Le langage de la solitude, le nouveau sublime roman de Jan-Philipp Sendker (JC Lattès)

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Le langage de la solitude, Jan-Philipp Sendker

Editions JC Lattès, mai 2018 

A travers ce nouveau roman, viscéralement humain, servi par une écriture poétique, Jan-Philipp Sendker nous offre une immersion totale dans la Chine d’aujourd’hui. Une vision fascinante, pertinente de ce pays où les traditions sont encore bien présentes, où toute remise en question de l’ordre établi est périlleuse. Un roman empreint de sagesse orientale. Coup de cœur absolu ! ❤

Depuis le décès de son fils Justin, Paul, ancien journaliste américain, s’est retiré du monde dans une petite île au large de Hong-Kong. Quand sa route croise celle de Christine, une chinoise exilée à Hong-Kong avec sa mère pour raisons politiques, il renoue prudemment avec le bonheur. Car la vie lui a appris ceci : « Ne plus jamais tenir quoi que ce soit pour acquis ». Christine se montre patiente, douce avec ce solitaire affamé d’amour et lui fait peu à peu prendre conscience de la véracité de ce dicton chinois « Un être humain tout seul n’est pas un être humain. »

Alors que Paul se laisse apprivoiser, c’est Christine qui devient fuyante car tourmentée. Son passé l’a rattrapée. Ce frère qu’elle croyait mort dans les camps en Chine, se rappelle 40 ans après à son bon souvenir. Sa femme est gravement malade, il a besoin d’aide. Retourner en Chine, ce pays où elle garde de si douloureux souvenirs, à commencer par le suicide de son père sous ses yeux pour fuir les gardes rouges quand elle avait 6 ans, est une épreuve. Paul décide de l’accompagner.

Sur place, les réflexes de journaliste de Paul refont surface. Et d’investiguer. Et de chercher à comprendre pourquoi cette femme, mais aussi d’autres personnes du village souffrent du même mal, de ce qui ressemble bel et bien à un empoisonnement au mercure. Avec ses réflexes d’occidental, il pose des questions, fouille, est prêt à affronter les autorités pour permettre à la vérité d’éclore au grand jour. Une attitude aux antipodes de l’attitude soumise, apeurée et résignée de ses interlocuteurs chinois, du moins de nombre d’entre eux. Devra-t-il lui aussi se résigner ou la vérité se forgera-t-elle un chemin vers la lumière ?

Dans ce roman empreint de sagesse orientale, de tableaux de cette Chine si éloignée de notre univers occidental, Jan-Philipp Sendker nous offre un double voyage : un voyage au cœur de l’humain et un voyage au cœur de la Chine d’aujourd’hui. Avec une plume sensible, délicate, poétique, il met en évidence le choc des cultures, la beauté et la richesse de nos différences. Un roman dense, émouvant, riche humainement. Un véritable coup de cœur!

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à un autre ouvrage, lui aussi magnifique, de l’auteur : L’art d’écouter les battements de cœur.

 

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Prix de la maison de la presse 2018 : Valérie Perrin

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C’est ce mercredi 30 mai qu’est remis le 49ème prix de la maison de la presse. And the winner is… Valérie Perrin!

Ils étaient six auteurs en lice pour la 49ème édition du Prix de la Maison de la Presse :

  • Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin (Albin Michel)
  • Massacre des innocents de Marc Biancarelli (Actes Sud)
  • Tyrannie de Richard Malka (Grasset)
  • La chambre des merveilles de Julien Sandrel (Calmann Lévy)
  • Sauf d’Hervé Commère (Fleuve noir)
  • Les indifférents de Julien Dufresne Lamy (Belfond)

Présidé par Michel Bussi, lauréat en 2012 pour Un avion sans elle, le prix a été décerné ce soir au siège de la Société des gens de lettres, à Valérie Perrin, pour son roman Changer l’eau des fleurs, aux éditions Albin Michel.

La lauréate : 

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Photographe et scénariste, Valérie Perrin travaille aux côtés de Claude Lelouch.
Son premier roman Les Oubliés du dimanche, a reçu de nombreux prix, dont celui de Lire Élire 2016 et de Poulet-Malassis 2016.
Le roman primé  :
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Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.
Après l’émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l’histoire intense d’une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l’ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d’humanité.

Un hymne au merveilleux des choses simples.

Rencontre littéraire aux accents culinaires avec Benoît Peeters, Aurélia Aurita et le chef Pierre Gagnaire : J-3!

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Vous aimez la littérature, la gastronomie et le dessin? Alors cette rencontre est pour vous! Le samedi 2 juin, Benoît Peeters, Aurélia Aurita, auteurs de « Comme un chef ! » et Pierre Gagnaire, le grand chef cuisinier, préfacier de l’ouvrage, participeront à une rencontre autour du roman graphique organisée au centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Ce sera aussi l’occasion pour la dessinatrice de proposer en direct une performance sous forme de séquences dessinées.

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C’est une très belle soirée en perspective que nous mitonne le Centre Wallonie-Bruxelles. Une soirée dont la recette secrète conjugue trois talents :

  • Benoît Peeters  passionné par la Nouvelle Cuisine autant que par le Nouveau Roman, l’auteur a mené plusieurs vies : celle de chercheur et romancier, de cuisinier à domicile, et celle aussi de gourmet sans le sou qui l’a conduit aux tables des plus grands restaurants et lui a permis ensuite de se lier d’amitié avec de grands chefs.
  • Aurélia Aurita  :  l’auteure de Fraise et Chocolat publié aux éditions Impressions Nouvelles, prouve que les goûts peuvent avoir une couleur et nous entraîne avec sa fluidité naturelle dans une reconstitution aussi précise qu’enjouée d’un temps où l’insouciance était un art de vivre largement partagé. Elle a prêté ses talents d’illustratrice à ce roman graphique et proposera en direct des séquences dessinées.
  • Pierre Gagnaire : Grand chef français multi-primé, Pierre Gagnaire a également été élu en 2015 « plus grand chef étoilé du monde » par ses pairs. Sa cuisine très créative est parfois considérée comme iconoclaste. Des mets réputés prennent avec ses présentations précises et précieuses une allure spectaculaire. Il est le préfacier de ce roman illustré.Associez délicatement ces trois talents, mélangez bien, mettez au four et il en ressortira un roman illustré cocasse au coeur et coloré, que vous dévorerez sans plus attendre!

Récapitulatif : 

Quand? Samedi 2 juin à 19h30

Pour qui ? Pour toute personne désireuse d’y participer, sur réservation.

Où? Au centre Wallonie-Bruxelles – 127-129, rue Saint Martin – 75004 Paris

Téléphone : 01 53 01 96 96 –  Site du centre Wallonie-Bruxelles

Maisons autour du monde, Paula Blument et Mia Cassany (Nathan)

Maisons autour du monde, Paula Blument et Mia Cassany

Editions Nathan, avril 2018

40 P. ; 14,95€. A partir de 6 ans.

Imaginez que vous puissiez vivre n’importe où sur la planète… quelle maison choisiriez-vous? Avec ce livre, les auteurs proposent à l’enfant un voyage autour du monde pour découvrir l’incroyable diversité des habitats, des paysages et des modes de vie.

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Les maisons, il y en a de toutes les sortes, de toutes les tailles, de toutes les formes. Elles sont immenses ou minuscules, en bois, en verre ou en béton, perdues dans la campagne ou entassées dans une grande ville.

Les as-tu déjà regardées de plus près? Si elles sont comme elles sont, ce n’est pas tout à fait un hasard… Les maisons nous protègent et nous abritent. Chacune est différente et raconte à sa façon son pays, son climat, ses habitants.

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Une maison flottante en Birmanie? un studio à Brooklyn face aux gratte-ciels de New-York? Un pavillon aux cloisons de papier à Kyoto? Un grand salon ouvert sur le ciel à Séville?

Pour découvrir la diversité du monde, il suffit de tourner les pages de ce très joli livre!

 

Le club des feignasses, de Gavin’s Clemente-Ruiz : attention, coup de coeur!

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Le club des feignasses, de Gavin’s Clemente-Ruiz

Editions Mazarine, avril 2018

Ce roman est une ode à la vie, à l’urgence de vivre pleinement l’instant présent. N’attendez pas que la maladie vous rattrape, qu’une catastrophe vous frappe, pour mesurer à quel point la vie et les gens que vous aimez sont précieux : savourez ces bonheurs dès à présent ! C’est là le message de ce merveilleux livre.

Pourquoi le lire?

  • Car ce n’est pas un livre anxiogène sur la maladie mais une invitation à célébrer la vie
  • Car il n’est jamais trop tard pour faire du reste de sa vie la plus belle route qui soit
  • Car ce livre est résolument positif, humain.

On ne le dit jamais assez : le bonheur est un état d’esprit, pas une question de chance ou de malchance. Face à une mauvaise nouvelle, quelle qu’elle soit (maladie, travail, couple, enfants…) nous avons le choix, oui, de choisir le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein. Le choix de ressasser notre malheur dans un fauteuil de lamentations, de crier à l’injustice, ou de décider de vivre du mieux possible avec cette nouvelle donne.

C’est ce qui arrive à Béa le roc, Alice la puéricultrice réservée, Elisabeth la bourgeoise, et Sam le fils rejeté, quand ils apprennent être atteints du cancer. Avec Greg, le fiancé de Sam, tous les cinq auraient pu se laisser sombrer, maudire le sort. Or ils vont décider de rendre le chemin qu’il leur reste à parcourir le plus lumineux, heureux et chaleureux possible.

Leur première séance de chimiothérapie est retardée ? Qu’à cela ne tienne, c’est là une opportunité pour notre club des 5 rebaptisé le Club des feignasses, de tirer profit de ce sursis pour aller en thalassothérapie à Saint-Malo. L’occasion pour chacun de faire le point sur sa vie, sur ses choix, de refixer ses priorités. Et de tenter de retrouver son premier amour. Et de mettre fin à une relation toxique. Et de renouer avec ses parents. Chacun va à l’essentiel. A son essentiel.

Ce roman de Gavin’s Clemente Ruiz est une pépite d’émotions fortes, d’optimisme, d’humanité, de tendresse. Bien davantage qu’un livre sur la maladie, c’est un hymne à la vie, à l’amour. Après avoir lu ce livre, vous éprouverez le besoin furieux de dire et de montrer aux êtres que vous aimez combien ils comptent pour vous, de vous dépouiller du superflu, de savourer chaque minute de la vie. Car la vie est un cadeau précieux, ne l’oublions pas ! Ne le gâchons pas.

Un coup de cœur ❤ .

Citation du jour

Tu vois les étoiles ? Si tu les regardes, dans quelques instants elles ne seront plus là, elles se seront déplacées. Tu sais pourquoi ? Parce que les étoiles sont les carrosses du ciel. Et tu sais comment on fait pour monter dedans ? Tu dois te servir de l’index gauche parce que c’est celui du cœur, et le cœur est beaucoup plus fort que l’esprit.

Luca di Fulvio – Les enfants de Venise

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