Le Karinotron avec… Brigitte Kernel !

Dedicace-Brigitte-Kernel 

Animatrice et productrice de l’émission Noctiluque sur France Inter, chaque nuit du dimanche au lundi (de 1h à 5h), Brigitte Kernel reçoit les petits et grands noms de la littérature. Un lieu de passage obligé pour tous les amoureux des livres. La journaliste littéraire se partage ainsi entre radio et écriture, ses deux plus grandes passions.

« Je n’ai pas cessé de lire et d’écrire durant toute mon adolescence en écoutant la radio ». Une vocation précoce encouragée par Pierre Seghers auquel elle avait envoyé une série de poèmes à l’âge de 17 ans. D’autres rencontres marquantes avec Simone Gallimard, Françoise Sagan, vont l’encourager à persister sur la voie de l’écrit. Et ses livres de connaître de très beaux succès, tant au niveau de la critique que du public.

      Après Fais-moi oublier, en cette rentrée littéraire 2012 Brigitte Kernel nous revient avec un bouleversant roman d’amour : A cause d’un baiser.

      Retrouvez la chronique que j’ai consacrée au dernier né de Brigitte Kernel : à cause d’un baiser : A cause d’un baiser, Brigitte Kernel : 366 pulsations

 

     Brigitte Kernel a accepté avec une extrême gentillesse d’échanger les rôles. La voici donc à la place de l’interviewée, à la faveur d’un Karinotron !

 

1- Votre livre de chevet : 

Les nourritures terrestres – André Gide

2- Vos lectures :

En ce moment, le journal intime d’Andy Warhol par Warhol ; demain, Nathalie Kuperman, Les raisons de mon crime ; tous les étés, Stefan Zweig, j’y découvre toujours quelque chose de nouveau.


3- Votre façon d’écrire :

Dans l’addiction au livre en cours et surtout dans le calme et la décontraction. Mon pire ennemi est le stress qui bloque toute possibilité d’écrire.


4- Rapport aux lecteurs :

J’aime les sentir proches, et je me sens proche. Il y a quelque chose de l’ordre de la camaraderie et du compagnonage avec les lecteurs. J’aime beaucoup. C’est très motivant de sentir leur présence.


5- Votre prochain livre :

Secret absolu !

 

      N’hésitez pas à aller rendre visite à l’auteur sur son site, à l’écouter vous lire avec passion un extrait de son roman « A cause d’un baiser » . L’adresse ? http://www.brigittekernel.com !

Publicités

Le Karinotron avec… Marco Koskas !

koskas

Marco Koskas est arrivé en France à l’âge de onze ans. Auteur de nombreux livres (romans, essais, biographies) souvent hantés par sa Tunisie natale, il s’est vu décerner le Prix du Premier Roman pour Balace Bounel et a été pensionnaire à la Villa Médicis.

   En ce début d’année, il nous revient avec un roman poignant, très fortement autobiographique, Mon coeur de père. Un roman dont vous pouvez retrouver la chronique en cliquant sur ce lien : Mon coeur de père, de Marco Koskas : De l’amour d’un père

     Et c’est avec spontanéité et gentillesse que l’auteur a accepté d’être « karinotronné » !  Voici donc les cinq questions posées à Marco Koskas, et surtout, ses réponses…

Son Karinotron:

 

1 – Votre livre de chevet :

La conjuration des imbéciles, de John kennedy Toole


2 – Vos lectures :

J’aime beaucoup lire le Jérusalem Post, et notemment les éditos de Caroline B. Glick. Je lis autrement des livres écrits soit par des gens que je connais de vue, mes voisins par exemple ; ou bien des livres que j’achète au poids dont beaucoup de polars.


3 – Votre façon d’écrire :

J’écris le matin, et de préférence quand il fait beau. Depuis 1986 j’écris directement à l’ordinateur, mais je garde précieusement le manuscrit ultra raturé de mon premier roman. d’une manière générale, j’écris peu et je me relis beaucoup. Une page par jour au grand maximum. Mais mon admiration va aux gros producteurs de signes: Dumas, Balzac…


4 – Votre rapport aux lecteurs :

Je ne sais pas qui sont mes lecteurs, ça, c’est terrible. je sais qu’ils sont peu nombreux et hypocondriaques pour la plupart, également grippe-sous pour certains, mais je sais aussi qu’il y a quelques femmes sublimes et dépensières dans le lot. disons pour être franc, que mes lecteurs sont pour moi un pur fantasme et que je ne cherche pas à les rencontrer.


5 – Votre prochain livre :

Mon prochain livre poursuit la radiographie familiale dont je me rends coupable dans chacun de mes précédents livres. Il s’agira donc d’un livre sur ma mère, qui est déjà écrit depuis un an, et dont on retarde la date de sortie comme à plaisir. Alors on pourrait parler du suivant, qui est déjà à moitié écrit aussi. je l’ai intitulé:  » Toutes les femmes ou presque « , et son principal mérite est d’avoir un beau titre. Vous ne trouvez pas?…

 

La meilleure façon de s’aimer, Akli Tadjer : Des maux pour le dire…

la-meilleure-copie-1

La meilleure façon de s’aimer, Akli Tadjer

Editions Jean-Claude Lattès, Janvier 2012

 

Des maux pour le dire

 

     Victime d’un accident vasculaire cérébral, Fatima est hospitalisée dans un état végétatif. Engluée dans un corps qui ne réagit plus, la parole perdue, elle n’en est pas moins consciente de la réalité qui l’entoure. A défaut de pouvoir bouger et communiquer, elle s’évade de son corps-scaphandre par la pensée. Un voyage intérieur dans une vie antérieure : l’orphelinat, sa famille d’adoption, l’Algérie, l’exode, ses amours chaotiques, mais aussi et surtout, comme un souffle de vie dans cette agonie, la mystérieuse petite fille à la robe jaune. Qui est cette fillette ? Pourquoi cristallise t-elle toutes les pensées de Fatima ? A t-elle existé ? Et si oui, qu’est-elle devenue?

 

     Pas plus qu’elle ne parvient à faire comprendre à son fils Saïd lors de ses visites à son chevet, pourquoi elle est obsédée par « la petite », « jaune », ce terrible et lourd secret qu’elle traine comme une cicatrice sur le coeur et l’âme depuis tant d’années, elle n’a su lui faire comprendre combien elle l’aimait, lui, son fils, la chair de sa chair. Saïd a donc dû grandir avec ce sentiment de n’avoir pas naturellement sa place dans le coeur de sa mère, d’avoir tout à conquérir : « Maintenant que papa est mort, est-ce qu’il y aura une place pour moi dans ton coeur? (…) Une place, une vraie maman. Pas un strapontin. » Entre un père décédé et une maman peu démonstrative, comment se construire et apprendre à s’aimer, à aimer ? La vie sentimentale de Saïd, trentenaire, n’est que heurts, disputes, « je t’aime, moi non plus ». Il ne sait si là est la meilleure façon de s’aimer, mais c’est la seule qu’il ait trouvée.

 

     Un brillant roman à deux voix, celle du fils et de la mère, vibrant duo, où l’auteur mêle avec dextérité humour et tendresse, sensibilité et douceur, profondeur et légèreté. Un livre bouleversant sur la difficulté d’aimer et … de se le dire.

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 18€

Nombre de pages : 284

ISBN : 9 782709 635257

Le Karinotron avec… Harold Cobert !

430915_10150577266624026_676794025_8919550_700741261_n

Harold Cobert est un écrivain qui est entré en littérature comme on entre en religion : par vocation. Une vocation doublée d’un talent certain. Une plume sensible, acérée,un style efficace, où chaque mot est pesé, choisi, Harold Cobert a l’art de nous surprendre, de nous emporter, de nous transporter à chacune de ses publications.

    Avec Le reniement de Patrick Tréboc, il évoque une satire de la société du spectacle et son influence sur la jeunesse. Deuxième roman et univers diiférent : Un hiver avec Baudelaire, sur l’itinéraire d’un homme dont la vie bascule du jour au lendemain. Une fresque sensible, poignante, véritable ode à l’espoir envers et contre tout. Troisième roman et voyage dans le temps. Avec L’entrevue de Saint Cloud, Harold Cobert, docteur ès Lettres, auteur d’une thèse sur Mirabeau, renoue avec ses premières amours. Tandis qu’en cet été 1790, la monarchie est en sursis, l’auteur imagine l’entrevue secrète entre Marie-Antoinette et Mirabeau à Saint-Cloud. Un livre récompensé à juste titre par Le prix du style.

  Harold Cobert s’est prêté avec une extrême gentillesse au « karinotron », nous annonçant avec bonheur… un nouveau roman pour le printemps, aux Editions Héloïse d’Ormesson !

Son Karinotron :

1-Votre livre de chevet
« Les Frères Karamazov » de Dostoïeski.
(et si je peux en ajouter deux autres : « Narcisse et Goldmund » d’Hermann Hesse et « Les Liaisons dangereuses » de Laclos)

2- Vos lectures :
Les dernières, alors, les livres que je viens de terminer et que j’ai aimés : « J’ai déserté le pays de l’enfance » de Sigolène Vinson (une perle noire), « Autogenèse » d’Erwan Larher (étonnant et vertigineux), « Cyrano de Boudou » de Damien Luce (gourmand et sensible) et « Héloïse et chauve » d’Emilie de Turkheim (un vrai régal, un pur bonbon empoisonné).


3-Votre façon d’écrire
Compulsive, maladive, graphomaniaque !

4-Votre rapport aux lecteurs
Simple. Sans eux et les libraires – et pour moi mes deux éditeurs fous, Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal – nous n’existons pas.

5- votre prochain livre
« Dieu surfe au Pays Basque », le 8 mars prochain aux éditions Héloïse d’Ormesson. Le sujet ? Chut…

 

     Nul doute que le pays basque deviendra le nouveau « spot » de la littérature en mars prochain. On attend donc avec impatience la vague d’émotions sur laquelle les lecteurs ne manqueront pas de surfer à la lecture de ce nouveau roman !

Au pays des kangourous, de Gilles Paris : Un anticyclone sur la dépression

thumbnail.aspx

Au pays des kangourous, de Gilles Paris

Editions Don Quichotte, Janvier 2012

 

Un anticyclone sur la dépression.

 

      Simon est un petit garçon de neuf ans terriblement attachant. Fils unique, il est le complice de toujours de son papa, écrivain, plus exactement nègre de profession. Sa maman, Carole, femme très ambitieuse, a décroché un poste à hautes responsabilités en Australie. Elle s’y rend donc fréquemment pour des missions. Une mère souvent absente, y compris quand elle est physiquement présente, faute de savoir montrer son amour à son fils. Faute de lui faire sentir qu’il existe dans son regard autrement que par la transparence. « Je vois si peu maman. Elle fait à peine attention à moi. Jamais de caresse sur la tête comme papa. Elle m’embrasse toujours sur ses doigts. (…) Un baiser sur ses doigts et elle souffle dessus pour qu’il s’envole vers moi. Mais le vent est toujours mauvais avec maman, et son baiser disparaît avant de m’atteindre. » D’où cette proximité d’autant plus grande avec Paul, son papa. Jusqu’à ce matin où Simon le retrouve dans le lave-vaisselle. « En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir. J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. (…) il était tout coincé de partout. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. »

      Paul est alors hospitalisé. Carole absente, c’est Lola, la grand-mère maternelle un peu excentrique et très aimante qui prend Simon délicatement sous son aile.

      Et les interrogations de submerger l’enfant. De quoi souffre son père? Pourquoi ce regard éteint et effrayé ? Pourquoi cette fatigue intense? Pourquoi ces médicaments ? Pourquoi l’hôpital? Et la chambre de son papa dont on lui interdit l’accès, que cache t-elle ? Des questions obsédantes auxquelles les grands n’apportent pas de réponse. Ou tout du moins pas de vraie réponse. Par désir de protéger Simon. Parce que la dépression dont son père souffre est une maladie difficile à comprendre pour les adultes eux-mêmes, une maladie qui fait peur, qui dérange, comme si l’angoisse et le désespoir perçus dans le regard du malade risquaient d’être contagieux, non seulement en le croisant, mais même simplement en l’évoquant.

      La dépression, sa mère, le monde des adultes, tout ce qui lui est lointain, physiquement ou par la compréhension, relève pour lui du pays des kangourous : un autre monde. Un monde dans lequel Simon veut entrer, qu’il veut comprendre. Et c’est Lily, une fille mystérieuse à l’air grave, au beau regard violet et à la voix douce qu’il croise dans les différents hôpitaux fréquentés par son père, qui lui ouvrira la porte sur ce monde de la dépression avec un parler vrai, accessible, sans faux-fuyants. La dépression, cet autre qui entre en soi, ce poison qui teinte tout de noir, qui garde éveillé jour et nuit et coupe des autres.

      La dépression, cette maladie du mal à dire. Ces bleus à l’âme dont on ne voit pas les ecchymoses.

      C’est avec un regard plein de fraîcheur, de poésie, de douceur, celui d’un enfant de 9 ans, que Gilles Paris nous emmène dans ce bouleversant voyage : celui de la compréhension de cette pathologie . Un roman plein d’amour, de tendresse, d’humour. Une véritable ode à la tolérance sur ce mal de vivre trop souvent considéré à tort comme un simple laisser-aller, quand il s’agit en réalité d’une vraie maladie.

      Poignant, magnifique, rédigé d’une plume à la sensibilité aussi vibrante que belle, ce roman de Gilles Paris est un anticyclone sur la dépression. A lire absolument !

La liste de mes envies, Grégoire Delacourt: un ENORME coup de coeur !!!

Gregoire-2-copie-2

La liste de mes envies, Grégoire Delacourt
Éditions Jean-Claude Lattès, Février 2012

 

Canevas d’une femme bouleversante

    Jocelyne Guerbette, 47 ans, dite Jo, mène une vie simple à Arras. Un quotidien ponctué de petits bonheurs glanés entre son travail à la mercerie, son blog dixdoigtsdor, sa vie de couple, ses enfants devenus grands, les potins du coin échangés avec ses amies du salon de coiffure. Jusqu’à ce jour où une nouvelle susceptible de bouleverser son existence tombe : elle gagne à l’Euro Millions. Une somme mirobolante. De quoi s’acheter et offrir tant de choses ! Liste de ses besoins, de ses envies, de ses folies, une fois ces trois listes dressées, quels choix opérer? Dépenser tout ou partie de cet argent pour exaucer ses rêves ? Mais exauce t-on ses rêves les plus chers avec de l’argent? Le bonheur, le temps, l’amour, la confiance, la présence, tout ce qui nous est essentiel s’achète t-il seulement…?
    Avec une sensibilité à fleur de plume, un style d’une extraordinaire épure, Grégoire Delacourt nous entraine dans le sillage de Jocelyne. Une femme bouleversante, que l’on suit de fil en aiguille avec une indicible émotion. Pas de patron tout tracé dans ce roman qui à l’image de la vie, n’est que rebondissements. Pas de broderie ni de dentelle inutile, pas plus que de galons ni de rubans. Non, Jo la mercière d’Arras, a l’étoffe d’une femme ancrée dans le réel, authentique, humaine, courageuse. Une femme qui décide de devenir actrice de sa vie, qui fait le choix d’être à un moment où l’argent lui permet d’avoir. Une femme aimante que l’on ne peut qu’aimer. Et à travers elle, au point de croix, l’auteur réalise pour nous un sublime canevas : celui d’un hommage vibrant aux femmes.
    «  Il n’y a que dans les livres qu’on peut changer de vie. Que l’on peut tout effacer d’un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilénies et au bout d’une phrase, se retrouver soudain au bout du monde » (P.35). Si vous souhaitez vous évader dans un monde de douceur, de bienveillance, de sensibilité, de générosité, si vous avez envie de découvrir l’univers de Jo, cette femme d’une si grande noblesse de coeur et d ‘âme, alors n’hésitez pas. N’hésitez plus. Ajoutez en tête de la liste de VOS envies, celle de vous ruer sur l’éblouissant roman de Grégoire Delacourt !

 

P. 101 : «  Être riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça. »
Informations pratiques :
Prix éditeur : 16€
Nombre de pages : 186
ISBN : 9 782709 638 180