Rue du rendez-vous, Solène Bakowski

rue du rendez-vous

La rencontre fortuite entre une jeune femme et un vieux monsieur un jour de pluie diluvienne. Un rendez-vous dans la rue éponyme, rendez-vous avec une renaissance, un nouveau départ. Avec la vie tout simplement.

Naissance d’une amitié improbable

Leurs routes n’auraient jamais dû se croiser. Et pourtant. Il a suffi d’une grève des transports en commun et d’une pluie diluvienne pour que la jeune Alice frappe à la porte de Marcel en quête d’un abri le temps que l’orage se calme.

Serveuse dans une boulangerie, Alice affiche en permanence un sourire, a une petite phrase aimable pour chacun. Mais quand elle se retrouve seule, une vague de tristesse la submerge. Jamais elle ne se pardonnera ce qu’elle a fait, ou plus exactement, de ne pas avoir fait ce qu’elle aurait dû faire. Un secret enfoui au fond d’elle, qui émerge parfois sous la forme d’un voile de tristesse dans son regard.

Marcel est un vieil homme de 87 ans, qui vit dans une rue en voie de démolition, seul résistant face aux menaçants bulldozers. Ses seules compagnes sont les chaussures de son atelier de bottier. Un homme qui s’est replié sur lui-même à la suite d’une blessure jamais refermée. Lui qui s’est occupé de sa maman avec amour, qui a été le parent de son parent, malgré ce qu’il a enduré dans son enfance, que tait-il qui le fasse se sentir tellement coupable et minable ?

Quand deux êtres discrets se rencontrent, ce peut être un grand silence ou…des confessions à foison. Pour le meilleur?

Nouveau départ

J’ai lu ce roman avec beaucoup d’émotion, touchée par ces deux personnages blessés par la vie, qui portent une culpabilité bien trop lourde pour leurs épaules. Au contact l’un de l’autre, la parole se libère, les mots si longtemps réfrénés sortent. Et dans leur sillage, la prise de conscience opère. Est-on éternellement redevable d’une erreur faite dans le passé ? A-t-on le droit au pardon et surtout la possibilité de se pardonner ? Car l’un comme l’autre s’empêchent de vivre heureux, ferment la porte à l’amour et au bonheur en raison de l’image déplorable qu’ils ont d’eux-mêmes. Or pour s’ouvrir à la vie, ils vont devoir apprendre à s’aimer tels qu’ils sont, comprendre qu’aucun être humain n’est parfait. Et faire montre d’indulgence envers eux-mêmes comme ils en ont avec les autres.

J’ai beaucoup aimé la qualité de l’écoute que chaque personnage a pour l’autre, et donc le regard de Solène Bakowski. Ni Marcel ni Alice ne sont dans le jugement, la condamnation. Chacun est dans l’empathie, la bienveillance. Et c’est cette attitude qui, par la confiance qu’elle leur inspire l’un dans l’autre, va leur permettre de déposer leur fardeau, de parler enfin. De se libérer.

Cette rencontre fortuite rue du rendez-vous est donc une bénédiction. Le point de départ d’une belle amitié mais aussi d’une renaissance pour chacun.

Un roman touchant, pudique, juste. Des personnages indiciblement émouvants. A lire !

Informations pratiques

Rue du rendez-vous, Solène Bakowski- Editions Plon, mai 2021 – 378 pages – 18€

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