Citation du jour

« Ecrire. Ecrire en permanence même quand on n’écrit pas. Pour tenir le choc. Pour ne pas abandonner. Pour encaisser. Se souvenir des livres qui nous ont inspirés, qui nous ont grandis, qui nous ont même parfois tirés de la léthargie et de la détresse des grands chagrins. Se souvenir des pages que l’on tournait d’une main molle et exsangue. Des mirages littéraires qui nous ont ranimés comme d’une sortie de coma. » Nicolas Houguet – L’albatros ( Stock)

l'albatros, livre de Nicolas Houguet

 

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Une rose et un balai, Michel Simonet

une rose et un balai Michel Simonet

©Karine Fléjo photographie

J’ai reçu ce livre et serais passée vraisemblablement à côté de ce petit bijou de poésie, de sagesse et d’humanité, sans l’adorable attention des éditions Pocket. Je l’ai dévoré aussitôt, subjuguée par le style poétique comme par la profondeur des propos. A lire !

Un autre regard sur le métier de balayeur de rue

Cantonnier, hygiéniste du trottoir, concierge de quartier, « mégoïste philanthrope », homme de ménage en plein air, vous croisez tous des balayeurs de rue au quotidien. Mais s’ils appartiennent à votre décor quotidien, connaissez-vous vraiment leur profession pour autant ? Que savez-vous de ce métier, du déroulement d’une journée type ?  Etes-vous convaincu qu’il ne peut pas s’agir d’un choix de vie mais d’un travail faute de mieux ?

Michel Simonet, balayeur de rue dont le chariot arbore toujours une jolie fleur pour mettre une note de poésie dans sa journée, vous propose de découvrir son métier de l’intérieur, de « balayer » les préjugés qui l’entoure.

Tout d’abord, ce métier pour Michel Simonet est un choix. Il a quitté son travail administratif pour celui de balayeur de rue, plus conforme à ses aspirations, son équilibre, ses besoins.

« C’est un travail ingrat, mais d’où la grâce n’est pas absente ; elle y affleure même à tout instant. Un métier sale, certes, mais pas un sale métier. »

Vous êtes étonné que ce métier puisse être source d’épanouissement ? Et pourtant l’auteur nous le prouve. Il lui procure bien des émerveillements. Tout est question de regard, de présence à l’autre, d’appréciation de l’instant présent.

« Ce ne sont jamais les merveilles qui manquent, mais plutôt la faculté de s’émerveiller par tous nos sens. »

Car Michel Simonet a cette sagesse rare-là. Ce recul sur le monde. Cette capacité à saisir le bonheur le plus infime à sa portée.

« La chance. La grâce. Le bonheur. J’ai rapidement su où était le mien. On peut trouver tout près ce que d’autres cherchent et découvrent très loin, et recevoir ici au lieu de partir à la conquête. »

Rencontres humaines chaleureuses, luxe de pouvoir prendre son temps dans un monde engagé dans une course perpétuelle, variété des journées (rencontres diverses, événements inattendus), indépendance, travail au grand air, nombreuses sont les occasions de se réjouir. D’éprouver de la gratitude pour son métier. Un métier qui lui a apporté de fortes amitiés, la paix du cœur, la vie au jour le jour et la grâce de l’instant présent.

Et puis, balayeur de rue, nous dit non sans humour l’auteur, ce sont plusieurs métiers en un ! Photographe pour les touristes, bagagiste pour les personnes âgées, employé à l’Office du tourisme quand il faut renseigner les promeneurs perdus, gendarme en cas d’accident de la circulation, éducateur quand il faut désamorcer les conflits de rue. Ce métier est tout sauf monotâche et monotone !

Un récit plein d’humour, de sagesse et de poésie

Ce petit livre est un concentré de poésie, de sagesse, de philosophie et d’humanité. L’auteur nous invite à nous recentrer sur l’essentiel, à savoir nous réjouir de ce que nous avons au lieu d’être d’éternels insatisfaits engagés dans la course du toujours mieux, toujours plus. Son regard aiguisé, sa présence au monde lui permettent d’être fin psychologue, de déceler les personnes au-delà des personnages, d’établir la part des choses entre opinion et émotion. Son style est fluide est d’une grande poésie. Son humour extraordinaire.

Cet homme redonne de la densité à ces balayeurs de rue, bien souvent transparents dans les regards. Un récit émouvant et magnifique, parsemé de poèmes si justes. Balayez tout ce que vous avez à faire et filez dans votre librairie acheter ce livre !

Traits d’union

Ciel : mon plafond transparent.

Avenue : murs d ma maison.

Macadam : mon tapis d’orient.

Lendemains de fête : mon chemin de croix.

Poubelles : mes stations.

Voitures, trains, passants : mes voyages.

Bancs publics : mes bistrots.

Neige : mon silence.

Pluie et vent : ma musique.

Chaud et froid : mon sauna.

Char-rose : la vie est belle.

Balai : ma béquille.

Papiers et mégots : voisins du dessous jamais absents.

Verre brisé : vies côtoyées.

Bruit et paix : une seule nature humaine.

 

8 livres à offrir pour la fête des mères

Dîtes-le avec des livres !

C’est bientôt la fête des mères et vous cherchez un cadeau original à lui offrir ? Alors pourquoi ne pas lui offrir un voyage, des heures d’évasion et un bouquet d’émotions ? Cela fait beaucoup pour votre petit budget ? Mais il n’est pas question de prendre l’avion ni même le train, pas plus que de dévaliser le fleuriste : il s’agit de vous rendre dans votre librairie préférée. Et là, damned, il y a des étagères pleines de nouveautés et vous ne savez plus où donner de la tête. Rassurez-vous, je vous ai fait une petite sélection qui ravira le cœur des mamans à tous les coups !

Huit livres à offrir pour la fête des mères

  • Le quartier des petits secrets, Sophie Horvath (Flammarion) : Mieux qu’un bouquet de fleurs, c’est le magasin entier de la fleuriste Clémentine, que je vous propose d’offrir à votre maman ! Clémentine, c’est une des héroïnes du roman tendre, lumineux et viscéralement humain, de Sophie Horvath. Une histoire qui fait du bien comme un bouquet de fleurs parfumé et coloré dans la pièce, comme un air de printemps à la fin d’un hiver. Comme un arc-en-ciel après la pluie. Retrouvez la chronique que je lui avais consacré ici : Le quartier des petits secrets
  • L’âme du violon, Marie Charvet (Grasset) : Du 17ème siècle à nos jours, de l’Italie à la France en passant par les Etats-Unis, Marie Charvet nous offre un roman choral absolument magnifique, envoûtant, humain : le destin de quatre personnages terriblement attachants, liés les uns aux autres par un violon de maître. La mélodie de ce texte bercera le cœur de toute maman ! Je vous en dis plus sur le livre ici : L’âme du violon
  • Comme elle l’imagine, Stéphanie Dupays (Mercure de France) : votre maman est une adepte des réseaux sociaux, surfe allègrement sur le net ? Alors ce livre lui parlera. Stéphanie Dupays s’interroge sur l’impact des réseaux sociaux comme Facebook sur les rencontres amoureuses et les codes de la séduction. Une rencontre en ligne peut-elle donner lieu à un amour réel ? L’amour 2.0 sous la brillante plume de Stéphanie Dupays. Cliquez ici pour en savoir plus : Comme elle l’imagine
  • Le retour du jeune Prince, Alejandro G. Roemmers (City éditions) : envie de voir le sourire fleurir sur le visage de votre maman ? Alors offrez-lui de la douceur, un conte philosophique qui donne les clefs du bonheur! Le retour du jeune prince est un livre à part, un conte philosophique moderne qui mêle les enseignements de la philosophie, de la sagesse orientale, de l’éveil spirituel et du développement personnel. Un livre qui fait du bien, qui éclaire et ouvre l’esprit. Je vous dis tout ici : Le retour du jeune Prince
  • Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin (Le livre de Poche) : L’histoire intense d’une femme qui, après avoir traversé bien des épreuves, continue à s’arc-bouter au bonheur. Un hymne merveilleux aux petits bonheurs simples mais ô combien précieux du quotidien. En outre, ce magnifique roman existe désormais au format poche donc s’accorde aux petits budgets ! Ma chronique ici : Changer l’eau des fleurs
  • L’amour propre, Sylvie le Bihan (JC Lattès) : l’amour fou d’une maman pour ses enfants n’empêche pas certains regrets. Sylvie Le Bihan s’attaque avec beaucoup de courage à un mythe, celui selon lequel l’épanouissement d’une femme et d’un homme passe obligatoirement par le fait d’avoir un enfant. Or devenir maman, et ce, malgré l’amour porté à l’enfant, peut être un trop lourd sacrifice pour la femme derrière la mère, donner lieu à des regrets. Un roman courageux, percutant, magnifiquement mené. Un livre ESSENTIEL. Plus d’informations ici : Amour propre
  • A nous regarder, ils s’habitueront, Elsa Flageul (Julliard) : la venue d’un enfant et ses bouleversements, toute maman s’y reconnaîtra! Que devient le couple quand un enfant naît ? Dans ce magnifique roman, Elsa Flageul aborde les combats de trois êtres : ceux d’un bébé né prématuré pour la vie, celui d’une mère contre sa culpabilité de n’avoir pas mené sa grossesse à terme, celui d’un homme et d’une femme devenus parents pour trouver leurs nouveaux repères. Tout sur ce magnifique roman ici : A nous regarder ils s’habitueront
  • Le bruissement des feuilles, Karen Viggers (Les escales) . Offrez un voyage en Australie à votre maman, sans passeport! Karen Viggers nous offre cette fois encore une immersion merveilleuse au cœur de la forêt australe, celle des grands eucalyptus, des arbres centenaires qui tutoient le ciel. Elle invite le lecteur à s’interroger sur la déforestation et ses conséquences. Une ode à la solidarité et à l’amitié. Passeport pour le livre ici :  Le bruissement des feuilles

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi

quand-nos-souvenirs-viendront-danser

©Karine Fléjo photographie

Quand six « octogéniaux » décident d’unir leurs forces pour lutter contre l’avis d’expulsion qui les menace, cela donne un roman d’un humour irrésistible et d’une immense tendresse. Ou comment Virginie Grimaldi excelle à vous faire passer du rire aux larmes.

Amitié, amour, vieillesse

Impasse des colibris, on trouve six maisons séparées par de hautes haies. Six maisons habitées par des octogénaires, qui partagent leur quotidien depuis des décennies. Il y a Marceline, rude en apparence mais fondante au cœur et Anatole, son amour depuis plus de soixante ans. On y croise aussi Joséphine, ex-danseuse, dans son célèbre justaucorps fuchsia, ou encore Gustave, Rosalie et Marius. Une impasse dont le calme est soudain rompu par l’annonce du nouveau projet du maire : il n’y a plus assez de classes pour accueillir les enfants, par conséquent il faut construire une nouvelle école et un parking. Ce qui suppose de raser les maisons de l’impasse des colibris.

Nos octogénaires sont sidérés. Comment ce maire, fils de leurs anciens voisins et amis, peut-il envisager un millième de seconde les expulser de chez eux ? Car raser leurs maisons, c’est bien davantage que de transformer de vieilles habitations en tas de pierres.

« Ce ne sont pas que nos maisons qui vont être écrabouillées, ce sont nos souvenirs. Nos vies. (…) Cette place est mon point d’ancrage, mon radeau. Elle a porté mes craintes de jeune mariée, la naissance d’amitiés, toutes nos soirées de rires, les premiers pas de nos enfants, leurs premières cigarettes aussi, elle a accueilli nos secrets, nos espoirs et nos peines, elle est partout dans ma mémoire. »

Alors, que faire ? Se mettre en quête d’une maison de retraite qui voudra bien les accueillir ? Chercher un appartement ailleurs ? Pleurer, se lamenter ? C’est mal connaître nos six compères. Si Marceline regrettait que les haies aient créé une certaine distance entre eux, l’expulsion qui les menace va les rapprocher. Et nos octogénaires de décider de contre-attaquer. Ils ont autant d’idées pour s’opposer au plan du maire que d’années au compteur. Et de fonder le groupe des « octogéniaux ». Leur méthode : multiplier les petites actions. Leur but : user le maire pour obtenir gain de cause. Ils jubilent à fomenter de nouvelles actions, à mettre en place de nouveaux projets, unis, déterminés. Voilà qui leur donne une nouvelle jeunesse !

Ils vont ainsi mener une opération escargot au supermarché, sur la route, écrire et chanter du rap sur Youtube, créer une page Facebook avec des milliers d’abonnés, être invités à la radio, à la télévision. En un mot, ils font le buzz. Et s’attirent le soutien de tous. Sauf du maire.

Pourquoi ce dernier s’acharne-t-il à vouloir construire son école à cet emplacement-là ? Son entêtement cache-t-il autre chose ? A-t-il des comptes à régler avec ces gens, comptes liés à une vieille histoire avec la fille de Marceline et Anatole ? Et nos « octogéniaux », aussi déterminés soient-ils, parviendront-ils à remporter la bataille ?

Un livre profond et léger, drôle et émouvant à la fois

Il est facile de faire pleurer au cinéma ou dans un livre. Il est beaucoup plus difficile de faire rire. Non pas juste sourire, mais rire vraiment (au risque de passer pour une douce dingue auprès des inconnus assis près de vous). C’est le cas de Virginie Grimaldi, qui est capable en un éclair de vous faire passer du rire aux larmes. Et inversement. Son irrésistible humour, ses métaphores désopilantes, ses personnages cocasses, vous feront éclater de rire bien souvent. Une légèreté qui ne doit pas laisser croire à une superficialité. Car les personnages de ce roman sont tout sauf futiles. Ces octogénaires sont en effet viscéralement humains, attachants, émouvants. Marceline nous dévoile son parcours de vie, sa renaissance en rencontrant Anatole, les combats qu’il lui a fallu mener, ses joies et ses peines. Une vie de soleil et de pluie, comme toute vie, mais illuminée en tout temps par l’amour de son Anatole. Un amour qui fait frissonner l’âme et galoper le cœur. Un amour dont chacun rêve.

Un roman lumineux, qui vous mettra des étincelles dans les yeux et du soleil dans le cœur!