Prix Goncourt 2021 : deuxième sélection

Goncourt

Les 9 romans de la sélection du Prix Goncourt 2021

Les quatre finalistes du Prix Goncourt 2021 seront annoncés le 26 octobre prochain. Annonce du lauréat le 3 novembre!

Le jury du Prix Goncourt 2021

L’académie Goncourt, présidée par Didier Decoin, se compose d’Eric-Emmanuel Schmitt, Pascal Bruckner, Paule Constant, Patrick Rambaud, Tahar Ben Jelloun, Camille Laurens, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel et Pierre Assouline.

Nouvelle réglementation du Prix Goncourt

Les membres de l’académie Goncourt annoncent que « ne pourront être retenus les ouvrages des conjoints, compagnons ou proches parents des membres du jury. Il appartient, le cas échéant, à l’académicien concerné d’informer la société de l’existence d’une telle proximité »« C’est pourquoi, le nom de François Noudelman (compagnon de Camille Laurens) a automatiquement disparu de cette deuxième liste », précise le président du jury, Didier Decoin.

Prix Interallié 2021 : première sélection

Le jury du prix Interallié a dévoilé le nom des douze auteurs figurant sur sa première liste

Les 12 livres sélectionnés pour le Prix Interallié 2021

  • Maria Pourchet avec Feu (Fayard)
  • Mathieu Palain avec Ne t’arrête pas de courir (L’Iconoclaste)
  • Louis-Henri de La Rochefoucauld avec Châteaux de sable (Robert Laffont)
  • Lilia Hassaine avec Soleil amer (Gallimard)
  • Stéphane Hoffmann avec On ne parle plus d’amour (Albin Michel)
  • Clara Dupont Monod avec S’adapter (Stock)
  • Céline Laurens avec Là où la caravane passe (Albin Michel)
  • François-Henri Désérable avec Mon maître et mon vainqueur (Gallimard)
  • Simonetta Greggio avec Bellissima (Stock)
  • François Cérésa avec A un détail près (Ecriture)
  • Tanguy Viel avec La fille qu’on appelle (Minuit)
  • Christophe Donner avec La France goy (Grasset).

La deuxième sélection de l’Interallié aura lieu le 27 octobre 2021.

Prix du premier roman 2021 : 1ère sélection

Dix-sept premiers romans français et étrangers ont été sélectionnés pour le Prix du Premier roman 2021

10 romans français pour le Prix du Premier roman 2021

  • Ouvre ton aile au vent, d’Eloi Audoin-Rouzeau (Phébus)
  • Oublier les fleurs sauvages, de Céline Bentz (Préludes)
  • Madame, de Gisèle Berkman (Arléa)
  • Buenos Aires n’existe pas, de Benoît Coquil (Flammarion)
  • L’amour et la violence, de Diana Filippova (Flammarion)
  • Passage de l’Union, de Christophe Jamin (Grasset)
  • L’aube américaine, d’Emilie Papatheodorou (Albin Michel)
  • Furies, de Julie Ruocco (Actes Sud)
  • Mon mari, de Maud Ventura (L’iconoclaste)
  • Blizzard, de Marie Vingtras (L’Olivier)

7 romans étrangers pour le Prix du Premier roman 2021

  • Les oracles de Teresa, de Arianna Cecconi (Marabout, « La Belle étoile »), traduit de l’italien par Marianne Faurobert
  • Hadès, Argentine, de Daniel Loedel (La Croisée), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par David Fauquemberg
  • L’âme au diable, de Yoram Leker (Viviane Hamy)
  • Une soupe à la grenade, de Marsha Mehran (Picquier), roman traduit de l’anglais par Santiago Artozqui
  • Les Conversations, de Miranda Popkey (JC Lattès), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Julia Kerninon
  • Black Sunday, de Tola Rotimi Abraham (Autrement), traduit de l’anglais (Nigeria) par Karine Lalechère
  • Ce que Frida m’a donné, de Rosa Maria Unda Souki (Zulma), traduit de l’espagnol (Vénézuela) par Margot Nguyen Béraud et l’auteure

Le jury du Prix du Premier roman 2021

Présidé par Gérard de Cortanze, le jury du prix du premier roman réunit Jean Chalon, Georges-Olivier Châteaureynaud, Annick Geille, Jean-Claude Lamy, Carole Martinez, Gilles Pudlowski, Patricia Reznikov, Joël Schmidt, Jean-Pierre Tison, Philippe Vallet et Caroline Verdu.

Prix Renaudot 2021 : 1ères sélections

Prix Renaudot 2019 - Mollat

Le jury du Prix Renaudot 2021 a sélectionné cette année 16 romans et 11 essais.

Prix Renaudot 2021 : les 16 romans sélectionnés

  • Sophie AVON – Une femme remarquable, Mercure de France
  • Anne BEREST – La Carte postale, Grasset
  • Nicolas CHEMLA – Murnau des ténèbres, Le Cherche-midi
  • Catherine CUSSET – La Définition du bonheur, Gallimard
  • Pierre DARKANIAN – Le Rapport chinois, Anne Carrière
  • Christophe DONNER – La France goy, Grasset
  • Etienne KERN – Les Envolés, Gallimard
  • Louis-Henri DE LA ROCHEFOUCAULD – Châteaux de sable, Robert Laffont
  • Agnès DESARTHE – L’éternel fiancé, L’Olivier
  • Justine LEVY – Son fils, Stock
  • Gilles MARTIN-CHAUFFIER – Le dernier tribun, Grasset
  • Amélie NOTHOMB – Premier sang, Albin Michel
  • Maria POURCHET – Feu, Fayard
  • Mathieu PALAIN – Ne t’arrête pas de courir, L’Iconoclaste
  • Abel QUENTIN – Le Voyant d’Etampes, L’Observatoire
  • Mohamed Mbougar SARR – La plus secrète mémoire des hommes, Philippe Rey

Prix Renaudot 2021 : les 11 essais sélectionnés

  • Gwenaëlle AUBRY – Saint Phalle: monter en enfance, Stock
  • Frédéric GROS – La Honte est un sentiment révolutionnaire, Albin Michel
  • Gaspard KOENIG – Notre vagabonde liberté : à cheval sur les traces de Montaigne, L’Observatoire
  • Jean LEBRUN – Ici Saint-Pierre-et-Miquelon, Ed. Bleu autour
  • Etty MANSOUR – Convoyeur de la mort, Equateur
  • Anthony PALOU – Dans ma rue y avait trois boutiques, Presses de la Cité
  • Olivier RASIMI – Bébé, Arléa
  • Catherine SAUVAT – Depuis que je vous au lu je vous admire, Fayard
  • Sandra VANBREMEERSCH – La Dame couchée, Seuil
  • Jakuta ALIKAVAZOVIC – Comme un ciel en nous, Stock

Prix Médicis 2021 : 1ère sélection

France: Le prix Médicis dévoile sa première sélection 2021

Ils sont 13 romans Français et 11 romans étrangers à faire partie de la première sélection du Prix Médicis 2021.

Prix Médicis 2021 : les 13 romans français

  • Santiago Amigorena : Le premier exil, P.O.L.
  • Christine Angot : Le voyage dans l’Est, Flammarion
  • Nina Bouraoui : Satisfaction, Jean-Claude Lattès
  • Arthur Dreyfus : Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui, P.O.L
  • Christophe Donner : La France goy, Grasset
  • Kevin Lambert : Tu aimeras ce que tu as tué, Le nouvel Attila
  • Arrigo Lessana : Après l’avalanche, Exils
  • Héléna Marienské : Presque toutes les femmes, Flammarion
  • Céline Minard : Plasmas, Rivages
  • Christine Montalbetti : Ce que c’est qu’une existence, P.O.L.
  • Mohamed Mbougar Sarr : La plus secrète mémoire des hommes, Philippe Rey
  • Maud Ventura : Mon mari, L’Iconoclaste
  • Antoine Wauters : Mahmoud ou la montée des eaux, Verdier

Prix Médicis 2021 : les 11 romans étrangers

  • Ahmet Atlan : Madame Hayat, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes sud
  • Gabriela Cabezon Camara : Les aventures de China Iron, traduit de l’espagnol (Argentine) par Guillaume Contré, L’Ogre
  • Jan Carson : Les lanceurs de feu, traduit de l’anglais (Irlande du Nord) par Dominique Goy-Blanquet, Sabine Wespieser
  • Lucy Fricke : Les occasions manquées, traduit de l’allemand par Isabelle Liber, Le Quartanier
  • Gouzel Iakhina : Les enfants de la Volga, traduit du russe par Maud Mabillard, Noir sur Blanc
  • Robert Jones, Jr. : Les Prophètes, traduit de l’anglais(Etats-Unis) par David Fauquemberg, Grasset
  • Jonas Hassen Khemiri : La clause paternelle, traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy, Actes Sud
  • Reinhardt Kaiser-Mühlecker : Lilas rouge, traduit de l’allemand (Autriche) par Olivier Le Lay, Verdier
  • Leonardo Padura : Poussières dans le vent, traduit de l’espagnol (Cuba) par René Solis, Métailié
  • Douglas Stuart : Shuggie Bain, traduit de l’anglais (Ecosse) par Charles Bonnot, Globe
  • Natasha Trethewey : Memorial Drive, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy, L’Olivier

Le jury du Médicis réunit Marianne Alphant, Michel Braudeau, Marie Darrieussecq, Dominique Fernandez, Anne Garreta, Patrick Grainville, Andreï Makine, Frédéric Mitterrand, Pascale Roze et Alain Veinstein.

Les deuxièmes sélections du roman français et étranger seront annoncées le 6 octobre prochain.

Prix du roman Fnac 2021

JEAN-BAPTISTE DEL AMO, LAURÉAT DU PRIX DU ROMAN FNAC 2021

Le 20ème PRIX DU ROMAN FNAC a été attribué à Jean-Baptiste Del Amo pour son roman Le fils de l’homme publié aux éditions Gallimard. Il succède à Tiffany McDaniel, primée en 2020 pour son roman Betty (Éd. Gallmeister – trad. François Happe).

Référence des tendances de la rentrée littéraire, le Prix du Roman Fnac a été décerné cette année à Jean-Baptiste Del Amo pour son roman Le fils de l’homme. Ce livre a été élu par le jury du Prix composé de 400 adhérents et 400 libraires Fnac, qui avait au préalable lu sur épreuves puis sélectionné parmi les parutions de la rentrée littéraire 2021, ses 32 titres favoris.

Dans ce nouveau livre, l’auteur du Règne animal explore les thèmes de la transmission générationnelle de la violence et de l’éternelle tragédie qui lient les pères et les fils.

Les finalistes du Prix du Roman Fnac 2021

Parmi les livres de cette rentrée littéraire, 4 œuvres avaient particulièrement retenu l’attention des 400 libraires et 400 adhérents Fnac composant le jury du Prix du Roman Fnac  :

  • Milwaukee blues, Louis-Philippe Dalembert, SABINE WESPIESER ÉDITEUR
  • Le fils de l’homme, Jean-Baptiste Del Amo, GALLIMARD
  • S’il n’en reste qu’une, Patrice Franceschi, GRASSET
  • Où vivaient les gens heureux, Joyce Maynard, PHILIPPE REY (Traduit de l’anglais (États-Unis) par Florence Lévy-Paoloni)

Salon Fnac Livres 2021

Du jeudi 30 septembre au samedi 2 octobre, le Salon Fnac Livres sera de retour dans un format innovant, qui alliera rencontres en public et rendez-vous en livestream, pour permettre au plus grand nombre de découvrir la rentrée littéraire 2021 avec près de 50 auteurs et artistes invités, parmi lesquels Christine AngotNathacha AppanahAgnès B.Nina BouraouiDavid DiopLilia HassaineNancy HustonJean JouzelThomas B. Reverdy, ou encore JoeyStarr et Bastien Vivès.

Prix Goncourt 2021 : 1ère sélection

Goncourt

Ce mardi 7 septembre, le jury du Prix Goncourt 2021 a annoncé sa première sélection.

Les 16 livres sélectionnés pour le prix Goncourt 2021

  • Christine ANGOT, Le Voyage dans l’Est, Flammarion
  • Anne BEREST, La carte postale, Grasset
  • Sorj CHALANDON, Enfant de salaud, Grasset
  • Louis-Philippe DALEMBERT, Milwaukee Blues, Sabine Wespieser
  • Agnès DESARTHE, L’éternel fiancé, L’Olivier
  • David DIOP, La porte du voyage sans retour, Seuil
  • Clara DUPONT-MONOD, S’adapter, Stock
  • Elsa FOTTORINO, Parle tout bas, Mercure de France
  • Patrice FRANCESCHI, S’il n’en reste qu’une, Grasset
  • Lilia HASSAINE, Soleil amer, Gallimard
  • Philippe JAENADA, Au printemps des monstres, Mialet-Barrault
  • François NOUDELMANN, Les enfants de Cadillac, Gallimard
  • Maria POURCHET, Feu, Fayard
  • Abel QUENTIN, Le voyant d’Étampes, L’Observatoire
  • Mohamed Mbougar SARR, La plus secrète mémoire des hommes, Philippe Rey
  • Tanguy VIEL, La fille qu’on appelle, Éditions de Minuit

Le jury du Prix Goncourt 2021

L’académie Goncourt, présidée par Didier Decoin, se compose d’Eric-Emmanuel Schmitt, Pascal Bruckner, Paule Constant, Patrick Rambaud, Tahar Ben Jelloun, Camille Laurens, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel et Pierre Assouline.

Prochaines sélections du Prix Goncourt 2021

Les deux prochaines sélections du prix Goncourt 2020 auront lieu les 5 et 26 octobre. Le 3 novembre sera dévoilé, chez Drouant, le nom du successeur d’Hervé Le Tellier, lauréat en 2020 pour L’anomalie (Gallimard).

Prix Femina 2020 roman français : Serge Joncour

Nature humaine de Serge Joncour
Copyright photo Karine Fléjo

J’adore la plume de Serge Joncour, la densité extraordinaire de ses textes, leur puissance évocatrice, l’humanité de ses personnages. Aussi c’est avec une immense joie que j’apprends qu’il a reçu le Prix Femina du Roman français 2020 avec Nature humaine, aux éditions Flammarion.

Les lauréats du Prix Femina 2020

Ce lundi 2 novembre, les lauréats du Prix Femina 2020 ont été proclamés. Ils sont trois :

  • catégorie roman français : Serge Joncour pour Nature humaine, éditions Flammarion.
  • catégorie roman étranger : Déborah Levy pour Ce que je ne veux pas savoir et Le coût de la vie, éditions du Sous-sol.
  • catégorie essai : Christophe Granger pour Joseph Kabris ou les possibilités d’une vie , éditions Anamosa.

Nature Humaine, Serge Joncour

Face-à-face entre la nouvelle génération et l’ancienne, entre la tradition et la modernité, entre le monde agricole d’avant et celui d’aujourd’hui, entre l’Homme et Mère Nature, Serge Joncour peint un tableau sensible, brillant et juste de notre société sur trente ans.

Conservatisme versus modernité

Nous sommes dans le Lot, à la fin des années 70. Alexandre, seul garçon d’une fratrie de quatre, sait depuis toujours qu’il devra prendre la relève de l’exploitation agricole familiale. Si ses sœurs aspirent à une vie autre, à partir à la ville, lui ne peut pas s’émanciper. Pour autant, ce destin tout tracé ne lui pèse pas vraiment tant il se sent en symbiose avec la nature, est attaché aux valeurs de l’agriculture, à ses animaux et à ses terres. Plus difficile est en revanche la perspective d’être toujours subordonné à ses parents et grands-parents, à leurs choix, leurs manières de faire et d’envisager l’agriculture.

En effet, impossible d’ignorer la marche du monde : la multiplication des grandes surfaces et la mort des petits commerces, le développement des villes et la désertification des campagnes, la mondialisation qui redistribue les cartes et exige une rentabilité toujours plus grande au détriment de la qualité, l’extension du nucléaire, une société de consommation présentée comme la seule issue envisageable, un progrès qui menace toujours plus l’équilibre de la nature… Pour autant, quel poids peut avoir un agriculteur comme Alexandre face à l’Etat, aux multinationales, au rouleau compresseur de ce qui est présenté comme « le progrès »?

Heureusement, il y a Constanze, la jeune étudiante est-allemande, colocataire de sa sœur à Toulouse, qui fait battre le cœur d’Alexandre et met du soleil dans son existence. Mais leurs mondes, si différents, pourront-ils cohabiter? Proche des anti-nucléaires, Constanze fera-t-elle prendre conscience à Alexandre qu’il doit s’opposer aux projets de l’état ou restera-t-il aussi fataliste que ses parents?

Un roman de terroir

Avec Nature humaineSerge Joncour nous offre une peinture de la société des années 80 à 2000 absolument juste. Touche par touche, comme sur une toile de Seurat, il pose les rêves, les drames, les évolutions économiques, politiques, industrielles et sociales qui ont coloré ces trente années. Pas de tableau outrageusement noir, pas de revendications rouge sang ici, mais une peinture juste, fidèle reflet de ce dont l’auteur a été témoin, fidèle image de ce monde en pleine ébullition On retrouve dans ce roman l’écriture si dense et belle de Serge Joncour, son amour vibrant pour la nature, la beauté de ses personnages et leur caractère viscéralement humain. Un livre qui nous offre un recul salutaire et nous interroge : le progrès en est-il un, quand il sacrifie la nature, quand la quantité prime sur la qualité? Les catastrophes naturelles ne sont-elles pas la preuve que la nature ne se laisse pas dompter aussi facilement par l’homme? Un roman qui souffle un air de nostalgie sur une époque révolue, celle où l’on prenait le temps de faire et de voir pousser ses cultures, d’élever ses bêtes sans soucis de quotas laitiers et autres contraintes drastiques, celle où l’on était fier du travail accompli et de la qualité de ses produits.

Informations pratiques

Nature humaine, Serge Joncour – éditions Flammarion, août 2020 – 398 pages – 21 €

Rentrée littéraire : Le temps des orphelins, Laurent Sagalovitsch

Le temps des orphelins

Copyright © Karine Fléjo photographie

Le regard d’un jeune rabbin américain, en avril 1945, à la découverte de l’inconcevable : les camps de la mort. Un roman sur ce dont l’homme est capable : le pire comme le meilleur. Bouleversant.

La découverte des camps de concentration à la libération

Daniel est un jeune rabbin américain, marié à la douce Ethel. Elle lui a caché être enceinte de leur premier enfant quand il lui a fait part de sa décision de s’engager dans la guerre. Elle ne voulait pas que cela influe sur son choix. Daniel part donc au chevet des blessés leur offrir son soutien religieux, leur redonner espoir.

Mais quand il est envoyé au camp d’Ohrduf, en avril 1945, ce qu’il découvre dépasse l’entendement. L’homme n’est pas capable du pire. Il est capable du pire du pire. Le Mal absolu.

Une odeur insupportable de mort, des charniers remplis de cadavres en décomposition, des survivants squelettiques au regard vide et, au milieu de cette désolation, un enfant, tout seul. Ce petit être a entre 4 et 5 ans, un regard d’un vide insoutenable, un corps rachitique. Daniel est happé par ce petit garçon d’où ne transparaît aucune émotion. Une survivante du camp le supplie alors de le prendre sous son aile. C’est une question de vie ou de mort. L’enfant serait arrivé quelques jours plus tôt de Buchenwald, où il aurait été déporté avec ses parents. Daniel prend l’enfant avec lui et se fait une promesse : retrouver ses parents. Il faut montrer à cet enfant qui a vu tant d’atrocités, que l’homme est aussi capable d’amour et d’humanité. Mais contre toute attente, ce n’est pas l’adulte qui va insuffler de l’espoir à l’enfant, mais l’inverse.

La foi à l’épreuve des atrocités des camps

J’avais adoré le précédent roman de Laurent Sagalovisch, Vera Kaplan, aussi il me tardait de découvrir Le temps des orphelins. Difficile de s’atteler à un tel sujet, noir, lourd, sans verser dans un roman sombre, angoissant. Et l’auteur évite pourtant cet écueil avec brio. Il parvient à retranscrire l’horreur des camps, l’état effrayant des êtres qui ont survécu, les sévices infligés aux prisonniers, sans jamais verser dans le voyeurisme malsain ou dans le pathos. Et cet écueil est évité grâce à la construction mais aussi à la fraîcheur apportée par cet enfant.

La construction à deux voix, alternance de chapitres où parlent tantôt Ethel, tantôt Daniel, apporte une respiration salvatrice dans l’histoire. Par ailleurs, cet enfant qui s’accroche à la vie, qui tisse avec Daniel un lien de confiance, apporte une lueur d’espoir dans ce chaos : la vie est plus forte que tout, plus forte que l’horreur des camps.

En filigrane, l’auteur interroge le lecteur sur la force de la foi face à l’horreur et sur l’amnésie des hommes. Peut-on concilier l’existence d’un quelconque Dieu avec le spectacle de ces hommes ramenés à l’état de bêtes ? Et l’humanité, n’a-t-elle donc rien appris, rien compris pour perpétuer le règne de son immémoriale violence ?

 

 

Prix du Roman FNAC 2019 : Bérengère Cournut

Le Salon Fnac Livres se déroulera du vendredi 20 au dimanche 22 septembre à la Halle des Blancs Manteaux, Paris IV. Cette année, la Fnac aura le plaisir d’accueillir comme invité d’honneur l’écrivain américain Bret Easton Ellis.

Ce vendredi 20 septembre, c’est à Bérangère Cournut qu’a été remis le Prix du Roman Fnac 2019 pour son roman De pierre et d’os, paru aux éditions Le Tripode en septembre 2019.

 

©Karine Fléjo photographie

Présentation du Prix FNAC :

La Fnac organise pour la 18ème année consécutive le Prix du Roman Fnac récompensant un roman exceptionnel, à l’issue d’un processus associant libraires experts et lecteurs amateurs. Pendant l’été , 400 adhérents et autant de libraires FNAC s’immergent dans les centaines de romans de la rentrée littéraire, qu’ils apprécient en toute indépendance, contribuant ainsi à une première sélection de 30 ouvrages, puis à une sélection de quatre finalistes.

les quatre finalistes du prix du Roman Fnac 2019

 

Présentation du roman « De pierre et d’os »:

De pierre et d'os Bérangère Cournut

Après le succès de son roman hopi Née contente à Oraibi, Bérengère Cournut poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde avec un roman inuit. Empreint à la fois d’écologie et de spiritualité, De pierre et d’os nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo.

 » Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu’accompagne parfois le battement des tambours chamaniques.  » (note liminaire du roman)

Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

Deux ans après son roman Née contente à Oraibi, qui nous faisait découvrir la culture des indiens hopis, Bérengère Cournut poursuit sa recherche d’une vision alternative du monde avec un roman qui nous amène cette fois-ci dans le monde inuit. Empreint à la fois de douceur, d’écologie et de spiritualité, De pierre et d’os nous plonge dans le destin solaire d’une jeune femme eskimo.

—> Retrouvez toutes les informations sur la 18ème édition du salon Fnac Livres (auteurs en dédicace, ateliers, rencontres) en suivant ce lien : Programme du salon