Sa vie pour Picasso : Marie-Thérèse Walter

sa vie pour Picasso

Un magnifique hommage à une des muses de Picasso, tenue dans m’ombre par ce dernier : Marie-Thérèse Walter. Et, à travers elle, la relation cruelle de Picasso avec les femmes.

Marie-Thérèse Walter et Picasso

Fin des années 20, Marie-Thérèse Walter a 17 ans à peine quand elle est remarquée dans un grand magasin parisien par Picasso. Agé de 45 ans, le peintre renommé est un parfait inconnu pour la jeune femme. Tout comme ses œuvres. Sa blondeur nordique, ses yeux d’un bleu céruléen, son profil grec, son teint clair, son allure sportive séduisent immédiatement le peintre, alors marié depuis dix ans à Olga Khokhlova, mère de son fils Paulo.

Marie-Thérèse accepte de poser comme modèle et devient rapidement une source d’inspiration joyeuse et foisonnante pour Picasso, une bouffée d’oxygène dans un quotidien avec Olga dont il commence à se lasser. Marie-Thérèse ne connait rien à l’art, rien à l’amour. Naïve, admirative, aveuglée, la jeune femme se soumet à tous les désirs et toutes les volontés du peintre. Sous emprise. Une adoration qui tourne au fétichisme, tandis qu’elle conserve comme de précieuses reliques ses cheveux et ses ongles coupés. Celle qui était le vilain petit canard de la fratrie, la benjamine et seule des trois filles à ne pas se destiner à des études de médecine, prend une forme de revanche sur la vie : elle devient la muse de Picasso, son amour fou.

Mais comme pour toutes celles qui l’ont précédé, la lassitude gagne Picasso. « Pour lui, seul compte sa peinture, ses croyances, ses besoins, ses désirs. Les autres ne sont que des instruments ou des obstacles. » Aussi, peu de temps après la naissance de leur fille Maya, fille qu’il adore mais refuse de reconnaitre officiellement, tout comme il refuse de s’afficher officiellement avec Marie-Thérèse, il répudie cette dernière… Sans aucun état d’âme.

Picasso et les femmes

« Aucune femme ne quitte un homme comme moi » disait Picasso. Une simple phrase qui résume à elle seule l’incroyable emprise qu’il sait avoir sur les femmes. Et son sentiment incommensurable de supériorité. Avec Sa vie pour Picasso, paru aux éditions Stock en ce mois de mai, Brigitte Benkemoun rend hommage passionnant et vivant à une femme discrète, qui s’est contentée toute sa vie de l’ombre dans laquelle Picasso l’a reléguée : Marie-Thérèse Walter. Une femme dont Picasso est le premier et dernier amour et qui, même 30 ans après être tombée en disgrâce, même sans jamais ou rarement avoir de réponse, continue à lui écrire au quotidien.

Plus largement, à travers le comportement de Picasso envers Marie-Thérèse, c’est l’attitude destructrice du peintre envers les femmes qui est mise en évidence. « Un génie absolu, mais un monstre d’égoïsme, qui ne vit que pour sa peinture et dévore celles qui la nourrissent. (…) une machine à broyer, à vampiriser au service de son œuvre. »

Un livre passionnant, édifiant.

Informations pratiques

Sa vie pour Picasso – Marie-Thérèse Walter – éditions Stock, mai 2022- 247 pages

Rupi Kaur : Home body

Home Body de Rupi Kaur

Home body est le troisième recueil de poésie, illustré par ses soins, de Rupi Kaur. Des textes courts, profonds, magnifiques, qui vont des ténèbres à la lumière. Un bijou paru aux éditions Pocket en ce mois de mars.

Un recueil de poésie magnifique

Difficile de décrire la plume de Rupi Kaur tant elle est inclassable, singulière. Une sensibilité à fleur de mots, une exploration de l’intime à vocation universelle, une justesse chirurgicale dans l’expression des émotions, une mélodie du texte incomparable.

Dans ce nouveau recueil, ses mots empruntent le chemin des ténèbres vers la lumière, accompagnent une femme violée dans son enfance sur le chemin de la reconstruction et de la renaissance. L’acceptation de soi, de son corps, de sa personnalité, de sa féminité, l’amour inconditionnel, sont au cœur de ses nouveaux textes en prose.

Le sol étendait ses membres

Et disait  » détends-toi« 

Les arbres disaient « nous allons te donner de la vie »

L’air disait « Respire-moi »

La terre disait

« Prends soin de ce qui prends soin de toi »

Et nous leur avons tournée le dos à tous.

Trahison.

L’acceptation de soi

Home Body est le troisième recueil de Rupi Kaur, jeune dessinatrice et poétesse d’origine indienne. Ses deux premiers recueils, Lait et miel et Le soleil et ses fleurs, ont été des best-sellers vendus dans le monde entier et traduits en plus de 40 langues.

Dans Home Body, l’auteure nous offre des textes courts, intenses, dont la sobriété des illustrations cadre merveilleusement avec l’épure du texte. Il se décline en quatre parties : esprit, cœur, repos, éveil. Tel un voile qui se déchire et chasse l’obscurité pour ouvrir sur la lumière et l’espoir, Rupi Kaur sonde le cœur et l’âme pour nous en offrir la quintessence.

Des textes d’une telle beauté, d’une telle justesse, que Rupi Kaur convertit même les plus réfractaires à la poésie ! A mettre entre toutes les mains.

« Je veux quelqu’un qui soit

Inspiré par mon rayonnement

Et non menacé par lui. »

Le soleil et ses fleurs

Le précédent recueil de poésie de Rupi Kaur est lui aussi un bijou de sensibilité, d’humanité. Un joyau d’émotion dans toutes ses acceptions. Retrouvez la chronique consacrée à cet ouvrage en cliquant sur son titre : Le soleil et ses fleurs.

Informations pratiques

Home Body, Rupi Kaur – éditions Pocket, mars 2022 – 192 pages

Suis-je hypersensible? Fabrice Midal

Suis je hypersensible Fabrice Midal

Fabrice Midal vous invite à vous interroger : êtes-vous ou non hypersensible ? Car identifier son hypersensibilité est un facteur de libération et de propulsion dans la vie. Loin d’être un handicap, transformez votre hypersensibilité en atout !

Définir l’hypersensibilité

Derrière ce terme, ce mot-valise, on met un peu tout et n’importe quoi. Or que recouvre l’hypersensibilité ? Quelles sont les manifestations de l’hypersensibilité qui vous permettent de l’identifier ? Partant de son expérience personnelle d’être hypersensible, Fabrice Midal vous donne des clés pour repérer ce que vous associez peut-être à de l’hyperémotivité, à une gêne en public, à une sollicitation permanente et excessive de pensées et réflexions, à une trop forte empathie. A trop. A trop de tout. C’est donc à la fois une forte sollicitation des sens, des émotions et des réflexions. Le sentiment d’être submergé. Or si beaucoup ont tendance à refouler cette hypersensibilité, la considérant comme un fardeau, ce faisant ils se coupent de leur nature profonde. Deviennent étrangers à eux-mêmes, ce qui est source d’une grande souffrance.

Fabrice Midal vous propose donc au contraire de prendre conscience de votre hypersensibilité dans un premier temps, puis d’en faire votre alliée. De l’accepter. De l’habiter. Pour le meilleur!

L’hypersensibilité est une bénédiction

Dans son livre très complet, intitulé Etes-vous hypersensibleFabrice Midal bouscule une idée reçue : non, l’hypersensibilité n’est pas une malédiction. C’est même carrément une chance ! Inutile donc – voire même dangereux – de la refouler, de la rejeter. S’appuyant sur les constats de scientifiques, de philosophes, d’historiens, de psychanalystes et hypnothérapeutes, Fabrice Midal vous montre comment exploiter au mieux ce don. Chaque court chapitre s’achève sur un exercice d’application très simple, lequel va vous permettre d’identifier votre hypersensibilité, de vous familiariser avec elle et de la transformer en atout.

Informations pratiques

Suis-je hypersensible? Fabrice Midal – éditions Pocket, mai 2022 – 7,70€

Eckhart Tolle, Le chemin vers l’unité

Le chemin vers l'unité Tolle Eckhart

Transformation de la conscience

C’est un merveilleux travail personnel que propose Eckhart Tolle à ses lecteurs : une invitation à aller à la découverte de soi, au delà des tourbillons du mental, de ce que nous pensons être et avoir, de nos pensées limitantes, de nos croyances, de notre passé. Nous éveiller à la conscience.

« La pensée n’est qu’un infime aspect de la totalité de la conscience, de la totalité de ce que vous êtes. (…) La cause première du malheur n’est jamais la situation mais toujours les pensées qui concernent celle-ci. »

Dissocier nos pensées (schéma mental conditionné) de chaque situation, rester factuel et ne pas qualifier une situation de bonne ou de mauvaise en écoutant notre ego, voici une des premières démarches à effectuer pour accéder à son espace spirituel intérieur, à un état de paix et de clarté. Rester dans le moment présent, éliminer le temps psychologique c’est à dire la préoccupation incessante du mental par rapport au passé et au futur est une autre étape à franchir..

L’éveil selon Eckhart Tolle

On ne présente plus Le pouvoir du moment présent, véritable best-seller d’Eckhart Tolle. De même que L’art du calme intérieur. En ce mois de mars, l’auteur nous offre un nouvel ouvrage aux éditions J’ai Lu : Le chemin vers l’unité. Comme précisé en exergue du livre par Eckhart Tolle lui-même, cet ouvrage n’est pas forcément à lire dans l’ordre et surtout pas dans l’urgence. Un court chapitre à la fois ou juste quelques lignes. La lecture des notions développées ici doit en effet se faire dans la lenteur, donner le temps aux réactions intérieures qu’elle suscite de se manifester, permettre au lecteur de ressentir profondément la vérité qu’elle réveille. A l’image d’un grand thé qu’on laisse infuser. Les notions développées par l’auteur visent à permettre au lecteur à être plus présent à lui-même, plus éveillé, plus en harmonie avec la vie.

De courts chapitres, intenses par les réflexions et prises de conscience qu’ils suscitent, accompagnent ainsi le lecteur sur le chemin de l’unité. Un ouvrage de développement personnel édifiant et passionnant.

Informations pratiques

Eckhart Tolle, Le chemin vers l’unité- Editions J’ai lu, mars 2022 – 156 pages – 7€

Comme dans un roman de Sagan

Voilà un livre très original : et si Françoise Sagan était un guide de vie? Et si ses œuvres fournissaient des réponses à nos questionnements quotidiens? C’est ce que nous propose Eve-Alice Roustang.

Les romans de Françoise Sagan

On ne présente plus Françoise Sagan, de son vrai nom Françoise Quoirez. Son œuvre est bien trop souvent réduite à ce succès international phénoménal de Bonjour tristesse, tandis qu’elle n’était âgée que de 18 ans. Elle a pourtant écrit plus d’une quarantaine d’ouvrages, des romans aux pièces de théâtre, en passant par les essais. Femme libre et moderne, dans le sillage de laquelle flottait un parfum de scandale. Eve-Alice Roustang propose de découvrir un autre aspect de son œuvre : sa richesse en conseils, en réflexions sur l’existence et ses questions de fond. Françoise Sagan est perçue ici comme un guide de vie, qui délivre ses messages à travers la voix de ses personnages. Une voie qu’explore l’auteure en passant ses écrits en revue.

Mieux vivre grâce à Françoise Sagan

Avec Comme dans un roman de Sagan paru aux éditions Versilio-Flammarion, Eve-Alice Roustang partage sa propre expérience : comment elle a trouvé du soutien, des réponses sur le bonheur, l’épanouissement, les émotions, la vie tout simplement, dans les œuvres de Françoise Sagan. Dans de courts chapitres, l’auteure aborde les thèmes du bonheur, de l’infidélité, de l’argent, de la vieillesse, de la dignité, du changement, de la mort. Elle donne des outils au lecteur pour traverser la vie avec le sourire, délesté de ses peurs. C’est donc un livre d’un genre à part, entre ouvrage de développement personnel et livre hommage à l’œuvre de Françoise Sagan.

Pour découvrir Sagan autrement!

Informations pratiques

Comme dans un roman de Sagan, Eve-Alice Roustang – éditions Versilio-Flammarion, février 2022 – 220 pages – 16,90€

Du miel sous les galettes, Roukiata Ouedraogo

du miel sous les galettes Pocket

Le portrait inoubliable d’une femme du Burkina Faso qui n’a jamais baissé les bras pour élever seule ses sept enfants et obtenir justice, tandis que son mari est emprisonné à la suite d’une erreur judiciaire.

Erreur judiciaire

Fada N’Gourma est un village du Burkina Faso où vivent modestement Hamado Sankaké , sa femme et leurs sept enfants. Pour améliorer les revenus de son mari, fonctionnaire, Djelila revend des articles qu’elle achète sur le marché, la petite dernière harnachée dans son dos.

Mais la vie harmonieuse de la famille bascule quand le père est arrêté. Il y a eu un cambriolage au service des finances. Tout l’argent destiné aux salaires des fonctionnaires de la région a disparu, sans qu’il n’y ait de traces d’effraction. Alors, comme Hamado détient la clé des lieux, il fait un coupable tout trouvé.

Jeté en prison, Hamado laisse Djelila et les sept enfants seuls, sans revenus, à la maison. Dans le village, on parle de la famille comme s’ils étaient des bandits, on se détourne d’eux. Qu’à cela ne tienne, Djelila, femme forte, courageuse et combative, ne capitule pas. Elle est prête à remuer ciel et terre pour dénoncer l’injustice dont est victime son mari et obtenir sa libération. Même s’il lui faut se battre contre l’administration et les fonctionnaires corrompus jusqu’aux os. Et pour subvenir aux besoins essentiels de sa famille, Djelila cuisine des galettes, qu’elle vend sur le pas de sa porte. Bientôt tout le monde se les arrache.

Le combat d’une femme et mère

Avec Du miel sous les galettes, paru en ce mois de mars aux éditions Pocket, Roukiata Ouedraogo nous offre un voyage au cœur du Burkina Faso, pays où les terribles sécheresses succèdent aux pluies diluviennes, où la corruption fait rage. Un voyage empli de soleil, de parfums, de couleurs, d’odeur de miel et de galettes, de solidarité, d’amour, de traditions, de rires d’enfants. De vie. C’est le portrait d’une femme indiciblement courageuse, opiniâtre, droite, qui pas un seul instant n’entend se plier devant l’injustice des hommes, portée par l’amour qu’elle voue à son mari, à ses enfants. Une femme prête à soulever des montagnes, tandis que son mari a perdu foi en la justice de son pays et foi en l’homme tout court.

Ce roman viscéralement humain, montre que c’est quand il n’y a plus d’espoir, qu’il ne faut désespérer de rien. Car l’amour permet de triompher de tout. Ou presque.

Un très beau premier roman.

Informations pratiques

Du miel sous les galettes, Roukiata Ouedraogo – éditions Pocket, mars 2022 – 235 pages- – 7,10 €

Glissez Fabrice Midal dans votre poche!

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Fabrice Midal vous invite à vous interroger : êtes-vous ou non hypersensible ? Car identifier son hypersensibilité est un facteur de libération et de propulsion dans la vie. Loin d’être un handicap, transformez votre hypersensibilité en atout !

Définir l’hypersensibilité

Derrière ce terme, ce mot-valise, on met un peu tout et n’importe quoi. Or que recouvre l’hypersensibilité ? Quelles sont les manifestations de l’hypersensibilité qui vous permettent de l’identifier ? Partant de son expérience personnelle d’être hypersensible, Fabrice Midal vous donne des clés pour repérer ce que vous associez peut-être à de l’hyperémotivité, à une gêne en public, à une sollicitation permanente et excessive de pensées et réflexions, à une trop forte empathie. A trop. A trop de tout. C’est donc à la fois une forte sollicitation des sens, des émotions et des réflexions. Le sentiment d’être submergé. Or si beaucoup ont tendance à refouler cette hypersensibilité, la considérant comme un fardeau, ce faisant ils se coupent de leur nature profonde. Deviennent étrangers à eux-mêmes, ce qui est source d’une grande souffrance.

Fabrice Midal vous propose donc au contraire de prendre conscience de votre hypersensibilité dans un premier temps, puis d’en faire votre alliée. De l’accepter. De l’habiter. Pour le meilleur!

L’hypersensibilité est une bénédiction

Dans son livre très complet, intitulé Etes-vous hypersensibleparu aux éditions Pocket, Fabrice Midal bouscule une idée reçue : non, l’hypersensibilité n’est pas une malédiction. C’est même carrément une chance ! Inutile donc – voire même dangereux – de la refouler, de la rejeter. S’appuyant sur les constats de scientifiques, de philosophes, d’historiens, de psychanalystes et hypnothérapeutes, Fabrice Midal vous montre comment exploiter au mieux ce don. Chaque court chapitre s’achève sur un exercice d’application très simple, lequel va vous permettre d’identifier votre hypersensibilité, de vous familiariser avec elle et de la transformer en atout.

Informations pratiques

Suis-je hypersensible? Fabrice Midal – éditions Pocket, avril 2022 – 268 pages – 7,70€

Parent sans s’énerver, Isabelle Filliozat

Parce qu’il refuse de faire la sieste, parce qu’il veut mettre des tongs un jour de pluie, parce qu’il refuse de manger le gâteau qu’il a réclamé, on sort parfois de nos gonds. Pourtant, on s’était promis de ne pas crier. Promesse impossible à tenir ? Non, Isabelle Filliozat nous donne dix défis pour y parvenir !

Parent sans s’énerver

Il n’est pas toujours simple de garder son sang-froid quand l’enfant refuse avec obstination de faire ce qu’on lui demande. Des chaussettes qu’il s’évertue à retirer, au lit qu’il quitte dix fois le soir, en passant par le repas dont il ne veut que le dessert, on sent la tension monter. Et parfois, même si on en est peu fiers, on explose.

D’où vient cette fureur ? Est-ce un moyen, illusoire, de garder le contrôle de la situation ? Illusoire car en réalité nous avons justement perdu le contrôle. Sans compter que les cris ne sont pas une solution pour obtenir l’adhésion de l’enfant, ni un bon exemple de régulation émotionnelle à lui offrir.

Même si les parents français ont pour réputation de crier davantage sur leur progéniture que leurs semblables européens, il existe des alternatives à cette colère, d’autres façons de procéder en tant que parent. C’est ce que nous propose Isabelle Filliozat dans cet ouvrage : devenir des parents calmes.

Dix défis pour une parentalité zen et harmonieuse

Isabelle Filliozat, psychothérapeute, est une figure phare de la parentalité positive en France. Dans cet ouvrage Parent sans s’énerver, paru aux éditions Nathan en mars, elle propose dix défis pour aider chaque parent à reprendre le contrôle de ses émotions, à canaliser sa colère en situation de crise.

Il s’agit en premier lieu de déculpabiliser les parents, de cesser de leur mettre la pression, de les conduire à accepter de ne pas être parfaits et de leur apprendre à réparer leurs erreurs. Puis dans un deuxième temps, l’auteure livre des conseils et exercices pratiques et faciles pour bien réagir quand la tension monte. Comment stopper la montée du stress, calmer sa respiration, comment diminuer le climat de tension, prendre soin de son enfant intérieur, se recentrer sur ses besoins, prendre soin de son couple, solliciter de l’aide, etc.

Si les couleurs orange fluo sont un peu agressives pour un ouvrage sur la façon de garder son calme en tant que parent, le contenu du livre est très enrichissant, clair, avec des illustrations et exercices faciles et ludiques. Un excellent outil pédagogique à mettre entre toutes les mains !

Informations pratiques

Parents sans s’énerver, Isabelle Filliozat- Editions Nathan, mars 2022 – 40 pages – 6,90€

Eteindre le soleil, Ariane Bois

Le récit vibrant d’amour d’une fille désireuse de sauver son père de l’emprise d’une femme. L’emprise au féminin sous la plume sensible et belle d’Ariane Bois.

Une relation père-fille fusionnelle

Père et fille ont surmonté ensemble bien des épreuves. La mort du frère et fils tout d’abord, qui a mis fin à ses jours à la suite d’un chagrin d’amour. Une mort que le père, pédiatre, ne s’est jamais pardonnée, culpabilisant de n’avoir rien pressenti, rien vu. Le couple parental, plus soudé que jamais, fait front. Et leur fille Ariane, devenue leur unique enfant, se doit de tenir le coup elle aussi, de ne pas les accabler davantage par son chagrin. Mais quand sept ans plus tard, la mère décède lors d’un déplacement professionnel au bout du monde, le père et la fille se retrouvent seuls. Seuls survivants d’une famille de quatre. Leurs liens, déjà si forts, deviennent fusionnels.

Aussi, quand plusieurs années après, son père lui présente sa nouvelle compagne, une femme prénommée Edith, Ariane se réjouit pour lui. Elle veut plus que tout le bonheur de son père, sait mieux que quiconque les épreuves qu’il a traversées et combien le bonheur s’est fait rare dans sa vie.

Mais sa joie sera de courte durée. Edith se révèle être une femme toxique, aux réactions aussi imprévisibles que cruelles. Peu à peu, elle isole le père du reste de la famille pour mieux asseoir son emprise sur lui. Ariane, témoin effaré du piège dans lequel est tombé son père, va tout tenter pour le sauver.

L’emprise au féminin

C’est un récit intime et indiciblement émouvant que nous offre Ariane Bois, avec son nouveau livre, Eteindre le soleil, paru aux éditions Plon. Le sujet de l’emprise est souvent traité dans le sens de la domination de l’homme sur la femme. Rarement dans l’autre sens. Et pourtant l’emprise au féminin existe aussi.

Avec beaucoup de finesse, de sensibilité, Ariane Bois démonte les mécanismes de l’emprise, les rouages du piège : exclusivité dans la relation, isolement de la victime, dénigrement des personnes auxquelles elle est liée, agressivité, lavage de cerveau. Mais Ariane n’entend pas abandonner son père à son sort. Alors, malgré les remarques et attitudes cinglantes, malgré la peur de se retrouver face à Edith, elle continue envers et contre tout à entretenir le lien si précieux qui la lie à son père.

Un livre émouvant, qui est bien plus qu’un témoignage édifiant sur l’emprise féminine. C’est aussi un cri d’amour à ces êtres trop tôt disparus, à ces parents et à ce frère qui lui manquent tant.  Une ode à la famille et aux liens si puissants qui l’unissent.

Informations pratiques

Eteindre le soleil, Ariane Bois – Editions Plon,

Tous fake self, Sabrina Philippe

Tous fake self

On vit un évènement douloureux mais on se dit en super forme sur les réseaux sociaux. On a une tête de papier mâché mais on utilise un filtre qui nous donne bonne mine et 10 ans de moins. On juge, on condamne, abrité derrière son écran, sans avoir les informations ni les compétences requises. Mensonge, mensonge, mensonge. Ce décalage entre la réalité et le monde virtuel n’est pas sans conséquences sur notre personnalité. Un livre PASSIONNANT et TRES CLAIR, à mettre entre les mains de TOUS !

Le décalage entre notre réalité et le monde virtuel

Les premiers temps, l’avènement des smartphones et d’Internet est apparu comme un progrès, un accès illimité aux connaissances, la possibilité de communiquer en temps réel avec chacun, même à l’autre bout du monde. Et pourtant, ce progrès technologique n’est pas comparable aux précédents. Car il ne se contente pas de changer nos comportements, il modifie en profondeur nos personnalités. En effet, il ne s’agit pas ici de juste faciliter les échanges ou l’accès à l’information, il s’agit de pénétrer dans un monde qui n’est plus la réalité mais un univers virtuel, véritable distorsion du réel. Et la pandémie, avec ces confinements nous isolant de plus en plus, a accéléré la consommation de numérique, le temps passé connecté à son écran et donc hors de la réalité. Danger !

Dès lors, notre esprit doit sans cesse jongler avec ces deux mondes, entre notre réalité matérielle et celle rêvée, idéalisée par les réseaux sociaux, Internet. Ce gap entre ces deux univers oblige notre esprit à faire de plus en plus le grand écart entre virtuel et réel, ce qui génère une souffrance psychique : notre vie n’est en réalité pas celle « vendue » sur les réseaux sociaux, ni celle que nous vendons de nous sur le net.

Qui n’a jamais tenté d’améliorer son physique en utilisant un filtre, ou au minimum, en opérant un tri drastique pour choisir la plus avantageuse de ses photos, avant de la poster sur les réseaux sociaux ? Un petit arrangement avec la réalité ? Pas si petit que cela, car il se décline de bien des façons. Des propos légers, souriants, quand on vit une réalité sombre (rupture, licenciement, tensions conjugales, etc) histoire de garder la face, des condamnations sans appel et de l’agressivité basées sur des affirmations dénuées de tout fondement réel, etc.

Un cri d’alarme

Avec Tous fake self!, paru aux éditions Guy Trédaniel, Sabrina Philippe, psychologue, lance un cri d’alarme. Cet ouvrage est absolument ESSENTIEL pour opérer une prise de conscience chez chacun d’entre nous au sujet des modifications en profondeur que génère l’immersion dans le virtuel. Et prendre des mesures en conséquence, pour nous protéger et protéger les générations à venir.

L’écart entre réalité et monde virtuel est source de souffrance et oblige notre esprit à une gymnastique permanente pour passer de l’un à l’autre. Avec la répétition, notre esprit développe une stratégie d’adaptation, appelée le Fake self, laquelle lui permet de passer d’un monde à l’autre en souffrant moins. Du moins, en apparence. Or c’est une altération grave de notre personnalité. De même que pour bien vivre ensemble, nous allons nous adapter en faisant par exemple semblant d’apprécier un plat concocté par notre hôte alors que nous ne l’aimons pas du tout (on parle alors de faux self), nous allons développer un fake self pour interagir sur la Toile et paraitre « en phase » avec ce monde virtuel de l’esthétisme et du bien-être obligatoires, nous affichant heureux, altruistes, courageux, cultivés et intelligents sur le net. Là est le grand danger.

Surtout, n’allez pas imaginer qu’il s’agit d’un ouvrage rébarbatif, difficile d’accès, qui met les neurones en surchauffe. Au contraire, cet ouvrage est passionnant, fluide, éclairant, avec des exemples très parlants. Et il est à parier qu’après sa lecture, vous essaierez de réduire votre consommation d’écrans, effarés par les effets désastreux de ces derniers sur notre personnalité.

Un livre génial à lire ABSOLUMENT !