Le portrait de Greta G., Catherine Locandro

Greta G Catherine Locandro

Tout le monde a déjà vu un film avec Greta Garbo. Mais qui la connait vraiment ? Catherine Locandro nous propose de lever le rideau sur le parcours de cette femme exceptionnelle par sa beauté certes, mais aussi et surtout par son talent et sa personnalité.

Une femme moderne

Nous sommes en 1982 à New-York. Alors âgée de 77 ans, Greta Garbo, cachée derrière de grandes lunettes, a réservé un fauteuil dans le fond de la salle de cinéma. Elle est venue incognito et souhaite pouvoir fuir avant le générique de fin pour ne pas être reconnue. Poursuivie toute sa vie par les journalistes, réalisateurs, producteurs, les fans, elle a développé une forme de paranoïa et multiplie les ruses pour ne pas être identifiée ni localisée. Cette fois, elle vient voir le film extrait du roman éponyme paru quelques décennies plus tôt : le portrait de Dorian Gray. Elle qui avait rêvé de jouer le rôle de Dorian Gray, dont la personnalité trouve un si fort écho en la sienne, s’était heurtée au refus de la MGM, qui n’envisageait pas un seul instant de lui confier un rôle masculin.

Dans la salle, d’autres spectateurs l’ont reconnue et évoquent la façon dont l’actrice a marqué leur existence, quand bien même ils ne l’aient jamais fréquentée en dehors du grand écran. L’occasion de revenir sur le parcours de cette jeune suédoise au visage racé, à la silhouette longiligne et au caractère de feu, surnommée le sphinx suédois par Hollywood.

Un portrait intime de Greta Garbo

Qui, même sans être cinéphile, ne connaît pas la fascinante Greta Garbo ? Connue dans le monde entier, elle a marqué son empreinte à Hollywood, avec Grand Hôtel, La reine Christine, Anna Karenine ou encore La femme aux deux visages, pour ne citer que ces films. Pour autant, qui connait Greta Lovisa Gustafsson, la femme derrière l’actrice, celle qui a toujours vécu cachée le plus possible des journalistes, des médias, des fans et des professionnels du cinéma, auréolant sans le vouloir sa vie de mystère ? Catherine Locandro, dans Le portrait de Greta G., paru aux éditions Les Pérégrines en cette rentrée littéraire, se propose de nous faire découvrir la femme derrière l’actrice. Et c’est une femme résolument moderne que nous découvrons. Une femme d’un caractère de feu, qui dès l’enfance, n’a pas hésité à imposer ses choix en fuguant une première fois à 12 ans de la maison pour échapper à son enfance miséreuse, à cette campagne dans laquelle elle étouffait, à ce père avec ses problèmes d’alcool. Ce n’était pourtant pas gagné en arrivant à Hollywood : certes, elle a une beauté hors-normes, mais justement, sortir des canons hollywoodiens de l’époque lui vaut des railleries des journalistes et des producteurs, sans compter son mauvais anglais, sa coiffure et ses vêtements jugés démodés. Qu’à cela ne tienne : Greta rêve de devenir une grande actrice et ceux qui la raillent bientôt lui mangeront dans la main. Non seulement elle imposera son style, mais elle exigera, fait révolutionnaire pour l’époque, de toucher les mêmes cachets que les acteurs masculins, que l’on respecte scrupuleusement les heures de tournage du contrat, qu’on lui propose des rôles intéressants et non ces sempiternels rôles de vamp. Et l’obtiendra.

« Garbo était son propre maitre, ne dépendant d’aucun homme ni d’aucune femme, échappant au système, insaisissable. »

Un portrait très riche, une peinture sociale de la société hollywoodienne et de son hypocrisie envers les homosexuels aussi, qui nous révèle une Greta Garbot côté cour. Une femme timide, solitaire, méfiante, courageuse et indépendante.

Prix Renaudot 2022 : première sélection

La saison des prix littéraires bat son plein. Le jury du Prix Renaudot a retenu hier en première sélection 15 romans et 11 essais de cette rentrée littéraire.

Catégorie «Romans» :

Emma BECKER – L’Inconduite, Albin Michel

Grégoire BOUILLIER – Le Cœur ne cède pas, Flammarion

Antoine CHOPLIN – Partie italienne, Buchet-Chastel

Sandrine COLLETTE – On était des loups, JC Lattès

Nathan DEVERS – Les Liens artificiels, Albin Michel

Sybille GRIMBERT – Le dernier des siens, Anne Carrière

Hubert HADDAD – L’Invention du diable, Zulma

Claudie HUNZINGER – Un chien à ma table, Grasset

Sylvie LE BIHAN – Les Sacrifiés, Denoël

Simon LIBERATI – Performance, Grasset

Laurence NOBECOURT – Opéra des oiseaux, Grasset

Christophe ONO DIT BIOT – Trouver refuge, Gallimard

Michel QUINT – La Printanière, Serge Safran

Yves RAVEY- Taormine, Minuit

Monica SABOLO – La Vie clandestine, Gallimard

Catégorie «Essais» :

Anne AKRICH – Le Sexe des femmes, Gallimard

Philippe BORDAS – Le Célibataire absolu, Gallimard

Guillaume DURAND – Déjeunons sur l’herbe, Bouquins

Raphaël GAILLARD – Un coup de hache dans la tête, Grasset

Iégor GRAN – Z comme zombie, POL

Lola LAFON – Quand tu écouteras cette chanson, Stock

Jean-Paul MARI – Oublier la nuit, Buchet-Chastel

MINH TRAN HUY – Un enfant sans histoire, Actes Sud

Benoît PEETERS – Robbe-Grillet, l’aventure du Nouveau Roman, Flammarion

Jean-Claude PERRIER – Le Photographe de Notre-Dame, Le Cerf

Olivier PHILIPPONNAT – Géographie des peuples fabuleux, Buchet-Chastel

Rentrée littéraire : Catherine Bardon, La fille de l’ogre

la fille de l'ogre Bardon Catherine

Un livre fascinant sur la vie incroyablement romanesque de Flor de Oro, fille d’un dictateur tyrannique en République dominicaine. Soyez prévenus, la fille de l’ogre se dévore d’une traite !

Fille de dictateur

1915, République dominicaine. Flor de Oro, Fleur d’or, est le prénom que choisit Rafael Trujillo Molina, un petit truand devenu militaire, pour sa fille. Ce dernier, colérique, autoritaire, redoutable et redouté, n’ambitionne pas moins que de prendre la direction du pays. Sur l’échiquier de sa soif de pouvoir, sa fille Flor, comme chaque personne de son entourage, n’est qu’un pion. Très vite, Flor va devoir composer avec l’absence d’un père dont l’ascension militaire et politique est fulgurante. Elle va devoir se contenter de ses rares marques d’affection, quand elle rêve d’un amour inconditionnel. Et vivre avec la peur térébrante de le décevoir. Une douleur qui demeurera une blessure lancinante tout au long de sa vie. Et de chercher à combler ce vide, à apaiser son chagrin en cherchant l’amour auprès d’hommes qui, pour la grande majorité, ne lui offriront là aussi que des miettes. Il y aura ainsi neuf mariages, dont l’amour de sa vie que restera le grand charmeur Rubirosa, des moments de bonheur comme des parenthèses rares, volés à une existence dirigée de main de fer par un père tyrannique. Flor de Oro se sera néanmoins battue pour sa liberté, pour trouver la clé de sa cage loin d’être toujours dorée.

Un roman passionnant de Catherine Bardon

Les lecteurs de la saga Les déracinés, savent combien la plume de Catherine Bardon est vivante et hypnotique. La fille de l’ogre, paru en cette rentrée littéraire aux éditions Les escales, est tout aussi passionnant. Impossible de lâcher sa lecture, de ne pas se sentir touché par son héroïne, Flor de Oro Trujillo. Impossible de rester insensible à sa vie aussi mal menée que malmenée. Dans ce livre richement documenté d’un point de vue historique, on suit le parcours inouï d’une femme condamnée dès la naissance à subir la tyrannie d’un père. La toute-puissance sur les moindres faits et gestes de sa vie d’un dictateur en devenir. Comment vivre dans l’ombre d’un ogre sans être dévorée ? Comment se sentir aimable, au sens digne d’amour, quand on est la fille d’un monstre ?

Catherine Bardon retrace le parcours incroyablement romanesque de cette femme sur laquelle se sont acharnés son père, mais aussi le destin. Une femme assoiffée de liberté, affamée d’amour.

Un gros coup de cœur de cette rentrée littéraire !

Informations pratiques

La fille de l’ogre, Catherine Bardon- éditions Les escales, août 2022 – 21€ – 403 pages

Rentrée littéraire : Brigitte Giraud

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Toute disparition suscite des questions, conduit à chercher le ou les responsables. Aurait-on pu l’éviter ? Et si… Brigitte Giraud revient sur la décès accidentel de son mari 20 années plus tôt, cherche le grain de sable qui aurait pu enrayer l’engrenage mortel. Emouvant.

Avec des si…

En ce printemps 1999, tout semble sourire à Brigitte Giraud, son mari Claude et son fils. Ils viennent de faire l’acquisition d’une maison à deux pas de leur appartement, dans la ville de Lyon. Brigitte se sentait un peu à l’étroit dans cet appartement doté d’une seule chambre. Et encore, ce serait bien plus étroit quand ils auraient concrétisé leur envie d’agrandir la famille. Après dix ans de vie heureuse dans cet appartement de la Croix rousse, l’heure du déménagement avait sonné. Et de se projeter déjà dans la maison, d’imaginer les travaux qu’ils y feront, les plantes dont ils orneront le jardin, le petit studio d’enregistrement qu’ils y aménageront. Il ne leur manque plus que les clés et leur rêve deviendra réalité. Ils pourront alors emménager dans leur joli nid et commencer une nouvelle vie.

Et, joie suprême, les clés peuvent leur être remises en avance. Ils vont pouvoir profiter du week-end pour transvaser leurs affaires de l’ancien au nouveau lieu de vie. Le rêve prend corps.

Mais il a suffi de quelques secondes pour que le rêve vire au cauchemar. Pour que cette maison n’abrite jamais leur bonheur à tous les deux….

Pour que tout bascule.

Vouloir comprendre

C’est un récit très personnel et très émouvant que nous livre Brigitte Giraud, 20 ans après les faits, en cette rentrée littéraire chez Flammarion. Vivre vite évoque en effet un drame qui l’a fauchée en plein bonheur, lors du décès accidentel de son mari et père de son fils alors âgé de 7 ans. Alors qu’aujourd’hui elle s’apprête à vendre la maison, elle refait une dernière fois le tour du propriétaire, inspecte chaque angle mort, éclaire les coins d’ombre, pour essayer de comprendre comment ce drame a pu être possible. Et surtout, aurait-on pu l’éviter, éviter cet enchainement de circonstances qui ont conduit à l’inéluctable ?

« Quand aucune catastrophe ne survient, on avance sans se retourner, on fixe la ligne d’horizon, droit devant. Quand un drame surgit, on rebrousse chemin, on revient hanter les lieux, on procède à la reconstitution. On veut comprendre l’origine de chaque geste, de chaque décision. On rembobine 100 fois. On devient le spécialiste du cause à effet. »

N’allez pas imaginer qu’il s’agit d’un livre sombre, car il est question d’un décès par accident. Au contraire, Brigitte Giraud évite avec brio l’écueil du pathos, nous offre un récit indiciblement vivant, vivant par son rythme soutenu mais aussi par la vie qu’elle redonne à son mari par le biais de ses mots.

Un roman qui se lit dans une forme d’urgence, comme assis sur une moto lancée à vive allure. Bouleversant.

Informations pratiques

Vivre vite, Brigitte Giraud – éditions Flammarion, août 2022 – 206 pages – 20€

Nina Simone, mélodie de la lutte

Nina Simone Adriansen Sophie

Une biographie très vivante de Nina Simone, mais pas seulement : l’histoire d’une jeune prodige de piano au cœur de l’Histoire, celle de la ségrégation raciale qui fait rage et des combats des noirs pour l’égalité des droits. Passionnant.

Eunice Waymon alias Nina Simone

Eunice Waymon est la sixième d’une famille modeste de huit enfants. Née en 1933, en pleine grande Dépression, elle surprend très vite ses parents en interprétant au piano vers l’âge de 3 ans et sans jamais avoir appris à jouer autrement que seule, un des cantiques entendus à l’église. Sa mère l’invite désormais à jouer les cantiques à l’église le dimanche, seuls airs qui aient grâce à ses yeux.  Puis, quand la mère d’Eunice entre comme domestique chez Mrs Miller, le don d’Eunice n’échappe pas à cette dernière. Et de décider de l’encourager en lui payant des cours de piano auprès d’une professeur, Miss Mazzy. Cette dernière crée même un fond de soutien pour permettre à la fillette de poursuivre les cours, cours trop onéreux pour sa famille. Pour Eunice, la musique classique au piano est une révélation. C’est décidé, elle intègrera le célèbre Curtis Institute et sera la première pianiste concertiste classique noire au monde. Mais contre toute attente, elle n’est pas reçue au concours d’entrée. En cause, non pas son incommensurable talent, mais un facteur sur lequel elle n’a aucune prise : la couleur de peau. Echec ? Non, rebondissement. Si Eunice Waymon n’est pas devenue la grande concertiste classique qu’elle aspirait à être, ce recalage va donner naissance à l’exceptionnelle Nina Simone.

Inégalité raciale et combat pour la liberté

C’est bien davantage qu’une passionnante biographie de Nina Simone, que nous offre Sophie Adriansen avec Nina Simone, Mélodie de la lutte, paru aux éditions Charleston. Si l’on suit avec beaucoup d’intérêt le parcours incroyable de la jeune prodige de piano classique, de la jeune fille qui jouait sur le piano de l’église et rêvait d’intégrer le prestigieux Curtis Institute, jusqu’à la prêtresse de la soul qu’elle est devenue, l’auteure inscrit l’histoire de Nina Simone dans la grande Histoire : celle des noirs dans l’Amérique raciste, l’Amérique du Ku Klux Klan, de la ségrégation raciale, des émeutes pour l’égalité des droits, mais aussi l’Amérique qui a accompagné le combat de Martin Luther King ou encore de Rosa Parks. Ainsi, Sophie Adriansen montre le glissement qui a opéré en Nina Simone, chanteuse et musicienne non engagée à ses débuts, malgré les humiliations et les discriminations dont elle a été l’objet à cause de sa couleur de peau, jusqu’à la chanteuse militante qu’elle est devenue. Résolue désormais à se servir de la musique comme d’une arme, jusqu’à sa mort.

Une militante dont le combat contre la ségrégation raciale demeure hélas d’actualité, près de 20 ans après sa mort. Une légende dont la voix et les partitions musicales continuent d’envouter, de transporter, de bouleverser.

Un livre passionnant, vivant, qui se lit comme un roman, au terme duquel vous n’aurez qu’une envie : réécouter en boucle la grande Nina Simone.

« Je pense que les femmes jouent un rôle majeur dans l’ouverture des portes de la tolérance et de la compréhension dans le monde. »  Nina Simone.

Informations pratiques

Nina Simone, mélodie de la lutte, Sophie Adriansen- éditions Charleston, mars 2022- 200 pages -17€

Sa vie pour Picasso : Marie-Thérèse Walter

sa vie pour Picasso

Un magnifique hommage à une des muses de Picasso, tenue dans m’ombre par ce dernier : Marie-Thérèse Walter. Et, à travers elle, la relation cruelle de Picasso avec les femmes.

Marie-Thérèse Walter et Picasso

Fin des années 20, Marie-Thérèse Walter a 17 ans à peine quand elle est remarquée dans un grand magasin parisien par Picasso. Agé de 45 ans, le peintre renommé est un parfait inconnu pour la jeune femme. Tout comme ses œuvres. Sa blondeur nordique, ses yeux d’un bleu céruléen, son profil grec, son teint clair, son allure sportive séduisent immédiatement le peintre, alors marié depuis dix ans à Olga Khokhlova, mère de son fils Paulo.

Marie-Thérèse accepte de poser comme modèle et devient rapidement une source d’inspiration joyeuse et foisonnante pour Picasso, une bouffée d’oxygène dans un quotidien avec Olga dont il commence à se lasser. Marie-Thérèse ne connait rien à l’art, rien à l’amour. Naïve, admirative, aveuglée, la jeune femme se soumet à tous les désirs et toutes les volontés du peintre. Sous emprise. Une adoration qui tourne au fétichisme, tandis qu’elle conserve comme de précieuses reliques ses cheveux et ses ongles coupés. Celle qui était le vilain petit canard de la fratrie, la benjamine et seule des trois filles à ne pas se destiner à des études de médecine, prend une forme de revanche sur la vie : elle devient la muse de Picasso, son amour fou.

Mais comme pour toutes celles qui l’ont précédé, la lassitude gagne Picasso. « Pour lui, seul compte sa peinture, ses croyances, ses besoins, ses désirs. Les autres ne sont que des instruments ou des obstacles. » Aussi, peu de temps après la naissance de leur fille Maya, fille qu’il adore mais refuse de reconnaitre officiellement, tout comme il refuse de s’afficher officiellement avec Marie-Thérèse, il répudie cette dernière… Sans aucun état d’âme.

Picasso et les femmes

« Aucune femme ne quitte un homme comme moi » disait Picasso. Une simple phrase qui résume à elle seule l’incroyable emprise qu’il sait avoir sur les femmes. Et son sentiment incommensurable de supériorité. Avec Sa vie pour Picasso, paru aux éditions Stock en ce mois de mai, Brigitte Benkemoun rend hommage passionnant et vivant à une femme discrète, qui s’est contentée toute sa vie de l’ombre dans laquelle Picasso l’a reléguée : Marie-Thérèse Walter. Une femme dont Picasso est le premier et dernier amour et qui, même 30 ans après être tombée en disgrâce, même sans jamais ou rarement avoir de réponse, continue à lui écrire au quotidien.

Plus largement, à travers le comportement de Picasso envers Marie-Thérèse, c’est l’attitude destructrice du peintre envers les femmes qui est mise en évidence. « Un génie absolu, mais un monstre d’égoïsme, qui ne vit que pour sa peinture et dévore celles qui la nourrissent. (…) une machine à broyer, à vampiriser au service de son œuvre. »

Un livre passionnant, édifiant.

Informations pratiques

Sa vie pour Picasso – Marie-Thérèse Walter – éditions Stock, mai 2022- 247 pages

Rupi Kaur : Home body

Home Body de Rupi Kaur

Home body est le troisième recueil de poésie, illustré par ses soins, de Rupi Kaur. Des textes courts, profonds, magnifiques, qui vont des ténèbres à la lumière. Un bijou paru aux éditions Pocket en ce mois de mars.

Un recueil de poésie magnifique

Difficile de décrire la plume de Rupi Kaur tant elle est inclassable, singulière. Une sensibilité à fleur de mots, une exploration de l’intime à vocation universelle, une justesse chirurgicale dans l’expression des émotions, une mélodie du texte incomparable.

Dans ce nouveau recueil, ses mots empruntent le chemin des ténèbres vers la lumière, accompagnent une femme violée dans son enfance sur le chemin de la reconstruction et de la renaissance. L’acceptation de soi, de son corps, de sa personnalité, de sa féminité, l’amour inconditionnel, sont au cœur de ses nouveaux textes en prose.

Le sol étendait ses membres

Et disait  » détends-toi« 

Les arbres disaient « nous allons te donner de la vie »

L’air disait « Respire-moi »

La terre disait

« Prends soin de ce qui prends soin de toi »

Et nous leur avons tournée le dos à tous.

Trahison.

L’acceptation de soi

Home Body est le troisième recueil de Rupi Kaur, jeune dessinatrice et poétesse d’origine indienne. Ses deux premiers recueils, Lait et miel et Le soleil et ses fleurs, ont été des best-sellers vendus dans le monde entier et traduits en plus de 40 langues.

Dans Home Body, l’auteure nous offre des textes courts, intenses, dont la sobriété des illustrations cadre merveilleusement avec l’épure du texte. Il se décline en quatre parties : esprit, cœur, repos, éveil. Tel un voile qui se déchire et chasse l’obscurité pour ouvrir sur la lumière et l’espoir, Rupi Kaur sonde le cœur et l’âme pour nous en offrir la quintessence.

Des textes d’une telle beauté, d’une telle justesse, que Rupi Kaur convertit même les plus réfractaires à la poésie ! A mettre entre toutes les mains.

« Je veux quelqu’un qui soit

Inspiré par mon rayonnement

Et non menacé par lui. »

Le soleil et ses fleurs

Le précédent recueil de poésie de Rupi Kaur est lui aussi un bijou de sensibilité, d’humanité. Un joyau d’émotion dans toutes ses acceptions. Retrouvez la chronique consacrée à cet ouvrage en cliquant sur son titre : Le soleil et ses fleurs.

Informations pratiques

Home Body, Rupi Kaur – éditions Pocket, mars 2022 – 192 pages

Suis-je hypersensible? Fabrice Midal

Suis je hypersensible Fabrice Midal

Fabrice Midal vous invite à vous interroger : êtes-vous ou non hypersensible ? Car identifier son hypersensibilité est un facteur de libération et de propulsion dans la vie. Loin d’être un handicap, transformez votre hypersensibilité en atout !

Définir l’hypersensibilité

Derrière ce terme, ce mot-valise, on met un peu tout et n’importe quoi. Or que recouvre l’hypersensibilité ? Quelles sont les manifestations de l’hypersensibilité qui vous permettent de l’identifier ? Partant de son expérience personnelle d’être hypersensible, Fabrice Midal vous donne des clés pour repérer ce que vous associez peut-être à de l’hyperémotivité, à une gêne en public, à une sollicitation permanente et excessive de pensées et réflexions, à une trop forte empathie. A trop. A trop de tout. C’est donc à la fois une forte sollicitation des sens, des émotions et des réflexions. Le sentiment d’être submergé. Or si beaucoup ont tendance à refouler cette hypersensibilité, la considérant comme un fardeau, ce faisant ils se coupent de leur nature profonde. Deviennent étrangers à eux-mêmes, ce qui est source d’une grande souffrance.

Fabrice Midal vous propose donc au contraire de prendre conscience de votre hypersensibilité dans un premier temps, puis d’en faire votre alliée. De l’accepter. De l’habiter. Pour le meilleur!

L’hypersensibilité est une bénédiction

Dans son livre très complet, intitulé Etes-vous hypersensibleFabrice Midal bouscule une idée reçue : non, l’hypersensibilité n’est pas une malédiction. C’est même carrément une chance ! Inutile donc – voire même dangereux – de la refouler, de la rejeter. S’appuyant sur les constats de scientifiques, de philosophes, d’historiens, de psychanalystes et hypnothérapeutes, Fabrice Midal vous montre comment exploiter au mieux ce don. Chaque court chapitre s’achève sur un exercice d’application très simple, lequel va vous permettre d’identifier votre hypersensibilité, de vous familiariser avec elle et de la transformer en atout.

Informations pratiques

Suis-je hypersensible? Fabrice Midal – éditions Pocket, mai 2022 – 7,70€

Eckhart Tolle, Le chemin vers l’unité

Le chemin vers l'unité Tolle Eckhart

Transformation de la conscience

C’est un merveilleux travail personnel que propose Eckhart Tolle à ses lecteurs : une invitation à aller à la découverte de soi, au delà des tourbillons du mental, de ce que nous pensons être et avoir, de nos pensées limitantes, de nos croyances, de notre passé. Nous éveiller à la conscience.

« La pensée n’est qu’un infime aspect de la totalité de la conscience, de la totalité de ce que vous êtes. (…) La cause première du malheur n’est jamais la situation mais toujours les pensées qui concernent celle-ci. »

Dissocier nos pensées (schéma mental conditionné) de chaque situation, rester factuel et ne pas qualifier une situation de bonne ou de mauvaise en écoutant notre ego, voici une des premières démarches à effectuer pour accéder à son espace spirituel intérieur, à un état de paix et de clarté. Rester dans le moment présent, éliminer le temps psychologique c’est à dire la préoccupation incessante du mental par rapport au passé et au futur est une autre étape à franchir..

L’éveil selon Eckhart Tolle

On ne présente plus Le pouvoir du moment présent, véritable best-seller d’Eckhart Tolle. De même que L’art du calme intérieur. En ce mois de mars, l’auteur nous offre un nouvel ouvrage aux éditions J’ai Lu : Le chemin vers l’unité. Comme précisé en exergue du livre par Eckhart Tolle lui-même, cet ouvrage n’est pas forcément à lire dans l’ordre et surtout pas dans l’urgence. Un court chapitre à la fois ou juste quelques lignes. La lecture des notions développées ici doit en effet se faire dans la lenteur, donner le temps aux réactions intérieures qu’elle suscite de se manifester, permettre au lecteur de ressentir profondément la vérité qu’elle réveille. A l’image d’un grand thé qu’on laisse infuser. Les notions développées par l’auteur visent à permettre au lecteur à être plus présent à lui-même, plus éveillé, plus en harmonie avec la vie.

De courts chapitres, intenses par les réflexions et prises de conscience qu’ils suscitent, accompagnent ainsi le lecteur sur le chemin de l’unité. Un ouvrage de développement personnel édifiant et passionnant.

Informations pratiques

Eckhart Tolle, Le chemin vers l’unité- Editions J’ai lu, mars 2022 – 156 pages – 7€

Comme dans un roman de Sagan

Voilà un livre très original : et si Françoise Sagan était un guide de vie? Et si ses œuvres fournissaient des réponses à nos questionnements quotidiens? C’est ce que nous propose Eve-Alice Roustang.

Les romans de Françoise Sagan

On ne présente plus Françoise Sagan, de son vrai nom Françoise Quoirez. Son œuvre est bien trop souvent réduite à ce succès international phénoménal de Bonjour tristesse, tandis qu’elle n’était âgée que de 18 ans. Elle a pourtant écrit plus d’une quarantaine d’ouvrages, des romans aux pièces de théâtre, en passant par les essais. Femme libre et moderne, dans le sillage de laquelle flottait un parfum de scandale. Eve-Alice Roustang propose de découvrir un autre aspect de son œuvre : sa richesse en conseils, en réflexions sur l’existence et ses questions de fond. Françoise Sagan est perçue ici comme un guide de vie, qui délivre ses messages à travers la voix de ses personnages. Une voie qu’explore l’auteure en passant ses écrits en revue.

Mieux vivre grâce à Françoise Sagan

Avec Comme dans un roman de Sagan paru aux éditions Versilio-Flammarion, Eve-Alice Roustang partage sa propre expérience : comment elle a trouvé du soutien, des réponses sur le bonheur, l’épanouissement, les émotions, la vie tout simplement, dans les œuvres de Françoise Sagan. Dans de courts chapitres, l’auteure aborde les thèmes du bonheur, de l’infidélité, de l’argent, de la vieillesse, de la dignité, du changement, de la mort. Elle donne des outils au lecteur pour traverser la vie avec le sourire, délesté de ses peurs. C’est donc un livre d’un genre à part, entre ouvrage de développement personnel et livre hommage à l’œuvre de Françoise Sagan.

Pour découvrir Sagan autrement!

Informations pratiques

Comme dans un roman de Sagan, Eve-Alice Roustang – éditions Versilio-Flammarion, février 2022 – 220 pages – 16,90€