Glissez Olivier Adam dans votre poche !

La tête sous l'eau par Olivier Adam chez Pocket
©Karine Fléjo photographie

Les éditions Pocket publient en ce mois de janvier un nouvel opus d’Olivier Adam : La tête sous l’eau. Un roman qui se lit en apnée.

Déménagement Paris-Province : le bonheur…ou pas

Quand le couple décide de quitter Paris et de s’installer en bord de mer en Bretagne avec Léa et Antoine, leurs enfants, cela promet d’être le paradis. Du moins pour les parents, car les ados considèrent cela davantage comme un enfer, surtout Léa, leur fille aînée. Pour cette ado, quitter Paris, son amour, ses amis, pour une province où elle ne connait personne et où il n’y a pas grand-chose à faire en dehors de l’été, c’est tout sauf un choix.

Mais l’enfer va au final les concerner tous.

Peu de temps après leur arrivée, Léa disparaît brusquement lors d’un concert avec son oncle. Ses proches sont submergés par les flots de l’angoisse, du chagrin et du doute : que lui est-il arrivé ? Chacun tente de garder la tête hors de l’eau, de ne pas sombrer dans le désespoir, tandis qu’ils sont secoués comme une barque en pleine tempête.

Quand après plusieurs mois de recherches, Léa est retrouvée saine et sauve, la famille pense que la tempête est derrière eux, qu’ils vont enfin pouvoir à nouveau surfer sur une mer glassy. Mais ils se trompent…

La tête sous l’eau : une lecture en apnée

Avec La tête sous l’eau, Olivier Adam surfe avec brio sur les remous qui secouent les victimes mais aussi leur entourage, lors d’un drame. L’analyse psychologique des personnages est si juste, que le lecteur est lui-même ballotté par les flots du doute, de la peur, mais aussi de l’incompréhension face au silence de la rescapée. Il faut à chacun du temps pour réapprivoiser les vagues de l’existence, pour se reconstruire plus fort, plus loin. Un roman d’une grande sensibilité, d’une écriture aussi fluide que l’eau, qui se lit en apnée.

Informations pratiques

Olivier Adam, La tête sous l’eau – Editions Pocket, janvier 2020 – 218 pages.

Khalil, Yasmina Khadra : dans la tête d’un terroriste

Khalil par Yasmina Khadra

©Karine Fléjo photographie

Quand Yasmina Khadra se glisse dans la tête d’un terroriste prêt à se faire sauter. La radicalisation décortiquée de l’intérieur. Fascinant, brillant. Essentiel.

Dans la peau d’un kamikaze

Khalil est né dans le quartier de Molenbeek en Belgique. Il est en chemin pour Paris, ce 13 novembre 2015. Dans la voiture avec lui, Driss, son meilleur ami d’enfance, ainsi que deux autres hommes. Depuis 5 semaines, ils se préparent et ne vivent que pour cette mission. Ils ont en effet été élus par le cheikh, pour aller se faire exploser au milieu de la foule au stade de France.

Se faire sauter pour la cause, l’acte de foi par excellence. Du moins l’imam Sadek le leur a-t-il affirmé. C’est donc « forcément » vrai. Le paradis leur est promis.

Mais rien ne se passe comme prévu. Sa ceinture d’explosifs ne se déclenche pas. Le détonateur ne fonctionne pas.

Au fil des pages, le lecteur accueille les confidences du kamikaze, remonte les mois, les années à ses côtés. Une enfance qui l’a meurtri, humilié. De mauvais résultats à l’école montrés du doigt par son père qui le traitait d’âne et le dédaignait. Du dédain de la part de la société belge vis-à-vis des étrangers comme lui, parqués dans ce quartier. Il ne se sent pas reconnu dans sa famille, pas intégré socialement, paumé, exclu. En perte d’estime de soi.

« L’exclusion exacerbe les susceptibilités, les susceptibilités provoquent la frustration, la frustration engendre la haine et la haine conduit à la violence, c’est mathématique. »

Aussi, quand son ami lui avait proposé d’aller écouter un prêcheur dans une mosquée, il l’avait suivi. Par désœuvrement plus que par conviction. Ce fut alors une révélation.

« La mosquée, plus qu’un refuge, m’a recyclé comme on recycle un déchet. Elle a donné une visibilité et une contenance aux intouchables que nous étions. Elle nous a sortis du caniveau pour nous exposer en produits de luxe sur la devanture des plus beaux édifices. La mosquée nous a restitué le respect qu’on nous devait. »

Ou quand « les frères » récupèrent ces êtres perdus, sans repères, à l’image d’objets perdus que personne ne vient réclamer.  L’embrigadement peut commencer.

Une analyse brillante de Yasmina Khadra

Dans ce livre rédigé à la première personne, pour que le lecteur soit au plus près des pensées du kamikaze, Yasmina Khadra démonte les rouages qui conduisent un être ordinaire à la radicalisation. Une analyse brillante, pertinente. Essentielle.

J’ai lu parfois des reproches faits à Yasmina Khadra, car il s’est glissé dans la peau d’un terroriste, a été dans l’empathie avec lui, a tenté de le comprendre. Or au contraire, je pense que l’auteur a FONDAMENTALEMENT raison dans sa démarche ! Un, tenter de comprendre ne signifie pas excuser. Deux, on a trop tendance à montrer les criminels, les kamikazes, les terroristes, comme des monstres, au sens de non-humains. Or ce ne sont pas des espèces animales ni des êtres d’une autre planète, ce sont des hommes et des femmes ordinaires à la base, qui un jour sont complètement sortis de la route. Et pour comprendre comment il est possible de faire des choix si radicaux, il faut les considérer comme ce qu’ils sont, des personnes. L’être humain est capable de cruauté extrême, de torture, du pire. Comme du meilleur. Ce roman est essentiel, car il tente de donner des éléments aux lecteurs, pour que jamais la part ténébreuse en lui ne l’emporte sur la part lumineuse. Pour le meilleur. Contre le pire.

Un livre acheté = 4 repas offerts aux restos du coeur!

13 à table éditions Pocket

Pour la sixième année consécutive, les éditions Pocket s’associent aux restos du cœur avec la publication d’un livre, 13 à Table, dont les profits servent à financer des repas aux restos du cœur.

La pauvreté : une réalité mais pas une fatalité

Aujourd’hui, un français sur cinq ne mange pas à sa faim. Les restos du cœur ont ainsi distribué 133 millions de repas pour la saison 2018/2019,  dont 30 000 à destination de bébés de moins de un an.  Que les Restos du cœur aient accueilli 900 000 personnes, c’est à la fois magnifique et tragique… La participation de chacun est donc plus que nécessaire. Soulager la misère passe par la solidarité.

Patrice Blanc président des Restos du coeur

Patrice Blanc, Président des Restos du coeur / ©Karine Fléjo photographie

 

Un livre acheté 5€ = 4 repas offerts aux restos du coeur

Pour la 6ème année, les éditions Pocket et leur directrice éditoriale Charlotte Lefevre, s’associent aux restos du cœur en publiant un recueil de nouvelles, intitulé 13 à table, dont les bénéfices sont reversés intégralement aux Restos du cœur.

François Laurent et Charlotte Lefevre

François Laurent, directeur général de Univers Poche et Charlotte Lefevre  – ©Karine Fléjo photographie

Cette année, le thème retenu a été celui du voyage. Ce sont donc 17 nouvelles qu’on écrites 17 auteurs, offrant un merveilleux voyage à travers la langue, à travers les mots, aux lecteurs.

Grâce aux bénéfices de l’opération 13 à table, ces 5 dernières années, 5 millions de repas ont pu être distribués. Alors, n’hésitez pas : non seulement vous allez lire de magnifiques nouvelles rédigées par des auteurs de talent, mais pour tout livre acheté vous offrirez 4 repas. Un bonheur quintuplé.

Auteurs ayant écrit une nouvelle pour le recueil Treize à table édition 2019 : Philippe BESSON • Françoise BOURDIN • Michel BUSSI • Adeline DIEUDONNÉ • François d’EPENOUX • Éric GIACOMETTI • Karine GIEBEL • Philippe JAENADA • Yasmina KHADRA • Alexandra LAPIERRE • Agnès MARTIN-LUGAND • Nicolas MATHIEU • Véronique OVALDÉ • Camille PASCAL • Romain PUÉRTOLAS • Jacques RAVENNE • Leïla SLIMANI

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©Karine Fléjo photographie

N’hésitez pas, n’hésitez plus! Achetez-le, offrez-le, faites-en un cadeau de Noël qui ait du sens !

Devenez narcissique et sauvez votre peau! Fabrice Midal

 

devenez narcissique et sauvez votre peau Fabrice Midal

©Karine Fléjo photographie

C’est un ouvrage passionnant, édifiant et très clair, que nous propose Fabrice Midal. Être narcissique n’est pas être orgueilleux ni égoïste, mais avoir pris le temps de faire connaissance avec soi et de s’aimer tel que l’on est. Un pré-requis indispensable pour des relations authentiques avec les autres.

Apprendre à se connaître

Bien souvent nous nous méconnaissons. Nous ignorons nos compétences, nos dons, notre richesse, notre beauté. Et ne nous résumons qu’à nos défauts. Pourquoi ? Car nous n’avons jamais appris à nous regarder. Se regarder est en effet mal perçu dans notre société et assimilé à tort à de l’orgueil, de la vanité, du nombrilisme. Or apprendre à nous connaître, à cerner nos qualités, nos défauts, nos besoins, nos envies, nos limites, nos compétences,  nos forces et nos faiblesses, est essentiel. « Il n’est pas de plus grande violence envers soi-même que de se croire ou de se prétendre pauvre (de qualités, de valeur, de talents…), alors que nous sommes riches« , me disait récemment un maître tibétain. Quand Fabrice Midal propose de revisiter le mythe de Narcisse, il entend ici nous inviter à mieux nous regarder, à faire connaissance avec nous-même, à nous respecter.

Narcissisme n’est pas nombrilisme

Narcissisme n’est pas ici nombrilisme. L’idée n’est pas de se considérer le plus intelligent, le plus beau, le plus méritant et de cumuler les superlatifs vaniteux à notre égard. Non, il s’agit de connaître et de reconnaître ce que nous sommes, de l’accepter et de le respecter, dans notre singularité. Car chaque être est aimable au sens digne d’être aimé.

Sans nous rendre compte, nous nous persécutons parfois à longueur de temps : à la première erreur commise, nous nous traitons de nul ; au premier oubli nous nous traitons d’imbécile ; on est fatigué et on rechigne à faire le repassage, on se traite de flemmard, etc. Combien de fois par jour, sans nous rendre compte, nous fustigeons-nous, nous rabaissons-nous, nous flagellons-nous pour ce que nous faisons ou ce que nous sommes ? Certes, nous sommes imparfaits. Certes nous commettons des erreurs. Mais nous ne sommes pas des dieux, juste des humains ! Soyons donc plus tolérants avec nous-mêmes, acceptons nos imperfections sans nous considérer comme le dernier des nuls et aimons-nous malgré ces faiblesses ! Prenons soin de nous¸ respectons-nous, chérissons-nous, comme nous le ferions de notre enfant.

Des relations authentiques avec les autres

Le cas échéant, à force de nous rabaisser, de ne pas nous respecter, nous laissons les autres nous malmener, nous manquer de respect, convaincus que nous ne méritons pas mieux. Cette prise de conscience est donc impérative pour mieux vivre.

S’aimer, c’est donc se dire entièrement oui. S’accepter tel que l’on est, pas juste aimer certaines facettes de soi (le physique, le statut social, …), avec ses richesses et ses défauts. Car ces défauts font partie de notre humanité. Et ne nous rendent pas indignes d’amour.

Se connaître, connaître ses besoins, ses limites, ses envies, permet d’être en paix avec soi et de se connecter en toute vérité aux autres, en étant authentique, sans se sacrifier ni se rabaisser. Alors, prêts à vous faire ce merveilleux cadeau?

lire en soi

Apprendre à lire en soi comme dans un livre ouvert…

Il n’est jamais plus tard que minuit, Isabelle Never

Il n'est jamais plus tard que minuit Isabelle Never

©Karine Fléjo photographie

Elle a perdu son mari et ses deux filles dans un accident d’avion en Birmanie. La reconstruction lumineuse d’une femme qui a perdu tous ses repères : une femme sans homme, une mère sans ses enfants, une parisienne en Asie. L’histoire touchante d’une résilience matinée de sagesse orientale.

Tout perdre et tout reconstruire

Le sol s’est ouvert sous ses pieds quand le ciel lui a volé ses deux filles et son mari dans un accident d’avion. Eux qui vivaient si heureux, si insouciants en Birmanie et croyaient avoir la vie devant eux. Mais la narratrice se retrouve aujourd’hui seule, avec le sentiment que sa vie est derrière elle.

« Chaque jour qui passait était une sorte de choix. Cette existence que je ne désirais plus me retenait, ou je m’y accrochais malgré moi. Comment trouvais-je la force de vivre tout en souhaitant à chaque instant que tout s’arrête ? »

Paris la déprime, lui fait ressentir par sa grisaille et sa pluie l’absence des êtres chers. Elle décide alors de prendre un aller simple pour Rangoun, là où ils vécurent si heureux. Au fil des rencontres avec des amis et inconnus birmans, elle découvre une autre conception de la vie et de la mort, de la solitude, de la douleur. Une forme de sagesse.

« Toutes les épreuves ont un sens, si on les regarde sous le bon angle. »

Au fil des semaines, la narratrice apprend à traverser la vie, à ne pas entrer en résistance avec les difficultés, les douleurs et le chagrin rencontrés. Elle se reconnecte progressivement avec elle, ses besoins, son essentiel.

« Seule. Je le suis. Seule, c’est à moi qu’il revient de décider ce que sera ma vie. Pas me résigner, juste apprendre à accepter. Pas perdre l’espoir, mais gagner la sagesse. »

 

Le voyage est une fuite et une quête

Ce roman ne doit pas effrayer par son sujet. Certes, la perte des siens est une terrible épreuve, la plus terrible même, mais ce roman porte essentiellement sur la renaissance à la vie, la renaissance à une forme de sagesse. C’est donc un roman d’espoir, de reprise en mains des rênes de sa vie. Si le voyage de la narratrice était au tout début une fuite, fuite de la douleur, fuite de la solitude, fuite des souvenirs, il devient une quête : quête de sérénité, quête de sagesse, quête d’une meilleure connaissance de soi. Un regard très intéressant d’Isabelle Never, sur la culture birmane, culture qu’elle connaît bien car son travail dans l’humanitaire l’a conduite à vivre plusieurs années en Birmanie et actuellement au Laos. Comme le dit ce proverbe birman : «  Il n’est jamais plus tard que minuit », car après minuit, commence un nouveau jour.

Un roman très touchant, très profond, une écriture sensible et très vivante. Et une immersion passionnante dans la culture et la sagesse orientales.

Filles de la mer, Mary Lynn Bracht

filles de la mer Mary Lynn Bracht Pocket

©Karine Fléjo photographie

Un roman magnifique, bouleversant, inspiré de faits historiques réels : le sort des « femmes de réconfort », ces jeunes femmes raflées par l’armée impériale japonaise pour servir d’esclaves sexuelles en Corée, Chine et Asie du sud-est pendant la guerre d’Asie-Pacifique. Un hommage à ces femmes aux vies volées. Un devoir de mémoire.

L’esclavage sexuel pendant la guerre d’Asie-Pacifique

Nous sommes en 1943 en Corée, sous l’occupation japonaise. Dans cette société patriarcale, Hana a la chance de jouir d’une certaine indépendance. En effet, comme sa mère, Hana est une haenyeo de l’île de Jeju, autrement dit une plongeuse. Avec un simple masque, sans oxygène, elle plonge dans les profondeurs marines en quête de fruits de mer, oursins et ormeaux. De quoi assurer sa subsistance. Sa sœur Emi, plus jeune qu’elle, n’a pas encore été initiée à cette discipline et l’attend lors de ces plongées sur le rivage.

Mais un jour, Hana aperçoit un soldat japonais qui avance dangereusement vers l’endroit de la plage où joue Emi. N’écoutant que son courage, elle nage le plus rapidement possible vers Emi et la cache sous un piton rocheux. Si Emi est épargnée, le soldat aperçoit hélas Hana et l’embarque avec lui.

C’est alors le début pour Hana d’une vie d’une extrême violence, celle réservée aux « femmes de réconfort », ces esclaves sexuelles des soldats japonais. Installée dans un bordel de réconfort, battue et violée au quotidien, l’espoir de retrouver sa famille après la guerre la tient cependant en vie. Mais survivra-t-elle jusque-là ?

En parallèle, nous suivons Emi, soixante-ans plus tard, en 2011. De son enfance elle ne parle guère à ses enfants. Mais n’oublie pas, écrasée de culpabilité que sa sœur se soit sacrifiée pour lui sauver la vie. Qu’est devenue Hana ? Est-elle toujours en vie ? Tous les ans, elle se rend aux manifestations organisées pour réclamer la justice et la reconnaissance par le gouvernement japonais de ce crime de guerre commis sur des milliers de femmes, dont Hana. Dans la foule, elle scrute chaque visage dans l’espoir d’y reconnaître sa sœur. Finiront-elles par se retrouver ? Emi trouvera-t-elle enfin la paix de l’âme ?

Un devoir de mémoire

C’est une épopée romanesque d’une intensité émotionnelle rare que nous offre Mary Lynn Bracht dans ce premier roman. Un roman envoûtant, bouleversant, qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page, sensible au sort de ces femmes magnifiques de courage et d’humanité. Désireux de voler à leur secours.

Un très bel hommage à ces femmes dont le gouvernement japonais, jusqu’au début des années 2010, a nié l’existence et auxquelles, jusque 2015, il avait donc refusé la moindre réparation. Ce sont ainsi plusieurs dizaines de milliers de femmes qui ont été raflées pour satisfaire les besoins sexuels des soldats de l’armée impériale japonaise entre 1931 et 1945. Des femmes détruites physiquement et psychologiquement, qui, pour les survivantes, n’ont pas trouvé de réconfort ni d’apaisement après la guerre. Trop d’humiliation pour leurs familles patriarcales, trop de tabous autour de la chasteté et du viol, elles ont été contraintes de se taire ou de s’enfuir loin des leurs. Par honte. Par incompréhension. Maltraitées une seconde fois dans leur jeune vie. Seule une quarantaine d’entre elles vivent encore…

Le roman de Mary Lynn Bracht est donc essentiel. Pour faire connaître ce pan de l’Histoire. Pour ne pas oublier. Et éviter à cet horrible passé de se répéter.

A lire ABSOLUMENT !

Les dix vœux d’Alfréd, Maude Mihami

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©Karine Fléjo photographie

Une relation magnifique entre un grand-père et son petit-fils

Alfréd, ne pas oublier l’accent, est un petit garçon âgé de neuf ans qui vit dans le village de Camboudin en Bretagne, avec sa mère Agnès et son grand-père Alfred. Un grand-père dont il partage le prénom, l’accent en moins, et le jour de naissance. Ainsi et surtout que des trésors d’affection.

C’est d’ailleurs à son vénérable papi qu’Alfréd se confie. Pour ses dix ans, il a un grand projet : parvenir à exaucer dix vœux qui lui sont chers, afin de devenir quelqu’un de bien. Il a d’ailleurs rédigé une liste à cet effet, un peu comme une lettre au père Noël. Et d’évoquer avec son papi certains de ces vœux, comme rencontrer un vrai cow-boy, boire un verre de la boisson locale « la trouspignôle », chanter seul sur scène à la fête de l’école, conduire un tracteur ou encore rencontrer un écrivain. Il y a aussi des vœux plus intimes, qu’il tient à garder secrets. Pour le moment. Parmi ces derniers, celui de passer une journée complice avec sa maman.

Car sa maman n’est pas comme les autres. Elle a l’alcool dans le sang, surtout depuis qu’elle a perdu sa propre mère, et que le père de l’enfant l’a quittée. Elle fume comme un pompier, râle tout le temps et ne quitte pas sa bouteille. Alors de là à être en mesure de s’occuper correctement de son fils… heureusement, Alfréd peut compter sur son papi et sur les habitants du village pour l’entourer. Mais sa maman ne lui manque pas moins.

Enfin, son dernier vœu s’adresse à son grand-père. Ce vieil homme bourru au grand-cœur se laissera-t-il attendrir par la surprise que son petit-fils lui réserve ?

Un roman empli de tendresse

Les dix vœux d’Alfred est un roman aux personnages cocasses, tous attachants à leur manière, avec des caractères et des personnalités bien marquées. Mais surtout, c’est un roman empli de tendresse, d’affection. Celui d’êtres cabossés par la vie, parfois rudes en apparence, mais avec un cœur gros comme un océan. On suit la quête du petit garçon avec émotion, ses déceptions et ses joies, en espérant que ses dix vœux seront exaucés.

Le seul petit bémol de ce livre est pour moi non le fond, car l’histoire est très belle, mais la forme. Je ne suis pas très fan de ce genre d’écriture avec un langage très familier, voire le recours à l’argot breton, même si certes cela entre dans le contexte de ce petit village. Une lecture agréable, donc, mais qui ne m’a pas totalement séduite.