Rentrée littéraire : La petite menteuse

la petite menteuse de Pascale Robert-Diard

Un face à face entre deux femmes : une victime d’agression sexuelle, et l’autre, son avocate. Or la vérité est comme le soleil, elle fait tout voir mais ne se laisse pas regarder… Et si la victime n’était pas celle que l’on croit ?

Dans l’engrenage du mensonge

Lisa est aujourd’hui âgée de 20 ans. Une jeune femme très touchante. Il y a 5 ans, elle a été victime d’une agression sexuelle. La jeune adolescente vivait une période compliquée, celle où le corps change, où il faut s’accepter avec ses seins naissants et les regards emplis de désir des garçons. L’entrée dans l’âge adulte, associée à la découverte de l’adultère de son père et au constat des tensions entre ses parents, voilà qui était lourd sur ses frêles épaules. Quand sa meilleure amie s’était inquiétée de sa tristesse et de son amaigrissement, quand deux professeurs s’étaient alarmés de son évident mal-être, Lisa avait consenti du bout des lèvres à avouer l’agression sexuelle dont elle avait été victime. Le coupable, un célibataire de 32 ans, ouvrier plâtrier qui avait effectué des travaux chez ses parents.

Un agresseur qui a écopé de 10 ans de prison en première instance. Aujourd’hui, a lieu le procès en appel et Lisa s’est choisi une nouvelle avocate. Nouvelle avocate et… nouvelle version des faits. Où se cache la vérité ? Le coupable est-il innocent et la victime coupable de mensonge ? C’est toute la complexité et la finesse du métier d’avocat qui est mis ici en lumière.

Erreur judiciaire

Avec La petite menteuse, paru en cette rentrée littéraire aux éditions de L’Iconoclaste, Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au journal Le Monde, nous plonge dans les coulisses passionnantes d’un procès. Et plus exactement, dans l’intimité d’un cabinet d’avocat. Avec beaucoup de finesse, elle nous glisse dans la tête d’une avocate qui a face à elle une personne qui a donné deux versions diamétralement opposées. Qui croire ? Que croire ? L’enfer est-il pavé de bonnes intentions ? Elle reprend le dossier depuis le début, décortique chaque fait, chaque déposition, le rôle de chacun (famille, enseignants, policiers, experts médicaux, amis) et les met en balance avec les explications de sa cliente.

C’est un roman fascinant, qui montre avec brio combien l’intime conviction peut être fragile et vaciller facilement à la lumière de nouveaux éléments. Et si Lisa a menti, pourquoi l’a-t-elle fait ? Mais surtout, pourquoi tous ont eu envie d’y croire ? Est-elle la seule coupable ?

Informations pratiques

Rentrée littéraire : La petite menteuse, Pascale Robert-Diard – éditions de l’Iconoclaste, août 2022- 217 pages

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