti d’un truc assez simple. Il y a quatre ans, à la télévision je m’occupais de l’info et des magazines documentaires au sein du groupe Canal, quand avec notre équipe on a construit une série de documentaires historiques, en appliquant la logique de l’investigation à l’histoire. Et, pour le premier numéro de notre série, on a parlé du débarquement du 6 juin 1940. Et à un moment donné, on a récupéré un document photographique sur lequel il y avait le Général Leclerc qui foulait la plage de Normandie en sortant de la barge, et à sa droite, il y avait un homme.  Et j’ai réalisé que c’était mon grand-père.

Mon grand-père est mort 15 ans avant ma naissance et ma grand-mère nous a juste dit qu’elle et mon grand-père avaient été des résistants de la première heure. Ce que je savais aussi, c’est que leur rencontre s’était faite dans des conditions extrêmement particulières, en 1940, alors que mon grand-père était haut fonctionnaire, diplomate en Chine, et ma grand-mère une jeune fille britannique. Quand mon grand-père a rencontré ma grand-mère, il était déjà marié et avait un enfant. Au-delà de ça, je ne savais rien de leur vie, juste qu’il a débarqué quatre ans plus tard avec le général Leclerc. J’ai toujours été traversé par la question de savoir ce que j’aurais fait à leur place en 1940 ? Je n’avais aucune info car ma grand-mère a brûlé toute sa correspondance avec son mari et parce que mon grand-père est mort. Donc j’ai eu envie de raconter ce qu’aurait pu être leur histoire. Ce qu’a été le destin de cet homme qui a dû faire un choix difficile et un choix qui n’était pas seulement politique.

Ce passage de journaliste à romancier, c’était difficile, c’était nécessaire, ou une libération ?

C’est d’abord un combat. C’est l’Everest (rires). On commence, on se dit que l’objectif c’est d’aller au bout, sauf que cela va prendre trois ans. En plus, c’est un travail d’une immense solitude. Ensuite, il y a un truc que je trouve absolument génial : j’adore raconter des histoires et en tant que journaliste, je l’ai fait souvent pour des documentaires, mais dans la fiction ce qui est extraordinaire c’est qu’on peut pipoter sans aucun problème ! C’est un vrai plaisir et une vraie découverte.

Guy Lagache et Juliette Joste

©Karine Fléjo photographie

Une des forces du roman, c’est d’alterner les deux points de vue de Paul et Margot, les deux héros. Comment faites-vous cet exercice ?

Je l’ai fait intuitivement. Je suis descendu à l’intérieur de moi-même. C’est effrayant car on est seul comme écrivain, alors que dans l’écriture journalistique on n’est jamais seul. J’avais ma femme que je saoulais, à qui je lisais chaque chapitre pour savoir si ça sonnait bien. Mais cela reste très solitaire.

Ce qui est aussi très réussi dans votre livre, c’est la construction, la scénographie, le rythme. Il y a le sens du récit, une maîtrise de l’outil romanesque, qui impressionnent pour un premier roman. D’où cela vient-il ?

A la télé, avec mon équipe à M6, j’ai pris conscience de l’importance de l’histoire. On a raconté des histoires dans nos documentaires et cela m’a beaucoup servi. On avait une vision non-linéaire de la façon de les raconter.

Deuxième chose, c’est une histoire dans laquelle j’avance en reculant tout le temps. Je veux être dans le cerveau de mes personnages. Je me suis amusé à faire des associations d’idées sur la base d’expériences, c’est ce qui m’a guidé. Les récits que j’ai pu faire à la télévision, que ce soit en économie, en histoire, m’ont beaucoup aidé dans la façon de raconter cette histoire-ci.

Guy Lagache

©Karine Fléjo photographie

Pour vous, c’est très important dans ce livre cette question de la conscience, des choix.

Oui. Il y a des périodes dans l’histoire où on fait des choix qui ne sont pas du tout politiques. En mai 1940, quand le gouvernement a décidé de cesser les combats, peu de gens ont décidé de faire de la résistance. Or ceux qui se sont engagés ne se sont pas lancés dans la résistance sur la base d’une analyse politique réfléchie je pense. Ceux qui l’ont fait, avaient un truc en commun : ils ont trouvé une force incroyable, celle d’aller à l’encontre du conformisme et du conservatisme, au risque de tout perdre. Donc Paul a comme choix : j’ai une carrière, je peux gravir les échelons, avoir plus de pouvoir, plus de statut, ou j’entre dans la résistance et quitte ma femme et mon enfant au risque de tout perdre. Que faut-il pour être capable d’être en rupture comme ça ? Je trouve cette question-là passionnante.

S’il y a une histoire d’amour réussie dans ce livre, c’est celle entre la grand-mère et son petit-fils. Pensez-vous que votre grand-mère aurait été fière de ce livre ?

J’espère, ma grand-mère fait partie des gens qui m’ont le plus aimé. Ma thèse était que Margot ressemblait à ma grand-mère : une femme qui en apparence, à la fin de sa vie, est très réservée, loin de la fantaisie, mais qui, dans la période de guerre, est Margot, une femme très rock. Comme s’il y avait un feu sous sa glace.

Une histoire impossible de Guy Lagache

©Karine Fléjo photographie

—> Retrouvez la chronique que j’ai consacrée à Une histoire impossible, en cliquant sur ce lien : article

 

Dites-lui que je l’aime, Clémentine Autain

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©Karine Fléjo photographie

Beaucoup de cinéphiles connaissent la comédienne Dominique Laffin. Peu savent qu’elle était la mère de Clémentine Autain. Une mère à laquelle l’auteure rend dans ce livre un hommage vibrant. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour dire je t’aime…

Dominique Laffin, côté scène et côté cour : l’actrice et la mère

Dominique Laffin est décédée brutalement à 33 ans. Sa fille Clémentine était alors tout juste âgée de 12 ans. De cette mère comédienne, qui a connu un succès fulgurant et joua notamment aux côtés de Gérard Depardieu dans « Dites-lui que je l’aime », Clémentine parle peu depuis 30 ans. Et s’efforce de ne pas davantage y penser. Trop douloureux. Trop lourd. Mais les questions récurrentes de sa fille la ramènent sans cesse à cette femme dont la simple évocation lui crée une boule dans la gorge. Il ne lui est alors plus possible de reculer. Plus possible de fuir.

Et d’écrire sur cette actrice et mère trop tôt disparue. Et d’exhumer des pans de vie entiers, des souvenirs heureux ou douloureux, des espoirs déçus et des rires partagés. Si tous s’accordaient à louer l’actrice, sa sensibilité, sa présence devant la caméra, peu connaissaient la mère. Une mère défaillante, incapable d’assumer son enfant, de veiller sur elle, malgré l’amour infini qu’elle lui porte. Dépressive, elle noie son chagrin et sa solitude dans l’alcool. Mais l’alcool et le travail font mauvais ménage : elle manque des jours de tournage, arrive en retard. Une réputation qui va la précéder comme une traînée de poudre. Sa carrière sombre alors aussi rapidement qu’elle est montée. Les rôles se font rares. Et à la maison, ils s’inversent. C’est Clémentine qui veille sur elle, la ramène ivre à la maison, lui évite de sauter par la fenêtre. C’est Clémentine qui du haut de ses sept ou huit ans endosse le rôle de mère.

« Ce qui abîme, c’est la répétition. Ce qui nous a séparées, c’est la récurrence de ton incapacité à prendre soin de moi. Je n’ai plus trouvé la force de comprendre, j’ai condamné. Je n’ai plus cherché à relier les bribes d’interprétation possible pour te disculper, j’ai considéré que ce n’était pas mon problème. Je n’ai plus entretenu les moments de bienveillance et de joie, je les ai enterrés. Qu’importe la compassion et la compréhension, la justice ou la vérité, pourvu que je marche droit. »

Au fil des années, Clémentine a mis tous ses souvenirs derrière une porte cadenassée, a refusé de se retourner, de se laisser dévorer par ce passé douloureux. Regarder devant, toujours. Avancer, encore. Malgré tout. Malgré l’absence et les défaillances.

Le temps du pardon : un livre comme une déclaration d’amour

Clémentine Autain nous livre un témoignage poignant. Poignant par sa sincérité, son authenticité, sa force. Pas de règlement de comptes ici, bien au contraire. C’est apaisée et adoucie qu’elle revient sur la vie de sa mère, loue ses talents d’actrice, mais aussi ce que cette dernière lui a légué comme son féminisme, son indépendance, sa modernité, son engagement plein et entier. Elle évoque ses manquements, les blessures qu’ils ont légitimement laissées sur son cœur d’enfant et de femme, mais elle ne juge pas. Elle ne hait pas. Elle ne condamne pas. Au contraire, elle réalise combien cette mère, aussi absente et défaillante soit-elle, lui a apporté, combien elle a partagé de rires, de complicité avec elle dans ses moments de clairvoyance et de sobriété. Elle qui ne s’était plus autorisée à penser à sa mère ces dernières années, qui se refusait à regarder ses films, à laisser la moindre émotion affleurer, ouvre grand les vannes de son cœur, se sent prête. Et réalise combien elle l’aime…