Prix Interallié 2017 : Jean-René van der Plaetsen

site_van_der_plaetsen_interallie

Le prix Interallié 2017 a été décerné ce mercredi à Jean-René Van der Plaetsen pour La Nostalgie de l’honneur, essai paru chez Grasset. Il s’agit d’un livre de souvenirs personnels et de réflexions inspiré par la vie de son grand-père maternel, compagnon de la Libération, Jean-Crépin.

Le livre lauréat : La nostalgie de l’honneur

« C’est un fait : notre époque n’a plus le sens de l’honneur. Et c’est pourquoi, ayant perdu le goût de l’audace et du panache, elle est parfois si ennuyeuse. Alors que le cynisme et le scepticisme progressent chaque jour dans les esprits, il m’a semblé nécessaire d’évoquer les hautes figures de quelques hommes que j’ai eu la chance de connaître et de côtoyer. Comme Athos ou Cyrano, c’étaient de très grands seigneurs. Ils avaient sauve l’honneur de notre pays en 1940. Gaulliste de la première heure, mon grand-père maternel était l’un d’entre eux. Sa vie passée a guerroyer, en Afrique, en Europe ou en Extrême-Orient, pleine de fracas et de combats épiques dont on parle encore aujourd’hui, est l’illustration d’une certaine idée de l’honneur. Qu’aurait-il pense de notre époque ? Je ne le sais que trop. C’est vers lui que je me tourne naturellement lorsqu’il m’apparaît que mes contemporains manquent par trop d’idéal. Ce héros d’hier pourrait-il, par son exemple, nous inspirer aujourd’hui ? C’est dans cet espoir, en tout cas, que j’ai eu envie, soudain, de revisiter sa grande vie. »

L’auteur, Jean-René van der Plaetsen

Jean-René Van der Plaetsen est directeur délégué de la rédaction du Figaro Magazine. La Nostalgie de l’honneur est son premier livre.

Publicités

Père inconnu, Patrick Denys (Grasset)

FullSizeRender

Père inconnu, Patrick Denys

Editions Grasset, février 2017

 

Un roman choral très émouvant sur la quête d’un père.

Personne ne m’a appris à dire « Papa » Je crois pourtant avoir ressenti très tôt le désir de quelque chose que je ne saurais décrire, un besoin de lien sans doute, par des bribes de mots, du toucher, des embrassements, de l’odeur peut-être. » Paul a grandi sans connaître son père, sans même porter son nom, avec un vide abyssal dans le cœur. Pire, il a grandi sans que jamais on n’évoque devant lui cet homme. Un tabou qui a fait naître en lui de térébrantes questions : son père pense-t-il à lui ? Pourquoi n’est-il pas resté voir son fils grandir ?  Qui était-il ?

Quand dans les années 70, Paul découvre ce dont on l’a toujours tenu à distance, à savoir l’identité de cet homme, curé d’une paroisse bretonne, l’humiliation de ne pas connaître son père cède la place à celle d’être le fruit d’un amour interdit. Tandis qu’il part sur les traces de ce père, au cœur d’une Bretagne chahutée par les tempêtes, il découvre auprès de ceux qui l’ont connu, un homme altruiste, sincère, courageux et engagé. Un homme dont il peut être fier. « Une fierté dont j’avais besoin pour vivre mieux. »

La bretonne que je suis a particulièrement aimé ce roman, qui se déroule dans une Bretagne magnifiée par la plume de l’auteur. Une région qui est ici presque un personnage à part entière. Authentique, à l’image des personnages. Et sauvage, comme peuvent l’être certains individus prisonniers des conventions et de leur peur des autres. On plonge dans ce drame familial, dans les déchirements de la guerre mais aussi des choix de vie cornéliens des personnages, secoué par les flots du doute, submergé par l’émotion. Et soulagé de voir que le naufrage a été évité quand Paul découvre la bonté faite homme qu’incarnait son père. Un premier roman bouleversant…

Grand prix du roman de l’Académie française 2017

Le Grand prix du roman de l’Académie française a été remis à Daniel Rondeau pour Mécaniques du chaos (Grasset).

 Il succède au palmarès à Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Le Dernier des nôtres ). Il l’a emporté in extrémis au 3e tour avec 12 voix contre 11 suffrages pour  Yannick Haenel (Tiens ferme ta couronne). Les autres finalistes étaient le Haïtien Louis-Philippe Dalembert, déjà lauréat du prix Orange (Avant que les ombres s’effacent), et Julie Wolkenstein (Les Vacances).

Le prix est doté de 10.000 euros.

Le lauréat :

10967616lpw-10967655-article-franceliteratureawardrondeau-jpg_4667138_660x281

Daniel Rondeau est écrivain. Il a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages, parmi lesquels des romans (Dans la marche du temps), des portraits de villes méditerranéennes (Tanger, Istanbul, Carthage, Alexandrie), des récits autobiographiques (L’Enthousiasme, les Vignes de Berlin), des livres d’intervention (Chronique du Liban rebelle).

Le livre : 

9782246688310-001-T

Et si la fiction était le meilleur moyen pour raconter un monde où l’argent sale et le terrorisme mènent la danse  ? Ils s’appellent Grimaud, Habiba, Bruno, Rifat, Rim, Jeannette, Levent, Emma, Sami, Moussa, Harry. Ce sont nos contemporains. Otages du chaos général, comme nous. Dans un pays à bout de souffle, le nôtre, pressé de liquider à la fois le sacré et l’amour, ils se comportent souvent comme s’ils avaient perdu le secret de la vie. Chacun erre dans son existence comme en étrange pays dans son pays lui-même.
Mécaniques du chaos est un roman polyphonique d’une extraordinaire maîtrise qui se lit comme un thriller. Il nous emporte des capitales de l’Orient compliqué aux friches urbaines d’une France déboussolée, des confins du désert libyen au cœur du pouvoir parisien, dans le mouvement d’une Histoire qui ne s’arrête jamais.

 

Prix Relay 2017 : Laetitia Colombani

L’auteure a été distinguée pour son premier roman, La tresse, paru le 10 mai chez Grasset.

Résultat de recherche d'images pour "laetitia colombani"

Le 40e Prix Relay des voyageurs-lecteurs a été attribué à la cinéaste et comédienne Laetitia Colombani pour son premier roman, La tresse, paru chez Grasset.
La lauréate était en compétition avec Tanguy Viel (Article 353 du code pénal, Minuit), Jessie Burton (Les filles au lion, Gallimard), Eugen-Ovidiu Chirovici (Jeux de miroirs, Les escales) et Alexia Stresi (Looping, Stock).
Composé de professionnels du voyage, de journalistes et d’écrivains, le jury était cette année présidé par Christophe Barbier, éditorialiste et conseiller éditorial à la direction du groupe L’Express.
Pour cette 40e édition, le public était invité, du 12 mai au 20 juin, à participer aux votes en élisant son livre préféré sur le site www.prixrelay.com.
L’an dernier, le prix avait distingué Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celéste Ng paru chez Sonatine.
Le livre: 
 IMG_5249
Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Prix de la Closerie des Lilas 2017

IMG_3402IMG_3403

Depuis 10 ans, le Prix de la Closerie des Lilas récompense le roman d’une femme paru à l’occasion de la rentrée littéraire de janvier. La récompense a été décernée pour la première fois le 7 mars 2007, veille de la Journée des droits des femmes, et se caractérise par un jury 100 % féminin. Oriane Jeancourt Galignani remporte le 10e Prix de la Closerie des Lilas pour Hadamar, publié chez Grasset.

La romancière sera l’invitée privilégiée de La Closerie des Lilas pendant une année, pour un montant de 3000 euros. Ce prix a pour vocation de promouvoir la littérature féminine.

Le livre :

  1. Un homme sort de Dachau. Il y a été emprisonné pour ses articles d’opposition au Troisième Reich qui vient de s’effondrer. Dans le désastre physique et moral de l’Allemagne vaincue, il part à la recherche de son fils, dont il ne sait plus rien depuis qu’il l’a inscrit aux Jeunesses hitlériennes avant d’être emprisonné. Il retourne dans sa ville natale. Les habitants sont énigmatiques, fuyants : une femme élude ses questions ; un soldat américain venu enquêter sur un mystérieux programme « Aktion T4 » des nazis garde des informations secrètes. C’est alors que l’homme entend des rumeurs au sujet de l’hôpital d’Hadamar. Il s’y rend, décidé à retrouver son fils, quel que soit le prix de sa quête.

L’auteur :

Oriane Jeancourt Galignani dirige les pages littéraires du magazine Transfuge. Auteur de deux romans remarqués, elle signe avec Hadamar le premier roman sur un pan ignoré de l’histoire de l’Europe en guerre, celui des centres d’extermination des enfants et des handicapés, que les nazis appelaient les « inutiles ».

Grand Prix du Roman de l’Académie française 2016 : Adélaïde de Clermont-Tonnerre

 L’Académie française a décerné le Grand Prix du Roman à Adélaïde de Clermont-Tonnerre, pour son livre Le Dernier des nôtres, paru chez Grasset.

Le grand prix du roman de l’Académie française a été décerné à la romancière Adélaïde de Clermont-Tonnerre pour son second roman, Le Dernier des nôtres(Grasset). À 40 ans, elle succède au palmarès à Boualem Sansal (2084. La fin du monde) et Hédi Kaddour Les Prépondérants), tous les deux récompensés en 2015.

Les autres finalistes étaient Benoît Duteurtre (Livre pour adultes) et Sylvain Prudhome (Légende). Cette prestigieuse récompense, créée durant la Première Guerre mondiale, est dotée de 10.000 euros. Parmi les lauréats de ces dernières années, on retrouve les noms de Pascal Quignard, Éric Neuhoff, Pierre Michon,Joël Dicker, Christophe Ono-dit-Biot et Adrien Bosc.

Le livre : 

le-dernier-des-notres-d-adelaide-de-clermont-tonnerre-eminemment-romanesqueadelaide-de-clermont-tonnerre-directrice-point-de-vue_5162199

« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… » Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme.
Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d’un petit garçon.
Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d’un monde finissant à l’énergie d’un monde naissant… Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.
Vous ne dormirez plus avant de découvrir qui est vraiment « le dernier des nôtres ».

 

Rentrée littéraire : Gael Faye, Petit pays.

9782246857334-001-x

Petit pays, Gaël Faye

Editions Grasset

Rentrée littéraire

Ce roman a déjà reçu deux prix : Prix du roman Fnac 2016 et Prix Talents à découvrir 2016. Un roman brillamment écrit, absolument bouleversant, sur l’enfance, son infinie douceur et ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Coup de cœur !

Gaël Faye nous emmène en voyage au cœur du Burundi, surnommé « Petit pays », aux côtés de Gabriel, un gamin plein de vie d’une dizaine d’année. Né d’un père français et d’une mère rwandaise, Gabriel habite un quartier résidentiel et partage ses journées entre l’école, ses jeux avec ses copains dans l’impasse et sa sœur Ana. Une vie insouciante, ponctuée de rires et de tendresse.

Une insouciance que la séparation brutale de ses parents va mettre à mal. Et l’amitié avec sa bande de copains, ces heures passées avec eux dans un combi Volkswagen à refaire le monde, d’en être encore plus précieuse. Privilégiés, ils ne mesurent pas tout de suite combien les tensions montent dans le pays. La guerre entre ethnies reste un simple mot. Ils n’en ont rien vu, juste vaguement entendu parler. Contrairement aux domestiques, qui eux, prennent la pleine mesure des évènements.

Jusqu’au jour où les déferlements de violence entre Hutus et Tutsis prennent une telle ampleur, qu’ils heurtent leur réalité. Plus aucune famille n’est à l’abri dans le pays à feu et à sang. La haine, la peur, la mort, les explosions, les délations font partie intégrante du quotidien.

C’est un premier roman bouleversant que nous offre Gaël Faye. Une ode à l’amitié, à l’insouciance de l’enfance, que les adultes et leurs rivalités ancestrales viennent entâcher. Avec une sensibilité à fleur de plume, l’auteur nous fait osciller entre sourire et larmes, comédie et tragédie.

Un concentré d’émotions dans un écrin de talent.