Le scarabée bleu, Emmanuelle Jappert

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Le scarabée bleu, Emmanuelle Jappert

Editions Eyrolles, avril 2018

Ce roman onirique est un voyage à la rencontre de notre enfant intérieur, cette partie en chacun de nous si vulnérable, belle et forte à la fois. Un conte des mille et une nuits version développement personnel.

Aicha, 16 ans, vit dans une oasis reculée du Maroc. Elle passe peu de temps avec les jeunes de son âge, ne partage pas leurs centres d’intérêt. Sa passion et principale occupation ? La lecture. Apprendre, découvrir, voyager grâce à la littérature lui suffit. Et de décider d’aller étudier en ville pour transmettre ce savoir aux autres en devenant institutrice.

Alors que sa décision est prise, contre l’avis de son père, sortant du cadre qu’on avait tracé pour elle, un fait pour le moins étonnant se produit : un petit scarabée bleu niché au cœur d’une pivoine se met à lui parler. Cet insecte devine en elle un potentiel hors du commun et l’élit pour l’investir d’une mission qui la dépassera : aider les autres, leur apprendre à croire en eux et à faire confiance en la vie. Autrement dit : redonner l’étincelle à ceux qui l’ont perdue.

« Tu ne seras jamais seule. La plupart des habitants de cette oasis, ou d’ailleurs, sacrifient leur vérité pour faire plaisir à leur famille, à leurs amis, ou à qui sais-je encore. Pensant bien faire, ils s’éloignent d’eux-mêmes. Nous t’avons emmenée sur une voie qui te permettra de te défaire de ta prison et d’écouter ton désir ardent. »

Ce scarabée sera la voix de la sagesse, celle qui l’accompagnera et la guidera tant dans son apprentissage de la vie, que dans ses multiples voyages au-delà des palmiers de l’oasis (Marrakech, Tanger, l’Egypte). Un voyage tant intérieur que géographique.

« Ne te ferme à rien et crois que tout est possible. (…) Nourris ton corps de bons produits que la terre donne au monde, prends soin de lui comme de ton esprit. Sois en lien avec ceux qui t’entourent. »

Ce roman est un beau voyage, à la rencontre des autres, à la rencontre de soi. J’ai été un peu gênée par le caractère onirique, ce peuple des insectes doués de parole, mais ce n’est pas propre à ce roman, j’ai de la peine avec tout ce qui est onirique en général. Cela n’empêche pas ce livre de m’avoir séduite par d’autres aspects comme ces rites de passage de l’adolescence à l’âge adulte, cette quête de soi que nous n’avons jamais assez de toute une vie pour mener à bien.

 

 

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Reste aussi longtemps que tu voudras, Mélanie Taquet (Eyrolles)

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Reste aussi longtemps que tu voudras, Mélanie Taquet

Editions Eyrolles, février 2018

Sous le soleil de Florence, la vita n’est pas si dolce. Si la douceur de vivre florentine est propice aux tendres rencontres, la lumière du soleil italien éclaire aussi les parts sombres et les blessures de chacun. Brûle même parfois. Un thriller psychologique captivant, qui vous tient en otage du début à la fin.

Quand Nina quitte brusquement Paris et débarque sans prévenir dans le Bed and breakfast florentin de son amie et complice de toujours Hannah, elle espère que cette dernière ne lui posera pas trop de questions sur les raisons de son escapade. Car aussi proches soient-elles, elle se sent incapable d’en parler. Trop de honte. Trop de douleur.

« Personne ne devait savoir, car personne ne pourrait jamais comprendre. Son secret, qui la hantait depuis son arrivée à Florence, elle devait l’enfouir en elle. Profondément. De manière à ce que personne ne puisse le découvrir, le lui voler. De manière à ce qu’elle puisse continuer et vivre. »

De fait, Hannah, préoccupée par les relations tendues avec sa belle-mère et par sa difficulté à devenir mère, ne pousse pas très loin la curiosité. Et accepte de l’héberger le temps qu’il faudra contre quelques menus travaux.

Mais un appel reçu par Hannah va mettre en partie à jour le secret de Nina. C’est la stupeur. Et l’incompréhension entre les deux amies. Hannah est furieuse. Nina accuse le coup. Mais au sein de ce bed and breakfast, Nina est-elle la seule à détenir un secret ? Qu’en est-il de Michele, le mari d’Hannah, qui n’évoque jamais son frère jumeau ? Pourquoi Paola, la belle-mère, se montre-t-elle si protectrice envers son fils, quitte à égratigner sa belle-fille ? Et le tendre Marco, résident permanent de l’établissement, pourquoi éprouve-t-il tant de peine à retourner dans sa famille ? Sous le soleil florentin, les parts d’ombre s’éclairent, révélant les blessures de chacun, mettant leur âme à nu.

C’est avec beaucoup de finesse dans l’analyse psychologique des personnages, beaucoup de sensibilité, que Mélanie Taquet nous entraine en Italie dans leur sillage. Des êtres attachants, blessés mais combattifs, viscéralement humains. Des êtres qui sont tous concernés de près ou de loin par la place de leur mère et/ou le fait de devenir elles-mêmes une mère. Un voyage au cœur de leur histoire, au cœur d’une Italie ensoleillée à l’accent chantant malgré les blessures. Un roman dont l’intrigue, brillamment menée, vous tiendra en haleine du début à la fin.

 

 

La Kar’Interview de Patrice Lepage (suite) : « Lorsque nous sommes à l’écoute de notre intériorité, plus calme et plus lucide, il est plus difficile de se mentir à soi-même »

En octobre dernier, est paru aux éditions Eyrolles le nouveau livre de Patrice Lepage : La métamorphose de Raphaël. Ce livre fut pour moi un tel coup de cœur, que je me suis tournée vers l’auteur, désireuse qu’il nous en parle plus longuement. Ce qu’il a accepté avec beaucoup de gentillesse . Je vous en livrais le premier volet hier. Je vous présente aujourd’hui la suite de la Kar’Interview ! 🙂

Karine Fléjo : Pour savoir ce qui est bon pour soi, pour déterminer quelle voie suivre en accord avec ses aspirations et ses valeurs, il faut tout d’abord se reconnecter à soi. Est-ce que la méditation et l’immersion en pleine nature, auxquelles Raphael a recours, sont les moyens privilégiés pour se trouver, pour distinguer l’essentiel du superflu pour soi?

Patrice Lepage : Certainement et je vais y revenir.

Mais plus encore je crois que c’est au quotidien que les choses se construisent. Moi, j’éprouve un besoin impérieux de trouver des sources de joie dans mon quotidien et dans ce qu’il a de plus banal. Il me semble aussi que la première chose que nous pouvons faire est de repérer ou de construire de tout petits moments de pause que nous pouvons mettre au service d’une prise de contact intérieur. De tout petits moments pour s’envoyer un signal, un message bienveillant «  ça va ?… je suis là…, prends soin de toi… relève la tête…, respire… etc. ». Chaque jour, développer notre attention et notre présence, là, ici et maintenant ! C’est en faisant cela que nous allons éviter de construire des bulles dans lesquelles nous nous coupons peu à peu, de nous-mêmes et des autres.

Bien sur une méditation quotidienne est une formidable manière de s’apaiser et de se recentrer.  D’autant plus que chacun peut adapter une forme de méditation qui lui convienne, c’est ce que j’ai fait moi-même, après avoir travaillé avec d’autres… Mais le problème, c’est que précisément, c’est lorsque nous en avons le plus besoin que nous oublions ce qui peut nous fait du bien. Dès que cela va mieux, nous avons tendance à ne plus faire cet exercice très simple de pause salutaire… On nous apprend à nous laver les dents quotidiennement, pas à nous recentrer intérieurement. La méditation, beaucoup de gens en parlent, peu la pratiquent, cela devrait faire partie des apprentissages fondamentaux de tout humain.

Quant au lien avec la nature, en ce qui me concerne, l’effet est immédiat. Dès que je commence à repérer des signes d’asphyxie intérieure, je me remets en contact avec le moindre brin d’herbe entre deux plaques de béton et aussitôt je me sens partie prenante d’un tout qui me dépasse et qui m’accepte, tel que je suis. Même à 300 à l’heure dans un TGV, je réussi à me relier à ce qui m’entoure, je vois des chevreuils, des lièvres, de beaux arbres des oiseaux… Le contact avec la nature me console de tout et me ramène en moi-même, dans ma vérité intérieure.

Lorsque nous sommes à l’écoute de notre intériorité, plus calme et plus lucide, il est plus difficile de se mentir à soi-même, alors nous pouvons faire des choix plus personnels et les assumer pleinement.

KF : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à quelqu’un qui ne se sent plus en phase avec sa vie (professionnelle, sentimentale, amicale, . . . ) et qui  souhaiterait se réaliser?

PL : Je me garderai de donner des conseils, chacun détient seul les clés de son alchimie intérieure.

Je suis convaincu que bien souvent nous savons intérieurement ce qui nous convient, mais que notre esprit est encombré par des tas de choses sans importance, un bruit de fond qui vient masquer nos peurs et nous empêche de voir clair et de tracer notre route.

Changer vraiment, cela fait peur, pour des tas de raisons que nous avons évoquées tout à l’heure. Et il ne faut pas négliger le fait que ce changement peut aussi effrayer ceux qui nous entourent et qui se demandent quel impact cela pourrait avoir sur eux…

Alors faisons le calme en nous, trouvons un peu de paix intérieure, ne serait-ce que quelques minutes dans une journée, interrogeons-nous tranquillement sur ce qui semble ne pas aller, sans attendre de réponse immédiate. Soyons patients mais déterminés à écouter, et souvent, à un moment inattendu, les réponses qui sont en nous remontent à la surface de notre conscience.

Je vois que mon roman se trouve souvent dans les rayons « développement personnel ». Même si je veux rappeler que « La métamorphose de Raphaël » est avant tout un roman et rien d’autre, je suis heureux, grâce à cela, de croiser la route de beaucoup de personnes qui viennent chercher dans ces rayons de l’aide pour avancer sur leur route intérieure. Mais je voudrais aussi dire que si nous avons besoin de nous développer intérieurement, ce n’est pas pour devenir d’égotiques nombrilistes qui chercheraient à se tenir au-dessus de la mêlée. Nous avons besoin de nous développer nous–mêmes parce que c’est seulement à partir de là que nous devenons capables de nous relier aux autres, de les voir, de les reconnaître et d’élever avec eux notre condition humaine.

Beaucoup de lecteurs me demandent ce que va devenir Raphaël…   Voilà la réponse : une fois apaisé, intérieurement ancré, il va pouvoir connaître le bonheur de se relier aux autres, sans risque de disparaître…

La Kar’Interview de Patrice Lepage, auteur de La métamorphose de Raphaël : « Nous construisons une réalité qui finit très souvent par nous asphyxier. »

En octobre dernier, est paru aux éditions Eyrolles le nouveau livre de Patrice Lepage : La métamorphose de Raphaël. Ce livre fut pour moi un tel coup de cœur, que je me suis tournée vers l’auteur, désireuse qu’il nous en parle plus longuement. Ce qu’il a accepté avec beaucoup de gentillesse 😊

Le livre :

Raphaël est un jeune cadre parisien insouciant…jusqu’aux attentats du 13 Novembre. Brutalement, tout lui paraît futile et vain. En plein séminaire professionnel, il décide de tout plaquer…Après quelques jours d’errance, il finit par squatter une vieille grange qui semble abandonnée. Dans ce havre de paix en pleine montagne, il rencontre Elio, Leila, Moïse et Gwen, autant de personnages magnifiques qui vont l’accompagner dans sa quête de sens. Et si ralentir, prendre le temps de se trouver, était le plus beau cadeau que Raphaël puisse se faire ? Un roman à déguster lentement, comme les petits bonheurs fugaces que la vie nous réserve.

 

Karine Fléjo : Bonjour Patrice Lepage. Vous êtes l’auteur de La métamorphose de Raphaël, paru aux éditions Eyrolles. Quel a été le point de départ de ce roman, ce qui vous a donné envie de l’écrire?

Patrice Lepage : Sur le fond, ce qui me pousse à écrire est d’abord un besoin d’exprimer ma musique intérieure, c’est très personnel, comme un soin que je m’apporte. Ensuite, à des moments difficiles de ma vie, j’ai croisé des livres qui m’ont secouru ! Ces livres qui vous ramènent à vous-même, qui vous font comprendre que d’autres partagent ce que vous vivez, que vous n’êtes pas seul… Alors, je me suis dis que peut-être ce que j’écris peut parler à des gens qui en auront besoin, eux aussi, à un moment de leur vie.

Concernant l’écriture, je suis toujours en état de veille, sans aucune préoccupation d’efficacité, je laisse simplement sédimenter en moi des observations, des réflexions, des émotions… Puis, peu à peu une image s’impose, elle est un point de départ,  un repère. Et un jour je sais que c’est le moment, je me mets à écrire, sans arrêt, durant des mois.

KF : Raphael, votre personnage, décide de changer de vie à la suite d’un choc. En l’occurrence ici, les attentats du 13 novembre. Pourquoi faut-il souvent attendre qu’il y ait un drame (maladie, accident, deuil, licenciement,…) pour réaliser et|ou pour décider que la vie qu’on menait jusqu’alors ne nous convient pas ?

PL : C’est inouï de constater cela, très souvent il nous faut prendre une claque avant de décider de nous mettre en mouvement ! Peut-être sommes-nous un peu paresseux, ou peu conscients de notre intériorité, soumis à des influences intérieures ou extérieures que nous ignorons ? Peut-être sommes-nous incapables d’apprendre autrement que par notre propre expérience, peut-être subissons-nous le dictat d’un cerveau qui veut nous installer dans un confort végétatif pour assurer notre survie « Là tu n’es pas si mal, reste bien au chaud, dehors c’est peut-être pire »… ?

Probablement vivons-nous un peu tout cela à la fois ! Toujours est-il qu’il nous faut souvent un choc pour nous réveiller et changer notre perception des choses.

A l’occasion d’un choc, nous pouvons prendre conscience brutalement de la réalité de notre situation et de notre état de souffrance intérieure.

Je crois que nous faisons sans cesse des choix, de petits choix quotidiens, sur lesquels nous ne portons pas assez notre attention. Peu à peu ces micros décisions vont structurer notre réalité. Nous voulons vivre, être aimé et reconnu, mais trop souvent, notre perception intérieure est perturbée par des peurs que nous n’avons pas appris à repérer, à comprendre et à dépasser. Alors nous faisons sans cesse de petits compromis, comme des enfants apeurés… pour qu’on nous laisse vivre, pour qu’on nous aime. Et de cette manière nous nous éloignons peu à peu de ce que nous sommes vraiment, nous construisons une réalité qui finit très souvent par nous asphyxier !

Mais, ce dont je suis certain c’est qu’une épreuve constitue toujours une opportunité de passage vers plus de compréhension et de compassion pour soi et pour les autres. Quand une épreuve se pointe, je me dis toujours, « ok, ne t’affole pas et cherche à comprendre quelle est la bonne nouvelle… » .

Ceci étant, je crois qu’il n’est pas nécessaire de souffrir pour comprendre et vivre plus harmonieusement ! Mais nous passons trop de temps à survivre et à participer à ce super loto, cette grande machinerie économique qui semble marcher toute seule et nous faire croire que la vocation des humains consiste à trouver sa place dans une illusion qui produit d’innombrables perdants et quelques soit disant « heureux gagnants »… Nous ne passons pas assez de temps à partager nos questions existentielles et spirituelles et à apprendre et comprendre ensemble ce que c’est d’être un humain.


KF : Les peurs (du changement, de l’inconnu, de l’opinion d’autrui) nous poussent souvent à rester dans notre zone de confort, à accepter des situations ou mode de vie qui ne nous conviennent que moyennement. Comment dépasser ses peurs et oser se jeter à l’eau?

PL : Cela n’a rien de simple, contrairement à ce que nous disent ceux qui, bien souvent, vivent de nos angoisses…

Je n’ai évidemment aucune recette à donner, mais à partir de mon expérience, je crois que dans un premier temps, nous avons besoin, et souvent avec l’aide de ce que nous renvoient les autres, de repérer les peurs qui nous habitent et ensuite de patiemment leur apporter toute notre attention.

Dans mon roman, Raphaël prend conscience qu’il n’est pas le conducteur de son propre « véhicule ». Il comprend que ce n’est pas lui qui décide vraiment de ses choix, mais cet enfant apeuré, à l’intérieur de lui. Il prend conscience de la présence en lui, de l’enfant qu’il a été, terrorisé par la mort de sa mère et qui va tout faire pour fuir ce traumatisme et tout ce qui y ressemble.

Prenons un exemple qui me concerne. Pendant longtemps lorsqu’il m’arrivait de voyager dans le Maghreb, dans un but professionnel ou touristique, j’étais traversé par de très fortes angoisses, presque incontrôlables (mains moites, vertiges, somatisations…). Je voyais bien que j’étais très angoissé, mais je ne comprenais pas pourquoi. Au retour d’un de ces voyages, j’ai décidé de réfléchir vraiment à ce que je vivais là-bas. Chaque jour, j’ai pris deux ou trois minutes pour me poser simplement la question, sans rien attendre. Bien sûr, pendant des semaines cela n’a rien donné, mon cerveau était confus, impossible de réfléchir, etc. Puis une nuit, j’ai été réveillé par un cauchemar qui me disait clairement ce qui se passait. Je suis né en Algérie un peu avant la guerre, ma mère, loin de chez elle et des siens, était terrassée par des angoisses de mort. Le rêve m’a permis de comprendre que c’était l’angoisse de ma mère, que j’avais intégrée enfant, et qui venait me revisiter quand j’étais confronté à des souvenirs de cette époque. Par la suite, plus jamais je n’ai été sujet à ces angoisses. Une fois identifiée cette peur du passé avait disparu, comme un nuage dans un ciel d’été.

Rendez-vous demain pour la suite de cette Kar’Interview ! 😉

  • Retrouvez l’auteur sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/patrice.lepage.auteur/
  • Pour plus d’informations sur le livre, voici la chronique que je lui avais consacrée : La métamorphose de Raphael

La métamorphose de Raphaël : et si vous osiez changer complètement de vie?

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La métamorphose de Raphaël, Patrice Lepage

Editions Eyrolles, octobre 2017

 Vous vous interrogez sur l’opportunité de changer de vie ? Vous souhaitez suivre une voie plus conforme à vos valeurs, à vos besoins et à vos rêves ? Vous aimeriez sortir de votre zone de confort mais avez peur du lendemain? Alors ce livre est fait pour vous ! Un coup de cœur.

Raphael est un jeune bobo parisien dont la vie paraît enviable. Une compagne, un travail bien rémunéré, une bande d’amis, tout semble lui sourire. Pourtant, les attentats du 13 novembre vont remettre en cause cet équilibre. Au lendemain des attentats, une forme de fraternité nait : les gens se parlent, partagent, se rapprochent. Un élan qui hélas ne dure pas. Comme si, avec le temps, cette fraternité se dissolvait dans l’indifférence générale. Raphaël ne supporte pas ce retour à l’individualisme, pas plus que ce discours manichéen et simpliste qui distingue les méchants d’un côté et les gentils de l’autre. Il se sent en décalage complet.

Un décalage qui va grandissant et touche bientôt tous les domaines de son existence : son travail, son couple, son mode de vie, ses amis. Et si jusqu’ici il s’était bercé d’illusions ? Et s’il avait refusé de voir que cette vie ne lui convenait pas pour éviter d’avoir à sortir de sa zone de confort et de changer de voie ? Ou quand les chocs s’avèrent jouer le rôle de révélateurs.

Du jour au lendemain, il décide de tout plaquer et se retrouve à squatter une grange apparemment abandonnée, en pleine montagne. Pour faire le point. Au contact de la nature, loin de tout et de tous, il cherche un sens à sa vie, se donne du temps pour changer son regard sur le monde. « La peur est là, tapie aux abords de sa conscience, peu à peu, elle se laisse observer…C’est une peur du lendemain, de ce qui peut bien advenir de lui, l’angoisse d’une sortie de route qui le plongerait dans la précarité et la solitude. » Mais malgré cette peur prégnante, il sent qu’un pas est franchi vers un changement de vie, et qu’il ne reviendra pas en arrière. « Je suis entre deux mondes, un que je quitte et l’autre qui m’est encore inconnu ! Je dois décider qu’elle sera ma route, qu’est-ce qui m’importe vraiment. »

Dans cette quête de sens, dans cette reconstruction intérieure et cette reconnexion à soi, il sera encouragé par des êtres positifs , lumineux et viscéralement humains. La métamorphose de Raphaël, c’est un livre plein d’espoir, résolument positif, qui pose les bonnes questions. C’est une invitation à oser changer, à ne plus laisser le passé et les peurs guider nos choix de vie. C’est la porte ouverte vers une renaissance.

Un gros coup de coeur!

Citation du jour

J’ai vécu un immense soulagement le jour où j’ai compris qu’au milieu de cet océan de choses sur lesquelles je n’avais pas de prise, moi seul décidais ce qui était bon pour moi. Au risque de me tromper bien sûr… Mais mon « salut » ne reposait plus sur ma compétence à trouver de bonnes raisons à mon mal-être. Il reposait sur ma capacité à l’écoute intérieure. Ne plus me confronter au réel comme une mouche contre des parois en verre, mais m’arrêter, faire silence et entendre ce qui finit toujours par émaner de l’intérieur.

La métamorphose de Raphaël, Patrice Lepage – Editions Eyrolles

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Que faire avec un enfant qui vous manipule? Christophe Carré (Eyrolles)

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Que faire avec un enfant qui vous manipule ?, Christophe Carré

Editions Eyrolles, novembre 2017

Face aux manipulations de leurs enfants (caprice, chantage, colère…), les parents sont déstabilisés et leurs réactions ne font souvent qu’attiser les problèmes. Ce livre leur permettra, grâce à de nombreuses illustrations, de construire une réflexion. Et il leur proposera de nombreuses pistes d’action.

En février dernier, je vous avais parlé du précédent ouvrage de Christophe Carré : La manipulation au quotidien (article). Dans cet ouvrage, l’auteur soulignait l’erreur métonymique dont est victime la manipulation : on la confond bien souvent, de façon abusive, avec l’une de ses facettes, à savoir la manipulation destructrice. Une vision très réductrice. Car la manipulation a bien des visages :

  • La manipulation par ignorance : il s’agit d’obtenir maladroitement quelque chose de l’autre
  • La manipulation intéressée : dans le cas de la recherche d’un bénéfice personnel
  • La manipulation pour détruire : a pour but de dévaloriser, humilier et détruire la victime
  • La manipulation bienveillante : lorsqu’il s’agit d’aider, éduquer, écouter, guider.

La manipulation fait partie de la vie. Et les enfants n’y échappent pas. C’est le propos de ce nouvel ouvrage, paru en novembre dernier aux éditions Eyrolles.

Cependant, quand un parent découvre que son enfant le manipule (caprice, colère, mensonge, chantage, culpabilisation), il réagit très souvent instantanément, avec virulence. Et ce, sans chercher à comprendre ce qui se joue, quelle est la peur qui conduit l’enfant à user de manipulation, alors qu’il s’adresse à une personne, en l’occurrence ici un parent, avec laquelle il devrait se sentir en toute confiance et pouvoir s’exprimer clairement. Or pour déjouer et désamorcer les tentatives manipulatoires, il est impératif pour tout parent de comprendre ce qui les motive et les effets qu’elle produit sur lui. Il est de même important de respecter des règles d’or, à savoir être exemplaire (ne pas manipuler son enfant), cesser d’être manipulable, changer de regard sur l’enfant, développer de nouvelles habiletés relationnelles avec lui et faire preuve d’une saine autorité.

Ce sont tous ces points et bien d’autres encore, illustrés par des exemples très parlants, que développe Christophe Carré dans ce livre.  Un ouvrage qui permettra aux parents d’agir en personnes éclairées pour rétablir des relations de communication saines, respectueuses et équilibrées.