Vis ma vie avec un utérus, Emmanuelle Friedmann

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Les femmes ont affaire à leur gynécologue tout au long de leur vie : choix de la contraception, grossesse, accouchement, ménopause, frottis, examen gynéco, nombreux sont les rendez-vous gynécologiques qui jalonnent son existence. Or ces rendez-vous chez le gynécologue ne se passent pas toujours bien, en témoigne le hastag Payetonutérus qui dénonce les violences obstétricales de la part des professionnels de la santé. Enquête et conseils d’Emmanuelle Friedmann, avec les illustrations de Marie Crayon.

Violences obstétricales : les violences faites aux femmes par les gynécologues

Emmanuelle Friedmann s’attaque à un sujet tabou : l’absence d’empathie et de philanthropie, de certains professionnels de santé, ici les gynécologues, envers les femmes venues en consultation. En effet, il semble aller de soi, de souhaiter que la visite chez le gynéco se passe pour le mieux. Or entre le désir et la réalité des consultations chez le gynéco, il y a parfois un grand fossé. Il y a 5 ans, une campagne lancée sur Internet, baptisée Payetonuterus, a permis de libérer la parole des femmes. Elle a révélé combien, pour nombre d’entre elles, la consultation gynéco avait été traumatisante : jugement blessant relatif à leur poids, leur âge, leur désir ou non désir d’enfant, leur orientation sexuelle, leur choix contraceptif. Or rien n’autorise les gynécologues à maltraiter les femmes sous prétexte de les soigner. Ni le manque de temps, ni la misogynie, ni leurs opinions personnelles. Rien.

Maltraitances faites aux femmes : les faire sortir de leur isolement

Entendons-nous bien, dans cet ouvrage, l’auteur ne fait pas le procès des gynécologues. Comme parmi tous les professionnels de santé, il y en a de très compétents, pédagogues, qui ne considèrent pas la femme devant eux juste comme un utérus, mais comme un être à part entière qu’il faut respecter, à qui il faut expliquer les actes gynécologiques, et dont ils n’ont pas à juger les choix (de vie, de couple, d’enfant, …). Mais il y a aussi les autres, les gynécologues qui se moquent d’elle, l’humilient, ne la respectent pas, ne l’écoutent pas, sont brusques dans les examens gynécos, et il est bon que les femmes confrontées à ces maltraitances gynécologiques sachent qu’elles ne sont pas seules. Et puissent témoigner.

« Il m’a demandé de me déshabiller et m’a regardée avec écœurement. C’était humiliant. Il m’a fait une échographie parce que j’avais de grosses douleurs au niveau des ovaires et il m’a appuyé sur le ventre comme un malade. J’ai hurlé et il m’a dit : « Ah, mais c’est ça ou je ne vois rien, avec toutes ces couches de graisse comment voulez-vous que je procède ? » Je me suis mise à pleurer sans savoir que répondre. »

Ce livre est donc un espace où les femmes victimes peuvent apporter leur témoignage et montrer aux autres victimes murées dans le silence, dans la honte, qu’elles ne sont pas seules.

Conseils pratiques avant un rendez-vous gynéco

Dans ce livre, les femmes trouveront d’autres expériences gynécologiques, mais aussi des conseils précieux pour vivre au mieux leur vie de femme. Cancers du col de l’utérus et cancer du sein, diverses méthodes de contraception à leur disposition, aspects législatifs, endométriose, IVG, PMA, sont quelques exemples des informations qui leur sont fournies dans ce livre. Un ouvrage complet, illustré avec humour par la talentueuse Marie Crayon, qui aidera les femmes à chaque âge de leur vie, dans leur parcours gynécologique.

 

Livre pour enfants avec CD : Je m’endors bien, Sophie Dumoutet

livre pour enfant sur le sommeil

Ce livre « Je m’endors bien », fait partie de l’excellente collection « Le bien-être des petits » aux éditions Nathan. Cette collection a pour but d’aider l’enfant à découvrir son corps, à gérer ses émotions et à canaliser son énergie. Dans ce livre destiné aux enfants de 3 ans et plus, vous trouverez des exercices et techniques simples pour savoir comment bien dormir quand on est un enfant. Ce livre est accompagné d’un CD.

Le sommeil des enfants : comment bien dormir

Le sommeil des enfants, comme pour toute personne, est essentiel. C’est en effet pendant le sommeil que les cellules du corps se renouvellent, que le système immunitaire se fortifie, que le cerveau se nettoie, que la mémoire fait le tri, que les problèmes émotionnels se résolvent. Le sommeil est un garant de la santé et représente pas moins d’un tiers de notre temps.

Pour assurer un bon sommeil, les parents doivent veiller à ce que certains conditions soient réunies : une chambre bien aérée et pas trop chauffée (18 degrés), l’absence d’écrans (télé, tablette, téléphone), des draps en matière naturelle (coton, lin), une activité qui favorise l’endormissement (comme la lecture), la présence ou non d’une veilleuse, l’écoute des besoins de l’enfant en termes de sommeil.

Des exercices simples pour favoriser l’endormissement

Dans ce livre, l’enfant et ses parents trouveront des exercices et techniques simples à appliquer, issus du yoga, de la méditation, de la respiration abdominale ou encore de la psychologie cognitive. Ils les aideront à bien dormir.

L’enfant, pour trouver le sommeil le moment venu, sera invité à développer ses cinq sens, à se constituer une boîte à trésors, à pratiquer l’auto-massage, à apprendre à respirer avec son ventre ou encore à reproduire le bruit reposant des vagues avec sa respiration et son imagination.

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Mon avis sur ce livre pour enfants

Voici quatre bonnes raisons d’acheter ce livre :

  • Parce qu’il présente des méthodes et des exercices qu’il est facile de reproduire.
  • Parce que le sommeil de l’enfant est essentiel.
  • Parce qu’il est ludique tout en offrant des techniques et routines efficaces.
  • Parce qu’il est accompagné d’un CD avec les bruits de la nature et des médiations favorisant l’endormissement des enfants (…et des grands ).

 

 

Comme elle l’imagine, Stéphanie Dupays

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Après « Brillante », Stéphanie Dupays nous revient avec un nouveau livre « Comme elle l’imagine ». Elle s’interroge sur l’impact des réseaux sociaux comme Facebook sur les rencontres amoureuses, sur les codes de la séduction. Une rencontre en ligne peut-elle donner lieu à un amour réel ? L’amour 2.0 sous la brillante plume de Stéphanie Dupays.

Rencontre sur Internet : de nouveaux codes de séduction

Quand Laure a débarqué à la fin de ses études à Paris, elle ne connaissait personne. Si faire des rencontres dans la vie réelle, à fortiori dans une grande ville, lui est difficile, sur Internet aborder l’autre protégé par son écran est aisé. Sur Facebook, elle a ainsi tissé un réseau de 250 « amis » en quelques mois.

Facebook était le seul espace où le proverbe « Un de perdu, dix de retrouvés » était vérifié et fournissait une assurance parfaite contre la solitude.

C’est à la suite d’un de ses posts sur un film de Rohmer qu’elle a rencontré Vincent. Enfin, « rencontré » n’est pas vraiment le terme approprié. Mise en contact plutôt. Car si Vincent est très présent et même omniprésent dans son quotidien, s’ils passent des heures à se parler chaque jour, cinq mois après le début de leurs échanges, elle ne l’a toujours pas rencontré.

Ce grand écart entre ses propos amoureux et ses actes, entre ses déclarations enfiévrées et son manque d’envie de la voir inquiètent Laure. Elle se met alors à le traquer sur la toile, à guetter les moments où il est connecté, à surveiller celles et ceux qui échangent sur Facebook avec lui. Elle veut être partout où il est, savoir ce qu’il dit et fait, de façon obsessionnelle. Phagocytée par Vincent.

Facebook est un peu une salle de shoot. On peut se sevrer avec des images, les regarder indéfiniment jusqu’à se convaincre de la présence de l’autre.

Laure parviendra-t-elle à décider Vincent à la rencontrer ? Et si cette rencontre advient, survivra-t-elle au portrait idéalisé de l’autre que Laure s’est construit ?

Mon avis sur le nouveau livre de Stéphanie Dupays

C’est un livre résolument contemporain dans son sujet et brillant dans la façon dont il est traité. Stéphanie Dupays analyse avec beaucoup de finesse l’évolution des rapports humains, en l’occurrence ici des rapports amoureux, à l’ère d’internet et de Facebook. En effet, Internet introduit de nouveaux rapports au temps. Avant Facebook et les réseaux sociaux, la rencontre amoureuse passait obligatoirement par une rencontre physique, puis par une découverte progressive l’un de l’autre. Avec les réseaux sociaux, il est désormais possible de « tout » découvrir ou presque de l’autre, avant même de l’avoir rencontré : photos publiées, passions affichées, parcours professionnel, pays visités et autres publications révèlent en un clic ce qu’il fallait plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour découvrir. La communication s’est accélérée : que ce soit par sms, mail, téléphone, réseaux sociaux, chacun est joignable partout, tout le temps. Plus d’attente du passage du facteur pour avoir des nouvelles, d’une sonnerie de téléphone pour entendre l’autre. Désormais, l’échelle temps est celle de l’immédiateté. En amitié comme en amour, tout va plus vite. Très vite. Trop vite ?

Autre écueil de cet amour 2.0 : l’idéalisation de l’être aimé est accrue. En effet, toute rencontre amoureuse commence par une phase d’idéalisation de l’autre, phase qui prend fin quand le couple se confronte à la réalité du quotidien. Or la rencontre sur internet prolonge cette idéalisation, voire l’accroît : que ce soit avec les logiciels de retouche de photos, avec le choix des publications, chacun donne une image idéale et flatteuse de lui-même nous dit l’auteur.

« La vie exhibée sur les réseaux sociaux n’avait rien d’une image volée à l’intimité d’inconnus ; c’était au contraire une construction soigneusement choisie, cadrée, filmée, même quand elle prenait le masque de la spontanéité. (…) Tout ce que Laure n’aimait pas : la façade, l’apparence, le désir mondain de se montrer sous son meilleur jour »

Plus grand est donc le risque que le passage du virtuel au réel fasse apparaître un fossé difficile à combler. Un roman au style fluide, qui emporte le lecteur dans les tourbillons amoureux de ses personnages et l’invite à réfléchir sur ces évolutions fulgurantes des technologies de l’information, pour le meilleur comme pour le pire. Un coup de cœur !