Rentrée littéraire : L’indolente de Françoise Cloarec(Stock)

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L’indolente, Françoise Cloarec

Editions Stock, août 2016

Rentrée littéraire

Amateur d’art ou non, tout le monde connaît le peintre Pierre Bonnard. Celui qui ne se revendique d’aucune école, désireux de faire quelque chose de purement personnel, laisse derrière lui une œuvre conséquente, riche en couleur, qui exalte la lumière. Une œuvre très étroitement liée à sa muse, son modèle favori, son âme-soeur et plus grand amour, le support de sa création : sa femme Marthe Bonnard. Mais qui est cette personne qui a partagé près de 50 ans de sa vie, qui ment sur son âge, son nom, ses origines? Cette femme qui offre très souvent sa nudité sur les toiles, habille à contrario son passé de tenues opaques et épaisses. Le peintre lui-même ne connaît d’elle que ce qu’elle veut bien lui dire ou lui montrer, autrement dit peu de chose datant d’avant leur rencontre.

C’est ce mystère que Françoise Cloarec tente de percer.

Elle nous entraine sur les pas d’une femme caractérielle, à la santé fragile, aux phobies desquelles Pierre Bonnard se plie avec dévotion, quitte à ne plus pouvoir voir ses amis ou sortir en société. Une femme qui, à la rencontre de son futur mari, décide de s’inventer une nouvelle identité : Maria Boursin, née dans une famille modeste, orpheline de père, devient Marthe de Méligny, fille naturelle d’un aristocrate issu d’une famille noble et ruinée dont elle est censée être la dernière représentante. Une femme qui n’existe que dans et par le regard de l’homme qu’elle aime.

C’est le roman d’une histoire d’amour passionné que nous relate l’auteur. Touche par touche, elle peint le portrait de celle qui a inspiré le chef de file du mouvement nabi et dont le véritable visage sera dévoilé à la mort de Pierre Bonnard, lors des procès liés à sa succession. Quatre nièces de « Maria Boursin » surgissent en effet au décès du maître et réclament leur part d’héritage…

Prix littéraire de la vocation 2016 : Line Papin

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La primo-romancière Line Papin, succède à Miguel Bonnefoy , en remportant le Prix de la vocation 2016 avec L’éveil, paru chez Stock.

Le jury du 40e Prix littéraire de la Vocation, décerné par la Fondation Marcel Bleustein-Banchet, s’est réuni mardi 20 septembre pour élire son lauréat 2016. La jeune Line Papin, 21 ans, a été couronnée pour son premier roman, L’éveil, paru chez Stock le 24 août et déjà lauréat du Prix Transfuge du meilleur premier roman français.

Quatre autres primo-romanciers étaient en lice: Grégoire Domenach (Pysanka, Carnet d’Art), Sarah Leon (Wanderer, Héloise d’Ormesson), Aurélien Gougaud (Lithium, Albin Michel) et Florent Oiseau (Je vais m’y mettre, Allary Editions).

Le jury du 40e Prix littéraire de la Vocation, décerné par la Fondation Marcel Bleustein-Banchet, s’est réuni mardi 20 septembre pour élire son lauréat 2016. La jeune Line Papin, 21 ans, a été couronnée pour son premier roman, L’éveil, paru chez Stock et déjà lauréat du Prix Transfuge du meilleur premier roman français.

Quatre autres primo-romanciers étaient en lice: Grégoire Domenach (Pysanka, Carnet d’Art), Sarah Leon (Wanderer, Héloise d’Ormesson), Aurélien Gougaud (Lithium, Albin Michel) et Florent Oiseau (Je vais m’y mettre, Allary Editions).

Le livre :

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 « Je dois y retourner, c’est insupportable de le savoir ici, lui qui marche et vit non loin. Non, il ne s’agit pas encore de l’éveil, du vrai, c’est mon attention seule qu’il éveille pour l’instant, et c’est en dessous, plus loin, que nous allons éclore et tomber et rouler. Je suis à l’orée de l’éveil. »

La scène est à Hanoi, au Vietnam, dans les ruelles surchauffées. Cela se passe aujourd’hui, mais ce pourrait être il y a longtemps. C’est une histoire d’amour, dont les personnages sont deux garçons et deux filles, dont les voix s’entrechoquent. C’est une histoire d’amour, douloureuse et sensuelle, où les héroïnes ne font que traverser le tumulte de la ville, et se cachent dans l’ombre protectrice des chambres.
C’est un premier roman d’exception. Et l’acte de naissance d’un écrivain.

 

Citation du jour

Ce ne sont pas les êtres bien portants, sûrs d’eux-mêmes, gais, fiers et joyeux qui aiment vraiment, – ils n’ont pas besoin de cela ! Quand ils acceptent d’être aimés, c’est d’une façon hautaine et indifférente, comme un hommage qui leur est dû. Le don d’autrui n’est pour eux qu’une simple garniture, une parure dans leurs cheveux, un bracelet à leur poignet, et non le sens et le bonheur de leur existence. Seuls ceux que le sort a désavantagés, les humiliés, les laids, les déshérités, les réprouvés, on peut les aider par l’amour. Et quand on leur consacre son existence, on les dédommage seulement de ce dont la vie les a privés. Et eux seuls savent aimer et se laisser aimer comme il faut: humblement et avec reconnaissance.

Stefan Zweig – La pitié dangereuse

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Rentrée littéraire : Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud (Editions EHO)

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Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud

Éditions Héloïse d’Ormesson, août 2016

Rentrée littéraire

Fille unique auprès de parents aimants et d’une grand-mère merveilleuse, toujours accompagnée de sa meilleure amie Juliette, Lucie, brillante élève de Khâgne, est très bien entourée. Pourtant, elle sent un appel auquel elle ne peut pas résister. Un appel qui va la conduire à renoncer aux siens, à leur présence, à leurs rêves pour elle. Mais IL donne un sens à sa vie. Et de décider de se consacrer à Lui, entièrement, exclusivement, de l’aimer et de l’imposer à son entourage, dussent-ils tous désapprouver son choix.

Elle pousse alors la porte du couvent niché au cœur de Paris. C’est irrévocable : elle consacrera son existence à Dieu.

Mais dans ce monde clos par de hauts murs, la réalité est autre que ce qu’elle avait imaginé. Guerres intestines pour briguer la place de supérieure du prieuré, violences physiques et psychologiques, humiliations, gavage, dislocation des liens avec les familles et amis, absence de soins, Lucie étouffe. Mais elle résiste, rêve d’absolu. Jusqu’à la découverte d’un secret qui va la cribler de doutes… Que faire, renoncer à sa foi , retourner à sa vie d’avant? Et si c’était LUI qui lui envoyait cette épreuve pour la tester ?

Avec ce premier roman, Maëlle Guillaud nous fait pénétrer dans l’enceinte de ce monde mystérieux qu’est le couvent, avec ses règles de vie austères, ses codes impénétrables. Un monde dans lequel les sœurs, aussi ferventes soient-elles, n’en restent pas moins des êtres humains donc dotés de faiblesses, porteurs de défauts comme de qualités. L’auteur analyse avec beaucoup de justesse les difficultés auxquelles se heurte la novice, les doutes qu’il lui faut combattre sur le chemin de la foi, la force qu’il lui faut pour résister à l’incompréhension des siens. Un roman singulier.