Je n’écrirai que morte, Elizabeth Letourneur : quand l’adoption tourne mal…

image

Je n’écrirai que morte, Elizabeth Letourneur

Editions Le Passeur, février 2017

Avec un style puissant, l’auteur livre un récit sans concession sur un sujet tabou : une adoption qui tourne mal. Un livre fort qui ne laisse pas indemne.

On considère souvent l’adoption comme la fin de tous les maux. Et pour les couples en mal d’enfant et pour l’enfant en manque de parents. Or il arrive que l’alchimie ne fonctionne pas, que l’amour tant espéré ne soit pas au rendez-vous…

Mai 1996. Après deux années de procédures, la narratrice et son mari, déjà parents d’une petite fille, arrivent à Saïgon pour chercher le petit garçon qu’on leur a promis à l’adoption. Les lourdeurs administratives sont derrière eux. Mais pas le plus pénible.

Car au contact de l’enfant, la narratrice ne ressent…rien. Ce bébé de sept mois ne lui inspire aucune tendresse, aucun élan. RIEN. Pire, elle a le sentiment que ce petit être la juge, que son regard lui est hostile.

Mais comment avouer qu’on n’éprouve aucune envie de prendre l’enfant dans ses bras, de le bercer, de l’embrasser ? Et à QUI l’avouer ? La narratrice se tait, consciente que son mal-être se nourrira de ce silence. Viennent alors les premiers énervements. Les gifles. Le bébé pleure et la regarde sans comprendre. Puis les coups. De plus en plus souvent. A l’insu de tous. Alors elle appelle au secours. La DDASS, ses amis. En vain.

Comment réveiller la bonne mère qui sommeille en elle ? Comment mettre fin à cette maltraitance d’une cruauté sans nom ? Elizabeth Letourneur a le mérite d’aborder un sujet très difficile. Si les femmes battues parlent péniblement de leur enfer, encore plus rares sont celles qui osent parler des coups qu’elles portent. Un texte fort, sans concession, difficilement soutenable par moments, sur un sujet tabou. Et un espoir fort heureusement : le temps peut transmuer la colère en amour. Mais l’enfant pourra t-il pardonner ? Pardonner, peut-être. Oublier, non.

Mes petites histoires Montessori : Le dîner aux bougies

image

Le dîner aux bougies, de Eve Herrmann (auteure) et Roberta Rocchi (illustratrice)

Editions Nathan, février 2017

Dès 3 ans; 32 P. ; 6,95 €.

La première collection de petites histoires directement inspirées par la pédagogie Montessori.

Liv et Emy s’apprêtent à dîner en compagnie de leur copain Tommaso et de leurs parents. Tous sont joyeux à la perspective de déguster des pizzas faites maison quand soudain la pièce se retrouve plongée dans le noir. Les fusibles ont sauté! Tandis que le papa va vérifier le tableau électrique, les enfants décident de chercher les bougies qu’ils avaient fabriquées quelques jours plus tôt. Finalement, dîner aux chandelles est encore plus chouette!

Un joli livre aux illustrations tendres, une histoire simple et poétique inspirée de la vie réelle, fidèle à la pédagogie Montessori. En fin d’ouvrage, une double page apprend pas à pas aux enfants à fabriquer eux-mêmes leur bougie en cire d’abeille.

Ce livre est un beau cadeau à offrir.

Venez rencontrer Catherine Locandro à la librairie L’émoi des mots (Paris 5ème)!

web-locandro-emoi

Ce jeudi 23 février, à partir de 18h30, venez nous retrouver pour une rencontre autour du nouveau roman de Catherine Locandro « Pour que rien ne s’efface », aux éditions Héloïse d’Ormesson!

Où?

A la dynamique librairie-atelier L’émoi des mots, 25 rue Descartes, Paris 5ème. A deux pas de la rue Mouffetard et du Panthéon.

Le livre : 

img_1686

Pour que rien ne s’efface est le 7ème roman de l’auteur.

Convoquant douze témoins, Catherine Locandro ressuscite Lila, star oubliée. De la mort à la vie, elle rembobine, à rebrousse-temps, le film de son existence. Un dispositif romanesque étonnant, où les défunts restent bien au-delà de leur mort.

Vous retrouverez la chronique que je lui ai consacrée ici : Chronique

L’auteur : 

avt_catherine-locandro_6385

Catherine Locandro est née en 1973 à Nice. Elle est écrivaine et scénariste. Elle vit aujourd’hui à Bruxelles.

Nous vous attendons nombreux! A très bientôt!

Le bureau des jardins et des étangs, Didier Decoin : d’une déchirante beauté

image

 

Le bureau des jardins et des étangs, Didier Decoin

Editions Stock, janvier 2017

Rentrée littéraire

Un conte initiatique d’une déchirante beauté, sensuel, poétique, voluptueux, à l’époque du Japon médiéval. Coup de cœur immense pour cette sublime estampe.

C’est une immersion totale dans le Japon du XIIème siècle, à l’époque Heian, que nous offre Didier Decoin.

Miyuki, jeune femme frêle, « une maigre silhouette d’herbe folle », vivait un amour idyllique avec Katzuro, le pêcheur de carpes le plus habile du village de Shimae, fournisseur officiel du Bureau des Jardins et des Etangs de l’empereur. Mais ce dernier glisse sur le fond glaiseux de la rivière et meurt noyé. Tous pensent alors que sa veuve va s’effondrer. Or c’est mal connaître la réservée Miyuki. Dès l’instant de la nouvelle de son décès, elle qui n’a jamais passé les frontières de son village, décide de relever le défi de livrer les carpes à l’empereur à plusieurs jours de marche de là. Parce que l’argent de la vente de ces poissons sacrés permettra de faire vivre le village. Mais aussi et surtout, parce qu’ainsi elle entend rendre hommage à son défunt mari. Ces carpes qu’elle portera péniblement dans des vasques en osier remplies d’eau, au bout d’une palanche, sont les dernières que Katzuro a capturées. Un trésor ô combien symbolique.

Un voyage qu’elle entreprend seule. En apparence. Car sans cesse les souvenirs de Katzuro l’accompagnent, au point de le rendre indiciblement présent à ses côtés, de guider ses pas, de faire battre son cœur.

Une aventure épique, au cours de laquelle il lui faudra affronter les intempéries, les monstres marins, les brigands, se frotter à une tenancière de maison close aux dents vertes. Ou comment la candide Miyuki, mue par l’amour pour son défunt mari, découvre le monde et s’émancipe. C’est pour le lecteur l’occasion d’un voyage sublime au cœur d’un Japon où se mêlent un raffinement extrême, une infinie poésie et une divine exaltation des sens.

Un coup de coeur absolu!