Livre pour enfant : Le pousseur de bois, Frédéric Marais

Le pousseur de bois
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Un récit magnifique, tiré de faits réels. Ou quand le don d’un jeu d’échecs à un jeune mendiant va révéler le prodige en lui.

Avoir un don

Un jeune enfant fait la manche dans les rues sales d’une ville indienne, quand un vieillard s’approche de lui et lui tend, non pas à manger ou de l’argent, mais…un jeu d’échecs. Le petit mendiant est déçu en apercevant ces pièces de bois dont il n’a que faire. Mais le vieil homme n’a pas dit son dernier mot et entreprend de lui apprendre à jouer. Pour rendre cet apprentissage plus ludique, il imagine des histoires tandis qu’il lui montre comment bouger les différentes pièces du jeu. L’enfant apprend vite.

Et, la nuit suivante, après lui avoir enseigné les bases, le vieil homme disparait, lui laissant ce trésor de bois.

Or le jeune garçon se révèle avoir un véritable don pour les échecs, don qui va arriver jusqu’aux oreilles du grand maharadjah. Sa vie va alors se métamorphoser.

Des illustrations superbes

Gros coup de cœur pour Le pousseur de bois, de Frédéric Marais, aux éditions Hongfei Cultures, livre inspiré de l’histoire vraie de Mir Malik Sultan Khan (1905-1966). Non seulement l’histoire de ce jeune prodige est d’une déchirante beauté, montre combien le souci de l’autre, l‘attention à l’autre, peuvent bouleverser une vie, combien la transmission entre générations est essentielle, mais les illustrations sont superbes.

le pousseur de bois illustrations

Des illustrations en trois tons, vivantes, terriblement expressives, qui impriment une grande force au texte.

Moralité : filez en librairie acheter ce livre!

Informations pratiques

Le pousseur de bois, Frédéric Marais -éditions HongFei Cultures, octobre 2020 – 40 pages – 16,50€ – à partir de 7 ans.

Site des éditions HongFei Cultures : https://hongfei-cultures.com/

Citation du jour

Vivre ce n’est pas respirer, c’est agir ; c’est faire usage de nos organes, de nos sens, de nos facultés, de toutes les parties de nous-mêmes qui nous donnent le sentiment de notre existence.

L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie.

Jean-Jacques Rousseau

Photo de Andre Furtado sur Pexels.com

Rentrée littéraire : La petite dernière, Fatima Daas

La petite dernière

Un premier roman sous forme de monologue sur la façon dont on se construit dans une famille nombreuse, avec plusieurs identités.

Tout concilier

Fatima Daas est la narratrice du roman, double littéraire de l’auteure, française d’origine algérienne. Petite dernière d’une fratrie de quatre, elle peine à trouver sa place, à trouver une certaine stabilité. Née en France, elle se sent en décalage quand elle se retrouve en famille en Algérie. Tout comme elle ressent une mise à l’écart en France.

La double culture est-elle une richesse ou une difficulté? Fatima est un prénom hautement symbolique en Islam, qu’il s’agit d’honorer. Comment dès lors oser affirmer son homosexualité, hormis à un psy ou à l’imam, sans risquer l’opprobre, sans risquer de décevoir ses proches?

« L’amour c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi ».

Comment prendre son indépendance, oser quitter sa famille sans avoir le sentiment de trahir leurs valeurs? Culture, intégration, sexualité, religion, construction sont autant de thèmes abordés dans ce monologue sous forme de portrait.

Premier roman

La petite dernière de Fatima Daas est un premier roman sous forme de journal intime, de confession romancée. « Je m’appelle Fatima Daas » est la phrase d’ouverture de chaque chapitre, comme pour mieux marteler son identité quand les autres lui collent l’étiquette de banlieusarde musulmane, quand la société lui renvoie des clichés.

J’ai trouvé cette approche intéressante. Ce problème de construction quand on est écartelé entre deux identités, entre ce à quoi on aspire et ce que les autres attendent de vous, bien traité. Mais il m’a manqué quelque chose pour être vraiment touchée par le personnage, pour entrer dans le livre. Un sentiment mitigé donc…

Informations pratiques

La petite dernière, Fatima Daas – éditions Notabilia, août 2020 – 192 pages – 16€

L’autorité et les règles, Isabelle Filliozat, Virginie Limousin

L'autorité et les règles, Filliozat Isabelle
Copyright photo Karine Fléjo

Un nouveau livre dans la collection des petites histoires Filliozat. Trois histoires pour une vraie compréhension de la notion d’autorité et de règles.

Autorité et règles

Les règles et l’autorité sont indispensables pour instaurer un bien vivre ensemble, et ce, dans tous les domaines de l’existence : la politesse, la circulation des piétons sur le chemin de l’école, la conduite en classe, les règles des jeux, etc. Mais il n’est pas toujours simple de les appliquer.

Dans ce livre, trois histoires mettent en scène des situations familières aux enfants, où il s’agit d’instaurer des règles et de les appliquer, pour permettre à chacun de vivre en bonne entente avec les autres :

  • La maman reçoit une amie, alors que la fillette souhaitait l’attention de la maman pour elle seule.
  • Les enfants s’amusent comme des petits fous, mais voilà qui n’est pas du goût du papa qui rentre énervé du travail.
  • A l’école, l’installation d’un tobogan suscite l’euphorie…et l’émeute aussi.

Comment l’instauration de règles peut-elle permettre de retrouver des relations pacifiées?

Parentalité positive et autorité

Virginie Limousin, auteure de ce livre, a été formée par Isabelle Filliozat, psychothérapeute, qui a développé une approche empathique connue sous le nom de Méthode Filliozat.

Psychologue clinicienne et psychothérapeute, Isabelle Filliozat prône une parentalité résolument positive, orientée vers l’éviction de tout ce qui fait peur ou honte à l’enfant. Il s’agit d’observer, de comprendre, d’être dans l’empathie et de donner à l’enfant des consignes positives plutôt que des interdits. Mais aussi de valoriser les bons comportements. Grâce à des méthodes innovantes de prévention et de résolution des conflits sans violence, dans le respect de l’enfant, il est possible à ce dernier de développer son potentiel, ses compétences, de s’adapter aux nouvelles situations et de s’ouvrir aux autres.

Dans ce livre L’autorité et les règles, trois situations concrètes sont exposées aux enfants, et, à leur suite, un éclairage très simple pour décrypter la situation, ainsi que des outils pour aider l’enfant à exprimer ses besoins et éviter les tensions. C’est clair, très accessible et très parlant pour les enfants. Un outil pédagogique fabuleux!

Une très belle collection aux éditions Nathan que je recommande vivement!

Autres livres sous la direction d’Isabelle Filliozat

  • Les petites histoires Filliozat : la colère (chronique ICI)
  • Les cahiers Filliozat : ma famille (chronique ICI)
  • L’amitié, se faire des copains et les garder (chronique ICI)
  • Les droits de l’enfant (chronique ICI)
  • Colère et retour au calme, les cahiers Filliozat (chronique ICI)
  • La confiance en soi (chronique ICI)

Informations pratiques

L’autorité et les règles – Collection Les petites histoires Filliozat – Imaginé par Virginie Limousin, sous la direction d’Isabelle Filliozat – Illustrations d’Eric Veillé – éditions Nathan- Octobre 2020 – 48 pages – 7,95€

A partir de 4 ans

Citation du jour

Lorsqu’il se rend compte à quel point il est irremplaçable, un homme devient profondément conscient du fait qu’il est responsable de sa vie.

Un homme qui réalise l’ampleur de la responsabilité qu’il a envers un être humain qui l’attend, ou vis à vis d’un travail qu’il lui reste à accomplir, ne gâchera pas sa vie.

Il connaît le « pourquoi  » de cette vie et pourra supporter tous les « comment » auxquels il sera soumis.

Viktor E. Frankl

Plage de Bretagne

Un certain Paul Darrigrand, Philippe Besson

Un certain Paul Darrigrand
Copyright photo Karine Fléjo

Dans « Un certain Paul Darrigrand », Philippe Besson continue l’exploration de ses premières amours avec une infinie délicatesse et une sensibilité à fleur de plume. Des expériences compliquées, cachées, qui n’en sont pas moins initiatiques.

Dépendance affective

Nous sommes à la rentré universitaire 1988. Philippe Besson, 22 ans, vient poursuivre ses études à Bordeaux. Lors d’une pause, il fait la connaissance d’un autre étudiant, un certain Paul. Ce même étudiant fait montre d’un certain culot en s’installant face à lui à la cantine un peu plus tard, feignant qu’il s’agit là de sa place. Philippe Besson l’interprète comme un appel du pied. Et tombe alors instantanément et éperdument amoureux.

Mais il découvre alors non seulement que Paul est hétérosexuel, mais qu’il est marié. Il se dit par conséquent que cette relation amoureuse sera impossible. S’est-il fait des illusions sur les intentions de Paul? Ou Paul n’a-t-il pas réussi à contrer sa réelle attirance? Cette relation sera t-elle impossible ou clandestine?

Alors qu’il tombe amoureux, il vit une autre chute : il tombe malade. Une maladie du sang (thrombopénie), qui lui fait courir un risque hémorragique permanent. Et si son corps exprimait une souffrance que son esprit refusait de prendre en compte? Et s’il y avait un bénéfice secondaire à être malade, comme celui de retenir Paul à son chevet alors qu’il s’apprête à quitter Bordeaux pour Paris?

Des amours dissimulées

Philippe Besson a attendu 17 ans avant de se lancer dans l’autofiction et d’évoquer cette relation amoureuse qui a tellement compté pour lui. Il lui a fallu tout ce temps pour sortir du silence, pour continuer à faire vivre cet amour sur le papier. Pour « sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais« . Et ce livre est en effet extraordinairement vivant, vibrant.

Avec une infinie délicatesse et beaucoup de sensibilité, de sensualité, Philippe Besson évoque les montagnes russes de cette relation amoureuse en particulier, et de toute dépendance affective en général. L’autre a le pouvoir de vous faire passer d’une joie extrême à un désespoir infini selon qu’il répond ou pas à vos espoirs, qu’il se manifeste ou pas. Il vous met dans l’attente permanente et parfois insoutenable d’un signe. Il devient le centre de votre monde. Il vous condamne à l’ombre, au mensonge, à la duplicité et à la clandestinité.

Un livre très intime mais jamais impudique. Le partage d’une expérience personnelle à caractère universel : celle d’un amour fou, dévorant, qui trouvera un écho puissant chez nombre de lecteurs.

Un coup de coeur!

Informations pratiques

Un certain Paul Darrigrand, Philippe Besson – éditions Pocket, septembre 2020 – 166 pages – 6,50€

Livre pour enfant : Nuit étoilée, Jimmy Liao

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©Karine Fléjo photographie

Un album illustré d’une grande sensibilité, pour aider les enfants à communiquer, à sortir de leur bulle.

Solitude

Jusque ses six ans, elle a vécu chez ses grands-parents, à la montagne. Ses parents, très affairés, travaillaient et vivaient en ville. Puis elle les a rejoints, laissant derrière elle la montagne et les étoiles, les grands espaces, heureuse de retrouver ses parents mais triste de s’éloigner de son grand-père, devenu veuf.

Peu à peu le silence s’installe dans sa vie. A l’école où elle est victime de brimades de la part de ses camarades, brimades dont elle n’ose pas s’ouvrir à la maison. Chez elle, où ses parents n’ont guère de temps à lui consacrer et plus de temps à passer à se disputer. Le cap de l’adolescence est difficile à passer. La communication un art qu’elle ne maitrise pas.

La solitude devient sa seule compagne. Jusqu’à ce jour où un jeune garçon, nouveau venu l’école, devient son ami. Comme elle, il est mis à l’écart des autres. Comme elle, il sait ce que c’est d’être seul.

Tous deux décident alors de fuguer, d’aller se ressourcer dans la nature, éclairés par les étoiles. Cette escapade et cette amitié changeront-elles leur regard sur la vie?

Des illustrations magnifiques et un texte empli de poésie

J’aime énormément les éditions HongFei Cultures, créées il y a 13 ans par Chun-Liang Yeh et Loïc Jacob, la poésie et la profondeur de leurs textes, la beauté et la diversité de leurs illustrations, mais aussi les thématiques abordées. Nuit étoilée, de Jimmy Liao, n’échappe pas à cette ligne de conduite. Dans ce livre délicat, l’auteur aborde la question de la solitude pendant l’enfance et tout particulièrement à l’adolescence. La difficulté à communiquer, le repli sur soi, le salut trouvé dans l’art, sont ici analysés avec beaucoup de finesse. Les illustrations de Jimmy Lao, grand nom de la littérature asiatique, sont indiciblement évocatrices, fortes. Et transportent le lecteur.

Un beau livre à offrir dès dix ans.

Informations pratiques

Nuit étoilée, Jimmy Liao – éditions HongFei Cultures, août 2020 – à partir de 10 ans – 19,90€

Citation du jour

La vie n’est pas une énigme, qu’il faudrait résoudre, ni un symptôme qu’il faudrait interpréter, ni un discours qu’il faudrait tenir, ni un but qu’il faudrait atteindre.

Elle est ce par quoi, ce pour quoi, ce dans quoi il y a des énigmes, des symptômes, des discours, des buts.

Ce n’est pas la vie qui doit avoir un sens, c’est le sens qui doit être vécu.

André Comte-Sponville – Le goût de vivre et cent autres propos

André Comte-Sponville - Le goût de vivre et cent autres propos

Rentrée littéraire : mon père, ma mère, mes tremblements de terre, Julien Dufresne-Lamy

mon père, ma mère, mes tremblements de terre
Copyright photo Karine Fléjo

Un roman sur l’acceptation, l’ouverture à l’Autre. Mais aussi et surtout, un hymne à l’amour chanté en plein cataclysme. Magnifique.

Femme dans un corps d’homme

Le narrateur est un jeune lycéen dont le père se trouve à l’hôpital. A l’heure où il s’adresse au lecteur, son père subit une opération peu banale : un changement de sexe. Une opération qui fait suite au séisme qui a secoué l’enfant et sa mère deux ans auparavant, séisme dont l’aveu du père fut l’épicentre :

« Je suis une femme. A l’intérieur, une vraie. Ce n’est pas grave. Je t’aime. Je vous aime. Mais je n’ai jamais été un homme. »

Un secret que son père gardait depuis ses cinq ans, âge auquel il a ressenti ses premières dysphories. La secousse sismique est telle, que ce sont les fondations même de la famille qu’ils forment tous les trois qui sont ébranlées. Avec son regard d’enfant, le narrateur évoque ces deux années de reconstruction pour chacun, ces failles consolidées au ciment de leur amour. Jusqu’au grand jour pour le père. Jusqu’à sa renaissance. Mieux même : sa reconnaissance.

Acceptation et amour

Dans Mon père, ma mère, mes tremblements de terre, Julien-Dufresne-Lamy donne la parole à ceux qui vivent un séisme très particulier et bien souvent tabou : les personnes transgenres et leurs proches. Etre une personne transgenre, c’est se sentir appartenir au sexe opposé à celui inscrit sur l’acte de naissance. C’est se sentir femme dans un corps d’homme. Ou inversement. Autrement dit, il s’agit de personnes qui sont nées dans un corps avec lequel elles ne se sentent pas en accord. D’où parfois ce désir de subir des interventions et traitements lourds pour changer de sexe. D’où parfois ce besoin vital d’oser dire. D’oser être.

A travers le récit particulier d’une famille, l’auteur invite le lecteur à ouvrir son regard sur ces personnes qui décident de changer de sexe, à ne pas les juger mais au contraire à essayer de les comprendre et surtout à respecter leur choix. Il analyse avec beaucoup de justesse et de finesse les dommages collatéraux sur l’enfant, le conjoint, les phases nécessaires du deuil pour ces derniers, deuil de la personne avant sa transition (transition de l’homme vers la femme ou de la femme vers l’homme). Un roman sur la tolérance, l’empathie, l’acceptation. Et l’amour. Car accepter l’autre tel qu’il est et tel qu’il est devenu surtout, avec ses séismes, avec ses failles, est la plus belle preuve d’amour qui soit.

Un bijou de sensibilité et d’humanité.

Ne passez pas à côté de ce livre!

Informations pratiques

Mon père, ma mère, mes tremblements de terre, Julien Dufresne-Lamy – éditions Belfond, août 2020 – 250 p. – 17€

Je t’écris de Barcelone, Pilar Pujadas

Je t'écris de Barcelone
Copyright photo Karine Fléjo

Connait-on vraiment ses proches? Dans cette correspondance que deux sœurs âgées adressent au même homme, on réalise que même les êtres les plus proches de nous sont parfois de parfaits étrangers.

Secrets de famille

Tandis que Sidonie et sa sœur Marie-Jo, octogénaires, sont en vacances à Barcelone, les plumes se délient. Si ce séjour ensemble laisse dans un premier temps imaginer que ces deux sœurs sont très proches, très rapidement des tensions larvées apparaissent. C’est d’ailleurs en refusant de suivre Sidonie dans ses pérégrinations à travers la belle ville de Barcelone, prétextant un lumbago, que Marie-Jo a l’envie de parler à son défunt mari, en couchant ses pensées sur du papier. Envie de lui ouvrir son cœur sur ce qu’elle vit aujourd’hui tandis qu’il n’est plus là, mais aussi et surtout sur son enfance, ses années de mariage avec lui et son rapport avec sa mère et sa sœur Sidonie.

De son côté, en cachette elle aussi, Sidonie éprouve le besoin d’écrire à son défunt beau-frère, d’évoquer avec lui ses relations avec Marie-Jo. Mais pas seulement.

Un regard croisé sur des situations vécues de façon complètement différentes par les deux sœurs. Et des secrets libérés sur le papier qui révèlent combien nous connaissons parfois bien mal les êtres les plus proches de nous.

Regards croisés

J’avais énormément apprécié le roman Coeur croisé, de Pilar Pujadas, publié en 2016 aux éditions Mercure de France (chronique ici) . C’est donc avec bonheur que j’ai retrouvé sa délicate plume dans Je t’écris de Barcelone, aux éditions Poussière de lune.

C’est un roman épistolaire que nous livre cette fois Pilar Pujadas. Avec une plume alerte, elle nous invite à reconsidérer ce que nous tenons pour des vérités. En effet, à partir de situations similaires vécues par les deux sœurs, le lecteur réalise combien chacune a une interprétation diamétralement opposée à celle de l’autre, un ressenti aux antipodes de celui de l’autre. Comme si elles avaient traversé des épreuves et des joies complètement différentes et non côte à côte. Or non seulement chacune ignore ce qu’éprouve l’autre sur cette existence passée et considère son point de vue comme étant le reflet de LA vérité, mais, au fil des lettres, des secrets affleurent. Connait-on vraiment bien son frère ou sa sœur, son conjoint, ces êtres avec lesquels nous partageons tant? Tant mais peut-être pas tout. Tant mais peut-être finalement pas l’essentiel. Car toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ni tous les secrets bons à déterrer.

Un roman vivant, fluide, à la tension narrative constante, qui vous fera de surcroit voyager dans cette belle ville de Catalogne.

Informations pratiques

Je t’écris de Barcelone, Pilar Pujadas – éditions Poussière de lune, juillet 2020 – 201 pages – 13,90€