Réponds-moi, Mélanie Taquet

Réponds-moi, Mélanie Taquet
©Karine Fléjo photographie

Réponds-moi explore cette frontière ténue, aux contours non immuables, qui sépare l’amitié de l’amour. Un roman dont la lecture est addictive!

Amitié ou amour ?

Florence et Nicolas se sont follement aimés tandis qu’ils étaient jeunes adultes. Et contre toute attente, sans aucune explication si ce n’est un au revoir griffonné au dos d’une serviette en papier, un jour Florence a mis fin à leur relation. Même si l’ego de Nicolas en avait pris un coup, il s’était relevé de sa blessure. Chacun avait alors continué sa route de son côté.

Jusqu’à ce que leurs chemins se recroisent par hasard à Montpellier des années plus tard, alors que Florence s’apprête à se marier. L’occasion, pour nos deux ex-tourtereaux, de prolonger ces quelques minutes où ils se sont vus, par des échanges sur le net, histoire de prendre des nouvelles l’un de l’autre. Du moins tentent-ils de s’en convaincre. Mais est-il si simple de fermer la porte à des sentiments quand ils ont été aussi forts et partagés? Chacun a t-il vraiment verrouillé son cœur ou le verrou peut-il encore sauter sous l’attrait des confidences et des échanges? Nicolas saura t-il enfin pourquoi Florence l’a quitté?

Amitié, amitié amoureuse ou amour? La nature de leur relation, qui leur semblait pourtant claire, pourrait ne pas être figée…

Un journal intime partagé

La première chose qui vient à l’esprit, le livre terminé, c’est qu’il a été impossible de le lâcher tant Mélanie Taquet a su dès les toutes premières pages capturer l’attention du lecteur, lui rendre ses personnages familiers, attachants, et maintenir la tension narrative jusqu’à la dernière ligne. Grâce à ce journal intime partagé, on s’aperçoit combien entre amitié et amour, les frontières ne sont pas toujours aussi clairement définies ni définitives qu’on ne le pense. Une porosité que Mélanie Taquet explore ici avec finesse. Mais pas seulement.

Car si nos deux protagonistes jouent avec le feu et l’ambivalence des sentiments, Mélanie Taquet profite de ce roman pour aborder aussi un autre thème : le désir d’enfant, ou peut-être même davantage : le non-désir d’enfant. Dans notre société, le désir d’enfant est perçu comme devant aller de soi, surtout pour une femme. Le cas échéant, cette personne est pointée du doigt, jugée comme ayant un « problème », comme menant une vie dénuée de sens. Comme si les femmes étaient nées pour être des génitrices. Et les hommes des géniteurs. Or :

« On n’est pas obligé de se reproduire pour avoir un sentiment d’accomplissement dans la vie. »

De même que les sentiments entre deux êtres peuvent évoluer, la position par rapport à la parentalité peut-elle varier avec le temps ? Le désir d’enfant peut-il surgir sur le tard? Ou la parentalité faire naître des regrets? Un roman qui se lit d’une traite.

Citation du jour

Les seules personnes qui s’offusqueront des limites que tu établiras sont celles qui ne pourront plus profiter de toi. N’oublie jamais que, dire « non » à quelque chose ou à quelqu’un, c’est se dire « oui » à soi-même.

Maud Ankaoua, Respire (Editions Eyrolles)

Respire! de Maud Ankaoua

©Karine Fléjo photographie

N’en fais pas une affaire personnelle, Paula Marchioni

N'en fais pas une affaire personnelle
©Karine Fléjo photographie

Une histoire féroce dans les coulisses du monde du travail. Ou quand une femme cadre sup s’arroge tous les pouvoirs, y compris celui de détruire les autres.

Pression inhumaine en entreprise

Bobette a succédé à la Rousse au poste de boss au sein de l’agence de pub spécialisée en cosmétique. Un challenge qui sied à son tempérament de battante, celle d’une femme qui toute sa carrière s’est imposée pour occuper des postes de direction au même titre que les hommes.

Mais quand elle intègre l’agence, elle constate que les arrêts maladie et burn-outs sont légion. Et très vite Bobette identifie le problème : l’unique et tyrannique grosse cliente de l’agence, nommée Super Power. Une éternelle agitée qui noie le personnel de l’agence sous des mails, appels et SMS, sept jours sur sept. Et de leur hurler des ordres du matin au soir, de les malmener, de les rabaisser, de les humilier, sans jamais aucune remise en question de sa part. Sans aucune cohérence dans ses ordres et requêtes. Dès lors, les employés sont dans un état de stress et d’épuisement émotionnel, physique et mental extrêmes. Impossible de satisfaire Super Power, aussi investi soit le personnel de l’agence, tant ils se heurtent aux injonctions contradictoires de cette dernière.

Heureusement, Bobette peut compter sur le soutien affectif et les conseils de son compagnon Nounours, sur son psy et sur sa coach privée, ainsi que sur les respirations salvatrices que sont pour elle ces ateliers d’écriture.

Mais comment tenir face au rouleau compresseur Super Power, face à sa folie destructrice?

La férocité du monde du travail

Paula Marchioni a fait carrière dans la communication avant de s’élancer dans l’écriture. Le monde de l’entreprise, ses codes, ses pressions, ses défaillances, ses priorités données au profit au mépris de l’humain, elle les connait bien et s’en est inspirée pour écrire ce roman. S’il est de bon ton de revendiquer l’épanouissement et le bonheur au travail, ces valeurs éthiques ne sont bien souvent qu’un rideau de fumée. Dans la réalité du monde de l’entreprise, la quête de profits toujours plus grands est de rigueur, doive-t-elle se faire en exigeant du personnel une disponibilité et une joignabilité de chaque instant, en rognant sur leur salaire et sur leurs nuits. Et en les remerciant par un licenciement du jour au lendemain quand on n’a plus besoin d’eux.

Un livre qui, bien que fictionnel, parlera à beaucoup, confrontés à l’impitoyabilité du monde du travail. Et leur donnera peut-être des clés, voire les aidera à se sentir moins seuls.

Informations pratiques

N’en fais pas une affaire personnelle, Paula Marchioni – éditions Eyrolles, juin 2020 – 325 pages – 16€

Mon année Instagram, 365 idées photos (Eyrolles éditions)

Mon année Instagram, éditions Eyrolles

©Karine Fléjo photographie

Vous êtes instagrammer(euse) ou photographe et manquez d’inspiration ? Alors ce guide est fait pour vous !

Présentation du guide

Vous avez un compte Instagram et souhaitez le booster ? Vous voudriez alimenter votre compte mais peinez à trouver des idées ? Ou tout simplement, vous aimez la photographie mais êtes parfois en panne d’inspiration ? Alors ce guide peut vous aider à trouver des sujets. Il se décline en 52 thèmes à explorer : Architecture, Motifs, Ombres, Coucher de soleil, Sur le vif, Minimalisme, Rétro et autres problématiques très variées.

Ainsi, le 9 de chaque mois, pourquoi ne partageriez-vous pas les neuf meilleurs moments du mois écoulé en assemblant vos photos par thématique ou en fonction de leurs couleurs ? Il existe des applications gratuites pour faire des montages photos très esthétiques.

Ou encore, pourquoi ne pas détourner le traditionnel selfie ou portrait en remplaçant le visage avec quelque chose d’inattendu (pochette vinyle, livre, dessin…) ?

Pour chaque thème à explorer, le guide vous propose quatre hashtags pertinents, pour apparaître dans les fils de recherches sur l’application et ainsi augmenter le nombre de visites sur votre compte. A vous de jouer !

Ce que le guide vous apporte

  • Des idées de sujet à exploiter en photographie.
  • Des défis photographiques à relever chaque jour de l’année.
  • Des hashtags pertinents.
  • Des conseils de mises en scène et de compositions.

Ce que le guide ne vous apporte pas

  • Si votre compte Instagram est déjà défini par un thème particulier unique (cuisine, voyages, livres, mode…), alors vous ne trouverez pas vraiment comment exploiter votre thème. Ce guide ne vous offre pas beaucoup d’idées de mises en scène au sein d’un unique thème. Il explore davantage la diversité des thèmes que l’exploration approfondie d’un thème.
  • Si vous vous contentez des quatre hashtags proposés pour chaque thème, la liste sera insuffisante pour vraiment booster le nombre de visites sur votre compte. Disons que les idées de hashtags fournies sont des compléments utiles à votre propre liste de hashtags mais restent insuffisantes en elles-mêmes.

Ce guide s’adresse donc essentiellement aux personnes qui n’ont pas de profil Instagram avec un thème unique et qui cherchent des idées au quotidien pour diversifier leurs thèmes, leurs sujets.

Informations pratiques

Mon année Instagram, collectif, éditions Eyrolles, septembre 2019 – 368 pages illustrées – 14,90€

Respire ! Maud Ankaoua

Respire! de Maud Ankaoua

©Karine Fléjo photographie

Après avoir atteint les sommets avec son premier roman « Kilomètre zéro », Maud Ankaoua nous offre une bouffée d’oxygène salvatrice avec son nouveau livre « Respire ! » Un roman lumineux, inspirant, édifiant et viscéralement humain. Un roman à son image.

Et si tout obstacle avait sa raison d’être ?

Malo est un brillant jeune homme. A moins de 30 ans, son parcours est déjà hallucinant et les éloges à son endroit dans la presse financière unanimes. Quand l’entreprise XSoftware, implantée en Thaïlande, rencontre des difficultés majeures, Malo apparaît donc comme l’homme providentiel. Et de lui demander de mettre ses compétences au service du redressement de XSoftware.

Alors qu’il arrive en Thaïlande pour relever ce défi, Malo passe une visite médicale d’expatrié. Une simple formalité qui tourne cependant au drame, quand il entend le médecin évoquer avec sa collègue des résultats alarmants : ses jours seraient comptés… C’est la sidération.

Alors que le sol s’ouvre sous ses pieds, qu’il envisage le pire enfermé dans son bureau, une vieille femme de ménage de Xsoftware, à la sagesse et à la bienveillance infinies, frappe à la porte. Elle lui fait une proposition étrange : s’il accepte de lui donner trente jours de sa vie, elle promet de l’aider à changer le cours de son existence. Considérant qu’il n’a plus rien à perdre, fasciné par le magnétisme et la lumière qui émanent de cette femme, Malo accepte.

A-t-il eu raison de lui faire confiance ? Est-il possible de sortir grandi des épreuves ? Et si Malo parvenait à changer de regard, à voir dans la difficulté une opportunité à terme et non juste une souffrance présente ? Et si, plus largement, chaque épreuve dans notre vie avait pour dessein de nous permettre de nous accomplir ?

Un roman aussi touchant qu’éminemment inspirant

Si comme moi vous aviez lu Kilomètre zéro, alors peut-être vous demandez-vous comment Respire ! va pouvoir rivaliser, tant Maud Ankaoua avait mis la barre haute.

Et pourtant si.

Et pourtant c’est aussi bien.

Et peut-être même mieux encore.

Car dans ce roman de développement personnel, l’auteure réussit une nouvelle fois le tour de force de nous offrir une vraie et merveilleuse histoire, des personnages viscéralement humains et indiciblement attachants, une intrigue riche en rebondissements, une construction sans failles, et ce, sans jamais occulter la dimension de développement personnel. Au fil des pages, Maud Ankaoua partage ses connaissances, ses expériences, invite à réfléchir, éclaire nos zones d’ombre. Autrement dit, le lecteur voyage, se divertit, s’émeut, réfléchit et s’instruit à la fois. Par cette lecture, l’auteure ouvre notre regard, nous interpelle. Et nous insuffle sa formidable énergie et son non moins formidable optimisme.

C’est plus qu’une respiration que nous procure Maud Ankaoua. Avec Respire !, elle nous offre un oxygène salvateur, nous invite à interroger ces croyances que nous érigeons en vérités : oui, il est possible de réécrire son passé; oui il est possible de tirer de chaque expérience difficile le meilleur. Mieux : toute difficulté sur notre route a sa raison d’être, vise à nous inciter au dépassement et donc à accéder au meilleur de nous-mêmes. Autrement dit, le plan se révèle être toujours parfait !

Et le vôtre le sera encore plus si vous lisez ce livre 😊

Un roman à lire, relire, offrir ❤

Pas besoin d’être un super héros pour réaliser mes rêves, Marilyse Trécourt

Pas besoin d'être un super-héros pour réaliser mes rêves, Marilyse Trécourt

©Karine Fléjo photographie

Un livre de développement personnel truffé d’outils pratiques, d’exemples inspirants, pour oser sortir de sa zone de confort et concrétiser ses rêves. Et pas besoin d’être un super-héros, c’est à la portée de chacun !

Dépasser ses croyances limitantes et développer sa confiance en soi

Nous avons tous des rêves, que ce soit concernant notre vie professionnelle, notre vie amicale ou amoureuse. Mais parmi nous, il y a ceux qui se contentent de rêver et ceux qui décident de concrétiser leurs rêves. Si vous ne voulez pas continuer à rêver votre vie et désirez vivre vos rêves, alors ce livre est fait pour vous. Que votre rêve soit petit ou grand, singulier ou commun, unique ou pluriel.

L’ouvrage est une forme de pérégrination ayant pour destination finale une vie conforme à vos besoins et aspirations. Un chemin qui se déroule en trois étapes : faire le point sur vos besoins et vos rêves, vous créer une nouvelle vie, et enfin, vous lancer. A chaque étape, les bonnes questions à se poser, des réflexions à mener, des conseils, des cartes défis et un témoignage inspirant. Tout une mallette d’outils issus de la pensée positive, de la projection, de la méditation, outils qui vont vous aider à lâcher-prise, à reprendre confiance en vous, à mobiliser votre énergie et vos ressources en tous genres pour oser le changement. Avouez qu’il serait dommage de passer à côté de votre vie et de rester la marionnette de vos peurs, non?

Un « livre-coach » pour avancer pas à pas

Marilyse Trécourt sait de quoi elle parle. Il y a une dizaine d’années, sa vie n’était pas pleinement satisfaisante. Mais pour autant, elle avait peur de faire le grand saut, se contentait d’admirer avec envie ceux qui eux, osaient. Jusqu’au jour où son sentiment d’insatisfaction est devenu plus pénible à supporter que la peur que le changement lui inspirait. Alors elle a osé quitter sa zone de confort et suivre une voie plus conforme à ses désirs, à ses besoins. Et ses résultats parlent pour elle : auteure à succès, elle a publié par moins de 8 livres en six ans.

Ce sont les fruits de ce parcours, de cet essai transformé avec brio, qu’elle partage ici avec les lecteurs. Il ne s’agit pas de théories recensées dans un énième livre de développement personnel, mais de conseils et d’exercices tirés de l’expérience de l’auteur,  d’outils testés et approuvés par elle. Un parcours de vie inspirant, à l’image de son livre. Pas besoin d’être un super-héros pour réaliser mes rêves est un ouvrage complet : vous y trouverez des exercices à effectuer pas à pas, douze méditations guidées, des témoignages, des cartes défis en fin d’ouvrage. Alors, prêts pour commencer l’année 2020 sous les meilleurs auspices? Souvenez-vous : nul besoin d’être un super-héros, vous n’avez aucune excuse pour ne pas essayer!

Informations pratiques

Pas besoin d’être un super-héros pour réaliser mes rêves, Marilyse Trécourt – Editions Eyrolles, novembre 2019 – 175 pages – 14,90€

Citation du jour

On peut douter de tout, sauf de soi. Vous faites de votre mieux, toujours, j’en suis convaincue. Nous faisons tous de notre mieux, mais cela ne nous rend ni parfaits, ni infaillibles. Nos erreurs, nous les avons commises avec les informations dont nous disposions à ce moment-là, avec l’intention de réussir. Ce n’est qu’après coup que nous constatons qu’une meilleure solution était possible. C’est ce qui s’appelle l’apprentissage de la vie. Nous apprenons tous de nos erreurs, de nos difficultés. Mais si vous doutez de vous, vous vous rendrez responsable de l’échec d’une situation quand ce n’est pas forcément le cas.

Marilyse Trécourt – Une vie plus belle que mes rêves (éditions Eyrolles)

une vie plus belle que mes rêves Marilyse Trécourt

©Karine Fléjo photographie

 

Égarer la tristesse, Marion McGuinness

égarer la tristesse Marion McGuinness

©Karine Fléjo photographie

Le simple titre est de toute beauté. Un premier roman extrêmement touchant, envoûtant, sur deux solitudes qui se rencontrent et s’apprivoisent. Parce qu’il vient toujours un moment où il devient possible d’égarer sa tristesse et de ne plus s’égarer en elle.

Se reconstruire après une épreuve

Elise, la trentaine, vit repliée sur elle-même depuis le décès de son mari alors qu’elle attendait leur premier enfant. Victime d’un anévrisme, la disparition de ce dernier a fait voler en éclat leur bonheur, leurs projets. Elise se retrouve avec un bébé à élever seule, contrainte à tenir debout pour ce petit être qui fait ses premiers pas dans la vie. Tenir debout est une chose, mais sourire, espérer, vivre et non survivre, est au-dessus de ses forces. Croiser des gens qui sourient tandis qu’elle n’est que géhenne lui est cruel.

Témoin de son naufrage, une vieille dame prénommée Manou, voisine d’Elise, l’exhorte à réagir, à ne plus perdre un jour de plus : « Je t’ai laissé un an pour pleurer. Maintenant, je te demande de vivre. »

Et de lui faire une proposition inattendue : elle lui remet le trousseau de clés de sa maison de Pornic et lui propose d’aller y séjourner le temps qu’il faudra avec son enfant, pour se ressourcer. Pour délocaliser sa tristesse. Elise finit par accepter, plus pour fuir sa mère envahissante que par réelle envie d’aller au bord de la mer.

Alors qu’elle commence à mieux dormir, à souffler un peu dans ces lieux où rien ne lui rappelle son défunt mari, Clément, le petit-fils de Manou, débarque dans la maison de Pornic pour y faire des réparations. Un jeune homme dont le sourire permanent agresse Elise, lui renvoyant sans cesse ce dont elle n’est plus capable : être heureuse.

Mais derrière ce sourire, Clément est-il si heureux qu’il l’affiche ? Pourquoi Manou a-t-elle prêté sa maison à Elise alors qu’elle savait que Clément allait y séjourner aussi ? Ses intentions étaient-elles si innocentes que cela ? Deux êtres blessés et méfiants peuvent-ils s’apprivoiser ?

Un roman sensible, délicat et positif

La plume de Marion McGuinness est sensible, juste dans l’analyse de la psychologie des personnages et des situations. Au fil des pages, elle sait créer une intimité entre ses personnages et le lecteur, personnages principaux comme secondaires, de sorte que le lecteur suit leurs difficultés, leurs espoirs, leurs tentatives avec émotion et empathie. Deux êtres malmenés par la vie sont-ils plus à même de se comprendre et de s’entendre ? Ou au contraire, leur sensibilité à fleur de peau rend-elle toute approche et tout apprivoisement impossibles ? N’ayez pas peur du sujet : ce roman est tout sauf sombre. C’est au contraire un roman positif, aux personnages très attachants, qui continuent à hanter l’esprit une fois la lecture terminée.

Interview : La playlist de Julien Aranda

Chaque semaine, un auteur nous livre les musiques de sa playlist, celles qui ont accompagné ses heures d’écriture, celles qui ont nourri son livre, celles qui l’ont inspiré, celles qui ensoleillent sa journée. Aujourd’hui, c’est au tour de Julien Aranda. 

En 2014, Julien Aranda nous livre un premier roman : « Le sourire du clair de lune » (City Éditions) qui a le parfum nostalgique des histoires que lui racontait son grand-père. Le livre a été traduit en anglais (2017), espagnol (2016), italien (2016) et en coréen (2017). Vous pouvez retrouver la chronique que je lui ai consacrée ici : Le sourire du clair de lune
Encouragé par ses lecteurs, conforté dans sa vocation, il publie en 2016 « La simplicité des nuages », roman plus contemporain décrivant les turpitudes d’un cadre parisien en quête de sens.

En 2018, il publie son troisième roman « Le jour où Maman m’a présenté Shakespeare » (Éditions Eyrolles) qui raconte la trajectoire enchantée d’une Maman comédienne de théâtre éprise d’absolu et de son petit garçon qui n’a d’yeux que pour elle. Un coup de coeur pour moi dont vous pouvez retrouver la présentation ici : Le jour où maman m’a présenté Shakespeare

Avec beaucoup de gentillesse, Julien Aranda s’est prêté au jeu de la playlist, nous faisant découvrir son univers musical.

La playlist de Julien Aranda : 

  • Les musiques qui m’accompagnent en ce moment :

En ce moment, j’écoute pas mal Janis Joplin et surtout sa chanson « Maybe ». En général, je suis un peu obsessionnel et j’écoute une chanson en boucle jusqu’à m’en épuiser, un peu comme quand on essore une serpillière jusqu’à la dernière goutte !

Sinon, pour parler de musique actuelle, j’aime bien l’univers de Julien Doré ou Christine and The Queens, mais en général j’écoute beaucoup de musique d’après-guerre, avec entre autres Brassens, Brel, Gréco, Trénet, etc … des chansons dans lesquelles les textes sont aussi travaillés que les musiques.

  • La musique qui pourrait illustrer mon dernier roman :

« La mauvaise réputation » de Brassens.

J’ai écrit ce livre en pensant à Georges Brassens et j’ai imaginé des personnages haut en couleurs susceptibles de lui ressembler dans son côté poétique et mélancolique.

  • La musique idéale pour écrire :

Pour écrire, j’aime beaucoup écouter de la musique classique avec beaucoup de piano (Debussy) et, d’une manière générale, des musiques sans paroles comme celle de Yann Tiersen ou Ludivico Einaudi qui recèlent une pointe de nostalgie et stimulent mon penchant mélancolique et poétique propice à l’écriture.

Bonne semaine en musique!

notes-musicales-584412.jpg

Le jour où maman m’a présenté Shakespeare, Julien Aranda : attention gros coup de coeur!

img_3356

Le jour où maman m’a présenté Shakespeare, Julien Aranda

Editions Eyrolles, mars 2018

Un roman d’une poésie, d’une tendresse et d’une fraîcheur infinies. Ou le monde vu à travers le regard lumineux et plein d’espoir d’un enfant.

Elle a embrassé la carrière de comédienne de théâtre par amour inconditionnel pour Shakespeare. Un amour tel, qu’elle a baptisé son chien Roméo et que son fils a longtemps cru que Shakespeare était ce père qu’il n’a jamais connu. Certes, cette maman passionnée, qui reste arc-boutée à ses rêves malgré la poignée de spectateurs qui vient la voir sur scène, peine à subvenir à leurs besoins. Certes, elle qui rêve de Comédie française, doit se contenter d’un petit théâtre de Meudon. Certes, le père de son enfant l’a abandonnée. Mais jamais elle ne se départit de son sourire. Mais jamais elle ne tarit d’amour et d’attentions à l’égard de son petit garçon. Et puis, à défaut d’un père, elle lui a offert une famille, celle de la joyeuse troupe de théâtre.

« Un jour, j’ai demandé à maman pourquoi on avait si peu de choses, et surtout, si peu d’argent. Il vaut mieux cultiver l’être plutôt que l’avoir m’a-t-elle répondu. »

Un point de vue que ne partage pas sa sœur Myriam, cadre dans une grande banque. Et de lui reprocher de ne pas vivre dans « la réalité des choses », d’être une éternelle adolescente, vivant au jour le jour. Et de lui intimer de chercher un travail plus sérieux.

Mais le petit garçon et sa maman n’en ont que faire de ces critiques. «  La vie est courte et l’essentiel c’est d’oser être ce que l’on est pour ne pas devenir ce que l’on hait, et surtout de toujours prendre du plaisir dans ce que l’on fait. »

Mais cette philosophie de vie est mise à rude épreuve le jour où les huissiers les expulsent de chez eux et placent le jeune garçon chez sa tante… Comment continuer à croire en ses rêves en pareilles circonstances ?

Dans ce roman, le narrateur est un enfant qui, confronté à la rudesse de la vie, découvre le monde et ses paradoxes. Si les situations traversées sont dures, jamais le roman ne verse dans le pathos, bien au contraire. D’une part, l’humour, la tendresse et la poésie offrent un recul salutaire. D’autre part, cet enfant et sa maman sont tout sauf des êtres résignés : l’espoir est leur moteur, l’amour qui les unit leur force. Un roman d’une émotion à fleur de plume, lumineux, positif, dont les personnages vous hanteront longtemps. Un ENORME coup de cœur !