Citation du jour

« – A partir de quand on est en couple?

– Quand on pense à l’autre tous les jours, quand on a besoin d’entendre sa voix, quand on s’inquiète de savoir si il ou elle va bien. Quand on est capable d’aimer l’autre tel qu’il est, quand on est seul à voir ce qu’il peut devenir, quand on a envie de partager l’essentiel. Quand cela devient plus important que tout le reste. » Delphine de Vigan dans Les heures souterraines (JC Lattès)
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Collection « L’histoire au musée », en partenariat avec le musée du Louvre (Hachette jeunesse)

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Collection « L’histoire au musée », en partenariat avec le musée du Louvre

Éditions Hachette jeunesse, mars 2015

A partir de 7 ans.

Les éditions Hachette jeunesse ont eu une bienheureuse initiative : collaborer avec le musée du Louvre pour permettre à vos enfants de découvrir le destin d’hommes qui ont marqué l’histoire, à travers des illustrations et des tableaux célèbres. Judicieux, non ? Ou comment voyager dans le temps et se familiariser simultanément avec de grandes œuvres d’art.

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Vivre au Moyen-Age, la France en 1400, de Christine Degrez et Jean-Benoît Héron

A la mort de Charles IV en 1328, la France s’apprête à plonger dans une guerre interminable. Soixante ans plus tard, à l’aube de l’an 1400, le jeune Charles VI essaye de maintenir la paix acquise à la mort de Charles V et d’Edouard III d’Angleterre, mais sa folie engendre de nouveaux conflits… Pourtant, malgré ce contexte tumultueux, l’art trouve à s’épanouir. Architecture, mobilier, tapisseries, mode, art culinaire, musique, peinture connaissent même un épanouissement exceptionnel.

Un voyage au cœur de la guerre de cent ans que vous proposent Christine Degrez et Jean-Benoît Héron, à travers des fresques célèbres commentées. Magnifique, éducatif, original. A offrir !

Louis XIV, sous le règne du Roi Soleil, de Charles Delaville et Emmanuelle Etienne

Vous pensiez tout savoir sur le Roi Soleil ? Que nenni ! Grâce à Charles Delaville et Emmanuelle Etienne, vous allez découvrir le souverain sous de nouveaux angles, vous immerger dans son enfance, dans sa famille, dans son quotidien, dans la France alors première puissance militaire d’Europe, partager ses passions pour le jardinage, l’art, les sciences et la littérature. Une immersion en douceur et en couleurs par le biais de nombreux tableaux judicieusement sélectionnés et agrémentés de textes clairs et concis.

Un ouvrage vraiment complet, qui aborde l’Histoire de façon inédite et pédagogique, pour initier les enfants à l’art et à l’histoire. Un très joli cadeau à faire !

48 pages, 14,50€.

Citation du jour

« C’est le propre du roman d’amener le lecteur à renoncer au sommeil. A se relever, sans faire de bruit, pour ne pas troubler celui ou celle qui dort à ses côtés. A descendre dans le salon, allumer les lumières et s’affaler dans le canapé, vaincu. La prose a gagné le combat. On ne peut plus lui résister. » Jean-Philippe Blondel dans Un hiver à Paris (Buchet Chastel)

Pourquoi est-ce si difficile de se séparer des livres?

« Vous pouvez tout jeter mais vous ne pourrez pas toucher à mes livres. » C’est ainsi que m’a accueillie un jour une dame dont les murs entiers étaient remplis de livres. L’espace était étouffant, mais elle se sentait incapable de s’en séparer: « J’ai tout lu vous savez! » S’attendait-elle à ce que je sois impressionnée? En tout cas, elle n’avait pas dû lire mes livres sur le désencombrement. C’était certain!

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Les livres un marqueur social

Autrefois les livres valaient une véritable petite fortune. Valeur héritée de leur rareté. Avoir des livres était être un érudit, un privilège réservé à certaines catégories sociales. Aujourd’hui encore, certains tentent de montrer leur culture par des bibliothèques remplies du sol au plafond et qui concentrent surtout beaucoup de poussière.

Or les livres n’ont de valeur que si vous les utilisez, entendez par là que vous les regardez régulièrement s’il s’agit de beaux livres ou de livres de photos, qu’ils vous servent de base de travail ou que vous les lisez.
Sincèrement, dans votre bibliothèque, combien de livres achetés sur un coup de cœur et que vous vous êtes promis de lire – un jour – et qui attendent depuis des lustres?

Combien de livres que vous avez commencés et dont l’histoire ne vous passionne pas. Mais qu’il faut avoir lus pour briller en société? « Le dernier Houellebecq? Oui je l’ai commencé la semaine dernière… »

Les livres (à de très rare exception) n’ont aucune valeur. Vous le réalisez quand vous tentez de les revendre et qu’on vous les rachète au dixième du prix que vous avez payé. Vous ne pouvez donc pas thésauriser avec des livres. D’ailleurs, il est moins onéreux pour un éditeur de détruire les stocks (les mettre au pilon) et les réimprimer s’il y a une demande que de les stocker.

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Les livres de chevet

Ce que j’appelle un livre de chevet est plus qu’un livre posé sur votre table de nuit et qui prend la poussière. C’est un livre de référence. Un livre que vous avez plaisir à relire, même un seul passage car vous y puisez l’inspiration. Les seuls livres que vous conservez devraient avoir cette fonction.

Les autres ne sont que des poids qui tentent à combler un manque. Souvenez-vous de votre dernier déménagement et du poids des cartons de livres. Certains doivent même encore être rangés à la cave car vous manquez d’espace ou de courage pour les déballer.

Déclarer doctement: je ne peux vivre sans mes livres… et avouer implicitement: je me sens incapable de vivre ma vie, alors je la rêve et m’appuie sur des béquilles.

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Les livres, transfuges émotionnels

Ne nous leurrons pas, les livres qui nous ont plu, nous ne les relisons pas. Mais nous aimons les conserver près de nous, comme des doudous ils nous rassurent. Nous projetons notre monde émotionnel sur eux. Nous envions leurs héros, nous aimerions vivre des histoires similaires, nous nous laissons bercer par leur imaginaire au lieu de le vivre.

C’est pour cela qu’il est difficile de se séparer des livres. Nous aurions l’impression de trahir les personnages auxquels nous nous sommes identifiés, de les abandonner. Chose que nous redoutons personnellement. Nous craignons donc de le faire vivre aux autres.

Mais un livre, ce n’est que du papier, de l’encre… et sa valeur de fabrication dépasse rarement les 1 euro tout compris. C’est stocker qui coûte cher.

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Un poids émotionnel

Conserver les livres c’est accepter la vibration qu’ils apportent dans votre vie. Les livres dont vous vous entourez ne devraient vous apporter qu’un réel plaisir. S’ils sont sur une bibliothèque pour impressionner vos invités, vous vous laissez imprégner lentement mais sûrement par leur énergie.

Si vous collectionnez les livres sur les batailles napoléoniennes ne vous étonnez pas de toujours être sur la défensive. Si vous aimez des romans à l’eau de rose, il se peut que vous idéalisiez vos relations sentimentales et que vous viviez dans l’insatisfaction de la vie réelle.

Les enfants aussi ont leurs livres préférés, mais ils les relisent sans cesse, car ils les aident à appréhender le monde qui les entoure (c’est la fonction première des contes) mais une fois cet apprentissage fait, ils passent naturellement à autre chose. Pourquoi avons-nous perdu ce bon sens et cette spontanéité? Car nous projetons nos propres manques inconscients sur ces objets.

La bibliothèque idéale

Il n’existe pas de bibliothèque idéale. Le livre ne doit être pris que pour ce qu’il est : une source d’informations pour les livres pratiques et une distraction pour les romans.

Dès que vous les avez lus, partagez-les, donnez-les, vendez-les… A quoi sert ce roman noir mal écrit ou mal traduit que vous avez fini et qui vous laisse un sentiment mitigé?

Pour les livres pratiques, j’ai opté pour un carnet, dans lequel je note les informations qui me semblent utiles. Ainsi, je conserve l’essence du livre et je peux m’y replonger quand j’en ai envie ou besoin.

Si vous voulez garder trace de vos lectures, tenez un livre de bord. Avec le titre et les références du livre, un rapide résumé et votre appréciation. Ce sera plus agréable à léguer à vos enfants que ces livres qui finiront à la poubelle, inexorablement…

Alors, libérez-vous… faites bouger vos livres! Vous verrez à quel point votre vie pourrait s’en trouver transformée!

Source : Le Huffingtonpost du 16 juillet 2015

La seule façon de te parler, de Cathy Ytak (Nathan)

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La seule façon de te parler, Cathy Ytak

Editions Nathan, juillet 2015

Dès 11 ans.

 

Un roman sur la différence et la tolérance, porté par des personnages attachants.

Nine est en cinquième au collège. Et le moins qu’on puisse dire est que l’école, elle n’aime pas ça. Chaque jour, le simple fait d’y penser au lever génère en elle des maux de ventre. Impossible d’avaler son petit déjeuner. Impossible de juguler son appréhension. Mais elle n’a pas le choix.

Jusqu’au jour où l’arrivée d’Ulysse, le nouveau pion, change la donne. Nine est sous le charme. « Parce qu’Ulysse il est…carrément jeune, carrément beau, carrément noir. » Dès lors, aller au collège serait presque agréable. Reste à Nine, si complexée par son physique, à trouver un moyen de l’aborder. Elle apprend alors que le petit frère d’Ulysse, Noah, fréquente lui aussi le collège. Et s’y Noah pouvait l’aider à s’approcher d’Ulysse ? Sauf que devenir l’amie de Noah n’est pas simple : communiquer avec lui suppose en effet de connaître la langue des signes. Car Noah est sourd.

Dans ce roman de la collection « Mes années collège », Cathy Ytak aborde avec sensibilité le sujet de la différence, de la tolérance, de l’amitié et de l’amour. Un joli éclairage sur la culture des malentendants, leur mode de communication et l’occasion de dissiper les préjugés qui les entourent. Une histoire attachante et positive, portée par des personnages que l’on prend aussitôt en sympathie. Un très joli livre.

En fin d’ouvrage, une page d’informations permet d’orienter le lecteur vers des sites et des ouvrages à même d’approfondir ses connaissances sur la langue française des signes.

Informations pratiques :

Nombre de pages : 131

Prix éditeur : 5,50€

Faut-il être fou pour être écrivain (ou l’inverse) ?

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Faut-il être fou pour être écrivain (ou l’inverse)?

C’est scientifique et c’est tombé début juillet dans la revue anglaise «Nature Neuroscience» : la créativité et la folie partageraient des racines génétiques communes.Les artistes, qu’ils soient musiciens, comédiens ou écrivains, auraient donc plus de chances que les autres de sombrer dans la démence en raison d’un gène.

Pour arriver à cette découverte, le matériel génétique de plus de 86.000 Islandais a été analysé par une équipe de chercheurs de l’institut de psychiatrie du King’s College de Londres et d’une société islandaise spécialisée dans le séquençage de génome, de Code Genetics.

Mais ces gros moyens étaient-ils nécessaires ? Pour expliquer certains comportements, peut-être. Pour les découvrir, pas vraiment. Prenez les écrivains, il suffit souvent de les observer à l’œuvre: face à l’angoisse de la feuille blanche, certains frôlent l’infarctus, d’autres développent des manies, des lubies, des tics et des tocs. Bref, l’écriture les rend fous. Et ça ne date pas d’hier.

Du choix du support à celui des instruments de travail, de nombreux auteurs ne laissent rien au hasard. Colette ne trouvait l’inspiration que sur du papier bleu. On retrouve le même genre de lubie chez Hugo : l’auteur des «Misérables» n’écrivait que sur deux types de papier  –  du blanc bleuté et du bleu azuré. Abominant ce genre de couleurs intermédiaires, Barbey d’Aurevilly, l’auteur des «Diaboliques» avait un attrait particulier pour le rouge. Une vraie fascination chez lui, qui ne concevait d’écrire qu’à l’encre – rouge de préférence – après avoir mangé de la viande de la même couleur.

A poil Salinger

L’ingrédient du succès tient donc parfois à très peu de choses. Dans certains cas, cela tient même à une paire de chaussettes. Au moment d’écrire ses romans, Edmonde Charles-Roux, lauréate du Prix Goncourt 1966, enfile toujours le même modèle  –  en laine et trop petites pour elle. Salinger, au moins, n’avait pas ce genre de souci : il paraît que l’auteur de «l’Attrape-cœurs» enlevait ses vêtements au moment d’écrire, pour accoucher de sa prose dans la nudité la plus absolue. Hemingway ou Virginia Woolf, eux, écrivaient debout. Et chez Nabokov, l’exercice se compliquait: il commençait ses romans sur ses deux jambes, puis s’asseyait, pour finir allongé.

D’autres encore s’astreignent à une discipline de fer. Faulkner se levait à 4h du matin. Et Stendhal confiait à Balzac le secret de son art, dans une lettre du 30 octobre 1840 :

En composant « la Chartreuse », pour prendre le ton, je lisais chaque matin deux ou trois pages du code civil, afin d’être toujours naturel ; je ne veux pas, par des moyens factices, fasciner l’âme du lecteur.

Deux cas parmi beaucoup d’autres, qui semblent appliquer à la lettre la recommandation de Flaubert :

Soyez réglé dans votre vie et ordinaire comme un bourgeois, afin d’être violent et original dans vos œuvres.

Un peu masochiste tout de même.

Quant à Emile Zola, souffrait-il de troubles obsessionnels compulsifs ? A la recherche de l’inspiration, il ne pouvait s’empêcher de compter les becs de gaz et d’additionner les numéros de portes lorsqu’il se promenait dans les rues de Paris.

Une manie bien inoffensive, cependant, quand on pense à ceux qui ont payé leur hypersensibilité au prix fort. Antonin Artaud, interné de nombreuses années. Virginia Woolf, Hemingway ou Romain Gary, qui finissent par se suicider. Peut-être était-ce la faute de leurs gènes. Ou peut-être était-ce le monde qui, décidément, est trop imparfait.

Source Le Nouvels Obs du 1er juillet 2015