Citation du jour

« Et prenant un vieux livre, elle l’ouvrit au hasard et lut :

Cessez vos promesses. Cessez vos pompeux serments,
Cessez d’être vaniteux. Cessez de chercher la vaine gloire,
Cessez de haïr. Cessez de blasphémer, 
Cessez de faire le mal. Cessez d’être envieux,
Cessez la colère. Cessez toute débauche,
Cessez de mentir. Cessez de trahir,
Cessez de faire passer par votre langue la médisance.

Comme c’était étrange que quelqu’un ait pu exprimer ses propres désirs en — elle chercha la date — 1493 !
Puis elle lut les vers suivants :

Fuyez la fausseté. Fuyez la félonie,
Fuyez les frivoles flatteurs, les fâcheux enfiévrés,
Fuyez les affabulateurs et leurs fables effrénées,
Fuyez les faillis infidèles. Fuyez la fragile fortune,
Fuyez les affectueux fantasmes. Fuyez les fous,
Fuyez la forfaiture, sa frauduleuse félicité,
Fuyez les faux-semblants, les falsifications, les feintes.

Oui, elle avait fui tout cela. Tout sauf les affectueux fantasmes, ses trois vieux amis — plutôt de tendres fous, corrigea-t-elle en souriant. »

Vita Sackville-West, Toute passion abolie

 

mc3a9ditant-arbre-fi6212010.jpg

Publicités

Rentrée littéraire : La révolte, Clara Dupont-Monod (Stock)

La révolte, Clara Dupont-Monod

Editions Stock août 2018

Rentrée littéraire

Aliénor d’Aquitaine racontée par son fils, Richard Cœur de Lion. Une fiction historique fascinante et brillamment rédigée. Coup de cœur !

Autant le reconnaître tout de suite : l’Histoire, et les romans historiques en général, ne sont pas ma tasse de thé. Pourtant, en entendant Clara Dupont-Monod parler de son livre avec un enthousiasme ô combien contagieux, j’ai eu envie de faire exception à la règle. Et comme j’ai eu raison ! Non seulement j’ai succombé à la plume pleine de verve de l’auteur, mais j’ai découvert le parcours d’une femme époustouflante : Aliénor d’Aquitaine.

Dans ce roman, dont la trame historique est rigoureusement avérée, même si l’auteur s’est octroyé quelques libertés narratives, Aliénor d’Aquitaine, qui fut reine de France et parvint, fait remarquable et inédit, à faire annuler son mariage avec l’ennuyeux Louis VII, convoque ses fils. Ces derniers sont issus de son second mariage avec Henri Plantagenêt. Cette redoutable femme de pouvoir, sûre d’elle, fin stratège, intelligente, lettrée, avait vu en cet homme un être bien inoffensif. Et en son royaume d’Angleterre, des terres bien enviables.

Mais à stratège, stratège et demi. Henri Plantagenêt est son alter ego masculin, un homme assoiffé de pouvoir. Aliénor réalise qu’elle s’est fait piéger. Non seulement il n’entend pas partager le pouvoir, exerce sa tutelle sans partage sur l’Aquitaine et l’Angleterre, mais il la trompe. Dès lors, une sourde vengeance enfle en Aliénor. Et de demander à ses fils, dont Richard Cœur de Lion, de l’aider à renverser leur père.

Clara Dupont-Monod nous offre un roman historique extraordinairement vivant. A l’image d’un cheval lancé au galop, sa plume cavale d’une bataille à une autre, de Richard Cœur de Lion à Aliénor, sans temps mort, sans faux pas. Instructif, passionné et passionnant, puissant, ce roman nous catapulte au cœur de l’Histoire, nous fait découvrir une femme extraordinaire servie par une plume alerte. Un coup de cœur de cette rentrée littéraire !

 

Concours : Un roman de la rentrée Belfond étranger à gagner!

41922390_2303515926330294_7597831085455572992_o

Vous aimez lire? Vous aimez jouer? Alors participez au jeu organisé par les éditions Belfond pour gagner un de ces quatre romans!

Je vous ai parlé à plusieurs reprises de mes coups de coeur aux Editions Belfond, et plus récemment, de mon coup de coeur pour le roman de Chinelo Okparanta, Sous les branches de l’Udala. 

Si vous souhaitez gagner ce roman ou l’un des trois autres titres de la collection Belfond étranger, alors c’est simple : cliquez sur ce lien Concours . Puis remplissez le formulaire qui s’ouvre. Ce n’est pas plus difficile que cela! Le jeu est ouvert jusqu’au 30 septembre.

Cahier d’écriture cursive, conçu par un enseignant et un orthophoniste : pour aider vos enfants à maîtriser l’écriture! (Nathan)

CF66F3F6-565C-4D43-BCF9-4F29DDE7CAE9

Cahier d’écriture cursive, Yachar Jusserand (orthophoniste) et François Barrier (professeur des écoles)

Illustrations de Florence Langlois

Editions Nathan, juillet 2018

Pour enfants à partir de 6 ans

Un cahier d’écriture inédit, adapté et spécialement conçu pour les dys et les enfants en difficulté d’apprentissage de l’écriture.

C’est la rentrée de vos chères têtes blondes et, pour certains, l’apprentissage de l’écriture cursive. Un apprentissage complexe pour les enfants dyslexiques, ou pour ceux qui ont besoin de davantage de temps que les autres pour maîtriser le geste de l’écriture. Pas de panique, ce cahier a été spécialement conçu pour eux par un enseignant et un orthophoniste. Il propose d’aider les enfants à maîtriser l’écriture grâce à u apprentissage facilité.

  • D’une part, les lettres sont regroupées par famille, de la plus simple à représenter à la plus complexe. Ce qui permet une progression graduelle dans l’appropriation du dessin de la lettre. Chaque lettre est décomposée en deux ou trois temps pour apprivoiser la gestuelle de l’écriture.
  • Un code couleur en marge de la page, aide l’enfant à se repérer : le vert à droite représente le signal du départ, le rouge à gauche celui de la limite à ne pas dépasser. Tandis que le bleu en haut de la page représente le ciel à ne pas dépasser et le marron en bas de la page la terre sous laquelle ne pas aller avec son crayon.
  • Peu à peu l’enfant est invité à passer de la lettre à la syllabe puis au mot et à enfin à la phrase.
  • Des interlignes qui diminuent progressivement : l’enfant commence par recopier le dessin de la lettre sur des interlignes de 7 mm. Puis 5 mm et enfin 3 mm. Cela lui permet d’affiner son geste avec le temps et la pratique.
  • Des doubles pages, réparties au sein de l’ouvrage, permettent de faire un bilan avec l’enfant, de voir ce qu’il a assimilé ou pas.

Ce cahier d’apprentissage est extrêmement bien conçu, adapté aux difficultés de l’enfant. Sa progression douce encourage les enfants dans leurs progrès, de même que les smileys en bas de page qui lui permettent de noter sa satisfaction. Un très bon outil pour démarrer dans l’écriture cursive!

DB4A7078-0351-4CB3-9919-E5D8835F6BF9

 

 

Les rendez-vous littéraires du Centre Wallonie-Bruxelles à Paris

Vous vous intéressez à la culture francophone contemporaine? Vous êtes curieux? Vous aimez le cinéma, la photographie, la littérature, les spectacles vivants? Vous rêvez d’un lieu qui réunisse tous ces domaines à la fois? Alors retenez bien cette adresse : le Centre-Wallonie-Bruxelles.

101863-lieux.jpg

  • Le CWB : de quoi s’agit-il ?

Derrière les initiales CWB se cache le Centre Wallonie-Bruxelles, lequel ne se situe pas en Belgique, non, non, mais au cœur du Marais, dans le 4ème arrondissement de Paris. Pas besoin d’emprunter le Thalys, le métro suffit! Sa mission est de promouvoir en France les talents de nos contemporains belges. Pour cela, tout au long de l’année, le CWB propose des activités culturelles extrêmement riches et variées dans tous les domaines de la création : spectacles vivants, performances, expositions, cinéma, lectures, rencontres littéraires… Il y en a pour tous les goûts et toutes les curiosités.

  • Les rendez-vous littéraires du CWB : des brunchs, des bistrots littéraires, des conférences/débats tout au long de l’année

Passion pour la littérature oblige, je vais vous parler plus particulièrement des rencontres littéraires du CWB, lesquelles se déclinent en conférences avec des auteurs, mais aussi en brunchs du samedi ou encore en bistrots littéraires à l’heure de midi.

Les brunchs littéraires sont traditionnellement organisés lors des deux rentrées littéraires certains samedis de septembre et de janvier. Samedi 22 septembre, de 11h à 14h, ce seront ainsi Adeline Dieudonné et Antoine Wauters qui participeront au brunch de la rentrée.

41069102_2384026108280524_302204829638328320_n

Adeline Dieudonné est l’auteur de La vraie vie aux éditions L’Iconoclaste. Un roman déjà primé (Prix du Roman Fnac 2018) et en lice pour le Prix Renaudot et le Goncourt.

Antoine Wauters est l’auteur de Pense aux pierres sous tes pas, aux éditions Verdier. Son roman est finaliste du Prix Jean-Marc Roberts.

Pour celles et ceux qui ne peuvent pas se libérer le samedi, le CWB propose régulièrement en semaine des bistrots littéraires sur le temps de midi. Le principe est un peu similaire au brunch, si ce n’est qu’il vous est proposé de manger un sandwich, de boire un verre et un café. Sans quoi, il s’agit toujours d’une rencontre avec les auteurs suivie d’une séance de dédicace. Le prochain bistrot littéraire aura lieu le 12 octobre avec Ariane Le Fort et René de Ceccatty : https://www.cwb.fr/agenda/bistrot-litteraire_2

Ces rencontres couvrent tout le champ de la création littéraire et pas uniquement les romans. Ainsi sont aussi mises en valeur des BD, du théâtre, de la poésie et, plus modestement, des essais.

Retrouvez toute la programmation du CWB en cliquant sur ce lien : Programmation

  • Informations pratiques :

Adresse : 127-129, rue Saint Martin – 75004 Paris

Numéro de téléphone : 01 53 01 96 96

Courriel: info@cwb.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/CentreWallonieBruxellesParis/

Rencontre avec Inès Bayard, pour son roman Le malheur du bas ( Albin Michel)

 

Le malheur du bas, premier roman de Inès Bayard, paru aux éditions Albin Michel, a reçu le prix des Talents Cultura 2018. Rencontre avec l’auteur : 

  •  Comment est né ce roman choc ? 

Je l’ai écrit sans imaginer qu’il allait être publié. C’était une écriture très solitaire, très personnelle. Je ne sais pas si l’on peut vraiment parler de choc, parce que tout le monde me dit que ce livre a choqué, j’en suis désolée. C’est plutôt un livre de compréhension par rapport au corps.

  • Quelle est l’émotion qui vous a poussée à écrire ce livre ?

Le point de départ de ce livre était le désir de parler du corps féminin, c’était un sujet qui m’intéressait depuis pas mal d’années et qui était traité à la fois dans la littérature française et dans les médias, d’une façon qui ne me convenait pas. Il n’y a que dans la littérature étrangère que je le trouvais traité de façon suffisamment forte.

  • Est-ce que vous pouvez définir ce que vous ne plaisait pas ou plutôt la façon dont vous vouliez en parler ?

Pour moi, il y a toujours un problème quand on parle du corps féminin et plus particulièrement d’une agression sexuelle, il y a toujours un décalage entre ce que les victimes de ces agressions disent dans leur témoignage et le traitement dans les médias. Les débats restent très superficiels. Ils ne vont pas c’est dans le détail. Ils n’expliquent pas les ressorts physiques. On a toujours tendance à évoquer la psychologie féminine, mais très peu le corps dans ses détails. Or cela me paraît problématique surtout en ce qui concerne les agressions sexuelles. Revenir à ces débats dans le fond me paraissait important.

Le roman : Le malheur du bas

« Au cœur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »
Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

 

Prix Femina 2018 : la première sélection

liste_Les-romans-etrangers-selectionnes-pour-le-Prix-Fem_1346

En ce lundi 17 septembre, le jury du Prix Femina 2018, présidé par Camille Laurens, a  révélé le nom des 14 auteurs sélectionnés. 

Romans français en lice

  • Arcadie d’Emmanuelle Bayamack-Tam (POL)
  • Trois enfants du tumulte d’Yves Bichet (Mercure de France)
  • Tous les hommes désirent naturellement savoir de Nina Bouraoui (J-C Lattès)
  • Je voudrais que la nuit me prenne d’Isabelle Desesquelles (Belfond)
  • Platine de Régine Detambel (Actes Sud)
  • Frère d’âme de David Diop (Seuil)
  • La révolte de Clara Dupond-Monod (Stock)
  • François, portrait d’un absent de Michaël Ferrier (Gallimard)
  • Idiotie de Pierre Guyotat (Grasset)
  • Le lambeau de Philippe Lançon (Gallimard)
  • Einstein, le sexe et moi d’Olivier Liron (Alma)
  • Tu t’appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider (Grasset)
  • Roissy de Tiffany Tavernier (Sabine Wespieser)
  • Une vie en l’air de Philippe Vasset (Fayard)

Romans étrangers en lice

  • Je reste ici de Marco Balzano traduit de l’italien par Nathalie Bauer (Philippe Rey)
  • Taxi curaçao de Stefan Brijs traduit du néerlandais par Daniel Cunin (Héloïse d’Ormesson)
  • Le monarque des ombres de Javier Cercas traduit de l’espagnol par Aleksandar Grujicic, avec la collaboration de Karine Louesdon (Actes Sud)
  • Le bûcher de György Dragoman traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly (Gallimard)
  • La femme à part de Vivian Gornick traduit de l’anglais par Laetitia Devaux (Rivages)
  • Le cœur converti de Stefan Hertmans traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin (Gallimard)
  • Forêt obscure de Nicole Krauss traduit de l’anglais par Paule Guivarch (l’Olivier)
  • La saison des fleurs de flamme d’Abubakar Adam Ibrahim traduit de l’anglais Marc Amfreville (l’Observatoire)
  • La neuvième heure d’Alice McDermott traduit de l’anglais par Cécile Arnaud (La table ronde)
  • Voyou d’Itamar Orlev traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz (Seuil)
  • Asta de Jon Kalman Stefansson traduit de l’islandais par Eric Boury (Grasset)
  • My absolute darling de Gabriel Tallent (Gallmeister)
  • Les livres de Jakob d’Olga Tokarczuk traduit du polonais par Maryla Laurent (Noir sur blanc)
  • La marcheuse de Samar Yazbek traduit de l’arabe par Khaled Osman (Stock)

Deuxième sélection le 5 octobre. Le prix sera décerné le 5 novembre.