Line Papin : Après l’amour

après l'amour Line Papin

Line Papin suture les plaies de la rupture amoureuse au fil d’or de ses mots. Que reste-t-il quand l’amour a déserté ? Il reste ce livre, bijou littéraire assurément. Et la vie, palpitante, fragile et forte à la fois.

Rupture amoureuse et chagrin d’amour

Que reste t-il quand l’amour, le véritable amour, s’en va? Quand celui ou celle qui vous faisait vibrer, vous sentir viscéralement vivant(e), déserte votre vie? Comment faites-vous, interroge Line Papin? Car si nombreux sont les livres sur la rencontre amoureuse, sur l’amour, peu évoquent l’après. Ce chagrin qui broie, ce vide qui étouffe, cette solitude qui étreint. Ces souvenirs heureux qui frappent à la porte de l’esprit et ne laissent aucun répit. Alors Line Papin a trouvé les mots pour suturer ses maux au fil de sa plume. Pour composer avec l’après. Des mots qui ont « jailli de l’amour arraché – ils dessinent le manque, la passion, la solitude, l’obsession« . Pas de fuite dans l’écrit, mais au contraire, un face à face avec son chagrin, avec sa blessure béante, avec le désamour, sur la tribune de ses pages. « Je suis une enfant quand j’ai peur. Et une femme quand je me bats. » Alors Line épouse le mouvement organique des jours, accueille ce qui doit l’être, le chagrin comme les joies les plus infimes. Car la vie, toujours rejaillit.

Une ode à la vie

Difficile de vous parler du nouveau livre de Line Papin, Après l’amour, paru aux éditions Stock . Difficile de retranscrire l’émerveillement éprouvé à sa lecture devant la profondeur, la puissance évocatrice et l’intelligence des propos. Devant la magnificence de l’écriture et sa sensibilité à fleur de plume. L’auteure décrit comme personne les émotions qui nous traversent quand le cœur est à marée basse, que l’amour s’est retiré et nous laisse sur la grève, l’âme et le visage trempés de larmes.

Du chagrin fou provoqué par la rupture amoureuse, Line Papin fait une glaise qu’elle observe, modèle, sculpte au ciseau de sa plume. Et que cette sculpture est belle, émouvante, unique! Un livre unique par sa forme, son style, associant des poèmes, des textes courts et les dessins d’Inès Longevial. Un livre vivant, vibrant. De ces livres, rares, qui font frissonner l’âme et vous emportent telle une lame de fond.

SOLEIL QUI SAIGNE

Tu me manques
Et ce manque ne cesse pas
Il continue de s’écouler
Comme une plaie purulente
Un tube de peinture ouvert

Tu me manques
Et ce manque ne cesse pas
Il continue de s’écouler
Comme un soleil qui s’est coupé
Et saigne dans la mer.

Un livre sur l’amour, le désamour, mais aussi sur la vie qui continue, plus forte que tout. Un livre à lire ABSOLUMENT. A relire INCONTESTABLEMENT. A aimer PASSIONNEMENT.

Informations pratiques

Après l’amour, Line Papin – éditions Stock, avril 2023 – 309 pages – 19,50€

Quitter Téhéran, récit de Naïri Nahapétian

Quitter Téhéran Naïri Nahapétian

L’enquête d’une femme adulte aujourd’hui, qui a fui l’Iran enfant avec sa mère lors de la révolution islamique. Et qui n’a jamais compris pourquoi son père n’avait pas pu les suivre. De Paris à Téhéran, un témoignage touchant.

Fuir la révolution islamique

En 2018, l’auteure franco-iranienne Naïri Nahapétian, en France depuis près de 40 ans, plonge soudainement dans la dépression. Sans comprendre pourquoi. Et de revenir sur son parcours aux côtés de sa mère, de leur fuite de Téhéran à leur installation à Paris pour comprendre les racines de ce mal qui la ronge.

Février 1979. Le Shah fuit l’Iran et un certain ayatollah Khomeiny, dignitaire religieux, vient au pouvoir. Très vite, c’est le désenchantement. Pire, la terreurLa loi islamique interdit désormais aux femmes de sortir non voilées et toute opposition au régime se termine dans un bain de sang. Les parents de Naïri Nahapétia sont des médecins et enseignants-chercheurs en microbiologie à l’université de Téhéran. Ils vivent confortablement. La famille élargie est soudée, les repas joyeux, et la communauté arménienne à laquelle ils appartiennent est un lieu de fraternité. Mais pour la mère de Naïri, porter le voile, voir ses libertés réduites à peau de chagrin, vivre dans un climat de peur et de délation est impossible. Alors elle décide de quitter le pays avec sa fille âgée de 9 ans. A l’aéroport, le père de Naïri a ces mots terribles : « Je sais que vous ne reviendrez pas ». Une prophétie qui se double de l’impossibilité de cet homme de rejoindre femme et fille à Paris.

Pour chacun des trois, la vie bascule. Naïri doit apprendre à vivre dans un pays qui n’est pas le sien, culturellement éloigné, loin de ce père aimé et des autres membres de la famille, avec une mère dépressive. Et surtout, sans jamais comprendre pourquoi son père est devenu « mamnol kheroudj » : interdit de sortie. Alors, devenue adulte, elle enquête…

Un récit touchant sur la condition des femmes en Iran et l’exil

C’est un récit très touchant que nous livre Naïri Nahapétian avec Quitter Téhéran, paru aux éditions Bayard. Comment laisser derrière soi ceux et ce qui constituent nos fondations ? Comment rester fidèle à sa culture et à sa communauté d’origine tout en s’intégrant dans un nouveau pays ? Comment survivre au manque térébrant du père ? Comment comprendre son incompréhensible possibilité de quitter l’Iran ?

Avec beaucoup de sensibilité, l’auteure évoque les déchirements, la solitude, l’incompréhension, sa stratégie pour survivre à tout cela enfant et adolescente. L’occasion aussi pour elle d’évoquer les conditions de vie actuelles en Iran, la politique de répression, le courage des manifestants, le combat des femmes. Un témoignage qui montre combien l’histoire personnelle de l’auteure est imbriquée dans l’Histoire. Combien l’histoire politique iranienne marque de son empreinte le destin des êtres qui y vivent.

Informations pratiques

Quitter Téhéran, récit de Naïri Nahapétian – éditions Bayard, avril 2023 – 160 pages – 18€

Zéro contrainte, Dr Jimmy Mohamed

Zero contrainte Dr Jimmy Mohamed

Mieux vaut prévenir que guérir. Alors, pour nous aider à préserver notre capital santé, le Dr Jimmy Mohamed nous donne 48 astuces simples à appliquer. Un livre à mettre entre toutes les mains!

Conseils santé et idées reçues

C’est un ouvrage passionnant que nous offre le Dr Jimmy Mohamed. La santé est notre richesse la plus grande. Et pourtant par manque d’informations, de connaissances, par négligence, par facilité, nous ne faisons pas toujours ce qui serait le meilleur pour la préserver. Il n’est cependant jamais trop tard pour corriger notre comportement, tant au niveau du sommeil, de l’alimentation, de l’activité physique, des sorties, du tabac, de l’alcool et des écrans.

Saviez-vous par exemple que l’écran d’un smartphone fissuré ou cassé est toxique, pire, cancérigène en raison du cadmium qu’il libère? Cette information et tant d’autres permettent de corriger le tir. Saviez-vous que l’aspirine n’est d’aucune utilité contre la gueule de bois, contrairement à la croyance générale?

Prendre soin de sa santé facilement

Dans son livre Zéro contrainte, paru aux éditions J’ai lu, le Dr Jimmy Mohamed ne donne pas de recette miracle, de conseils complexes à appliquer, ni ne préconise d’efforts insurmontables à effectuer. Non. Et c’est là tout l’intérêt de l’ouvrage. En effet, en 48 courts chapitres, il dispense des conseils très faciles et scientifiquement prouvés pour préserver son capital santé. Il s’agit de prendre soin de nos organes, de notre corps au quotidien, en faisant nôtres des principes simples. En étant informés. Il ne prétend pas nous éviter toutes les maladies, mais nous dit comment limiter leur risque de survenue. Comment agir sur ce qui est en notre pouvoir pour vivre le plus longtemps possible en bonne santé. Il s’agit de débusquer les faux amis comme les boissons light et plus généralement les édulcorants, de chouchouter votre dos avec une bonne ergonomie de travail et des pauses de quelques secondes toutes les 30 mn par exemple. Ou encore de privilégier certains aliments. Saviez vous que les carottes sont bonnes pour la vue, les tomates pour la prostate et les légumes verts pour les muscles des jambes?

Un ouvrage clair, concis, passionnant, pour celles et ceux qui se soucient de préserver leur capital santé. Donc pour tous!

Informations pratiques

Zéro contrainte, surtout ne changez rien!, Dr Jimmy Mohamed- éditions J’ai lu, mars 2023 – 7,30€ – 282 pages

Il ne doit plus jamais rien m’arriver, Mathieu Persan

il ne doit plus jamais rien m'arriver Mathieu Persan

Le récit émouvant d’un fils, confronté à la malade puis au décès de sa mère. Entre souvenirs cocasses, émouvants, drôles, un tableau de famille où les rires triomphent des larmes. Et un vibrant hommage d’un fils à sa mère.

Une vie de famille simple, authentique et heureuse

Quand l’hôpital appelle Mathieu et sa famille au cœur de la nuit, tous se précipitent au chevet de la patiente. La mère de l’auteur est en effet atteinte d’un cancer et vit ses derniers instants. L’auteur revient alors sur la femme qu’elle fut, une brillante scientifique, forte, déterminée, drôle, qui a mis sa carrière au second plan quand ses trois enfants son nés. Des naissances qui ont valu à cette femme entièrement dévouée aux siens de dire, tel un mantra : « Maintenant, il ne doit plus rien m’arriver ». Que lui est-il arrivé par le passé, qui a façonné pareil comportement ? Quelles sont ses blessures secrètes ? Rien ne devait entraver sa détermination inébranlable à être présente pour ses enfants, à les protéger. Une mère louve. Être là pour ses petits, mais aussi pour ceux des autres dans cette maison pleine de rires, de bienveillance, où enfants des voisins et des amis venaient trouver du soutien pour leurs études, manger autour de la table, chercher un toit temporaire.

Un portrait de famille entre rires et larmes

Avec Il ne doit plus jamais rien m’arriver, paru aux éditions de l’Iconoclaste, Mathieu Persan livre un vibrant hommage à sa mère trop tôt disparue, à cette famille aux liens si forts dans laquelle elle occupait une place centrale et qui doit apprendre à vivre sans elle. Une femme combattive, déterminée. Mais attention, ne vous méprenez pas : certes, cette femme est décédée d’un cancer, certes l’auteur évoque sa maladie, son décès, le deuil, mais. Mais ce récit n’est pas triste, n’accable pas le lecteur. Car si l’auteur nous émeut, nous arrache des larmes parfois, il provoque aussi et surtout des sourires et des rires, des élans de tendresse chez lecteur. Dans ce récit, les larmes triomphent toujours du chagrin. A l’image du courage et de la détermination de la mère.

Un portrait lumineux, tout en pudeur, non dénué d’humour. Un témoignage émouvant sur le deuil, la reconstruction, la transmission, le souvenir.

Informations pratiques

Il ne doit plus jamais rien m’arriver, Mathieu Persan- éditions de l’Iconoclaste, mars 2023 – 270 pages – 20€

Journal de bord d’un joyeux bordel, Sophie Astrabie

Journal de bord d'un joyeux bordel Astrabie
La petite Jazz, hilare, à la lecture du livre de Sophie Astrabie

Une immersion joyeuse, émouvante et jubilatoire dans le quotidien d’une jeune maman. Des chroniques tantôt légères, tantôt profondes, toujours pertinentes, illustrées par la talentueuse Magalie Foutrier. Un vrai coup de cœur !

Chroniques d’une jeune maman

Sophie Astrabie nous offre des tranches de sa vie de jeune maman. Sous la forme de courts billets, sa plume vive nous entraine dans l’incroyable aventure de la parentalité, dans le joyeux bordel provoqué par la venue au monde d’un enfant. Puis d’un deuxième. De sa rencontre avec celui qui va devenir le père de ses enfants à la décision de faire un troisième enfant, en passant par l’arrivée de leur premier bébé, leurs vacances en van à 3 puis à 4, les sorties à la piscine ou pour voir les vaches, les balades à vélo et en skate, l’instinct maternel, l’annonce d’une petite sœur ou encore Mimi l’amie imaginaire de son ainée, elle croque avec talent ce qui fait l’essence de la vie de parent : son intensité et son caractère unique. Fatigue intense, joie intense, insomnies intenses, angoisses intenses, émotion intense, tout est décuplé quand on devient la mère ou le père d’un bout de chou.

Drôle, émouvant, plein d’humour et d’amour

C’est une collaboration ô combien réussie que celle de la plume pétillante de Sophie Astrabie et des traits si vivants et colorés de Magalie Foutrier dans cet ouvrage paru aux éditions Eyrolles : Journal de bord d’un joyeux bordel. Un journal de bord en lequel tous les parents se reconnaitront : les nuits écourtées, la petite souris, le vomi sur les vêtements, les premiers pas, l’entrée en maternelle, le casse-tête des repas, le premier « je t’aime » et autres joies du quotidien de parent. Sophie Astrabie nous fait passer du rire aux larmes au coin des yeux, revoir nos priorités, relativiser, jubiler avec ses formules savoureuses et son humour inénarrable.

Son regard est juste, ses remarques pertinentes, sa joie communicative. Et son amour de maman palpable. Car ce récit est aussi et surtout un magnifique hymne à l’amour d’une maman pour ses trois adorables petites filles.

Un pur bonheur de lecture !

« Je me suis couchée à côté d’elle et j’ai écouté ses petits bonheurs en me disant qu’on faisait des enfants pour ces secondes au milieu de l’éternité ».

Informations pratiques

Journal de bord d’un joyeux bordel, Sophie Astrabie (texte) et Magalie Foutrier (Illustrations)- éditions Eyrolles bien-être, mars 2023 – 18,90€

Raynor Winn, Le chemin de sel

Le chemin de sel éditions Stock

En perdant leur maison et leur outil de travail, Raynor et son mari se retrouvent à la rue à 50 ans. Le chemin de sel est le récit de leur chemin de résilience, celui de deux battants.

Se retrouver SDF du jour au lendemain

Raynor et son mari Moth se sont connus au lycée, à l’âge de 18 ans. Et 32 ans plus tard, ils forment toujours ce couple soudé, parents de deux grands enfants. Dans la maison qu’ils ont entièrement retapée, entourés d’animaux, ils vivent des locations de leur gite. Une vie apaisée et épanouissante. Mais le destin soudain bascule. A la suite d’un mauvais placement financier, ils se retrouvent endettés et incapables d’y surseoir. La maison est alors saisie. Du jour au lendemain, ils se retrouvent à la rue, SDF, avec tout juste 115 livres en poche. Et, comme un malheur ne vient jamais seul, quelques jours plus tôt, ils ont appris que Moth est atteint d’une maladie incurable.

Alors, que faire ? S’asseoir sur le bord du trottoir et pleurer ? C’est mal connaitre le couple de quinquagénaires. Ils ont perdu leur toit, leur outil de travail, mais ils ont gardé leur détermination et la force de leurs liens. Munis d’un vieux sac à dos, d’une tente et de maigres provisions, ils décident de partir marcher sur le sentier côtier du sud-ouest de l’Angleterre. Avancer au lieu d’attendre d’être rattrapés par le désespoir. Marcher, camper, le corps et les pieds endoloris, l’estomac tenaillé par la faim et le corps rompu de fatigue. Mais avancer.

Le chemin de la résilience

Le chemin de sel, paru aux éditions Stock, est le récit incroyable de Raynor Winn et de son mari Moth, jetés à la rue à 50 ans. La perte de son toit, de son outil de travail, l’épée de Damoclès qui menace au-dessus de la tête de Moth atteint d’une maladie incurable, auraient accablés plus d’un. Mais, dotés d’une courage inouï, plus que jamais soudés, ils font front. Ils partent marcher, dépouillés de tout, réduits à l’essentiel : leur survie. Camping sauvage, repas de fudge ou de pâtes, corps perclus de douleur, il s affrontent les regards bien souvent méprisants réservés aux SDF, refusent de se plier aux injonctions des médecins selon lesquelles Moth doit absolument économiser ses forces. Qu’ont-ils encore à perdre ? Rien. Ils parcourent ainsi plus de mille kilomètres, chaque pas posant la pierre d’un nouvel édifice, rempart contre la maladie et la misère.

Si c’est un parcours de résilience absolument inouï, un message d’espoir formidable que nous livre ce couple, le livre comporte de nombreuses longueurs qui diluent la tension narrative et l’émotion que ressent le lecteur. Chaque jour ressemble au précédent, à l’image du film « Un jour sans fin » de Harold Ramis, de sorte qu’on peine par moments à accompagner les randonneurs, fatigués par cette monotonie de leurs journées.

Un sentiment mitigé, donc, concernant ce livre. Mais une très riche aventure humaine. Une quête de soi. Une quête de sens.

Informations pratiques

Le chemin de sel, Raynor Winn – éditions Stock, février 2023 – 376 pages – 23€

Incendie blanc, Antoine Catel

Incendie blanc Antoine Catel

Dans ce récit vibrant d’émotion, Antoine Catel brosse le portrait de cette petite sœur trop tôt disparue, raconte l’addiction, la désintoxication, la peur, la rechute, l’impuissance. Mais aussi l’incommensurable amour qui les liait.

Dans l’enfer de la drogue

 La petite sœur est née en Afrique, dernière-née d’une fratrie de quatre. En raison de son regard particulier, elle fut toute petite surnommée « la vieille ». Mais la vie ne lui aura pas laissé le loisir de vieillir. A l’âge de 22 ans, elle succombe à une overdose. Une addiction à la cocaïne qui, tel un rouleau compresseur, écrase tout et tous sur son passage. Alors, dans une grande lettre d’amour adressée à celle qui fut et restera « sa petite sœur pour toujours », Antoine Catel revient sur les failles dans la vie de la jeune fille, qui ont permis à l’addiction de s’engouffrer, de colmater, fût-ce illusoirement et très temporairement, les brèches. Il évoque l’impuissance des proches face à ses rechutes, leur colère et leur incompréhension parfois. Les appels à l’aide de nuit comme de jour à son frère, les mauvaises rencontres, les cures, les espoirs d’en sortir. Mais aussi, l’extraordinaire intelligence de la jeune femme, sa pétillance, son hypersensibilité, son talent pour le piano et la poésie, ses projets en tant que futur médecin psychiatre. Tout ce qui faisait d’elle un être unique.

Un hommage vibrant d’amour

C’est un cri déchirant, celui d’un cœur qui souffre, celui d’une âme esseulée, celui de l’intolérable absence, que pousse Antoine Catel dans ce livre, Incendie blanc, paru aux éditions Calmann Lévy. Un cri d’amour. Un amour à la hauteur du vide laissé par le départ de la petite sœur.

Le style est très travaillé, très fluide, magnifique. Touche par touche, l’auteur complète le portrait de sa sœur, ses couleurs sombres, ses notes lumineuses. Il essaye de comprendre ce qui l’a conduite dans l’enfer de la cocaïne, elle si intelligente, si belle, si cultivée, entourée d’amis, bien insérée socialement. Elle qui semblait partout à sa place. Il culpabilise, se demande s’il aurait pu empêcher l’overdose. S’il aurait pu faire plus.

Si on ne peut qu’être bouleversé par ce livre poignant et beau, on en sort aussi accablé… Par la maladie, la noirceur, la mort du père, l’alcoolisme de la mère, les tentatives de suicide, la violence conjugale, la descente aux enfers de la petite sœur, les rechutes, les coups, les scarifications. On manque parfois de respirations, d’oxygène, de lumière, et ce, malgré les quelques souvenirs heureux qui émaillent le livre (la formidable complicité avec le frère, le piano avec le grand-père….) mais qui ne parviennent pas à déchirer les ténèbres.

Informations pratiques

Incendie blanc, Antoine Catel-Editions Calmann Levy, janvier 2023 – Rentrée littéraire – 234 pages – 19,50€

Jean Vuarnet, Ils ont tué ma femme et mon fils

Jean Vuarnet Archipoche

Dans un récit très émouvant, Jean Vuarnet, dont la femme et un des fils sont morts au sein de la secte de l’Ordre du temple solaire, tente de disséquer et de comprendre les mécanismes de l’emprise sectaire.

La secte de l’Ordre du temple solaire

On ne présente plus Jean Vuarnet, champion hors-normes, médaillé d’or de descente aux jeux olympiques de 1960, Président de l’office de tourisme d’Avoriaz et homme d’affaire à succès. En 1994, alors qu’il vit un bonheur serein avec ses trois fils et sa femme Edith, à laquelle il est marié depuis plus de trente ans, sa vie bascule. En effet, les journaux parlent en boucle du drame de la secte de l’Ordre du Temple Solaire dont 53 membres ont été retrouvés morts. Et d’apprendre, choqué, que sa femme Edith et son fils Patrick (benjamin de la fratrie) font partie de ladite secte. Certes, à bien y réfléchir, certains éléments étranges auraient pu alerter Jean Vuarnet, comme ce penchant pour l’ésotérisme, pour la macrobiotique, cette obsession de la propreté, ces rituels de rangement, ces ouvrages étranges. Mais de là à imaginer que sous son toit vivaient deux membres de la secte, il ne l’a jamais envisagé. Ils ne font heureusement pas partie des défunts de la tragédie de 1994. Alors Jean et les siens font tout pour leur ouvrir les yeux, pour les extirper de cette emprise sectaire. Mais même si Edith et Patrick allèguent avoir compris leur erreur et laissé la secte derrière eux, peut-on leur faire confiance ? Le couple, si soudé, ne se comprend plus, même si l’amour demeure. Jean ne reconnait plus la femme avec laquelle il a partagé de si grands bonheurs, comme si un mur invisible s’était édifié entre eux. Et de fait, quelques jours avant Noël, en 1995, les médias évoquent 15 nouvelles victimes de la secte apocalyptique. Et cette fois, Edith et Patrick font partie de la liste des corps retrouvés calcinés… Comment peut-on perdre tout discernement et entrer dans une secte ? Quels sont les ressorts de l’emprise ? Quels sont les signes qui doivent alerter l’entourage ? Jean Vuarnet tente de comprendre.

Les rouages de l’emprise sectaire

C’est avec une sincérité touchante que Jean Vuarnet évoque ces deuils qui ont assombri son existence dans Ils ont tué ma femme et mon fils, paru aux éditions Archipoche. Il reprend le fil des évènements qui ont précédé le drame, leur bonheur familial étincelant, cet avenir qui se voulait radieux. Et soudain ce cauchemar.  A-t-il trop peu consacré de temps à sa famille, pris dans le tourbillon des affaires ? Aurait-il pu empêcher sa femme et son fils de trouver refuge dans la secte s’il avait été plus présent, plus à l’écoute ? Rien n’est moins sûr. Car force est de constater que les gourous de secte ont le don de repérer les failles que portent certains êtres depuis leur enfance et de s’engouffrer dedans.

Ce récit a pour but de lever le tabou relatif à l’endoctrinement, de démonter les engrenages de l’emprise, mais aussi d’alerter l’opinion publique sur la dangerosité des mouvements sectaires et sur la nécessité de légiférer pour s’en protéger.  Un témoignage nécessaire.

Informations pratiques

Ils ont tué ma femme et mon fils, éditions Archipoche, janvier 2023 – 240 pages -7,95€

Christine Orban, Soumise

Christine Orban Soumise

Tout le monde connait le brillant Blaise Pascal. Mais sa sœur Jacqueline, dont l’intelligence n’avait rien à envier à celle de son frère, est demeurée méconnue. Christine Orban la sort de l’ombre dans ce portrait d’une femme hors du commun.

La sœur de Blaise Pascal

Il n’est pas facile de perdre sa mère quelques mois après sa naissance, cinquième enfant d’une fratrie qui compte déjà deux défunts. Il n’est pas facile non plus d’être la sœur d’un génie, aussi grand soit leur amour l’un pour l’autre et l’admiration qu’ils se vouent. C’est dans ce contexte que Jacqueline Pascal vient au monde, en 1623. Elevée par son père, instruite par ce dernier et par sa sœur ainée Gilberte, elle montre très vite des dispositions exceptionnelles pour la langue française et plus particulièrement poésie. La famille Pascal a ainsi deux prodiges : Blaise, mathématicien, physicien et inventeur de génie et Jacqueline, sa cadette, aussi douée pour les lettres que Blaise l’est pour les chiffres. Jacqueline, un fort tempérament, est bien décidée à égaler son frère par ses propres moyens, dans son domaine de prédilection. Elle se bat pour ne pas rester dans son ombre, dans un siècle où les femmes sont reléguées au second plan. Elles est d’ailleurs très vite remarquée, invitée à déclamer des vers devant la reine Anne d’Autriche.

Mais, soumise à son père, à son frère à la santé si fragile qu’elle doit jouer à l’infirmière jour et nuit, elle se détourne peu à peu de la cour, du monde du paraître, de la flatterie et de la fête, pour se consacrer à sa foi. Pour se soumettre à Dieu. Pour Jacqueline, Blaise doit se détourner de sa science pour la suivre sur la voie de la foi. Pour Blaise, la foi n’a pas à être exclusive, et peut très bien cohabiter avec a recherche scientifique. Entre le frère et la sœur, si fusionnels, c’est le déchirement…

Une femme soumise à son père, à son frère et à la religion

C’est une mise en lumière très intéressante que nous offre Christine Orban avec Soumise, aux éditions Albin Michel. Elle nous brosse le portrait d’une femme paradoxalement forte de caractère, déterminée, brillante, à contre-courant de la place de second plan réservée aux femmes à cette époque, mais soumise au désir de son père, soumise au devoir de porter assistance à son frère, soumise à sa pratique extrémiste de la foi. Une femme à qui la célébrité tendait les bras, dont la présence était recherchée par les plus grands, mais qui a choisi l’effacement et le renoncement avec cette vie de religieuse janséniste.

C’est un livre très documenté sur la famille Pascal, et plus largement, sur le contexte historique et social de ce XVIIème siècle. L’occasion de découvrir une femme hors du commun, celle que Blaise Pascal aimait le plus au monde.

Informations pratiques

Christine Orban, Soumise – éditions Albin Michel, janvier 2023 – 292 pages – 20,90€

Anatomie des blessures sportives, Anna Barnsley

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Voilà la bible de tout sportif : une analyse complète de 65 blessures courantes liées au sport. Et les exercices de rééducation et les traitements adaptés à chacune d’entre elles.

Comprendre et soigner les blessures sportives

Que vous soyez sportif amateur, kinésithérapeute, étudiant en médecine du sport ou tout simplement curieux de comprendre le fonctionnement -et surtout les dysfonctionnements du corps humain, cet ouvrage très complet est pour vous. Il est organisé en 10 parties qui reprennent 10 zones du corps humain : tête et cou, cage thoracique, colonne lombaire, épaule, coude et avant-bras, poignet et main, hanche et bassin, fesse et cuisse, genou, cheville et pied. Pour chaque zone du corps, la pathologie sportive est décrite en des termes clairs et concis, avec planches anatomiques à l’appui, ce qui permet à chacun de bien comprendre ce qui est en jeu dans la blessure et d’identifier les symptômes associés. Puis des facteurs de risque, des conseils et exercices de rééducation sont prodigués pour chaque type de blessure. Plus de 200 pages explicatives vous attendent !

Un ouvrage complet pour guérir en douceur des blessures sportives

Cet ouvrage consacré à l’Anatomie des blessures sportives, aux éditions Artémis, est une source précieuse d’informations. Car non seulement il décrit l’anatomie du corps humain, les signes à reconnaitre en cas de blessure, mais il fournit des conseils et des exercices illustrés pas à pas pour se remettre au mieux et en douceur de chacune des blessures. Grâce à ce livre, il est plus aisé de comprendre les rouages du corps humain, l’origine des lésions diverses dues au sport, comment les soigner, mais aussi et surtout comment mieux prévenir les blessures. Car mieux vaut prévenir que guérir !

Un livre très bien conçu, clair, complet et didactique.

Informations pratiques

Anatomie des blessures sportives, Anna Barnsley – 190 pages illustrées – 24,90€ – éditions Artémis