N’en fais pas une affaire personnelle, Paula Marchioni

N'en fais pas une affaire personnelle
©Karine Fléjo photographie

Une histoire féroce dans les coulisses du monde du travail. Ou quand une femme cadre sup s’arroge tous les pouvoirs, y compris celui de détruire les autres.

Pression inhumaine en entreprise

Bobette a succédé à la Rousse au poste de boss au sein de l’agence de pub spécialisée en cosmétique. Un challenge qui sied à son tempérament de battante, celle d’une femme qui toute sa carrière s’est imposée pour occuper des postes de direction au même titre que les hommes.

Mais quand elle intègre l’agence, elle constate que les arrêts maladie et burn-outs sont légion. Et très vite Bobette identifie le problème : l’unique et tyrannique grosse cliente de l’agence, nommée Super Power. Une éternelle agitée qui noie le personnel de l’agence sous des mails, appels et SMS, sept jours sur sept. Et de leur hurler des ordres du matin au soir, de les malmener, de les rabaisser, de les humilier, sans jamais aucune remise en question de sa part. Sans aucune cohérence dans ses ordres et requêtes. Dès lors, les employés sont dans un état de stress et d’épuisement émotionnel, physique et mental extrêmes. Impossible de satisfaire Super Power, aussi investi soit le personnel de l’agence, tant ils se heurtent aux injonctions contradictoires de cette dernière.

Heureusement, Bobette peut compter sur le soutien affectif et les conseils de son compagnon Nounours, sur son psy et sur sa coach privée, ainsi que sur les respirations salvatrices que sont pour elle ces ateliers d’écriture.

Mais comment tenir face au rouleau compresseur Super Power, face à sa folie destructrice?

La férocité du monde du travail

Paula Marchioni a fait carrière dans la communication avant de s’élancer dans l’écriture. Le monde de l’entreprise, ses codes, ses pressions, ses défaillances, ses priorités données au profit au mépris de l’humain, elle les connait bien et s’en est inspirée pour écrire ce roman. S’il est de bon ton de revendiquer l’épanouissement et le bonheur au travail, ces valeurs éthiques ne sont bien souvent qu’un rideau de fumée. Dans la réalité du monde de l’entreprise, la quête de profits toujours plus grands est de rigueur, doive-t-elle se faire en exigeant du personnel une disponibilité et une joignabilité de chaque instant, en rognant sur leur salaire et sur leurs nuits. Et en les remerciant par un licenciement du jour au lendemain quand on n’a plus besoin d’eux.

Un livre qui, bien que fictionnel, parlera à beaucoup, confrontés à l’impitoyabilité du monde du travail. Et leur donnera peut-être des clés, voire les aidera à se sentir moins seuls.

Informations pratiques

N’en fais pas une affaire personnelle, Paula Marchioni – éditions Eyrolles, juin 2020 – 325 pages – 16€

6 réflexions sur “N’en fais pas une affaire personnelle, Paula Marchioni

  1. Pingback: Les chroniques de Koryfée (l'excellent blog littéraire de Karine Fléjo) a eu le bon goût de lire Paula Marchioni - Guilaine Depis, attachée de presse

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